mercredi 19 mars 2014

Ne pas bouder son plaisir

Le lecteur perspicace n'aura pas manqué, s'il est arrivé jusqu'ici , de remarquer que les Interférences célèbrent à leur manière le printemps des poètes presque quotidiennement cette semaine.

Mais, que voulez-vous, parfois l'actualité s'impose, en quelque sorte.

Suite aux nouvelles révélations politico-médiatico-judiciaires impliquant Kivousavé qui faisait président avant et qui voudrait faire après, on ne manquera donc pas de savourer un mot - un seul et admirable-  prononcé par l'ineffable Jeff Copo du PMU.

Retenue. 

Un mot à savourer, à sa juste mesure, tel un îlot perdu dans l'océan de la terminologie qui me semble-t-il sied beaucoup plus au spécialiste des piscines louches : condescendance, dédain, effronterie, fatuité, impudence, insolence,  mépris,  morgue, outrecuidance, prétention, suffisance, duplicité, tartuferie, hypocrisie...

Et quitte à décevoir Jeff, je vais le savourer sans retenue.

Travail de fond

LE TERRIL



le 
terril
bruisse ça
court ça saute
ça rampe ça siffle

lapin crapaud calamite
pinson des arbres pouillot
véloce mouette rieuse martinet
noir le terril bruisse ça plane ça
vole ça tape pic vert merle à plastron
hirondelle de rivage guêpe bondée apivore
le  terril  bruisse ça crie ça chante  lézard  des
murailles mésange héron libellule mouche moustique
le terril  bruisse  ça court  ça saute ça  rampe ça  siffle
pic épeiche machaon criquet à ailes bleues traquet motteux
tourterelle  le  terril bruisse ça plane ça vole ça tape  ça  crie
ça vit ça chante ça vole ça roucoule ça vit ça plane ça vit sa vie





(c) Lucien Suel, « Les terrils », Je suis debout, 
Poésie, La Table Ronde, 2014

mardi 18 mars 2014

En un souffle

Les bulles de savon que cet enfant
S’amuse à tirer d’une paille
Sont en leur translucidité toute une philosophie.

Claire, inutiles et passagères comme la Nature,
Amies des yeux comme des choses,
Elles sont ce qu’elles sont
Selon une précision rondelette, aérienne,
Et nul, pas même l’enfant qui les abandonne,
Ne prétend qu’elles sont plus que ce qu’elles
Semblent être.

Quelques-unes se voient à peine dans l’air lumineux.
Elles sont comme la brise qui passe et touche à
peine les fleurs
Et dont nous savons qu’elle passe,
simplement parce que  quelque chose en nous se fait plus léger
Et accepte tout avec plus de netteté.

Alberto Caeiro, in Le Gardeur de troupeaux, Fernando Pessoa ; poésie/Gallimard
traduction remix de K d'après Armand Guibert Maria Antónia Câmara Manuel, Michel Chandeigne et Patrick Quillier.
Et clin d'oeil  bullesque à Fernand(o) et MH.

lundi 17 mars 2014

Limites

Où sont les limites du monde?

Trois marches conduisent 
jusqu'à la berge:
eaux courantes
pierres immobiles.

Une barque
flûte lointaine chantant
sur le vide des eaux.
Collines et monts se chevauchent
et se perdent où l’œil n’atteint pas
- sous la paume rêche des orages.
A mi-pente
dans le silence
trois bouleaux
- musique parfaite.
On peut fermer les yeux.
Des reflets de la lumière
sur toute chose
rien ne saurait se perdre.
***
Les rives posent
leurs mains de terre
sur le blanc des eaux.
La cabane est vide.
Face au ciel là-bas
un homme rêve ou dort
dans l’œil plissé d’une barque.
Où sont les limites du monde?

(Jean-Paul Hameury)


dimanche 16 mars 2014

Bringing the warmth of new life

Allez, on appellerait ça le printemps.


Profiter du temps, et même des temps...


Profiter du jardin 


 Admirer les couleurs

et...


 

Et c'est pas tombé dans l'oreille de sourds. 

samedi 15 mars 2014

Rebondir

Quel étonnant phénomène que la reconversion. 
Tout semble possible.

Vous avez par exemple Yannick N. qui est « chanteur »,  Eric C. qui est « comédien » ou « acteur », vous avez Carla B. qui est « chanteuse ». Vous avez Patrick PDA qui est « écrivain ». Vous avez Patrick B. qui « joue au poker » , tiens, lui en plus il s’amuse. 
J'arrête avec les Patricks. 
Vous avez même des anciens présidents qui sont « conférenciers ». Vous avez d’anciens footballeurs qui sont « consultants » ... sûrement parce qu’il sont malades (mais de quoi ?) , le niveau des commentaires s'en trouvant considérablement amélioré, c'est sûr.
  
On se calme. Je vais vous dire une révélation. Au début ils n’étaient pas « ça ». Même si cette reconversion est parfois une activité professionnelle parallèle entamée avant d'avoir "terminé" la première.
Parce que tout est là : avant, ils faisaient autre chose. 
Et c’est même ce «autre chose» qui les a rendus « célèbres ». Ils sont devenus des noms.   

Soulignons avec empressement leur talent en cette seconde carrière qui nous vaut des contributions qui marquent l’histoire des arts et de la culture. 
Et je m'interroge, et je me pince. 
Comment avons-nous pu vivre (survivre) jusqu'ici en étant privés de telles richesses, de tels talents ? Cela manquait cruellement, limite injuste. 
Et leur courage, leur prise de risques insensée, pour recommencer, redémarrer, alors là, rien que pour ça, ils méritent d’être justement vantés, piédestalisés. .

Car je vous le dis "tout semble – à peu près- possible". (psaume 2, verset XII)
Bon, ça dépend quoi et ça dépend qui, mais c’est possible. 
En attendant, je vous conseille de guetter d'un oeil gourmand mais avisé les prochaines reconversions.

Catherine Deneuve avant-centre du PSG ?
George Clooney acteur ?
Bernard-Henri Lévy philosophe ?
.

vendredi 14 mars 2014

Oblique


Steely Dan  


Un des groupes qui m'a inexorablement conduit au jazz.
Les deux têtes pensantes (Donald Fagen et Walter Becker) véritables fous de jazz 
travaillèrent pour Aja (1977) par exemple avec Wayne Shorter.