Vendredi et samedi dernier, avec madame K, malgré la froidure glaciale, nous étions motivés.
De longue date nous nous étions concocté "à la main" notre propre festival de cinéma en profitant de l'actualité, le festival T*l*rama.
Mais, contrairement à l'an dernier à pareille époque le festival de l'hebdo télé n'a pas servi de session de rattrapage car parmi les films proposés cette année ceux que nous avions repérés à la sortie avaient déjà été vus;
En conséquence nous avons organisé "hors festival" avec la programmation en cours deux sessions avec deux films vendredi et deux films samedi.
Les séances n'étant pas consécutives (finement joué !) nous disposions de deux heures pour souffler et nous restaurer entre les films.
Vendredi .
Ce fut PATERSON dont j'ai parlé ici.
Après la pause repas LA COMMUNAUTE de Thomas Vinterberg (Festen, La chasse) qui nous a moyennement convaincu. On attendait un peu plus du cinéaste... Un peu le sentiment qu'il était passé à côté du sujet...
Samedi
MANCHESTER BY THE SEA
Superbement joué par Casey Affleck, que j'ai trouvé impressionnant, Lee montre au fil de cette histoire mélodramatique mais pas putassière qu'on peut mourir lors d'un jour de tristesse noire absolue et continuer peu à peu à (re)vivre. Magnifique, vraiment.
A noter qu'en tant qu'humain, on peut pleurer pendant la projection. J'ai donc été humain deux fois.
NERUDA de Pablo Larrain, déjà apprécié pour Santiago 73 Post mortem, pour NO..
Prodigieuse construction que ce film très virtuose qui écorne le mythe Neruda et qui ne tourne pas à vide, ô non, et un film qu'on peut apprécier mieux je pense si on a quelques clés sur Neruda (avoir lu par exemple "J'avoue que j'ai vécu" ses mémoires) ...
L'image d’Épinal en tête n'est pas la bonne lecture pour approcher l'homme Neruda peu "aimable" car assez cynique, singulièrement immodeste et assez manipulateur.
En somme, s'en tenir à sa poésie aérienne est sans doute ce qu'il y a de mieux à faire !!!
Un bon auto-festival, une expérience à renouveler l'an prochain, et peut-être avant sait-on jamais avec les aléas de la programmation...
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mercredi 25 janvier 2017
lundi 23 janvier 2017
Variation autour de P comme ... (2)
Ce qui est appréciable
Dans Paterson le film la ville
Chez Paterson le personnage
Ce sont les thèmes, le matériau tiré du quotidien
constats apparemment insignifiants
rien de spectaculaire
Qu’il consigne et sculpte
petites touches successives
Armé de son stylo
A sa table comme à son siège de chauffeur de bus
De ses vers libres posés
dans le carnet
Surgissent des images jusque là
insoupçonnées
Aucune nécessité d’en garder copie
Appréciable sa place dans le monde
Si Paterson n’a pas de portable
Ce n’est pas protestation ou résistance
En une semaine de routines et de répétitions
imperceptiblement des variations s’installent
des motifs et décalages, infimes
des temporisations
clins d’œil cocasses parfois
le chien, la boîte aux lettres, les jumeaux
dans une belle tranquillité étale
Paterson ou la simplicité,
la journée comme une déambulation
celle d’un artisan qui observe et prélève
attentif et singulier
qui ne demande rien à personne
authentique
dans son rapport au monde
pour lui qui ne se prend pas pour un artiste
pour lui qui ne se prend pas pour un artiste
pour lui ce qui compte, ce qui importe,
c'est juste écrire
samedi 21 janvier 2017
P comme (1)
Paterson*.
Ou quand un film vous transperce.
Profondément touché.
Sentiment d'être au cœur de l'essentiel.
Y courir.
Sans délai.
Avec ceux qui vous sont chers.
Urgence poétique.
*Paterson est un film réalisé par Jim Jarmusch avec Adam Driver, Golshifteh Farahani.
Ou quand un film vous transperce.
Profondément touché.
Sentiment d'être au cœur de l'essentiel.
Y courir.
Sans délai.
Avec ceux qui vous sont chers.
Urgence poétique.
*Paterson est un film réalisé par Jim Jarmusch avec Adam Driver, Golshifteh Farahani.
jeudi 17 novembre 2016
Nous, Daniel Blake
Pour ce film, fichons-nous copieusement de la Palme d’Or
pour commencer.
Ensuite oublions les beaux esprits qui se pincent le nez
devant un scénario « prévisible » « à gros sabots » ou
« schématique »... etc. (Ou comment taper en touche face à … face à quoi au fait
.. ?)
De ce point de vue, toute autre fin aurait sûrement été
l’objet de critique aussi pour angélisme, parions-le.
Et pourtant le film raconte deux parcours, dresse un
tableau qui est traité rigoureusement, c’est brut et sans concession par
rapport à l’état du système ambiant qui broie la dignité des « petits ».
Rappelons-leur aussi qu’il y a des habitudes cinématographiques
qui, même si elles ne sont pas incompatibles et sans aller jusqu’à les
qualifier de coupables, ne sont pas du même ordre : tiens, à choisir, en toute mauvaise foi, entre
« se cogner » le dernier Woody Allen et le dernier Ken Loach, vous me
trouverez chez le britannique.
Ayons par contre à l’esprit que la force du film est bien
dans les portraits des deux personnages principaux, campés au mieux par deux
acteurs vraisemblablement inconnus de ce côté-ci de la Manche, un point qui
pour moi renforce considérablement la crédibilité de ces incarnations.
Pensons à l’absurdité abyssale du système (un rapprochement
sera fait avec La Loi du Marché de Stéphane Brizé) qui promène les gens en les humiliant.
C’est une diversion permanente qui par pansement
interposé ne règle rien structurellement et humainement.
Alors évidemment ça se noircit ou se radicalise dans la
seconde partie, mais comment peut-il en être autrement ? Est-ce cela qui gêne
nos spectateurs nez pincés car gênés dans leur petit confort ?
On sort de ce film avec les yeux qui piquent, oui, et une
colère immense.
samedi 8 octobre 2016
Truman
Truman
avec Ricardo Darin (Julian) Javier Camara (Tomas) Dolores
Fonzi (Paula),
Belle soirée cinéma jeudi soir, dans « notre »
salle associative.
Une histoire somme toute classique, deux vieux copains se
revoient, l’un –Tomas- s’est envolé du Canada pour quatre jours pour venir voir
l’autre – Julian- qui va mourir.
Préparez vos mouchoirs.
Et bien, non, pas du tout.
Pas d’effets de manche, la réalisation est sobre, à la
limite de l’effacement pourrait-on dire mais en réalité très maîtrisée afin de
servir au plus juste la chronique de ces quatre jours.
Et c’est bien ce qui caractérise le film, si la mort est « Le »
sujet central, avec tout ce que cela suppose pour les amis qui savent qu’ils se
voient pour la dernière fois, jamais le réalisateur ne tombe dans le trou béant
du pathos ou de l’insignifiant.
Au contraire il tourne autour, comme s’il en faisait le
tour très sûrement pour le cerner, le circonscrire. C’est un tour d’adresse à
la fois sensible et subtil, sans appui, sans lourdeur au point que l’on
pourrait penser qu’il n’y a que peu d’émotion.
Là encore, nullement.
Ces deux -là sont en plein dedans, ça brûle à
l’intérieur, il sont parfaitement conscients de ce qui se « joue »
et, même si c’est plus difficile à certains moments, ils vivent ces quatre
jours sans rester prostrés.
Une manière de fidélité, de dignité. Et il semble bien qu’ils
n’aient pas besoin de se dire beaucoup, qu’il leur suffit de savoir se taire
ensemble.
Au fil de diverses anecdotes ou rencontres amusantes ou
surprenantes (notamment pour savoir à qui donner Truman – car Truman, c’est le
chien de Julian) on va naviguer avec eux et apprécier pleinement leur amitié.
Une incursion à Amsterdam pour voir le fils de Julian
offre une belle séquence d’un « carpe diem » étrangement flottant. On
parle, on profite du moment présent, on rit mais on sait tous que…
Un film porté par un duo d’acteurs très complémentaires,
tant dans leur rôle que dans leur jeu. Ricardo Darin incarne avec talent le
désespoir bravache d’un personnage plein de panache et de courage, qui veut
décider de son sort jusqu’à la fin. Javier Camara parvient à une merveille
d’équilibre pour jouer l’ami impliqué –et atteint bien sûr- qui, juste avec le
retrait nécessaire, reste respectueux
des ultimes choix de son ami.
Personne n’en rajoute, un film pudique et élégant.
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