mercredi 12 mars 2014

Equilatéral

Pendant qu'une grosse clique infâme poursuit son cirque indécent et ses petites "affaires", bien tintamarré par les médias bien gras, on se dit finalement qu'on donnerait bien un petit euro (ou deux, allez !) pour affréter un ou deux appareils un peu défaillants certes que le monde entier finit par envier à Malaysia Airlines, une compagnie experte dans la disparition pure et simple dont les compétences seraient ma foi bien utiles.
Avec un peu de malchance, un zeste de loi des séries et tutti quanti, ils arriveraient bien à nous les perdre.
La seule différence, c'est qu'on se taperait complètement de ce qu'ils ont pu devenir même dans notre merveilleux monde hypercybertracé, fiché, vidéosurveillé etc.
Loin de moi  l'idée de partager des idées complotistes, mais il serait de temps d'héberger quelque temps le Triangle des Bermudes, non ?

lundi 10 mars 2014

Dans un fauteuil

Trois d'un coup. Les dernières séances ciné de cette quinzaine avec Madame K nous ont fait choisir dans l'ordre : 12 years a slave, puis Lulu femme nue et enfin Tel père tel fils.
A postériori comme dirait le facteur, au fil du hasard des séances, on a fait que progresser !

12 years a slave 
Le film américain sur l'esclavage n'a eu qu'une vertu pour ce qui me concerne, c'est le rappel des enlèvements pratiqués pour le commerce des esclaves. Je l'avais oublié, honte à moi. 
Le film est vraiment une grosse machine, j'en ai été un peu surpris - je n'avais rien lu avant dessus- et il a été sacré meilleur film aux Oscars juste après que nous l'avons vu. Le nom du réalisateur nous a attirés, celui de Hunger. On peut se tromper !

Le film vraiment peu subtil noie dans son traitement les quelques éléments de complexité qui apparaissent pourtant ça et là : Maître Ford humain dans le système ambiant / maître Epps pris par ses démons, l’un étant d’ailleurs son épouse autour du statut social / la reproduction de schémas par les noirs eux-mêmes…
Très bien-pensant : cela donne l'impression que McQueen a été phagocyté par Hollywood. 
Et déception. Du coup, "ça" récite sa leçon sans rien oublier. Même Brad Pitt à la fin joue un "sauveur" quasiment surréaliste ! Cela donne un film pour gamin de 8 ans avec une grosse (ou grasse) louche de mélo à la fin. Et ce manque de finesse, la musique peut en témoigner à elle seule.
Tout n'est pas pourtant à jeter, l'acteur Michael Fassbender est plutôt bien - même s'il frôle la limite du cabotinage à certains moments- dans un personnage éminemment contradictoire, perclus de démons, dont les relations avec sa femme tranchent sur le simplisme ambiant.
Le côté naturaliste (ou presque documentaire) de certaines scènes est intéressant, le côté « foire aux bestiaux », la toilette... mais cela intervient trop sporadiquement, comme s'il y avait un manque de direction au point qu'à d'autres moments ça esthétise sec, par exemple, le chant dans le champ de coton tombe terriblement à plat, on le voit venir trois siècles à l'avance, du coup c’est un anachronisme ! 
Un beau ratage.

Lulu femme nue
Il nous « fallait » y aller, presque un an après avoir rencontré en vrai Etienne Davodeau à la médiathèque. Pour Davodeau certes, mais aussi pour Karin Viard, et puis pour Lulu...


Nous avons apprécié que ce film ne prétende jamais être ce qu’il n’est pas, l’humilité de la réalisatrice étant à la hauteur de l’attention qu’elle porte à Lulu, à ses rencontres, au voyage suspendu dans le temps.
L’esprit de la bande dessinée est bien capté dans la dimension poétique de l’univers de Davodeau.
Le film se soucie peu de réalisme, ce n’est pas le sujet, par contre il renvoie en écho des questions qui peuvent parler à chacune, à chacun.
Lulu est perdue, Lulu s’est perdue. Elle ne rentre pas chez elle suite à un entretien d’embauche raté. Elle reste au bord de la mer, en Vendée, et des rencontres (amoureuse, amicales) pleines d’humanité et de solitudes qui se croisent et s’entraident (avec leurs faibles moyens) vont l’aider à « revenir ».  
L’attention, la bienveillance des personnages entre eux, le temps qu’ils veulent bien se consacrer – dans une parenthèse et un espace qu’ils savent à priori limités dans sa durée-  constituent le joli butin de cette histoire, où quelques moments loufoques ajoutent au plaisir.
Emouvant souvent, jamais mièvre, ce film est frais et nous fait ressortir sourire aux lèvres.

Tel père tel fils
L’inversion de deux nouveaux nés. Des certitudes qui s’écroulent 6 ans après.
Des familles de deux milieux sociaux très différents, le cadre est posé.
Que faire ? Comment faire ? Comment vivre ?
Superbe film, l’art des petites touches. Education, modèle, filiation.
Tout le monde est touché. Bouleversements.
Intérieurs, sans fureur. Des gouffres.


Ce pourrait être lourdingue, c’est subtil, fin et délicat.
Cela pourrait sembler long, c’est patient, méticuleusement agencé, minutieux.
Vivant.
Les cheminements, les pères, les mères, les enfants, les gestes et comportements prennent une nouvelle lumière, ils ne sont plus ce qu’ils étaient jusque là. De déplacements en décalages.
Cela parle intensément du lien, à chacun, et l’ensemble n’est jamais démonstratif, en gardant la ligne de l’humain et de la sensibilité.
Et qu’aurions-nous fait si...
Je répète, superbe film, l’art des petites touches. 

dimanche 9 mars 2014

Latences


I.

Les éclats de silex trouent la nuit
Six lances 
étincelles muettes fusent 
éclairent et dispersent
l’évidence

II. 

Elliptique,
la course du silence trace,
diffuse et pensive,
l’absence 
d’un chant sourd

III.
.......
Les empreintes du son
plissent le sel,
sable, pans, indices,
retournés 
 parsemés sur la grève

IV. 

Un chant s’y lance,
muet tapage dispersé
 pas qui crisse,
alphabet 
de pierres jonchées,

V. 

L'anse du silence
Se fait insistance
bruit blanc cryptique
qui fissure des murmures 
anagrammatiques

VI.

Et le silence courbe
se déploie grêlé de signes
qui s’épuisent,
...
invisibles
...
lancinants.

mercredi 5 mars 2014

Pédiluve

Jeff Copo, le taulier du PMU, amateur de trempette dans des piscines louches, m’a encore bien fait rire ces jours-ci.
Très jaune certes, mais rire.
Avec ses tambours crevés et ses trompettes bouchées, il s'était réuni pour jouer le grand hymne de la transparence, et – comment en douter une seconde - n'était prévue aucune réponse de fond bien sûr à la question posée, grâce à des pseudo-propositions au mieux nuageuses au pire fumigènes.  
Du VENT.
Pathétique. De la contorsion qui à priori devrait l’enfoncer irrémédiablement dans les sables mouvants. Non seulement, il triche et ment, enfin tout ce que vous voulez mais en plus il est mauvais acteur. Un De Funès laborieux empêtré dans le bourbier de ses gags nuls. Une tête à claques qui se drape dans une dignité effarouchée de pacotille. Blessé il est. J'en pleure pour lui, je suis tout ému. 

Alors, on pourrait en dire et en redire à propos de ce spécialiste de littérature de jeunesse, accessoirement testeur de piscine et expert mondial en viennoiserie.
Deux points ne manquent pas de me questionner : 
Pourquoi les journalistes ou supposés tels couvrent-ils ce type de mascarade, car on peut imaginer qu’on pourrait le laisser simplement se débrouiller avec sa pauvre allocution ? 
Ensuite, malgré cette impressionnante série de casseroles qui ferait passer n’importe quel colporteur consciencieux pour un charlatan inconséquent arracheur de dents- il va y avoir encore et encore des zélés-cteurs à Meaux dès la fin du mois pour glisser un bulletin à son nom dans les urnes.

Dépassé.

Je suis dépassé.

mardi 4 mars 2014

Tel un tapis, tapis volant

La vie quand elle rime à quelque chose, même les mémés aiment la castagne. 
Tu verras. Les tiens seront noirs ce s'ra rigolo ... d'échapper au mal avec des mots. 
Je vous guérirai :  quand le jazz est là... 
Dansez sur l'écran noir de mes nuits blanches, le feu raconte des histoires.
Ici tu vois tout est sauvage, de blancs éléphants m'aspergeaient de mémoire.
Je veux tomber en poussière, il se peut que je couve un Igor Stravinski.
O déesse de pierre, j'ai plongé dans la vie, on revoit nos amours dans le temps.
J'ai d'la flotte plein les yeux, le soir de mes funérailles.
A travers mes paupières entrouvertes
L'air bleu

(c) extraits empruntés bien sûr à Claude Nougaro



Nougaro.
Le temps passe. Vite.

Raison de plus pour s'arrêter.
Ici.
Belle version. 
Maurice Vander au piano, chapeau. 

Un bonus ? 
Tiré de Locomotive d'or, album de 1973, 
une perle assez peu connue : 




dimanche 2 mars 2014

Soyons taquin

...comme une fausse suite du billet précédent !

Permettez ici que j’use,
Sans que j’abuse
De coups d’arquebuse,
De toutes mes rimes recluses
Du fond de ma cambuse.
Encore faut-il que ça infuse,
Comme du temps qui s’use,
Sans articulation percluse
Qui d’écouler le flot refuse.

Que ça ne tourne pas à la confuse
Série compilée de clichés de buse,
Foire aux idées loufoques qui fusent
Sans raison avec rimes abstruses
Quand ton pied de nez diffuse
Et révèle une clarté obtuse
Ce pied de trop, c’est rater l’autobuse
Et le ver dans le nez t’accuse

(Tu t’es frotté tant que tu te cactuses
Toute honte incluse
Dans ces cas-là on t’olibriuse
Et que l’on t’omnibuse
Si ce n’est trolleybuse
Pas d’excuse :
la maréchaussée te stradivariuse
Enfui ton beau rêve que tout se Vénuse)

Allez, ouvrir vannes, passer écluses
Dénicher la rime intruse
Les préférer dans mes filets profuses
Rester prêt à toutes les ruses
Sans que mon cornemuse
Ni ne s’émousse l’âme ou ne s’use
Car toujours un rien ma muse
Que je pars taquiner l’amuse.



samedi 1 mars 2014

Une réponse tardive

Pré en bulle :
 « T'es-tu déjà essayé à la poésie toi qui sembles en être un lecteur assidu ? »
(Vous avez quatre heures !)

Bon, j’ai bien mis 4 mois, ou plus... Petite question indiscrète (sic) 
essayer d’aller plus loin
ou moins près
contourner la simple réponse
à un commentaire
et se mettre en chemin
comme une réflexion à voix haute
avec des notes ou des pensées
posées sur le papier,
comme elles viennent
comme si j'étais dans un petit carnet,
dans les petits papiers de moi-même.
Dédicace à Madleine
l’auteuse de l’indiscrétude
Premièrement, lire ? 
Lecteur assidu, c’est vrai. Comment vous en aperçûtes-vous ?
Je ne vais pas citer de noms. 
La liste est longue
à la fois stable (les repères, ceux vers qui l'on revient, toujours)
et changeante (... les petits nouveaux )... cheminer... 
Je ne saurais dire depuis quand,
tellement c’est 
Beaucoup de curiosité
et d’envie de me frotter à la diversité
des formes, des propos, tout me semble potentiellement ouvert à la poésie. 
Sensible aux sons, au sens, aux mots posés
et disposés sur la page, à des registres
variés, de la sécheresse abstraite, en passant
par le sérieux comme le loufoque,
jusqu'à la boursouflure baroque. 
Hermétique, sibylline ou pas, étanche ou perméable, peu importe,
il y a toujours un chemin
par lequel se faufiler. Et puis ces épithètes
ne sont qu'à priori le reflet de la réception que l'on a des textes...
Le voyage intérieur toujours possible m’attire,
quelques lignes et je peux m’en aller. 
Se détacher, s’abstraire.
Et se transformer en chercheur d’or ? 
Et puis revenir, la besace plus ou moins pleine,
et même vide,
ce qui voudra juste dire ... partie remise. 
Revenir en étant marqué, touché, réveillé,
avec de quoi réfléchir, de quoi se réjouir.
Un état d’esprit ou,
comme dirait Jean-Pierre Siméon, des lunettes. 
Mince j’ai cité un nom.
- Heu, Jean-Pierre ? 
- Oui ?
- pisquetéla, à toi :

"On m'a souvent demandé: la poésie, à quoi ça sert ? (...)
Et je ne savais pas que répondre parce que la poésie pour moi a toujours été une chose naturelle comme l'eau du ruisseau.
Mais j'ai beaucoup réfléchi, et aujourd'hui, je sais: la poésie, c'est comme les lunettes.
C'est pour mieux voir. (...) 
Croyez-moi, tous ces gens autour de vous, ils ont les yeux ouverts et pourtant petit à petit, sans s'en rendre compte, ils deviennent aveugles.
Il n'y a qu'une solution pour les sauver: la poésie. C'est le remède miracle: un poème et les yeux sont neufs. Comme ceux des enfants.

.../...

Ecrire ?  
S’essayer. Une autre paire de manches !
Il y a au moins un point qui me plaît, 
une attirance envers des formes brèves, même si 
je ne sais pas si je peux parvenir à saisir et rendre par les mots 
une sensation, une image, une fulgurance 
ou bien encore un souffle prolongé, plus continu dans le cas de formes plus longues.
Il y a toujours un point que 
je n’arrive pas à résoudre et qui à ce jour reste un frein.
Le grand danger du « faire joli, faire beau », 
le «se regarder écrire complaisamment», avec 
des afféteries et préciosités qui me dérangent.
Un aspect qui me semble toutefois « maîtrisable » 
-toutes proportions gardées- car, à priori, il y a des moments 
où (et là je me fais assez confiance !) l’auto-dérision l’emportera 
toujours et me gardera d'un excès de "sérieux". 
Sans oublier le côté farce (incompressible) 
où je peux le faire exprès !

Dernière chose, et je réfléchis tout haut, on peut se dire, allez c'est parti, crayon papier, je vais écrire un poème, mais je ne pense pas qu’on le décrète, peut-être tout simplement qu’on le trouve après.
-Y a de la betterave ?
- Y en a. 
On commence, on écrit et seulement après cela pourrait bien "s’y apparenter". 
Plus dans l'esprit que dans la lettre. Toutefois, j'ai des bouts de papier dans les poches, je note parfois ce qui me vient... J’y vois un côté expérimental, sachant que toutes les expériences ne réussissent pas, ce qui me plaît bien aussi. 
Je ne sais pas si j’ai répondu.
En attendant la suite.