lundi 27 mai 2013

Vraisemblable ?

Annoncée il y a quelque temps ici, voici (enfin ?) la publication de la série  « ??? » qui commence et ce sera en rafale sur les trois jours qui s'ouvrent. Étonnamment,  je commence par le numéro 1 sur 3.


* * * 


Désolation. Tragique dénouement .
Erica Cool (la barque sur le lac) flottait, abandonnée, depuis que le grand saut avait été accompli par Elie Minet (le suicidé) qui n’avait pu supporter à son tour le spectacle atroce des malheurs  du monde, son impuissance à changer cela, la panne de sa batterie et ce n’est pas Xavier Pavumirza (le chien abandonné) dernier être vivant d’une tristesse insondable qu’il avait rencontré qui avait pu le faire changer d’avis, ni de vie ni de mort.
Réaction en chaîne, Henri Pludutou (l’ami du suicidé) s’était réfugié chez Stanley Gzistepa (la solitude).
Comme quoi...
Drôle de vie, drôle de monde, pensait Roman Deuhérot (le héros romanesque) témoin de cette scène qu’il n’avait pu empêcher, ne sachant ni nager ni vivre ni mourir.
Il cessa de manœuvrer les avirons pour réfléchir.

Il avait accepté la proposition de Jean Sérien (le journaliste intègre) à propos d’un reportage sur les bas de plafond dans les bas-fonds.
Il repensait à tout cela, si surprenant, si inattendu, si loin dans son petit cocon protégé. 
Mais il faudrait tout dire, c’était le contrat.
Bien sûr avec les pauvres, les démunis, les déshérités, il y avait un marché, et c’est là qu’on repérait Jean Brigade (la bête à bon dieu) qui avait réussi à monter une petite équipe de bras cassés avec  Anna Fabête.com/cépié (l’illettrée cul de jatte) , Debra Cébien (la manchote gauchère) et Lino Cent (l’idiot du village vacances).
L’ambiance sur fond de crise restait électrique.
Le quatuor était parfois accueilli fraîchement si ce n’est refoulé par quelques irréductibles et  réfractaires comme Petra Plegic (l’infirme), Emma Mercébaré (l’orpheline), son ami Aimé Paransonpala (l’enfant seul) ou encore Cory Za (l’allergique). 
Paranoïa galopante, on soupçonnait en sous-main Dalaï Félagueul (le bouddhiste boudeur - quand lama pas content)  et Tarik Urgent (le fils du facteur) de jouer les corbeaux dans l’histoire.
La semaine précédente, une dispute houleuse avec Ric Art (le fils de l’alcoolique), Oscar Ton (le sdf ruiné), et Jean Petiquiflambe (le nain grand brûlé) s'était transformée en rixe.
Par-dessus tout, Aurore Scope (l’enfonceuse de fausses portes) avait jeté de l’huile sur le feu avec ses prédictions prévisibles, leurres pour les crédules, visions que ne partageait certes pas Yves-Adam Lemur (l’aveugle qui boîte).
Cet emballement avait eu lieu le jour où le grand chapiteau du cirque Hulère avait été installé pour son unique représentation, le soir même.
On croisait alentour quelques spécimens qu’on aurait pu croire sortis du Musée des Erreurs, ne sachant pas encore qu’ils faisaient partie des attractions : Cary Wolf (le loup édenté) d’un naturel joyeux riait en permanence de toutes ses... rien du tout, Terry Gide (le fils du cadavre) ne bougeait pas un cil et Farida Nimal (l’éleveuse de vaches de cirque) répétait son numéro de jonglage avec Esther Nument junior (la naine enrhumée) sous l’œil admiratif d’Inès Endouce (la mère des orphelins) qui était d’ailleurs enceinte – et c’était récent- de Marc Onteuze (la tache de naissance).

Roman (notre héros) remâchait tout cela. 
Bien sûr, comme disait Beethoven, chacun mène sa vie comme il l’entend...
Mais...
Etait-ce « la faute à pas de chance » comme disaient José Papleuret, Jean Bavetoultan et Seb Adebol, le maire réélu qui n’avait pas compris qu’il valait mieux ne pas se représenter pour éviter ça.
A moins que.
Sauf si.
Une opportunité.
Un concours de circonstances.
Un état de grâce.
Une heureuse conjonction.
Une belle coïncidence.
?
- Oh, je vais vous arranger ça, murmura Bianca Pastologica (l’ardente psychopate italienne). 



dimanche 26 mai 2013

Tautogrammatiquement-10

Je m'amuse, il faut bien en convenir, à faire un peu évoluer l'exercice au fil du temps. 
Après un début où la phrase unique était visée, j'ai ensuite essayé le récit et, alors qu'il me reste une dizaine de lettres de l'alphabet à faire passer à cette diabolique sauce tautogrammatique, j'ai pensé varier encore les plaisirs et, tiens, doubler la contrainte pour le O avec deux haikus. 
Pour le moins abstraits ou abscons, certes ! 

Nul doute que d'autres variations et variantes variées, avariées ou verdâtres devraient voir le jour.


* * *


Œil Opaque Ouvert
Ombres Ourdies Obscurcies
Oubli  Ondulant 



Ondes Orangées 
Oasis Ou Oriflamme
Oiseaux Odyssées

samedi 25 mai 2013

vendredi 24 mai 2013

Parage

PARAGE
Le chemin sans nom,
sans personne,
s’écoule entre des roches usées,
dés de cette partie immémoriale
que jouent sans cesse les éléments,
se prolonge par une plaine,
chaque pas
une légende de la géologie,
se perd dans une dune de reflets
qui n’est ni eau ni sable mais temps.

Il y a un arbre rosé, des herbes noires,
du sel dans les doigts de la lumière.
Le chemin
porte le soleil sur ses épaules.
Le ciel a accumulé des lointains
sur cette réalité qui dure peu.
Une flaque : jet de splendeurs.
Des yeux de tous côtés.
L’heure s’arrête
pour se voir passer entre des pierres.
Le chemin n’en finit pas d’arriver.


Octavio Paz 
... encore et toujours, une fois de plus... 

jeudi 23 mai 2013

images

Chant des délices de Tsai-Talee
Je suis une plume dans la clarté du ciel
Je suis le cheval bleu qui court dans la plaine
Je suis le poisson qui tourne et brille dans l'eau
Je suis l'ombre que projette un enfant
Je suis la lumière du soir, l'éclat des prairies
Je suis un aigle qui joue avec le vent
Je suis un nœud de grains luisants
Je suis l'étoile la plus éloignée
Je suis le froid de l'aurore
Je suis le rugissement de la pluie
Je suis le scintillement de la croûte de neige
Je suis la longue trace de la lune sur le lac
Je suis une flamme de quatre couleurs
Je suis un champ de sumac et la pomme blanche
Je suis l'angle des oies sauvages dans le ciel d'hiver
Je suis la faim du loup
Je suis le rêve entier de ces choses
Vois-tu, je suis vivant, je suis vivant
J'ai bonne entente avec la terre
J'ai bonne entente avec les dieux
J'ai bonne entente avec tout ce qui est beau
J'ai bonne entente avec la fille de Tsen-tainte
Vois-tu je suis vivant, je suis vivant
N.Scott Momaday/tribu Kiowa


mercredi 22 mai 2013

Fissa


ACTE I, Scène première
OCTAVE, SILVESTRE.

OCTAVE: Tu viens, Silvestre, d'apprendre au port que mon père revient?
SILVESTRE: Qu'ai-je à parler davantage?

Scène II
SCAPIN, OCTAVE, SILVESTRE.

SCAPIN: Qu'est-ce, Seigneur Octave, qu'avez-vous? 
OCTAVE: N'as-tu rien appris de ce qui me regarde?
SILVESTRE: Toi et la justice?

Scène III
HYACINTE, OCTAVE, SCAPIN, SILVESTRE.

HYACINTE: Ah! Octave, est-il vrai ce que Silvestre vient de dire à Nérine? 
OCTAVE: Mais que vois-je? 
SCAPIN: Et vous, ne me dites-vous rien?
SILVESTRE: Que lui dirai-je?

Scène IV
ARGANTE, SCAPIN, SILVESTRE.

ARGANTE: A-t-on jamais ouï parler d'une action pareille à celle-là?
SCAPIN: Vous vous portez bien, à ce que je vois?

Scène V
SCAPIN, SILVESTRE.

ACTE II, Scène première
GÉRONTE, ARGANTE.

GÉRONTE: Ma foi! seigneur Argante, voulez-vous que je vous dise?
ARGANTE: A quel propos cela?

Scène II
LÉANDRE, GÉRONTE.

GÉRONTE: Que pourrait-ce être que cette affaire-ci?
LÉANDRE: Quoi?

scène III
OCTAVE, SCAPIN, LÉANDRE. 

SCAPIN: Monsieur, que vous ai-je fait?
LÉANDRE, voulant le frapper: Ce que tu m'as fait, traître?

Scène IV
CARLE, SCAPIN, LÉANDRE, OCTAVE.

LÉANDRE: Comment?
SCAPIN: Le moyen, après une avanie de la sorte?

Scène V
ARGANTE, SCAPIN.

ARGANTE: Quoi?
SCAPIN: Voulez-vous que son valet aille à pied?

Scène VI
SILVESTRE, ARGANTE, SCAPIN.

SCAPIN: Pourquoi, Monsieur?
SILVESTRE: Lui? lui?

Scène VII
GÉRONTE, SCAPIN.

SCAPIN: N'y a-t-il personne qui puisse me dire où est le seigneur Géronte?
GÉRONTE: Que diable allait-il faire dans cette galère?


Scène VIII
OCTAVE, LÉANDRE, SCAPIN. 

OCTAVE: Hé bien! Scapin, as-tu réussi pour moi dans ton entreprise?
LÉANDRE: As-tu fait quelque chose pour tirer mon amour de la peine où il est?

ACTE III, Scène première
ZERBINETTE, HYACINTE, SCAPIN, SILVESTRE.

SCAPIN: Et lorsque c'est d'amour qu'on vous attaque?
HYACINTE: Hélas! pourquoi faut-il que de justes inclinations se trouvent traversées?
SILVESTRE: Pourquoi, de gaieté de cœur, veux-tu chercher à t'attirer de méchantes affaires?

Scène II
GÉRONTE, SCAPIN.

GÉRONTE: Hé bien, Scapin, comment va l'affaire de mon fils?
SCAPIN: (En contrefaisant sa voix) "Quoi? Jé n'aurai pas l'abantage dé tuer cé Geronte, et quelqu'un par charité né m'enseignera pas où il est?"

Scène III
ZERBINETTE, GÉRONTE.

ZERBINETTE: Quoi? que voulez-vous dire, Monsieur? 
GÉRONTE: Pourquoi venez-vous ici me rire au nez?

Scène IV
SILVESTRE, ZERBINETTE.

SILVESTRE: Où est-ce donc que vous vous échappez?
ZERBINETTE: Mais qu'importe?

Scène V
ARGANTE, SILVESTRE.

ARGANTE: Vous vous êtes donc accordés, coquin; vous vous êtes accordés, Scapin, vous, et mon fils, pour me fourber, et vous croyez que je l'endure?

Scène VI
GÉRONTE, ARGANTE, SILVESTRE.

ARGANTE: Mais pourquoi, s'il vous plaît, la tenir à Tarente, et ne vous être pas donné la joie de l'avoir avec vous?
GÉRONTE: Mais que vois-je?

Scène VII
NÉRINE, ARGANTE, SILVESTRE, GÉRONTE.

GÉRONTE: Où est ma fille, et sa mère?

Scène VIII
SCAPIN, SILVESTRE.

SCAPIN: Hé bien! Silvestre, que font nos gens?

Scène IX
GÉRONTE, ARGANTE, SILVESTRE, NÉRINE, HYACINTE.

Scène X
OCTAVE, ARGANTE, GÉRONTE, HYACINTE, NÉRINE, ZERBINETTE, SILVESTRE. 

GÉRONTE: Tu veux que je tienne chez moi une personne qui est aimée de ton frère, et qui m'a dit tantôt au nez mille sottises de moi-même?

Scène XI
LÉANDRE, OCTAVE, HYACINTE, ZERBINETTE, ARGANTE, GÉRONTE, SILVESTRE, NÉRINE.

GÉRONTE: Votre fille?


Scène XII
CARLE, LÉANDRE, OCTAVE, GÉRONTE, ARGANTE, HYACINTE, ZERBINETTE, SILVESTRE, NÉRINE.

GÉRONTE: Quoi?
ARGANTE: Où est-il?

Scène dernière
SCAPIN, CARLE, GÉRONTE, ARGANTE, SILVESTRE, etc.

SCAPIN: Comment, Monsieur?



Procédé de fabrication : 
-contrainte : oulipo / avion 
-source : Les Fourberies de Scapin / Molière 
-méthode :  en partant de la célèbre réplique "Que diable allait-il faire dans cette galère ?" en l'occurrence une question, il a été décidé pour chaque scène, pour chaque personnage dans l'ordre de prise de parole de ne garder que la première question qu'il pose, s'il en pose une ! 
- le titre : LES FOURBERIES DE SCAPIN --> FISSA .
Evidemment un titre correspondant à la lecture proposée de cette oeuvre, ainsi soumise à la question et qui ne manque pas de continuer à interroger.

lundi 20 mai 2013

Chicago-3


Entre la pluie, certes, et les temps d'attente (séchage) dans mes travaux et autres bricolages * , j'ai pu mener à bien une ultime session de "chicagos" pour ce week-end... 
* J'y retourne ! 

En limite des défroques
En fin de fringues
Au terme des costumes
Sans autres tenues
A bout d’habits

Infusion flânant
Tisane vagabondant
Chocolat vadrouillant
Café déambulant
Thé errant

Guet lettre
Veille billet
Service missive
Garde pli
Quart Mot

Sentiment tape
Vue coup
Jugement claque
Idée choc
Avis gnon

Un mec favorable
Deux gonzes acquis 
trois  types d’accord
quatre mecs  ok 
Cinq gars pour