L’étranger
– Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? Ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
– Tes amis ?
– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie ?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or ?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh ! qu’aimes -tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !
– Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
– Tes amis ?
– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie ?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or ?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh ! qu’aimes -tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !
Charles BAUDELAIRE In Petits poèmes en prose (1869)
Un texte-poème lu et relu avec toujours le même plaisir ouaté et mouvant.
RépondreSupprimerParlant de nuages, cette phrase de Brel en 1971 lors d'une interview.
"Quand je ne chante pas, je fais de l'avion, ou j'en rêve. Ce qui est beau, c'est de faire du rase-mottes dans les nuages. On trouve des routes, on suit des avenues, on se perd..."
Merci Colo.
SupprimerSe perdre...
Je me contente de faire ça à pied !
;-)
Nuages
RépondreSupprimerW. Szimborka
La description des nauges
exige de faire diligence
en une fraction de seconde
ils ne sont plus eux, ils sont autres
Leur trait principal consiste
à ne jamais reproduire
ni formes, ni teintes, ni poses, ni dessins.
Jamais porteurs d'aucune mémoire
légers, ils survolent la gravité des faits.
Témoins de quelque chose- vous voulez rire!
au moindre souffle, voilà qu'ils s'éparpillent.
en regard des nuages
la vie semble solide,
presque enracinée, quasi éternelle.
A côté des nuages
les pierres sont nos sœurs,
nous pouvons compter sur elles,
alors qu'eux: des cousins lointains et volages.
(je ne sais quelles gens p137
Encore une pure beauté, celui-ci !
SupprimerMERCI.
Ah les merveilleux nuages de ce cher Baudelaire. Poème en prose mais presque une mélodie, on en chanterait ! Merci pour cette réminiscence en forme de nuées...
RépondreSupprimerJ'aime bien réminiscer.
SupprimerPlus que nostalger.
;-)