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mardi 1 mars 2016

Nom de code Charlemagne

C’est l’espion qui venait du trois.
Pour accomplir sa mission, il disposait de noms d’emprunts – la plupart à 4 %- qui lui allaient comme une boîte à gants. Vraiment pas sport, disaient ses ennemis mais pas de quoi casser trois pattes à un connard.
Il savait se faire distrait, c’était un véritable chat d’eau qui savait rester dans Londres. Il en connaissait un crayon pour tirer les barons du feu. 
A quoi reconnaît-on qu'on en a pour son agent, double ou même triple  ?
Dans les missions les plus délicates, il n’est pas de ceux que les calamités gênent, et il ne fermera pas les œufs. Et quand les esprits s’échauffent, ou quand les fantômes se préparent, ce qui revient au même, il trouvera toujours le ballon d’Achille pour s’en sortir sans encroches ni anicombres.  
Lorsqu’on marche sur des yeux, les deux font la peur.
Notre homme se souvient encore, ému, de l’affaire de l’aviateur qui avait perdu son espadrille, ou bien des 39 faux vacanciers disparus dans le triangle des bermudas et du quarantième réjouissant, et ne parlons pas du caisson pour un champion à la fin d’une course de cheveux.
De ce point de vue, la cerise sur le bateau, ce fut Charlotte Holmes (la fille cachée la moins futée de …) lorsqu’elle cherchait la montre du Loch Ness.
Bref une sacrée collection de timbrés.
Si l’espion a une malchance qui l’amène à se retrouver régulièrement dans de beaux bras, il relève toujours le banc. Il reste en toute circonstance en pleine procession de ses moyens.
Il possède toujours une botte secrète, c’est beaucoup plus sûr quand on ne retrouve pas ses chaussures.
Il ne renonce pas, jamais, et quand il dit qu’il s’est rangé des voitures, comprenez qu'il est juste garé au parking. 
Vous le verrez rarement sortir de ses gongs,  il ne prend pas la mousse, et vous ne le surprendrez pas en train de souffler dans les tronches. C’est toujours à mouches fleurées.  Comme on dit, on ne fait pas voir Cézanne s’il n’a pas soif.
Non, il préfère regarder le silence.
Mais je ne vous jette pas la bière et n’aggravez pas vodka.
Dieu reconnaîtra les chiens.

mardi 19 mai 2015

Pas simple

Incapable de dire non, il avait fini agent quadruple.
Il se faisait l'effet d'une triple-buse.
Il était - évidemment- polygame et sa deuxième femme avait eu des quintuplés.
Il se confia à un tiers autour d'un double-scotch.

"J'aurais tellement aimé faire les choses à moitié".

dimanche 23 novembre 2014

Zazinien ?


RémonKenokimarchaitoulipotan
Unrudiversurlekédumétro
sonkoldepardeçuremontan
méditanconteuzoupropo
Soudinfatalinstankan
ilentendicémo
Doukipudonktan
RémonKeno
ripensan
kulo ?
kran ?

vendredi 31 octobre 2014

Littéralement : imagé.


Elles se nichent ou se dénichent au détour 
d'un regard, d'une vue, d'un coup d’œil. 
Sans un mot, les lettres veillent sur nous. 


A table !


On peut se retrouver parfois le B dans l'eau.


C dans l'os ! 

D ? gonflé ! 

Heu...E.



Dans la pierre, au moins, l'F fort visible.


J'avoue que G eu du mal pour celle-ci.  



H'ment balaise.



Le I n'était pas loin, ni son point.


J monte ou J monte pas ?


un K composite... mais pas limite.

Ombre L.


Dans OMBRE il y a un M.


Le N de bateau m'a aidé à naviguer.


Oh, plusieurs ronds pas dans l'O !


P perché, pause peut-être profitable... 


Ne pas s'avouer vain Q. 


Les cordages sont bien en l'R.


Aidé du 8 et du jardinier, le S finit par sourdre. 


Le pont et le T, une vieille histoire. 
( Penser à vérifier et si besoin changer les piles)


Maquette contient la lettre U: contrat remplu.


Victoire, j'ai le V.

Non loin de là, doublons la mise : W.

Soyons sous cet abri incognito, mesdames et messieurs X.


Y ou merci les arbres.

Le Z n'est pas celui de Zoo.

edit pour paul(A) 
le Z 

mardi 7 octobre 2014

Acrobaties chromatiques

Dans le service, John Grey était le « bleu ».
L’équipe n’en faisait pas un fromage mais ils avaient tendance à le prendre pour une pâte molle. 
Reprenons.
Une sombre histoire.  Besoin d’un témoignage. Grey alpagua un noir pas clair à ses yeux et le conduisit au poste. Il avait bien vu que ce n’était pas un aigle, il le laissa mariner dix minutes avant d’entrer. 
Grey posa alors un regard d’acier en même temps que sa question. 
Rien. Puis un bredouillis. Et rien.  
Scruté dans le blanc des yeux et sommé d’ajouter un mot, le noir eut un blanc. Un tunnel, un véritable trou noir.
Blanc comme un linge, il restait muet comme une tombe.
De quoi déclencher une colère noire, certes, mais est-ce que ça soulage vraiment ? pensa Grey. 
Idées noires puis éclair. Un coup, un leurre... 
Grey embarqua le noir au « Rainbow » (avec l’idée qu'il se mette à table) en le mettant "au vert".
Sur place, ils s’y mettent. Un prétexte est vite trouvé. Le noir arrose l’important. Ce n’est pas un dessous de table. Non, c’est un coup de blanc. Levant le coude,  le noir est vite gris puis noir. 
Impossible de faire semblant tant ça se voit. 
A côté du noir, au comptoir, un blanc qui porte un bleu et une casquette est noir, lui aussi. Blanc bonnet et bonnet blanc ?
Le noir soudain loquace oublie Grey et échange avec le blanc au bleu des propos décousus. Ils sont chauffés à blanc.
Grey en est vert car il a compris qu’il n’aura pas d’aveux pour n’y avoir vu que du bleu. Il sent que son leurre est dans le rouge.
Et puis soudain, silence d'ivrognes.
Un orange passe. 
Surtout, pense Grey, faire comme dans le manuel, laisser passer l’orange.
Alors Grey se détend, il se sent l’esprit plus clair et pense aux chats la nuit. Son plan est à l’eau, il ne peut plus rien. 
Alors, tant pis pour le chef, je pourrais dire qu’il m’a échappé. 
Il hésite encore, et finalement son courage remonte d’un cran : il envoie le noir sur les roses. 
Grey rentre broyer du noir après avoir fait chou blanc.
Au fond, c’est troublant, se dit-il, d’interroger un possible témoin aux couleurs qui se nomme Red Brown et qui traîne son blues.

Voilà pourquoi beaucoup ce matin-là au poste pensaient que Grey n’étaient pas blanc-blanc dans cette affaire.
De là à passer pour un jaune…

dimanche 29 juin 2014

Oeil 9 et demi

Clins d’oeil 
et paupières closes

Un petit rire
passe dans ses yeux
le silence
Moi aussi
il ressasse des phrases
pendant
dix heures
une antenne
que je connais vient d’apparaître
jusqu’au bout de vous-même

encore plus                                                                                                                                                  troublants
les amis
des parties de flipper,
ces parties de flipper
le détail
simple
cheveu
prix fou
d’un ennui

baleine blanche
si vous voulez bien me suivre
l’hypnotiseur
que puis-je faire pour vous
passer en revue
le secret espoir
je peux vous donner des adresses
pas très folichon
monsieur Vernier,

un type a joué au ball-trap
pour se faire incinérer
trois jours
–         trois jours ?
obligés trois jours
trois jours
pour trouver tonton
j’ai essayé de compter
soixante-douze
lundi matin
jeudi
les siècles sans le repos

je n’ai jamais su 
je m’appelle
je m’appelle 
j’ai une histoire
et la patience

qui Catherine imagine
ce léger fil
où elle pêche
à prendre par moment
ça
c’est elle
je dis longtemps
en face

oubli
jamais existé
moment emprunté
pire plus loin
je t’ai laissé un rêve filandreux
tiède

on a des appuis
des trucs oubliés
profond
grave
et plein d’autres
une chance
plus de temps
un gros coup
maintenant
dans la foulée
le geste que je redoutais

un rien de temps
dans les mains
des chemins
inattendus
tu vas voir
personne n’a fait attention
le détour
fondamental
hasard évaporé
en mémoire

l’impossible
raison
instant échappé
Wyatt a tout arrangé
grand bonheur
le temps rivalisait
avec l’eau de Javel
ambiance moribonde
musique moderne avant
je poserai son espace à genoux

j’ai rien
rien
et exactement l’inverse
j’ai pensé rendre l’espoir
j’ai ouvert
plus de vingt-cinq
vous comptez
deux minutes plus tard
le travail était fait
impeccable




* * *



Notes : 
Réalisé par compilation des onze "Oeil neuf" dans l'ordre, avec réorganisation en 3 colonnes pour proposer différentes modalités de lecture.

mercredi 23 avril 2014

Jongleries mixées

Souvent pour s’amuser les avirons d’hommes
Prennent des équipages, vastes albatros des oiseaux,
Qui suivent indolentes mers de compagnon,
Le voyage glissant sur des navires amers.

A peine les ont ils déposés sur les gouffres,
Que ces planches de roi, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leur grands azurs blancs
Comme des ailes traîner à côté d’eux.

Ce voyageur laid comme il est ailé et gauche !
Lui naguère si veule, qu’il est beau et comique !
L’un agace son géant avec un bec,
L’autre mime en boitant le brûle-gueule qui volait !

 L’infirme est semblable au poète des princes
Qui hante la nuée et se rit de la tempête ;
Exilé sur le sol au milieu des archers
Ses huées d’ailes l’empêchent de marcher.



Notice : 
Cette jonglerie a été mixée en faisant tourner les noms sur les huit premiers vers, 
puis les adjectifs sur les vers 9 et 10, 
avec retour aux noms des vers 11 à 16. 
Simple adaptation au lexique qui m'a amené à mixer les ustensiles avec lesquels jongler en constatant les effets produits ou pas !
   

vendredi 18 avril 2014

LA collection (aka THE collection)


 
Un mythomane prétend avoir sauvé les Etats-Unis pendant la guerre d’indépendance.

Une expérience spatio-temporelle permet de déposer un projet de loi pour des saisons de deux mois et demi.

Un fabricant de bandes Velpeau tombe amoureux fou d’un sarcophage.

Un enfant mal-aimé fugue et monte à la capitale où il s’installe, rue Lepic.

Bouvard, sa science et ses études, ses échecs et où il reste plongé finalement.

Un narrateur se prend pour François le Champi et il parle seul pendant dix randonnées.

Deux fantômes finissent par s’avouer leur amour après maints contretemps, dénégations, péripéties.

Un chevalier de la Table ronde défroqué cultive incognito son jardin mobile.

En panne de sous-marin dans la Loire, le capitaine Némo est forcé 
de le pousser avec son équipage jusqu’à l’estuaire.

Quasimodo, sonné par les cloches, épouse une chèvre en peau de lapin.

Deux libertins échangent du courrier, missives où les arguties sur le h aspiré dégénèrent ad nauseam.

Par vengeance, un prisonnier injustement condamné creuse un tunnel 
avec son nez mais arrive dans une truffière en Dordogne.

Polar champêtre, un paysan mène l’enquête. 
Chaque matin, un cadavre est trouvé dans une mare. 
Et c’est toujours le même.

Conte métaphysique dans lequel le diable est envoyé dans lui-même.

Comme son nom l’indique, une étude sur le S, le C, le A, le P, le I et le N.

Pécuchet se lance dans une étude chromatographique dans les Côtes du Rhône et finit bourré.

Des révélations encombrantes et nauséabondes refont surface grâce à un éclairage à la chandelle.

Les trois mousquetaires, qui ne sont plus que moins quatre, ne se reforment pas pour une tournée d’adieu.

Soufflant dans un rasoir, Roland s’aperçoit que l’embuscade de Roncevaux 
était décidément bien organisée et il meurt bêtement.

Un faux dévot pense que ses mauvaises actions ne seront jamais mises à jour. C’était compter sans la Stasi.

Un déguisement de Peau d’âne tombe incidemment entre les pattes d'un prince amoureux d'une grenouille.

Une jeune prostituée est triste de constater à ses dépens que 
bassesse et hypocrisie sont les deux mamelles de la bourgeoisie.

Une passion platonique ne se concrétise pas malgré une croisière en sous-marin.

Le diable, fraîchement fâché d’avoir été renvoyé chez lui, fait la tête 
et se retire en enfer certes mais à la campagne.

Un gentleman anglais désargenté décide de faire le tour du monde chez lui. 

Annexe mytho maniaque du Guide du Routard

Une fusée blanche annonce un pape et s’écrase dans un moulin suite à une erreur de conception.

Un narrateur fait croire qu’il se couche tôt tout le temps, 
ce qui est surprenant pour des gens qui ne guère mentent. 

Le jeune Frédéric rêve, et c’est tout.


Le jeune Frédéric ne rêve pas, et c’est tout aussi. 
Et c’est pas drôle.



Un trader fourgue des pompes à merdre en croco 
pour éliminer les emprunts toxiques et assainir ses phynances.