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vendredi 1 janvier 2016

mercredi 10 juin 2015

Le retour des chicagos

Inaugurés ici

En voici une nouvelle livraison.



Procès zéro
Affaire néant
Dossier Rien
Cas nada

Pilone pieu
Vergue pucier
Cacatois paddock
Mât lit

De ballot appellation
De bourricot label
De cruche logo
D’âne marque

Hygiénique pareil
Potable équilibré
Salubre équivalent
Seine égal

Incident monceau
Interruption paquet
Arrêt tas 
Panne amas

Talent fringue
Science défroque
Génie fripe
Art habit

Sou havre
Picaillon oasis
Flouze terre
Braise île

Croc Nez
Crochet Pif
Pendoir Blair
Esse Tony

Mec cascade
Gaillard culbute
Gonze cabriole
Gars bond

Décharge idôlatre
Rafale adule
Bordée vénère 
Salve adore


Elève maquis
Monte brousse
Hale garrigue
Hisse lande


Derche vil
Croupion abject
Popotin infâme
Cul bas

Passage barge
Artère ritournelle
Voie  rengaine
Rue scie


Arrogant truande
Fier pipe
Altier fraude
Haut triche



vendredi 13 février 2015

Zazipo 2015 -8 / Tautogramme

Souche :

Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. 
Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.

Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du Xxe siècle, Hachette 2006


Livres latents … leurres ? Lecteur, larguez la légende !
Latents ? 
Lisibles, là. 
Là ? Lire « lieux logeant livres, librairies ».

Littéralement, lettres, locutions, laissés libres, lévitant léthargiques … lotis, lointains, lilliputiens.     

Las ! Lourdement, les lacis littéraux les lestent, les labyrinthes lettrés les ligotent… 
Languissante limitation, le littérateur laconique loupe le laçage, leur liage. 
Les longues listes livreraient –lumineuses lectures- les littérateurs légers, leurs larcins, lesquels limitent le labeur. 
Longue lutte : localiser les lambeaux louchement liquidés, lier les livres, libérer lendemains lisibles. 


Larcel  Lénabou, Lourquoi Le L'ai lécrit laucun le les livres lextes lu Lingtième liècles Lachette 


A noter : 
Avec cette contribution n°8 se termine ma série Zazipo 2015.

jeudi 12 février 2015

Zazipo 2015 - 7 / Au pied de la lettre

Réorganisation alphabétique mais ordre d'apparition dans le texte conservé 

Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.
Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006


Ai allez au a autour à ai à à assembler à Bien bonne bibliothèques croire contraire cela comme certains cas ce ces dit dans de dans d' de dans de dans dire de de de dérobés écrits en existent entières eux efforts encore en fois fait fait fragments futurs groupes ils ils ils il ils imprimée isoler inexplicablement je les livres lecteur littérature les les les Le longue la la livres mots mots Mais matière moi-même malgré mes monde me mon menus mes n’ n’ néant n’ pas pas pur par par par phrases pris pas pas paraît plagiaires que qu’ que que qui remplissage réussi rempli recherche surtout soient soit sont suspension sont surabondance tant telle tous travail traque têtue tous une universelle une une vain vrai y
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lundi 26 janvier 2015

Zazipo 2015 - 2

Souche
Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.

Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006

Monorime

Les livres que je n’ai pas écrits
Qui l’eut cru qui l’eut cri
Ne sont pas vues de l’esprit.
Ils existent suspendus circonscrits 
Dans tant et tant de récits,
De bibliothèques et de librairies.
Faits comme des rats, ils sont pris
dans une nasse qui déborde de manuscrits
au point que je n’ai réussi aucun tri,
aucun assemblage, j’en suis contrit.
Ne pensez pas que je m’aigris
si je dis, quitte à être proscrit,
que ce monde est plein de malappris
usant de grigris
qui fleurent l’escroquerie.
Ma besogne en change de gabarit
et je sens bien qu’elle s’inscrit
dans la quête de tous ces fragments, ces débris
étrangement envolés comme colibris,
escamotés de mes livres au futur assombri. 

vendredi 23 janvier 2015

Zazipo 2015 - 1

L'an dernier, on a joué avec Jacques Jouet. 
Cette année, ce sera cela :

Souche
Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. 
Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.


Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006.


J'en propose illico un lipogramme en A

Les livres que je n’écrivis point, ne croyez guère, lecteur, qu’ils soient pure chimère. 
Non, bien évidemment (que ce soit une bonne fois dit) ils sont comme en suspension en plein milieu des lettres universelles. Ils existent en bibliothèque, en mots, en groupes de mots, en énoncés entiers en de nombreux exemples. 
Seulement il est près d’eux tellement de fioritures superflues, ils sont pris en une telle boursouflure d’éléments imprimés, que moi-même pour tout dire, en dépit de tous mes efforts, je coince encore pour les isoler et les grouper. 
Le monde effectivement me semble rempli de copieurs, et mon boulot me semble une longue course, une recherche têtue de toutes ces menues bribes incompréhensiblement retirées de mes livres futurs.

Ticheurte Bencrevé , Pourquoi je n’étions écrit zéro de mes livres, 
Textes du XXe siècle, Procure 2006.


et un lipogramme en E

Bouquins à moi pas parus, n’y vois pas, ô bibliorat, faux ou illusion.
Ils sont a contrario là, flottants dans tout opus au plan supranational, national ou local.    
Ils sont dans maints rayons, par mots, par blocs, par locutions ou tout propos accompli, fini. 
Mais il y a tout autour un gras surabondant, ils sont si pris dans un flux d’inscriptions à ras bords, 
qu’ils sont là sous ma main sans solution aboutissant à tout saisir puis tout unir.
La civilisation m’apparaît ainsi : pillards copiant à foison, par cargaisons.
Mon boulot tournant alors au grand safari où moi, cabochard, poursuis un à un tout bout manquant, par faits obscurs, à tout bouquin qui naîtrait par moi.


M. Totalflapi pourquoi j’ai pondu aucun bouquin à moi, 
topos d’avant aujourd’hui, Tomahawk     

dimanche 23 novembre 2014

Zazinien ?


RémonKenokimarchaitoulipotan
Unrudiversurlekédumétro
sonkoldepardeçuremontan
méditanconteuzoupropo
Soudinfatalinstankan
ilentendicémo
Doukipudonktan
RémonKeno
ripensan
kulo ?
kran ?

dimanche 22 juin 2014

Variations (3)

35 variations sur un thème de Dino Buzzati.

00 Texte-souche
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui.

01 Réorganisation alphabétique
AAAAAAAAAAAAAAAA BB CCCCC DDDDDDDD EEEEEEEEEEEEEEEEEEE F G IIIIIIIIII LLLLL MMMMMM NNNNNNNNN OOOOOOOOO PP QQ RRRRRRR SSSS TTTTTTT UUUUUUUUUU V V Z

02 Anagramme
ADIEU A L’INOCCUPATION VECUE, TROUVEZ L’IDEE ABRACADABRANTE, IDIOME A MECANIQUE ! OUI AU DUO POUR QUE LES LETTRES DES MOTS FORMENT L’ANAGRAMME DANAIDIENNE.

03 Anagramme (autre)
UN MALFRAT, CAID MOITIE DE COMEDIE, UN VRAI ZERO OU MAUVIETTE DITE L’ANACONDA  -IRONIE- DEPOUILLA UNE BANQUE SANS MASQUE. L’ABUS DE TARAMA PEUT DEGENERER,COCO ! 

04 Lipogramme en A
Lorsque Stephen King eut douze piges, il s’enquit d’un présent de son père, gouverneur de long courrier
et chef d’un joli voilier : qu’il l’emmène pour voguer près de lui. 

05 Lipogramme en I
Quand Stefano Roy eut douze ans, sa demande de cadeau à son père, commandant au long cours et chef 
d'un beau deux-mâts et plus, fut d’embarquer à bord ensemble.

06 Lipogramme en E
Quand S. Roi parvint à cinq plus cinq plus trois moins un ans, il dit à son papa, commandant au long cours
patron d’un joli trois-mâts, qu’il souhaitait avoir la gratification d’un parcours marin conduit par lui.

07 Translation (+7) uniquement les substantifs
Quand Stefano Rollet eut douze anabolites  il demanda comme cadi à sa perestroïka  qui était capital-risque
au long courson et  ma-jong d'une belle voiture de l'emmener à bordelaise avec lui.

08    Palindrome (strict) : 
Note : le texte résiste et ne permet pas cette variation, remplacée 
par la translation + 7 précédente étendue.
Quelquefois Séfano Rollet babilla  douze anabolites il démarqua concrètement cadi à sa perestroïka qui étudiait capital-risque au loqueteux courson et ma-jong d’une bégayeuse voiture de l’émonder à la bordelaise avec lui.

09 Bourdon 
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père , qui était capitaine au long cours
et mître d'un beau voilier , de l'emmener à bord avec lui.

10 Double bourdon 
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père , qui était capitaine au long ours
et mître d'un beau voilier , de l'emmener à bord avec lui.

11 Épenthèse
Quand Stefano Roti eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui.

12 Négation
Quand Stefano Roi eut douze ans, il ne demanda pas comme cadeau à son père qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier de l'emmener à bord avec lui.

13 Insistance 
A compter du moment où la date tant attendue et l’heure fatidique furent exactement atteintes et que le jeune mais copieusement et régulièrement capricieux Stefano dit « petit prince graine de monarque » Roi atteignit donc ses douze années accomplies, certifiées et tamponnées, il sollicita si ce n’est présenta la requête d’un cadeau  de son père, présentement  excellent et grand capitaine au très long cours et maître avisé d'un fort beau voilier, de l'emmener à bord avec lui.

14 Ablation
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda à son père, qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier , de l'emmener à bord avec lui.

15 Ablation (autre)
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père qui était maître d'un beau voilier
de l'emmener à bord avec lui.

16 Double ablation
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda à son père qui était maître d'un beau voilier de l'emmener à bord avec lui.

16 bis Triple ablation
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda à son père qui était maître d'un beau voilier.

17 Contresens
Un petit prince demanda pour ses douze ans que son père lui dessine un voilier en coloriant sans dépasser les bords.

18 Autre point de vue
Quand son père eut douze ans, il demanda comme cadeau à Stéfano Roi  qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier , de l'emmener à bord avec lui

19 Variations minimales
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme radeau à son père, qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui.
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier, de l'emmêler à bord avec lui
Quand Stefano Roi lut douze ans, il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours
et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui

20 Antonymie
Quand Stefano Sujet eut douze ans, il accorda le droit à son fils , qui était employé au long cours et apprenti d'une abominable barcasse, de le laisser dans la flotte avec lui.

21 Amplification
Quand Stefano Empereur bénéficia de douze annuités, il pria qu’en bakchich son géniteur qui était amiral au cours interminable et maestro d'un magnifique multicoques, l'embarque à bord avec cézigue personnellement.

22 Diminution
 Stefano Roitelet, douze ans, demanda cadeau à son père : l'emmener à bord avec lui.

23 Permutation
A son père qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier, Stefano Roi demanda comme cadeau quand il eut douze ans de l'emmener à bord avec lui.

24 Contamination croisée
a) Lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, fut obligé d'abandonner le royaume de ses pères, il demanda comme cadeau à son père qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier de l'emmener à bord avec lui. 
b) Quand Stefano Roi eut douze ans, il s'arrêta au sommet du mont Padul.

25 Isomorphisme
Lorsque ce siècle eut deux ans,
Napoléon, perçant comme prévu sous Bonaparte
qui était premier consul et futur empereur par maint endroit,
lui demanda de l'emmener sur le trône avec lui.

26 Synonymie
Lorsque Stefano Majesté eut douze berges, il sollicita comme présent à son daron qui était pilote de longue distance et directeur d’un superbe trois-mâts de le prendre en mer avec lui.

27 Fine déduction
C’est bien parce qu’il ne parvenait pas à terminer ses maquettes en allumettes ni à les introduire dans une bouteille et qu’accessoirement il faisait toujours déborder la baignoire que Stefano Roi, douze ans et toutes ses dents, demanda à son père capitaine au long cours et maître d'un beau voilier la faveur de l'emmener à bord avec lui.

28 Contamination (autre)
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda comme cadeau à son père une colonie d'Utopiens composée de 9876543210 hommes, sans les femmes et les petits enfants

29 Isoconsonnantisme
Caisse teuf noire, diesel démodé comique, dossier pourri qu’un tacot pété, nul, cramé tordu, bavez loin de là mon brave :  clou !

30 Isovocalisme
En pédalo vois-tu souvent si ceux en canot accostent à fond vers l’irréel, magie, fées, sorts, bons tours, effets, jeux d’un faux soir, ciel bleu en feu qu’évapore la mer d’huile.

31 Isophonisme
« Camp stef !  A noroît ! Hue, doux zan !
- île de Man ?
- Da ?  comme cas ...
Do à son : paire quiète et cape y tiennent .
Oh ! long ? court ?
Emettre Dumbo, voix liée de l’an mené, abhorre Ravec, lui  !   

32 Boule de neige clinamenoïde (strict)
Q
ua
nd S
tefa
no Roi
eut dou
ze ans, il
demanda c
omme cadea
u à son père, q
ui était capi
taine au long c
ours et maître d
un beau voilier, d
e l'emmener à bord a
vec lui. de D. Buzzati

32 bis  Boule de neige clinamenoïde 
A
un
âge 
pile
quand
le môme
Stefano
Roi eut là
douze ans, ô
il demanda à
son cher père  
qui était déjà 
capitaine au si  
long cours et, pis, 
maître d’un si beau
voilier de vouloir
l’emmener à bord avec
lui. K par Dino Buzzati.

33 Hétérosyntaxisme
Le cadeau d’un embarquement à bord avec lui, capitaine au long cours, maître d’un beau voilier, fut ce que le père de Stefano Roi se vit demander par son fils atteignant ses douze ans. 

34 Alexandrin(s)
Quand Stefano Roi eut douze ans, il demanda
en cadeau à papa, qui était capitaine
au long cours et maître d'un beau voilier ébène
de l'emmener à bord avec lui par là-bas .

35 Interrogation
Est-ce quand Stefano Roi eut douze ans qu’il demanda comme cadeau à son père, qui était capitaine au long cours et maître d'un beau voilier, de l'emmener à bord avec lui ? 

***
 Note : Le thème de Dino Buzzati est bien, comme vous l'aviez deviné, la première phrase de la nouvelle "le K"...

samedi 14 juin 2014

Impromptu imprévu improvisé

Les chemins buissonniers vont à l'encontre, et c'est heureux, des programmes programmés tels que je les évoquais dans le billet du 7 juin dernier, il y a une semaine exactement. Ceci n'est point une brusque volte-face. C'est un itinéraire bis, un délestage, une bretelle imprévue. Une improvisation.
J'en remercie un des blogs de chevet ci-contre qui m'a donné cette idée à laquelle je n'ai pu résister.
Le girondeau. Ah, le girondeau...
Vous lirez donc sur le blog de Robert Rapilly les quatre merveilles qu'il nous propose !

Et comme je m'y suis collé, voilà un peu de lecture !

Si Cléopâtre avait eu le nez plus fin 
Aurait-elle connu un peuple idolâtre
La dissuadant de ce venin ?
Pour renoncer là à se battre
Sont-ce ses déboires romains
Qui la firent opiniâtre 
Choisir ce chemin
Si Cléopâtre
N’est plus, teint
Saumâtre :
Fin !

Sancho Panza c’est pas le moment qu’il flanche
Sus aux moulins à hue à dia fissa
Non ce n’est pas s’en payer une tranche
Qu’accompagner cet échalas
Plus parfaitement étanche
Assoiffé de combats
Tocs d’un Don qui cloche
Sancho Panza
Qui chevauche
Dans la
Manche


Arsène Lupin manie en as la chignole  
Menant de vie grand train grâce aux butins
Snobe les fariboles et les babioles
Herlock défié arrive en vain   
Rival dont il se gondole
Ganimard fou devient    
Risquant camisole
Arsène Lupin
cambriole
badin
vole 



Ce Don Quichotte préfère voir les choses en grand
Fougueux manieur de bâtons sans carotte
Il s’attaque en plein vent aux géants
Dans le combat point ne mégote
Leurs ailes de son zèle pourfend
et si Sancho ballotte
rien ne le suspend :  
ce Don Quichotte
rossinant 
dépote
tant

vendredi 4 avril 2014

La nuit - évocation alphabétique

Aurons allumé 
bien 
compte ce ciel chassé cuivre c’ camp comme cette croire 
de 
est élégante en et étoile elle existe 
feu fixé fait frisquet faut 
hypnotiseur 
île infinitude 
je  
le la lune les l’ longtemps lumière 
mais manque mer mal 
nuit nous ne nuages n’ non 
ongle on 
pourrons plus pour plafond punaises pas partir peut-être pourtant 
quand que qui qu’ 
regardez respire 
soir ses soigné sur s’ 
tous tu 
un une 
voit vacances vrai vite vois vitesse 
y 




*** 
Rappel /source
La nuit... Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit. Quand il y a le feu, il n’y a plus que le feu qui compte. Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel a chassé tous ses nuages pour nous ! Il a fixé au plafond ses punaises de cuivre, avec une lune élégante en arrondi d’ongle soigné. Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, c’est les vacances et le camp de vacances ! C’est vrai qu’il manque la mer, mais le ciel n’est pas mal non plus comme image de l’infinitude. On ne s’attendait pas à partir en vacances aussi vite, et peut-être aussi longtemps. Regardez cette étoile, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires de vitesse de la lumière.

jeudi 3 avril 2014

Extension du domaine de la nuit

La nuit... câline, nuit de Chine
Quand nous aurons est arrivé
allumé de la paix
le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit naître de l’uniformité.
Quand mais si je sais où est Caen
il y a le feu, au lac, 
il n’y a plus que le feu qui compte à rebours .
Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel mon mari
a chassé tous ses nuages remplis de têtes
pour nous ! Il a fixé au plafond de la sécurité sociale
ses punaises de cuivre, avec une lune de miel
élégante en arrondi d’ongle soigné béni mes frères.
Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire comme on ment,
mais on s’aère, c’est les vacances au bord de la mer
et le camp de vacances du pouvoir !
C’est vrai qu’il manque la mer, défaite
mais le ciel n’est pas mal aux pieds
non plus comme image de l’infinitude des sentiments.
On ne s’attendait pas à partir c’est mourir un peu
en vacances aussi vite fait bien fait,
et peut-être aussi longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu.
Regardez cette étoile de fond,
je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires sont les affaires
de vitesse du son
de la lumière noire.


* * * 

Pour mémoire/ source : 
La nuit... Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit. Quand il y a le feu, il n’y a plus que le feu qui compte. Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel a chassé tous ses nuages pour nous ! Il a fixé au plafond ses punaises de cuivre, avec une lune élégante en arrondi d’ongle soigné. Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, c’est les vacances et le camp de vacances ! C’est vrai qu’il manque la mer, mais le ciel n’est pas mal non plus comme image de l’infinitude. On ne s’attendait pas à partir en vacances aussi vite, et peut-être aussi longtemps. Regardez cette étoile, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires de vitesse de la lumière.

jeudi 27 mars 2014

Nuit décalée, nuit taquine !

La nuit... Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit. Quand il y a le feu, il n’y a plus que le feu qui compte. Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel a chassé tous ses nuages pour nous ! Il a fixé au plafond ses punaises de cuivre, avec une lune élégante en arrondi d’ongle soigné. Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, c’est les vacances et le camp de vacances ! C’est vrai qu’il manque la mer, mais le ciel n’est pas mal non plus comme image de l’infinitude. On ne s’attendait pas à partir en vacances aussi vite, et peut-être aussi longtemps. Regardez cette étoile, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires de vitesse de la lumière.
Source :  http://zazipo.net/

Proposons une ronde aux substantifs, le décalage nous donne :  

La lumière... Quand nous aurons allumé la nuit 
nous ne pourrons plus voir le feu. 
Quand il y a la  nuit  il n’y a plus que le feu qui compte. 
Le feu est un feu. 
Cet hypnotiseur, regardez, le soir a chassé tous ses ciels pour nous ! 
Il a fixé aux nuages ses plafonds de punaises,
avec un cuivre élégant en lune d’arrondi soigné. 
Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, 
c’est les ongles et les vacances de camp !
C’est vrai qu’il manque les vacances, 
mais la mer n’est pas mal non plus comme ciel de l’image. 
On ne s’attendait pas à partir en infinitude aussi vite, 
et peut-être aussi longtemps. 
Regardez cette vacance, je la vois, tu la vois, 
et pourtant elle n’existe plus, 
s’il faut en croire les étoiles d’affaire de la vitesse.

jeudi 23 janvier 2014

VU

Dans l'exercice pratiqué déjà à trois reprises de l'AVION, avion pour abréviation, il manquait malgré tout une pièce dans ce puzzle à l'envers.
Après avoir dynamité un polar miteux (Cousu de fil blanc devenu, pour oublier, Coude blanc), un roman peu connu d'Orwell (1984 transformé en 14) et une pièce de Molière (Les Fourberies de Scapin rebaptisée pas si vite que ça Fissa) , il m'a semblé qu'il fallait monter le niveau, prendre de la hauteur. 
Pas question de survoler le sujet. 
C'est ainsi que j'ai lâché du lest, j'ai décollé en montgolfière, j'ai rêvé de planeurs et d'hélicoptères... et même, chut, d'oiseaux blancs.

Ce qui donne ceci. (La "fiche technique" est en bas de page.)



  
sous l'avion, creusaient déjà leur sillage d'ombre dans l'or du soir
ainsi les trois avions postaux de la Patagonie
le son de ce moteur lointain devenait de plus en plus dense
Rivière regardait Pellerin
or Robineau ce soir était las
les secrétaires somnolaient dans les bureaux de Buenos Aires
le radio navigant du courrier de Patagonie
Rivière était sorti pour marcher un peu et tromper le malaise qui reprenait
il rejoignait son bureau personnel
réveillée par le téléphone
Rivière le reçoit
le courrier de Patagonie abordait l'orage
le courrier d'Asuncion marche bien
la femme de Fabien téléphona
ce papier plié en quatre le sauverait peut-être
en corrigeant mieux les remous
un des radiotélégraphistes de Commodoro Rivadavia
et Rivière médite
il n'avait rien à proposer
Commodoro Rivadavia n'entend plus rien
avec mélancolie
le courrier d'Asuncion signala qu'il allait atterrir
dans une minute





Source :
Vol de nuit, Saint-Exupéry, 1931
Mode d’emploi 
Suivre l’ordre des lettres du titre, VOL DE NUIT.
Les affecter une par une chapitre par chapitre : V chapitre 1, O chapitre 2, L chapitre 3 etc.
Repérer le premier mot qui contient la lettre dans le chapitre et prélever ...
a)      soit la phrase contenant le mot si elle est écrite d’une traite.
Exemple : L’avion se posa sans dommages.
b)      Soit la partie de phrase contenant le mot s’il y a une virgule avant ou après qui le sépare du début ou de la fin de phrase.
Exemple : Une rafale de vent, puissante et inattendue, contraignit le pilote à différer son atterrissage.

Recommencer autant de fois qu’il y a de chapitres : par exemple, la lettre V reprend au chapitre 10, puis au chapitre 19, telles des boucles d'atterrissage.
Un dernier coup de tournevis et de chiffon me conduit, après avoir fait les niveaux, à retirer toutes les majuscules hors noms propres et la ponctuation du texte ainsi constitué.

mercredi 8 janvier 2014

Mettre le feu sous la porte

Poursuivons...

Toujours comme source l'inépuisable "Anthologie de l’OuLiPo"...
P.592, locutions introuvables (Marcel Benabou)

Principe :  fabriquer de nouvelles locutions. 
*Avec « tirer le diable par la queue » et « bâtir des châteaux en Espagne » on obtient « tirer le diable en Espagne » et « bâtir des châteaux par la queue »... Il reste ensuite à en donner une signification précise !
Exemples sur la thématique "l’œuf et la poule"
Mettre tous ses œufs en Espagne : s’entourer de précautions inefficaces
Mettre tous ses œufs en poupe : prendre de gros risques
Mettre tous ses œufs dans le plat : utiliser toutes ses ressources d’un coup
Tuer la poule devant les bœufs : faire un exemple
Tuer la poule sur le feu : agir de façon précipitée
Tuer la poule dans la bergerie : agir avec dissimulation

Je m'y colle ! 

-         Pousser le bouchon en Espagne:
Bloquer le col du Perthus
-         Pousser le bouchon sur la soupe :
Se livrer à des expériences maritimes avec ses aliments pendant le repas
-         Pousser le bouchon derrière la tête:
Emprunter exclusivement les itinéraires bis. 
-         Sauter du coq à son moulin :
Se réveiller tôt dans la farine.
-         Mettre la charrue sur le bout des doigts:
Labourer en braille.
-         Avoir une idée sous roche:
Donner son avis dans une grotte.
-         Avoir une idée à ses trousses :
Ne pas pouvoir chasser une sombre pensée.
-         Avoir une idée dans un magasin de porcelaine:
Se rappeler sans grande certitude le prénom de son éléphant.
-         Avoir une idée au tournant:
Changer de direction, finalement.
-         Apporter de l’eau comme l’as de pique:
En renverser.
-         Bâtir des châteaux comme un arracheur de dents:
Etre un très très gros menteur.
-         Avoir une idée avant les bœufs :
Y penser le premier, mais sans gloire.
-         Etre fringué comme une casserole:
Porter un queue-de-pie qui attache.
-         Avoir des fourmis dans les orties :
Confondre la faune et la flore.


vendredi 3 janvier 2014

A quoi tu penses ?

Une année qui commence ne saurait à mon sens marquer de rupture dans certaines bonnes habitudes que je me suis fixé, enfin, c'est ainsi que je les considère ! 
Donc, par conséquent, c'est reparti ! 

MODE D'EMPLOI : 
Contrainte : « A quoi tu penses ? »
Source : Anthologie de l’OuLiPo (Fournel-Benabou) pp.353 à 361
Voici les 3 premières réponses sur 49 faites par Hervé Le Tellier (in Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable).

-Je pense que, quand j’étais gosse, j’écrivais au Père Noël, et qu'aujourd'hui encore, il m’arrive d’imaginer les trois souhaits que je souhaiterais voir exaucés si je rencontrais une fée.
-Je pense que l’oreille absolue existe, mais pas le nez absolu, ni l’œil absolu, ni même le sexe absolu, et au demeurant, je me demande ce que ça pourrait bien être si ça existait.
-Je pense que, non, Mathausen n’est pas un opéra de Wagner.

J’ai à mon tour écrit 49 réponses à la question « A quoi tu penses ? » sachant que pour certaines réponses repérées (*), j’ai repris le thème de Hervé Le Tellier en le personnalisant dans ma réponse. 

A QUOI TU PENSES ? 



1.      A quoi tu penses ? 
Je pense que je ne sais pas trop dans quoi je m’embarque, juste là, à faire ça.
2.      A quoi tu penses ?
Je pense qu’en me donnant cet exercice on peut dire « je suis donc je pense ». Vous suivez ?
3.      A quoi tu penses ? 
Je pense à « Tu penses à quoi ? » cette magnifique chanson de Léo Ferré dans l’album La Frime.
4.      A quoi tu penses ? 
Je pense que je dois faire attention à ne pas confondre abusivement « je pense » (ici ?) et « je me souviens»...(ailleurs ?)
5.      A quoi tu penses ? 
Je pense, tiens justement,  qu’il y a certaines choses dont on se souvient qu’on ferait mieux d’oublier.
6.      A quoi tu penses ? 
Je pense qu’un de nos chats possède un cerveau à canon scié. 
7.      A quoi tu penses ? 
Je pense au détachement, à cette propension forte que j’ai à me perdre dans mes pensées.
8.      A quoi tu penses ? 
Je pense qu’en roulant sur l’autoroute*, on se fait rouler.
9.      A quoi tu penses ? 
Je pense qu’il y a certaines choses qu’on oublie dont on ferait bien de se souvenir.
10.  A quoi tu penses ? 
Je pense que quelquefois on fait certaines choses qui ne présentent pas le moindre intérêt.
11.  A quoi tu penses ? 
Je pense que je mange les pamplemousses comme des oranges, mais qu’il n’y a pas d’enchaînement avec d’autres fruits, par exemple je ne mange pas les prunes comme des kiwis ; cela m’autorise cependant à dire que je mange les oranges comme les pamplemousses.
12.  A quoi tu penses ? 
Je pense que j’aurais pu préciser « en les pelant comme une orange, et sans sucre ».
13.  A quoi tu penses ? 
Je pense à la petite souris qui trouve une dent et apporte une pièce. Et qu’il est injuste qu’on ne reçoive aucune dent quand on trouve une pièce.
14.  A quoi tu penses ?
Je pense aux bières aromatisées que je déteste cordialement car le « tout aromatisé » dénature et m’ennuie.
15.  A quoi tu penses ?
Je pense à certains mots que j’aime et me renvoient à Marcel Pagnol dans la Gloire de mon père : « J’avais la passion des mots ; en secret, sur un petit carnet, j’en faisais une collection, comme d’autres font pour les timbres. J’adorais “grenade, fumée, bourru, vermoulu” et surtout “manivelle” : et je me les répétais souvent quand j’étais seul, pour le plaisir de les entendre. »
16.  A quoi tu penses ? 
Je pense que ce passage a dû me marquer mais quel âge avais-je donc ?
17.  A quoi tu penses ?
Je pense que je n’ai jamais fait de collection de timbres, mais de capsules de soda à l’âge de 8 ans et jusqu’à l’âge de 9 ans, ce qui vous pose un collectionneur.
18.  A quoi tu penses ?
Je pense que cela explique un peu et m’a conduit à une collection de boules à neige correspondant aux lieux où je suis passé, une collection soit dit en passant qui se veut le temple du mauvais goût (et ça marche !) et qui se constitue par procuration également (ça marche aussi) au point que je n’ai pas à m’en occuper (on donne ce qu’on veut)...
19.  A quoi tu penses ?
Je pense que ce qui me chiffonne dans les comédies musicales est qu’ils se mettent à chanter et à danser en étant pile poil dans le sujet, et en dansant et chantant super  bien, que c’en est étonnant d’être aussi inspiré et qu’en fait j’y crois pas.
20.  A quoi tu penses ? 
Je pense pourtant que Gene Kelly sous la pluie me remplit de joie et d’enthousiasme.
21.  A quoi tu penses ?
Je pense que ceci n’explique pas pour autant entièrement mon rapport plutôt cordial à la pluie.
22.  A quoi tu penses ? 
Je pense qu’on ne parle jamais des cerises tomates et qu’on a rarement été aussi inspiré.
23.  A quoi tu penses ? 
Je pense que dans mes visites chez le coiffeur* je prends un soin méticuleux à arriver exactement à l’heure pour ne pas avoir à me plonger dans un magazine inapte à me décoiffer les neurones.
24.  A quoi tu penses ? 
Je pense que dans mes visites chez le coiffeur* je prends un soin méticuleux à arriver exactement à l’heure pour ne pas avoir à me plonger dans un magazine etc. etc. et qu’une fois j’ai dû patienter et que finalement j’ai pris un album du coin enfants, très épais, 8 pages.
25.  A quoi tu penses ?
Je pense que lorsque je suis face à une femme au décolleté généreux* je regarde d’emblée et ouvertement, je ne fais donc pas d’effort particulier pour fixer ses yeux, par contre je n’y reviens pas : je ne pratique pas le regard insistant et répété. 
26.  A quoi tu penses ? 
Je pense que ce type de questionnaire donne une grande marge de manœuvre pour passer du coq à l’âne sans qu’on me le reproche réellement. Et d’ailleurs je ne m’en veux pas.
27.  A quoi tu penses ? 
Je pense que bientôt nous aurons des poules dans le jardin et ce sera bien.
28.  A quoi tu penses ? 
Je pense que j’aime bien écouter de la musique dans le noir* ou la pénombre, c’est aussi bien qu’au casque, que je supporte de plus en plus mal ...vu que je n’ai plus de mobylette.
      29. A quoi tu penses ? 
Je pense que j’ai fait un excellent choix il y a quelques années lorsque j’ai décidé de ne plus être abonné à aucune revue* : cela ne me manque pas, cela m’a permis de renforcer très solidement mon attachement aux livres, cela ne m’empêche pas d’aller en kiosque quelquefois, même si c’est en définitive assez rare...
30.  A quoi tu penses ? 
Je pense à la liseuse qu’on vient de m’offrir et à Paul Fournel pour son roman éponyme que j’avais beaucoup apprécié.
31.  A quoi tu penses ?
Je pense à cette liseuse, justement, il va falloir que je m’habitue à son usage, je ne lâcherai pas le livre papier et le bruit de la page qu’on tourne me manque dans les quelque cent pages que j’ai déjà lues. Mais ça va se faire ! 
32.  A quoi tu penses ? 
Je pense au temps qui est assassin -comme disait la chanteuse- et il court toujours.
33.  A quoi tu penses ? 
Je pense que je dis souvent exprès de grosses bêtises en restant sérieux comme si de rien n’était* mais que je ne sais pas d’où me vient cette pratique. Est-ce une pratique d’ailleurs ?
34.  A quoi tu penses ? 
Je pense que la théorie des graphes* qui permet paraît-il de prouver que n’importe qui
connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît le président des Etats-Unis ne nous avance pas beaucoup.
35.  A quoi tu penses ? 
Je pense au plaisir des découvertes poétiques emballantes que je ferai dans l’année.
36.  A quoi tu penses ? 
Je pense que si cet exercice peut amener à faire son intéressant, il ne faut cependant se vautrer ni dans la complaisance ni dans la platitude.  
37.  A quoi tu penses ? 
Je pense que je vais très certainement noter sur un carnet cette année les titres des livres que j’aurai lus, car je m’aperçois que la liste écoulée cette année – assez longue- m’échappe partiellement.
38.  A quoi tu penses ? 
Je pense que l’on peut aisément faire passer le dictionnaire pour un roman lorsqu’on y cherche un mot, qu’on le trouve ...et que cela se prolonge malgré tout et qu’on devrait le refermer. Peut-être.
39.  A quoi tu penses ?
Je pense que -si je peux me permettre une remarque- cela ne facilite pas la compréhension d’avoir mis d’un côté les noms communs et d’un autre les noms propres.
40.  A quoi tu penses ? 
Je pense qu’il m’arrive, si j’ai bonne mémoire, de ne pas me souvenir d’un nom* lors de conversations,  en évoquant un cinéaste, un acteur, un musicien, un auteur mais ce n’est rien à côté de certains amis qui peinent systématiquement.   
41.  A quoi tu penses ? 
Je pense que je ne tarderai plus guère à me lancer dans l’acrostiche brivadois, exercice de style oulipien  que je n’ai encore jamais essayé.
42.  A quoi tu penses ?   
Je pense au moment où j’écris que nous sommes en période de vœux, que je m’en acquitte généralement par courrier postal en fabriquant artisanalement « la carte » et que je n’ai encore rien écrit à personne pour le moment cette année. Il paraît qu’on a tout le mois de janvier, non ?
43.  A quoi tu penses ?
Je pense qu’en réalité j’hésite sur la forme, je bannis les sms, je n’ai aucun compte dans les réseaux sociaux, et j’aime bien l’idée du courrier physique papier , il n’est pas dématérialisé, on peut personnaliser la trace, bon je vais attendre avant de trancher... On a toujours tout le mois de janvier, non ?
44.  A quoi tu penses ? 
Je pense aux pages qui se tournent. Dans la liseuse et ailleurs.
45.  A quoi tu penses ?
Je pense que je pense trop ces temps-ci. 
46.  A quoi tu penses ? 
Je pense, en vrai filou, que je viens d’avancer à peu de frais dans ce questionnaire.
47.  A quoi tu penses ? 
Je pense que si je répétais l’opération, ça finirait par se voir.
48.  A quoi tu penses ? 
Je pense que ça se voit.
49.  A quoi tu penses ? 
Je pense que 49 c’est un bon nombre au moins pour une bonne raison, mais aussi d’autres ... L’une d’elles étant qu’il me rappelle un bouquin de Thomas Pynchon que j’ai beaucoup aimé « Vente à la criée du lot 49 » qui parlait de timbres plutôt étranges, tiens tiens....