Le côté exhibitionniste qui traverse ce blog plein
d’impudeur au risque de provoquer l’embarras des lecteurs se matérialise
quelquefois par des tranchettes de vie qui peuvent compromettre gravement par
leur caractère privé la vie tranquille et douillette de ma petite famille.
C’est ainsi qu’aujourd’hui je vais bombarder à la Gravelotte
avec des révélations à couper le souffle.
Respirez.
« Comment j’ai appris à taper des sms * »
*Qui ne m’avaient rien fait
Même si je suis correctement familiarisé avec la technique,
je veux dire les nouvelles technologies, et tout et tout (attention, tout est dans le second
tout), je n’en demeure pas moins limité sur certains points.
Même si je fais des progrès.
Lents, d’accord.
Mais progrès.
Des petits progrès dans le
style « bon an mal an ».
Je passerai sur l’anecdote de l’achat de mon premier
téléphone portable où le monsieur m’a très vite fatigué avec les Zoptions qui
contrairement à ce que l’on veut nous faire croire ou penser ne sont pas des
choix.
Je lui ai juste dit, je veux un truc pour pas téléphoner,
limite en pierre et pas cher. Et je me soupçonne de ne pas avoir été le seul
dans ce cas de figure.
En tout cas c’est avec ça que je suis reparti.
Ce fut mon premier mobile et il finit tristement lorsque je
le perdis dans les sentiers lors d’une sortie vtt dans les bois. Un retour sur
les lieux du crime ne me permit pas de le retrouver et pourtant j’avais des
gants, des sacs en plastique pour l’Adn.
Il avait glissé du sac à dos et cela me fit penser aux limaces
qui ont fini de traverser le chemin : quand on repasse en rentrant, elles
n’y sont plus.
Bon, j’en suis à mon troisième.
Le deuxième -qui fut longtemps le second- a fini perdu dans
le train en glissant lui aussi de ma poche.
Se dessine -si vous suivez- une certaine désinvolture de ma part quant à cet appareil, à son rangement et,
par suite, sa conservation.
Il convient de préciser que jusqu’ici les changements
d’appareil se font au plus simple : seulement quand je les perds. Cela n’a
jamais à voir avec une quelconque offre ultra alléchante avec les super points
de fidélité qu’on trouve dans les boutiques ou les sites et dont mes filles ont
renoncé à me parler depuis longtemps et même plus.
Tant qu’il n’y aura pas de points gagnés pour les mobiles
perdus, je n’ai aucune chance.
Le troisième donc, que j’ai en main (enfin je m’entends),
j’en suis toujours l’heureux propriétaire depuis quelques années maintenant, ce
qui signifie que je ne l’ai pas perdu.
Cela pourrait faire croire que j’en prends soin. Mais
alors à peine.
En réalité, je ne l’ai TOUJOURS pas perdu.
Car, pour ne rien arranger, il semble doué de sa vie propre
et il arrive que je ne sache absolument pas où il s’est caché. S’il croit qu’en
plus j’ai le temps de jouer...
Non, ce qui me sauve pour le moment est qu’il n’est pas très
bon en bonnes cachettes.
Venons-en maintenant à notre sujet.
Replaçons nous dans le passé, à une époque où, novice sur la
question, on suppose que je veux envoyer un message sms. (A quelqu’un, en
plus.)
Il me faut d’abord y penser. Trouver un destinataire. Déjà
une semaine de passée.
Ensuite, c’est la découverte de mon téléphone portable au
fond de la poche de mon manteau parce que j’ai de la chance. Puis, moins
chanceux, je constate que l’appareil dont la batterie est vide doit être
rechargé. Cela relativise singulièrement le caractère urgent du message qui
peut se voir retardé facilement de quelques jours. Et le temps passé à recharger
la batterie n’a rien à y voir.
Recherche du code pin. Deuxième essai.
Vient alors la découverte –tel un pionnier sur les routes
poussiéreuses et hostiles de l’ouest- des potentialités de l’appareil, sur le
plan téléphonique dans un premier temps, et je m’aperçois que mes doigts sont
globalement plus gros que les touches. Ça n’aide pas.
A supposer que je veuille répondre à un appel, je choisis
une sonnerie. Et une sonnerie ... de téléphone. On a les moyens mnémotechniques
qu’on peut, hein ?
Et puis un jour, tiens, quelqu’un m’écrit !
Quelle drôle d’idée en vérité. Tiens c’est une des filles, y
a pas, faut que j’réponde.
Obligé. Mais ça va pas être facile.
Dans cette période paléolithique j’ai développé un sens aigu
de la réponse brève, concise, bien carrée. Ce fut donc surtout ok ou alors
quand j’avais un quart d’heure devant moi, oui.
Conscient de certaines limites lexicales, je songeai à un
moment -après un examen minutieux des touches- à la constitution d’un
répertoire de mots-réponses possibles commençant par 1 a d g j m p t w. J’y
renonçai presque aussitôt, et ce n’est pas pour wapiti dont je persiste à dire
que dans certains cas c’est une réponse, un peu comme wurtzite, mais plutôt
pour « 1 » qui m’avait immédiatement paru louche comme lettre. Faut
pas me la faire non plus.
C’est ainsi que je m’accrochai donc énergiquement et
durablement au OK ou OUI.
ET cela ne m’empêcha pas des découvrir des choses
incroyables, le « ! » fruit
d’une erreur de manipulation, ce qui explique que je ne l’ai pas maîtrisé
immédiatement, ni répété. Du coup je m'exclamai peu.
Je sentis qu’il était temps d’avancer. Le temps bien sûr de trouver mon journal des
messages, ce que je fis très rapidement. Je
dois avouer que j’avais en l’occurrence sollicité l’aide d’une autre de
mes filles, laquelle ne se fit pas prier, croyant à tort que j’allais me lancer
à doigts perdus dans une mise à jour sérieuse de mes compétences techniques en
la matière, ce dont je ne la détrompai pas.
En réalité j’avais en tête la surveillance étroite du nombre
de sms reçus et répondus dans l’année... histoire d’avoir un peu de maîtrise
sur la chose voyez-vous.
Une année à 37, la suivante 54, cette progression me fit
froid dans le dos.
Devenais-je addict ? Parce que 37, figurez-vous ça nous met à 0,71 message par semaine et 54,
alors là, catastrophe : 1,03.
J’appris à me méfier du jour de l’an également, susceptible
de faire monter dangereusement ma moyenne autour de 6 ou 7 en première semaine. Et je pris des mesures urgentes en
coupant l’appareil.
Quelque temps après, remis de cette émotion, je découvris le
smiley mais volontairement, après l’avoir cherché.
J’étais entré dans une nouvelle phase que l’on pourrait
baptiser « moins mais mieux », tant il est vrai que je suis toujours
plus à l’aise s’il y a un concept derrière (ou devant).
Cette phase toujours d’actualité (je n’ai pas peur de le
révéler) consiste à rédiger des messages avec des phrases, écrites
correctement, bien ponctuées, et parfois agrémentées d’une incroyable touche de
frivolité – certes mesurée, faut pas exagérer non plus- comme un smiley. Un
sacré pas en avant quand même.
Tout en sachant que « oui » est une phrase. Et que
le « moins » du concept consiste à envoyer moins de messages donc,
mais un peu plus longs. Le tour est joué.
J’en suis là aujourd’hui faisant -ma modestie dut-elle en
souffrir – l’admiration de mes centaines de destinataires conquis. Et même si
je me mélange encore un peu dans les smileys...
Tout cela, vaut l’aurez compris se base sur une mauvaise
foi, rafraîchissante mais assumée, car je persiste à penser que ces trucs-là ne
valent que par ce qu’on en fait.
Vu que j’en fais pas grand chose...
Je ne vais pas vous faire un dessin, pas le temps, je dois
réviser mes smileys et puis je suis
occupé pour les dix ans qui viennent, je dois aller apprendre à touiter.