Quelques lignes me semblent nécessaires pour apporter certaines précisions sur la
vie de quelqu'un dont on parle fort feu, trop peu, en réalité pas du tout, ces temps-ci.
Pour des raisons obscures si ce n’est échappatoires en
effet, il n’y a rien sur Marat, rien de rien sur le célèbre révolutionnaire affecté
d’une maladie de peau, certes mort, mais dont on peut penser - hypothèse et
interprétation un peu osée ou forcée j’en conviens – qu’il serait de nos jours un possible « confrère », puisque le directeur de la brochure l’Ami
du Peuple tiendrait peut-être un blog pour peu que son ordi ou sa tablette
soient étanches.
Si Marat, Jean-Paul de son prénom, n’a jamais eu l’intention
de devenir pape vers 1978, il n'a par conséquent pas davantage songé à changer de prénom pour s'appeler François, par contre son orientation
professionnelle a posé rapidement de gros problèmes à ses parents.
Il se signale par un comportement brutal qui l’amène à
détruire violemment tout ce qui lui tombe sous la main. Marat casse. Il alterne des moments de repli sur soi et des périodes
explosives. Dans ces moments en creux, on sent que Marat bout. Et comme chacun sait, Marat bouillu, Marat foutu.
Ses parents s’installent à la campagne, ce qui tombe bien,
ils y étaient déjà. Ils vivent maintenant dans une grande demeure au beau
milieu de magnifiques espaces verts et pensent tenir LA solution. Ils inventent le travail d'intérêt particulier et décident
que le petit Jean-Paul (car il s'appelle toujours ainsi) aidera les jardiniers dans leurs tâches quotidiennes pour canaliser son énergie débordante.
C’est ainsi que Marat tond.
Très exactement 40,195 kilomètres de pelouse par semaine.
Mais cela ne dure qu’un temps comme aurait pu le prévoir
n’importe quel visionnaire de la trempe d’Elisabeth Féchier. Préférant noyer
le poisson, Marat se casse.
Il est en âge de filer sur Paris mais il a du mal à
subsister. Sans ressources,
tel un mendiant, Marat quête. Toute occasion est bonne pour quémander, partout, sur
les places, dans les rues que Marat longe. Il prend toutefois le temps de créer le concept de marasme.
Cela s’arrange fort heureusement
et la suite de sa vie n’est que littérature,
avec son journal qui lui apporte la
renommée, si bien que tout le monde connaît Marat. En effet, grâce à cette publication,
Marat dit haut ce que certains pensent tout bas.
La suite de la suite, c’est-à-dire sa maladie, sa mort, ne
sont qu’histoire et je n’en dirai pas davantage car chacun sait comment, ultime
stade, Marat cana.









