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mercredi 7 octobre 2015

32 bis The Wishbone effect



Due to popular demand 

En dépit d’une apparence calme et austère, intérieurement, Malcolm Wishbone éprouvait une profonde satisfaction. 
Et rien ne pouvait l’ébranler.

Pas même de savoir que le Service l’avait finalement repéré.
Ou d'être parfaitement conscient qu'il se trouvait désormais très exposé et qu'il ne pourrait se soustraire à la seconde disposition additionnelle du règlement.  

Il n’ignorait pas davantage que Hugh Palmer et Bradford Lewis voulaient sa peau.
Il n’avait cure de ne pas connaître la signification de  « ISK ».
En revanche il se frottait mentalement les mains à la pensée de ce pauvre Lawrence Jones quand celui-ci découvrirait à l’étage au-dessus que les documents transmis étaient bidons.

Malcolm était à un tel point de jubilation qu’il devait se maîtriser pour ne pas sauter au plafond à tue-tête.
Heureusement, l’interrogatoire musclé qu’il subissait depuis quinze minutes l’aidait à se contenir.

Mais rien, absolument rien ne pouvait l’ébranler.
Il était prêt à affronter toutes les mesures de rétorsion. 
Plus rien ne comptait.

Son contact lui avait offert sa soutane.

mardi 7 octobre 2014

Acrobaties chromatiques

Dans le service, John Grey était le « bleu ».
L’équipe n’en faisait pas un fromage mais ils avaient tendance à le prendre pour une pâte molle. 
Reprenons.
Une sombre histoire.  Besoin d’un témoignage. Grey alpagua un noir pas clair à ses yeux et le conduisit au poste. Il avait bien vu que ce n’était pas un aigle, il le laissa mariner dix minutes avant d’entrer. 
Grey posa alors un regard d’acier en même temps que sa question. 
Rien. Puis un bredouillis. Et rien.  
Scruté dans le blanc des yeux et sommé d’ajouter un mot, le noir eut un blanc. Un tunnel, un véritable trou noir.
Blanc comme un linge, il restait muet comme une tombe.
De quoi déclencher une colère noire, certes, mais est-ce que ça soulage vraiment ? pensa Grey. 
Idées noires puis éclair. Un coup, un leurre... 
Grey embarqua le noir au « Rainbow » (avec l’idée qu'il se mette à table) en le mettant "au vert".
Sur place, ils s’y mettent. Un prétexte est vite trouvé. Le noir arrose l’important. Ce n’est pas un dessous de table. Non, c’est un coup de blanc. Levant le coude,  le noir est vite gris puis noir. 
Impossible de faire semblant tant ça se voit. 
A côté du noir, au comptoir, un blanc qui porte un bleu et une casquette est noir, lui aussi. Blanc bonnet et bonnet blanc ?
Le noir soudain loquace oublie Grey et échange avec le blanc au bleu des propos décousus. Ils sont chauffés à blanc.
Grey en est vert car il a compris qu’il n’aura pas d’aveux pour n’y avoir vu que du bleu. Il sent que son leurre est dans le rouge.
Et puis soudain, silence d'ivrognes.
Un orange passe. 
Surtout, pense Grey, faire comme dans le manuel, laisser passer l’orange.
Alors Grey se détend, il se sent l’esprit plus clair et pense aux chats la nuit. Son plan est à l’eau, il ne peut plus rien. 
Alors, tant pis pour le chef, je pourrais dire qu’il m’a échappé. 
Il hésite encore, et finalement son courage remonte d’un cran : il envoie le noir sur les roses. 
Grey rentre broyer du noir après avoir fait chou blanc.
Au fond, c’est troublant, se dit-il, d’interroger un possible témoin aux couleurs qui se nomme Red Brown et qui traîne son blues.

Voilà pourquoi beaucoup ce matin-là au poste pensaient que Grey n’étaient pas blanc-blanc dans cette affaire.
De là à passer pour un jaune…

dimanche 6 avril 2014

Cinq ou six lignes sur...

... les polars de Mons Kallentoft (Hiver, Été, Automne, Printemps, La 5e Saison)


Lue dans les trois premiers mois de l’année, cette « tétralogie » qui comprend cinq tomes (à ce jour) met en scène les enquêtes de Malin Fors, superintendante de la police suédoise. Le respect de la chronologie de la série m’a conduit à lire le tout dans l’ordre pour un sentiment final mitigé. L’enquêtrice est attachante certes, son équipe aussi. Les intrigues sont glauques mais leur résolution m’a  semblé un peu flottante et ne m’a pas toujours convaincu. Longueurs et digressions aussi. Enfin, le système de narration alterné faisant parler les victimes mortes (pas moins !) ne m’a pas emballé, entamant à mon sens la crédibilité du tout, et a fini par me peser de plus en plus.