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samedi 8 avril 2017

Péréquation (3 sur 3)




Lire

Choisir un livre
imaginer son histoire inventer anticiper
rejoindre son fauteuil 
ouvrir  commencer un roman
tourner les pages  
bouquiner dévorer
voyager  rencontrer 
se plonger s’immerger  vibrer
s’attendre espérer   faire confiance
parcourir en diagonale  survoler sauter 
arrêter
reposer abandonner  
revenir 
reprendre recommencer
déchiffrer décoder débrouiller décrypter
voir entre les lignes
découvrir discerner percer deviner
pénétrer comprendre
interpréter
imaginer fantasmer
revenir en arrière
feuilleter compulser consulter vérifier
reprendre un passage
prononcer oraliser dire
noter  
poursuivre mener à bien 
terminer 
poser ranger
se souvenir
revivre 
relire


vendredi 7 avril 2017

Péréquation (2 sur 3)



Ecrire (1).

Lire la consigne(2). Réfléchir. Chercher. 
Evoquer. Sonder. Relier.
Revoir. Repenser. Se souvenir.
Se projeter. Déclencher.
Noter.
Se documenter.
Choisir. Développer. Buter. 
Coincer. Abandonner.
Reprendre.
Changer. Eliminer.
Repartir. Recommencer.
Trouver l’idée. 
Tenir le bon bout.  S'illuminer.
S’illusionner.
Appuyer sur les touches. Saisir.
Avancer. Composer.
S’arrêter. Lire. Vérifier.
Ecouter les mots.
Compléter.
Ajouter. Retrancher.  
Poursuivre.
Aller au terme. Toiletter. Ajuster.
Se satisfaire. Se contenter.
Décider de clôturer.   
Achever.
Imprimer. Cliquer. Souffler.
Relire. 
Publier ?



(1) A la manière de Georges Perec (Déménager) 
"L'appartement"  dans  Espèces  d'espaces -   Galilée, 1974.
(2) la configuration retenue est un atelier  d’écriture et saisie du texte au clavier.

mardi 4 avril 2017

Péréquation (1 sur 3)



Courir

Se préparer. Vérifier la météo.
S’habiller. Lacer ses chaussures.
S’échauffer. Boire une grande lampée.
Ouvrir la porte. Déclencher sa montre.
Se mettre en mouvement.
Prendre le rythme. Filer. Mettre les bouts.
Fendre l’air.
Se chauffer. Se régler. Ecouter. Trotter.
Sillonner. Traverser.
Tracer. Cavaler. Accélérer.
Passer. Parcourir. Circuler. Dévaler. Galoper.
Poursuivre. Talonner. Dépasser.
Continuer. Croiser. Saluer. Reconnaître. Repérer.
Relancer.
Passer la rampe. Réduire la foulée. Souffler.
Redescendre. Relâcher.
Repartir. Allonger la foulée.
Franchir le ruisseau. S'accrocher.
Inspirer. Garder le cap. Tenir la distance.
Expirer.
Tenir le bon bout. Boucler la boucle.
Décélérer.
Ralentir.
Marcher.
S'étirer.
S’arrêter.
Etre arrivé.
Sourire.



(1) A la manière de Georges Perec (Déménager) 
"L'appartement"  dans  Espèces  d'espaces -   Galilée, 1974.

lundi 3 avril 2017

Préambule (0 sur 3)

Déménager

Quitter un appartement. Vider les lieux. Décamper. 
Faire place nette. 
Débarrasser le plancher.
Inventorier ranger classer trier
éliminer jeter fourguer
Casser
Brûler
Descendre desceller déclouer 
Décoller dévisser décrocher
Débrancher détacher couper tirer 
Démonter plier couper
Rouler
Empaqueter emballer sangler 
Nouer empiler rassembler
Entasser ficeler envelopper 
Protéger recouvrir entourer 
Serrer
Enlever porter soulever
Balayer
Fermer
Partir.

Georges Perec
in 
L'appartement Espèces d' espaces 
1974
Galilée

samedi 21 novembre 2015

vendredi 31 octobre 2014

Littéralement : imagé.


Elles se nichent ou se dénichent au détour 
d'un regard, d'une vue, d'un coup d’œil. 
Sans un mot, les lettres veillent sur nous. 


A table !


On peut se retrouver parfois le B dans l'eau.


C dans l'os ! 

D ? gonflé ! 

Heu...E.



Dans la pierre, au moins, l'F fort visible.


J'avoue que G eu du mal pour celle-ci.  



H'ment balaise.



Le I n'était pas loin, ni son point.


J monte ou J monte pas ?


un K composite... mais pas limite.

Ombre L.


Dans OMBRE il y a un M.


Le N de bateau m'a aidé à naviguer.


Oh, plusieurs ronds pas dans l'O !


P perché, pause peut-être profitable... 


Ne pas s'avouer vain Q. 


Les cordages sont bien en l'R.


Aidé du 8 et du jardinier, le S finit par sourdre. 


Le pont et le T, une vieille histoire. 
( Penser à vérifier et si besoin changer les piles)


Maquette contient la lettre U: contrat remplu.


Victoire, j'ai le V.

Non loin de là, doublons la mise : W.

Soyons sous cet abri incognito, mesdames et messieurs X.


Y ou merci les arbres.

Le Z n'est pas celui de Zoo.

edit pour paul(A) 
le Z 

samedi 4 octobre 2014

Moi je pense à la...

Disons-le, certaines tâches sont des nécessités. Elles nous conduisent à fréquenter des lieux où ce qu’on y fait dépasse ce pourquoi on s’y est rendu.
Il en est un, pratique, organisé, où nous nous rendons régulièrement en adoptant une conduite et une tenue qui semblent convenir à l’endroit, tel qu’il est conçu et tel qu’il s’utilise.

Nous ne sommes pas seuls à venir et c’est justement là que cela devient intéressant.

Lorsque l’on se trouve sur place, il faut toujours composer avec la configuration de l’espace et assez souvent attendre, ce qui donne du temps pour observer le microcosme.
On ne manque pas d’être frappé d’abord par ce qui se distingue de notre façon de faire, disons notre « méthode ».
L’œil est attiré, l’esprit s’aiguise, il s’agit de comprendre des différences, d’imaginer à quoi elles tiennent. On repère aussi des similarités, une certaine parenté si ce n’est confraternité dans l’approche, et l’on se sent moins seul...

Sur le matériel, la remorque y est l’arme absolue, pour celles et ceux qui la maîtrisent du petit doigt sur le volant, en marche arrière, mais ... l’arme peut se retourner contre son utilisateur.
Si celui-ci est peu habitué à la manœuvrer, arrimée ou détachée, il s’expose presque immanquablement à la tendresse humaine : des regards noirs qui le  transpercent, lui à qui l’on reproche d’encombrer et de faire perdre du temps.
Encore une remorque mal placée.

La bâche est soit un substitut soit un complément à la remorque très communément utilisé, que l’on possède un véhicule utilitaire ou pas.
Et elle peut donner lieu à de magnifiques envolées, pas forcément prévues certes, mais qui confèrent un lyrisme insoupçonné aux déchets verts éparpillés hors de la benne (bien sûr) parce que la bâche a cédé, crevé ou était mal ficelée...
Le même phénomène très mystérieux est observable pour les sacs poubelles indéchirables.
Enfin puisque nous abordions les fameux déchets verts, vous pourrez peut-être -si vous êtes chanceux- observer un jour un quidam vider dans la benne sa remorque d’herbe coupée ... à la fourche.
Le diable est dans les détails.
  
Ne parlons pas des poubelles, seaux et caisses de tous acabits, parfois entassés précairement par l’éco-citoyen qui, de plus très pressé, empile le tout inconsidérément et finit par consacrer un peu de sa vie précieuse à tout ramasser (en tout cas je l’espère bien) alors qu’il pensait déjà avoir la main sur la clé de contact pour redémarrer son véhicule.

Les méthodes pour éjecter sont variables, en solo, à deux et parfois plus.
On reconnaît bien vite les gens rôdés. On reconnaît aussi les tenants sans doute involontaires d'une qualification "pas débrouillés"... ou autre.
Il y a ceux qui viennent avec leurs gamins, dont je ne suis pas convaincu que ce soit pour éveiller les consciences quand on les voit courir et faire les cons partout. Passons. 

Certains usagers garent leur bagnole en plein milieu et font tout à la main.
Je ne suis pas certain qu’ils prennent garde à ne pas se faire éborgner et songent à anticiper les coups de portière mal placés. 
Selon leur niveau d’équipement, variante : il arrive que ce soit remorque à la main.
Pas moins.
Et ça peut confiner au chef d’œuvre, car ces génies sont aussi des chercheurs : alors ça, c’est quoi, ça va où, et où peut bien se trouver la benne ?
C’est évidemment mieux s’ils le font pièce par pièce ce qui prouve indiscutablement qu’ils sont partis la veille. Et vous comprendrez que je ne veux pas entendre parler du chargement de leur véhicule.
C’est avec eux qu’on se prend à penser résolument à des calculs idiots mettant en relation la masse et la nature du chargement avec le temps passé sur le site.
On ne les remerciera jamais assez.
Il est vrai que deux heures pour un vieux tasseau pourri et trois branches d’arbuste n’est pas à la portée du premier venu.
Plutôt du dernier parti. 
J’éprouve toutefois une tendresse pour ces minutieux : ils sont si loin des flemmards égoïstes qui balancent tout et n’importe quoi dans la même benne.

Sur la tenue, en toutes saisons, si j’y vais en très très négligé (sic) cela n’a rien à voir avec le fait que je n’aurais pas eu le temps de me  changer.
Non, c’est juste l’exacte et identique tenue avec laquelle j’ai chargé la voiture : un short ou un pantalon pourri, tâché, souvent déchiré, un tee-shirt de la même eau (?), des baskets de chacal ou des grolles à grosse semelle et puis quand même une paire de gants.
Bon, j’avoue, pas de cravate.
Cela met en avant mon côté caméléon qui permet que je me faufile incognito pour gagner des places à la benne. Faut juste que je fasse gaffe à ne pas me faire jeter dans une benne parce qu'on m'aurait pris pour un déchet. La déchetterie est une jungle, et la merde un combat.


Pour revenir aux tendances vestimentaires, en touchant à nouveau les rivages de l’insondable et de l’étrange, lorsque j’aperçois la tenue disons proprette ou bien mise, si ce n’est tirée à quatre épingles qui ne seront même pas jetées, de certains éco-citoyens venus jeter ce qu’ils sont venus jeter, je me demande 
a)     d’où ils tiennent le fameux « dress code »,
b)    pourquoi je ne suis pas au courant,
c)     dans quelle tenue ils évoluent par ailleurs en temps « ordinaire »,
d)    ce qu’ils mettent en temps exceptionnel, soirées, fêtes, voire mariages, enterrements.   
e)     Suis-je vraiment à la déchetterie ?


Mes amis, je vous le dis, la richesse vient de là, cette diversité avec son alliée, la surprise,  constamment possible. On s’ennuierait pas mal si on s’en tenait comme moi au BCBG (bien crade bien galeux)... non ?


Enfin on ne peut passer sous silence ce que l’on voit et ce que l’on trouve.
C’est un reflet particulièrement cruel de ce qui régit notre société et nous ronge : « j’achète/je jette » en passant par « j’utilise, j’use, je casse », avec un détour par « j’ai plus la place, ça ne me plaît plus, j’ai plus envie »,  sans oublier le triste constat « je ne sais pas, je ne veux pas savoir, j’ai la flemme d’aller chez Emmaüs ou au dépôt de récupérateurs du coin ». Individualisme roi. 

Et réparer semble un mot oublié, une tâche inutile, une perte de temps ?
Et que dire lorsque échanger, donner ou mettre à disposition... librement -sans passer par le nerf de cette guerre qui use- peut désormais faire courir le risque de paraître ... suspect, mais oui !
Et puis j’ai trop souvent l’impression, par exemple, que certains se débarrassent de leur cafetière électrique parce qu’ils n’ont plus de café.

Forcément, ça rend perplexe... Un peu comme si, de retour, ayant ramené mes poubelles et mes bâches, j’avais tapé ce texte en oubliant de retirer  mes gants.