Après Urticant sur
Marat, Xylochauffé sur
Zola, Badinons
sur Marot, et Caramba
sur Zapata il y a tout juste un an, il est grand temps de poursuivre la publication de biographies un peu cruciales dans l’histoire de l’humanité.
* * *
L’approche scientifique qui guide notre démarche 115 % bio d’un
sérieux imperturbable dans la mise à jour de certaines biographies nous conduit aujourd’hui à prendre un peu de hauteur.
Après une recherche touffue digne de la jungle amazonienne,
nous sommes à la fois entaillés aux deux pouces, moites et en mesure maintenant
d’apporter certaines précisions utiles sur la vie de quelqu'un dont on parle peu,
tellement trop peu, en réalité absolument pas du tout.
Pour des raisons obscures et échappatoires, rien –absolument
rien - ne rappelle ces temps-ci la mémoire de Clément Ader.
Celui qui, dans l’imaginaire collectif, reste un pionnier de
l’aviation, du manche et du balai réunis, ne souffrait absolument pas d’une
maladie de peau , n’a pas connu les Rougon-Macquart.
Il est certes mort, comme beaucoup, et l’on peut penser -
hypothèse plausible - qu’il serait vraisemblablement de nos jours un « confrère »
puisqu’il n’a pas lésiné à prendre des notes et croquer des croquis durant ses
travaux et autres calculs.
Oui, il tiendrait sûrement un blog moteur sur hautetfort
d’autant plus facilement qu’il aurait préalablement retiré ses gants et ses
lunettes, refait le plein, vérifié le niveau d’huile et que l’écran de son ordi
ou de sa tablette seraient par ailleurs étanches. Sans oublier bien sûr son
poêle à bois parfaitement entretenu et sa machette en hauteur parfaitement hors
de portée des plus petits..
Si Ader, Clément de son prénom, n’a jamais eu l’intention de
devenir pape avant 1978, ni après, il n'a pas plus songé à changer de prénom
pour s'appeler Kader et encore moins Autrement.
Interrogé sur ce point, François II (qui remplaçait Français
Ier occupé à Marignane) déclara en interview dans la Marseillaise « Mais
cela ne l’a pas empêché de décoller tout le papier peint».
Et puisque nous y sommes, précisons au passage qu' Ader n’a
jamais porté le sombrero, ce qui n’étonnera personne, il n’était pas mexicain
même si certaines sources attestent qu’il adorait les lentilles. Tordons aussi
le cou à la question éternelle :
-
Il est né dans la Drôme Ader ?
-
Ah non !
-
Vous me rassurez ! Je me disais bien aussi … Ader ?
Angers.
-
Non plus.
Mais revenons sur le champ au début et à nos moutons.
L’école ne le passionne pas. Indiscipliné, il est difficile
ou impossible de voir Ader rangé. Il a plutôt la tête dans les nuages. C’est là que baille
Ader qui , mollement motivé, préfère blaguer tout en donnant le change en
douceur : Ader rit sage.
Pas très sympa avec ses potes, et déjà travaillé par
les oiseaux, il est moqueur, sans doute se prend-il pour un merle : Ader
raille. Il illustre fort peu son prénom te ne fait rien pour calmer
le jeu. Ader attise.
Mais il finit par redescendre
sur terre et l’on constate (de son point de vue) à quoi s’abaisse Ader :
il finit par savoir lire.
Avec tout ça, il fallait s’en douter, son orientation
professionnelle a comme d’habitude posé rapidement de gros problèmes à ses
parents.Il se signale par des expériences -avec tout ce qui lui
tombe sous la main- qui gênent le voisinage bruyamment. Injustement accusé selon
lui, plus d’une fois cela mit en pétard Ader. Et pris sur le faîte, on verra
plus d’une fois Ader nier.
Ses parents ne s’installent pas à la campagne, ils y sont déjà.
Et, s’ils possèdent des terres, ils ne pensent qu’à s’envoyer en l’air. Preuve que Clément est bien leur fils.
Et rassurez-vous: comme les autres, Ader tond, très
exactement 40,195 kilomètres de pelouse par semaine.
Les témoignages des jardiniers abondent sur sa tâche accomplie sans
faillir : « On a encore vu Ader hier ».
Mais cela ne dure qu’un temps comme aurait pu le prévoir
n’importe quel visionnaire de la trempe d’Élisabeth Téchiée, de la claque de
Madame Sommeil ou de la bande Velpeau à Asimov.
Ader est en âge de filer à Paris, preuve qu’il ne manque pas
d’air. Il le fait d’autant plus facilement qu’il n’a aucune raison
de se souvenir qu’il est mexicain en ne l’étant pas, ce qui n’empêche nullement
de le ranger dans la catégorie des grands pragmatiques.Sur place, malgré ce qu’on lui a seriné, il pense que voler
c’est bien plus beau, surtout sur l’eau mais plutôt à l’huile.
Mais il doit récolter des fonds, ce qui oblige à une nouvelle escale
Ader et fait dire qu’il n’est pas né celui qui verra Ader hâter le mouvement. (Sic.)
Là, quitte à ce qu’on pense qu’ Ader rouille, il s’installe au bord de l’eau et
fabrique quelques engins flottants pour les plaisanciers, lesquels se
félicitent des barques Ader et sont loin de trouver Ader rance.
Cela ne dure qu’un temps, car il faut en faut bien plus.
Dans les cafés et les tripots, où part Ader à la tombée de
la nuit, il remporte quelques tournois richement internationaux richement
dotés.Un soir, Ader bat Idjan. Lors
de ses virées, pourquoi s’en priver, il boit sec et c’est en grand amateur de
cognac que lampe Ader. Nouveau
témoignage : « il vide barrique sur barrique, Ader ! »
(anonyme).
Et
comme souvent on peut se demander quelle longévité il aurait eue s’il n’était
pas mort juste avant.
Et la suite, en gros, sa
mort, n’est qu’histoire et je n’en dirai pas davantage.
C’est l’âme qu’Ader rend.
Il s’éteint à Toulouse et c’est, une fois n’est pas coutume, pour une
mort rose qu’embarque Ader.