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mercredi 30 mars 2016

Montgolfières, éclairs et latitudes


Il y a un tout petit peu moins de trois ans...
J'avais écrit :

"(...) Hier soir, le concert juste achevé, quittant les travées, nous étions à descendre les quelques marches pour gagner la sortie. Silencieux.
Comme très souvent, car tous deux, avec madame K, et on n'a pas besoin de se le dire, on sait qu'on va s'en parler mais un peu après, car rien ne presse... 

Car on est encore dedans, encore dans les sensations douces de ce très beau moment que nous a offert Gian-Maria Testa à la fois simple et chaleureux, gorgé d'humanité, et de lucidité aussi. 

On se sent bien, on sent bien qu'on a fait une belle rencontre.(...)"

Oh, on y serait retourné, c'est sûr.
Mais, aujourd'hui la triste nouvelle est parvenue.

J'ai choisi quatre morceaux - oh, que c'est difficile à faire - pour témoigner de cette belle rencontre que j'ai prolongée avec ses disques. Disques pour lesquels je remercie aussi chaleureusement paul(A) qui m'avait fait quelques recommandations.

Preferisco cosi ( paru sur l'album Altre Latitudine) 

Polvere di gesso (paru sur l'album Lampo)

La tua voce  ( Lampo également) 

et puis NUOVO, (album Vitamia) 
titre d'une douceur indépassable, dont je ne me lasse(rai) jamais...


 


Écoutons sa voix, sa guitare, son chant, tout cela est si précieux. 

Sans lui on se sent un peu plus fragiles aujourd'hui.



dimanche 18 janvier 2015

Surnager

7 janvier.
Terrible semaine juste après.
Le sentiment d’un ko debout. L’automate allant malgré tout travailler, accomplissant les tâches quotidiennes, au ralenti, et l’esprit ailleurs.
Des images, Pelloux, détruit, le visage absolument gonflé d’un chagrin irréversible.

Des billets lancés dans la foulée pour témoigner ; soutenir, comme des bouteilles à la mer, verre rayé et goulots passablement ébréchés.
Le dérisoire est assis sur un banc…
Les billets des autres par ci par là et quelquefois l’impression tenace  de lire du silence mouillé.
Après, marcher dans une foule compacte dont l’intensité silencieuse rendait les yeux brillants.

Et puis un trou, ensuite, cinq jours, pour laisser à la poussière le temps de retomber, de se déposer, un comble quand on a le sentiment qu’elle va rester en suspension et troubler durablement l’horizon.
Un espace avec deux ou trois jours pendant lesquels le son fut coupé pour  tenter de retrouver une respiration intérieure, loin  de l’engorgement poisseux et de la folie furieuse des media. 
Deux exemples. Ce ridicule à vouloir trouver la formule choc : c'est notre 11 septembre. Pitoyable.  
Et une parmi les politiques, catégorie « dédiabolisée »  réussit haut la main à lier l’indécence et l’ignoble, sans frémir et… sans surprise, en foulant aux pieds la mémoire des tués. 

Et puis une semaine après, se procurer le « nouveau Charlie », oui ce sera fait, mais tranquillement, pas à la manière des soldes auxquels je ne participe d’ailleurs jamais…

J’ai dans ce laps de temps très spécial souvent été touché par les témoignages gorgés d’humilité, disant l’incompréhension et la peine, et surtout pas par les démonstratifs – tellement narcissiques-  racontant  et analysant « j’ai fait ceci ou cela, parce que voyez-vous j’ai tout compris ».

Et je ne parlerai même pas des théories fumeuses qui ont vite émergé.

Aujourd'hui je ne sais pas encore très bien ce que j’ai compris ou pas.
Je reste sûr qu’il faut en parler, pour mesurer une responsabilité : celle des « grands » envers les « plus petits » qui sont en train de grandir, de se construire. Elle existait déjà avant. Elles reste indispensable.

Mais je ne sais pas aujourd’hui de quel côté souffle le vent.