Un membre permanent de la famille, le dernier recueil de
nouvelles que j’ai lu, a été l’occasion de découvrir l’écrivain américain
Russell Banks, connu seulement de nom jusqu’ici.
Essai transformé.
Ces douze nouvelles forment un bel ensemble qui frôle le
sans-faute, j’ai pu constater par expérience que les recueils sont rarement
homogènes si tant est que cela signifie quelque chose, d’ailleurs.
Ils peuvent même être inégaux dans la qualité des
récits et ceci dépasse la seule
question d’affinité avec les histoires et les thèmes.
Ici quelques-unes se détachent
Une transplantation, au final fragile et majestueux
Outer banks, la plus brève, avec une belle intensité,
Oiseaux des neiges, le deuil et l’amitié, deux amies, absolument
superbe.
Ancien marine, relation tragique entre un père et ses
trois fils, ancrage social
Big dog, une fête entre amis qui ne se déroule pas
exactement comme prévu
Fête de Noël, mélancolique et tendre,
Blue, un achat de voiture d’occasion qui dérape,
Un membre permanent de la famille, autour d’une garde
alternée après une séparation
Perdu trouvé, rencontre, non-rencontre, seconde chance…
Les autres m’ont moins plu
Le perroquet invisible, sans grand intérêt, et c’est bien
la seule qui ne m’ait pas enrôlé.
La porte verte, sur un barman assez bizarre et un client à
la recherche de plaisirs un peu spéciaux
A la recherche de Veronica, un peu trop explicative,
j’aurais aimé qu’elle reste plus abstraite...
C’est bienveillant et incisif. Aucun jugement.
Intense souvent, brut et surprenant dans les
trajectoires. Les révélations ou changements
de cap des histoires sont souvent inattendus. On se laisse emmener, conquis et
confiant. Je pense que Carver n’est pas loin. Pour le coup, très certainement,
l’Amérique qu’on aime.
Banks n’en fait jamais trop : retrancher c’est ajouter.
Touchant, complexe, plein d’humanité.








