lundi 10 juin 2013

samedi


C'était donc avant-hier, il a fait beau avant que la pluie se réinvite en soirée et tout le dimanche ou presque...
Quelques mots et images sous peu de ce week-end parisien aux deux expos ...

samedi 8 juin 2013

Tautogrammatiquement-11

Vingt voyageurs volontaires verront vraiment 
Viatiques, valises, visas vadémécums
Vulgaires virgules verbales vacillantes
Voleurs vauriens, vilains vampires véridiques

Violente vendetta, vocables venin veules
Van Gogh vénézuélien vernissant verts vifs
Violoncelles vaudous valsant, vélins veinés 
Vers virtuoses virevoltant volubiles

Volutes vésuviennes voilant vieux vergers
Vaisseaux voilés voguant vrillés, vergues vibrant
Visages verglacés vagabonds violacés  

Vagues velues, vents vétustes, voix visitées
Vitres vides, visions vérités volapuk 
Vasques voltaïques, volcaniques vortex     

jeudi 6 juin 2013

Poussières


Fin de jour
L'érable frémit
Bruissement d'ombre
L'ombre sans limites
Se penche sur terre
Un grand laurier-tin
Se voile de nuit
Une ride coule
Peut-être une larme
La pudeur habille
Le cœur du bocage

Nuit
Le monde tourmente la nuit
Où mon âme s'avance
En peine de ses ombres
Désolation de mon âme
Gorgée de petits riens
Dans la longue allée de fusains
Nuit que l'on dit intérieure
Et même sans mémoire
Que d'aucuns percevront obscure

(c) poèmes de Jean-Pierre Boulic



Mazzy Star / Into dust 
(David Roback /Hope Sandoval)

mercredi 5 juin 2013

Rétrospectif

Décalages procrastinations intercalations pas de deux valse hésitation solitaire fluidités froissées 
fil à bout de sa raideur tendu   é    t    i    r    é  manquant se rompre 
                                                                                                                                 équilibre 
patient architecturé des jours habituels just in time où tout semble concorder right man right place s’accorder tomber à point pile. Pas cette fois. Minutes grignotées irrémédiables désormais écoulées crêpes retournées contre lui pression montant lentement gestes sûrs maladroits précipités nerveux risques fracas écart trop tard wrong man wrong  place trop tard écart plus tard sirènes arbre immobile à l’heure fracturé ... l’heure éparpillée








Note : Un matin, sur la route du boulot, au volant, l’idée m’est venue de ce texte juste après avoir été le témoin à chaud, passablement surpris et inquiet, d’un dépassement automobile qui se traduisit pas un écart aussi spectaculaire que dangereux quelques mètres plus loin.... 
J'ajoutai sur le coup cet épisode aux peurs rétrospectives.

lundi 3 juin 2013

Galop

Peut-être serait-il judicieux d'entamer chaque semaine de façon poétique, finalement ?

CHEVAL DES RÊVES

Superflu, me regardant dans les miroirs
avec un goût de semaines, de biographes, de papiers,
j’arrache de mon cœur le capitaine de l’enfer,
j’établis des clauses indéfiniment tristes.
j’erre d’un point à l’autre, j’absorbe des illusions,
je bavarde avec les oiseaux dans leurs nids:
et eux, souvent, d’une voix fatale et froide
chantent et font fuir les maléfices.
I1 y a un vaste pays dans le ciel
avec les superstitieux tapis de l’arc-en-ciel
et les végétations vespérales :


c’est vers lui que je vais et grande est ma fatigue,
foulant une terre retournée de tombes encore fraîches,
je rêve entre ces plantes aux fruits indécis.
Je passe entre les enseignements possédés, entre les sources,
vêtu comme un être original et abattu :
j’aime le miel usé du respect,
le doux catéchisme entre les feuilles duquel
dorment des violettes vieillies, évanouies,
et les balais, aux secours émouvants,
dans leur apparence il y a sans doute, cauchemar et certitude.
Je détruis la rose qui siffle et la ravisseuse anxiété:
je brise les extrêmes aimés: et plus encore,
je guette le temps uniforme, sans mesures
une saveur que j’ai dans l’âme me déprime.
Quelle aurore a surgi ! Quelle épaisse lumière de lait,
compacte, digitale, me protège !
J’ai entendu hennir son rouge cheval
nu, sans fers et radieux.
Je survole avec lui les églises,
Je galope à travers les casernes désertes de soldats
et une armée impure me poursuit.
Ses yeux d’eucalyptus volent l’ombre,
son corps de cloche galope et frappe.
J’ai besoin d’un éclair de splendeur persistante,
d’une parenté joyeuse qui assume mes héritages.

Pablo Neruda
Résidence sur la terre (1925-1931) 

dimanche 2 juin 2013

Brillant

Quelques trouvailles, que je mets en partage, puisées dans mes dernières lectures... 

« On ne sait jamais qui on est. Ce sont les autres qui vous disent qui et ce que vous êtes. On vous explique si souvent qui vous êtes et de si différentes façons qu’on finit par ne plus savoir du tout qui on est. Chacun dit de vous quelque chose de différent. Par ailleurs, on change sans arrêt d’avis. Si on ajoute à cela qu’on s’efforce de surprendre les autres en étant plusieurs personnes à la fois, ce qui, il est vrai, finit par arriver, on en vient à n’avoir aucune notion de qui on est ou pourrait être ».


(c) Enrique Vila-Matas in Air de Dylan

Du même auteur, d’une lecture plus ancienne, j’avais noté... entre autres : 
"... un ange est tout à coup passé dans un lieu aussi bruyant que celui-ci et j’ai senti que mêmes les êtres invisibles se cachaient." (le Mal de Montano)

Vila-Matas dont j'ai lu toujours avec un immense plaisir plusieurs ouvrages a toujours des angles d'attaque décalés, Air de Dylan cité plus haut commence par un colloque sur l'échec, le conférencier ayant comme objectif de faire fuir tout le monde avant la fin ! C'est de haute volée !  
Par ailleurs - antérieurement car paru en 2003-  Le Mal de Montanoconstruit en 5 parties, peut paraître déroutant, il est cependant époustouflant. 
On y retrouve le goût de l’absurde et de la mise en abyme de l’auteur et, au gré des pages, il y a toujours quelques éclairs et fulgurances qui font jubiler ou frissonner d’émotion. La question étant la littérature. Je vous renvoie à un éclairage impeccable ici, auquel je me contenterai d’ajouter l’ombre immense de Borges qui alimente le "substrat" de l'auteur, sans qu'il soit le seul vous l'aurez compris ! 


Le Mal De Montano de Enrique Vila-Matas

Escadrille

Vers 

à cheval donné on ne regarde pas la monture
au royaume des aveugles, les borgnes sont trois
avec des si on mettrait Paris en oreilles 
c’est au pied du mur qu’on voit le forgeron
ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des places
cela ne sert à rien de devenir un jour l’homme le plus riche des rivières
De l’eau sur la mariée, de l’or dans le métier
en avril, ne te découvre pas d’un fil, en mai, fais ce qu’il te fait
il faut battre le fer quand il est  galop
il faut souffrir ou faire guérir
il faut viser haut pour ne pas tomber trop pas
il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas boire
il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas prendre 
il ne faut pas se moquer de la peine du voisin, car la vôtre arrive le lendemain vilain
il n’y a pas de fumée sans audacieux
je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais bien
l’appétit vient en hareng 
l’avare et le cochon ne sont bons qu’après leur or
la nuit, tous les chats sont amis
la véritable amitié se voit dans l’odeur
l’appétit vient en argent
l’avenir appartient à ceux qui se lèvent pourceau
le chien aboie, la caravane casse
le malheur des uns fait le bonheur des nôtres
les affaires sont les guerres
les bons comptes font les bons aujourd’hui
les chiens ne font pas des fois
les cordonniers sont toujours les plus mal accompagnés
l’exactitude est la politesse des lois
mieux vaut faire envie que jamais
nul n’est prophète en son nid
œil pour œil, dent pour printemps
on ne fait pas d’omelette sans casser des bœufs
on ne peut être à la fois au four et au vin
l’oisiveté est la mère de tous les fils
qui vole un œuf vole un œuf
qui vivra pleurera
si Dieu n’existait pas, il faudrait le dernier
un homme averti en vaut peu 



*Procédé de fabrication : 
-contrainte : oulipo / avion 
-source : série de proverbes ou expressions connues  
-méthode :  l'escadrille se forme à partir de proverbes connus. Lorsque deux proverbes riment, on remplace le dernier mot du proverbe 1 (ex: maçon) par le dernier mot du proverbe 2 (ex: forgeron) et il ne reste qu'un proverbe. 
Les 2 proverbes ayant été utilisés quittent la liste. Et ainsi de suite jusqu'à épuisement de la liste.. 
-titre : PROVERBES --> VERS
Le titre s'efforce d'être cohérent ce qui reste sans doute à prouver pour les nouveaux proverbes ...
bonus: les titres non  retenus = robe, ove, verbe.