vendredi 30 novembre 2012

acoustique

Découvert il y a peu, par le biais 
du saxophoniste François Corneloup (*)  dans le projet NEXT, 
j'aime le jeu de guitare solo de Dean Magraw 
dont je vous propose deux extraits comme deux facettes 
qui constituent me semble-t-il une bonne entrée 
en matière pour un week-end ! 



Foxfire / Kilnamona



Mist of the morning

(*) Je mets en lien le journal de tournée du même François Corneloup, récemment en tournée en Finlande avec Hélène Labarrière et Simon Goubert ( Trio Noir Lumière) . Ce journal, agrémenté de très belles photos est un bijou de concision et de pertinence. Il dit beaucoup en très peu de mots et révèle si besoin était les talents de ce musicien. 

lundi 26 novembre 2012

Ciselé

Indispensables dans ma cédéthèque,  les albums du 
groupe XTC, véritables artisans orfèvres de la pop, 
faussement étiqueté un temps "new wave".
Les trouvailles mélodiques parfois acidulées caractérisent cette formation 
qui a montré un talent, un savoir-faire hors pair dans la miniature pop 
émaillée d'idées sonores décalées, tarabiscotées 
ou même excentriques :  so british ! 
Leur parcours compte un nombre d'albums impressionnant de qualité. 
Ici, un extrait de Oranges & Lemons souvent considéré 
comme un sommet, auquel pour ma part j'adjoins le suivant :  Nonsuch  
de 1992 très beatlessien et enfin Apple Venus 1 et Apple Venus 2
ces deux-là injustement méconnus car parus en 1999 et 2000 après 
une longue et préjudiciable période d'inactivité.
On s'en fiche, ici, les trésors sont nombreux et inaltérables.

 

Chalkhills and children 
(album : Oranges and Lemons)
1989


samedi 24 novembre 2012

Daughter(s)


Poursuite de mes pérégrinations dans les galaxies que j'explore 
inlassablement dans mon vaisseau spatial musical. 
Aujourd'hui un morceau de Peter Blegvad : Daughter. 
Peter Blegvad ou l'art de faire des liens...
dans mes pratiques et explorations.  
Je l'ai connu par la mouvance Rock In opposition (RIO) 
expérimentale et avant-garde (ce qui ne veut pas dire grand chose !)
avec Slapp Happy, Henry Cow, Chris Cutler 
et John Greaves d'une part et surtout, 
ainsi qu'Andy Partridge (XTC) d'autre part.
Un personnage poète attachant qui possède une discographie 
plutôt abondante, riche de pépites et hélas quasiment méconnue 
... et particulièrement difficile à se procurer en nos temps digitaux.
Alors... je me souviens entre autres du 33 tours The Naked Shakespeare
avec la chanson Irma mystérieuse et marquante.  



 
(morceau dédicacé à mes trois daughters!)

Everything she sees
she says she wants.
Everything she says she wants
I see she gets.

That's my daughter in the water
everything she owns I bought her
Everything she owns.
That's my daughter in the water,
everything she knows I taught her.
Everything she knows.

Everything I say
She takes the heart
Everything she takes
She takes apart

That's my daughter in the water
Everytime she fell I caught her
Everytime she fell
That's my daughter in the water
I lost everytime I fought her
Yeah, I lost everytime

[musical bridge]

Everytime she blinks
she strikes somebody blind
Everytime she thinks
blows your tiny mind

That's my daughter in the water
Whoo would ever though, ever though
That's my daughter in the water
I lost everytime I fought her
Yeah, I lost everytime

vendredi 23 novembre 2012

voyage

Ce morceau chez mes camarades de Citizen Jazz en est un petit à lui seul.
Vus en concert en mars dernier, ces quatre-là (Claude Tchamitchian, Régis Huby, Christophe Marguet et Rémi Charmasson) ont proposé ce qui fut un des grands moments de la saison, et vous n'en avez malheureusement qu'un petit aperçu avec cette vidéo.
Du coup, un autre extrait !


mardi 20 novembre 2012

Technologie

N'étant point un grand adepte du téléphone portable, au point que je sois parfois surpris qu'il permette de téléphoner, je n'en maîtrise pas non plus les nombreuses fonctionnalités que j'ai pourtant pris grand soin de prendre plutôt "limitées" que multiples. Allez savoir pourquoi.
C'est ainsi que je peine à changer d'heure lorsqu'on en gagne ou perd une, ce qui me laisse assez sceptique sur la question de l'économie d'énergie et heureux que ce soit juste deux fois par an.
Lorsque l'engin m'échappe, plus souvent qu'à mon tour, je dois le "reconstituer", ceci incluant la batterie qui a giclé je ne sais où, ensuite je dois le reprogrammer, ça prend inévitablement du temps, mode d'affichage, remise à l'heure, veille, rien que d'y penser je fatigue.

Et puis il y a les messages, les sms. Alors là, je ne sais si vous pouvez imaginer le temps infini que je passe à taper les lettres des mots des phrases qui forment le message. Eh oui, j'écris en complet, pas en abrégé. Et c'est tellement long qu'en réalité je n'écris pas. J'ai abandonné toute velléité depuis longtemps le début. Par contre, je réponds. J'ai peu de mots : OK, à la rigueur  OUI si j'ai un peu de temps.  Pas plus.

Je ne cache pas que ceci pourrait fort bien apparaître comme mauvaise volonté manifeste de ma part.
Je vous rassure : ça l'est.
A tel point qu'aujourd'hui, à la mi-journée, je consulte la petite machine et j'avais l'indication d'un message. Très bien, j'ouvre et je lis.
C'était notre fille aînée (prof en banlieue parisienne) qui venait de se faire inspecter. Et elle était très contente, car ça s'est fort bien passé. Poussé par je ne sais quelle impulsion, voilà que j'entreprends de lui répondre, et que je m'active sur les touches, j'écris TOP ( bel effort, hein ,avouez) et je parachève le truc d'un super smiley hilare dont j'ignorais l'existence quelques secondes avant . C'était mon premier ! Je suis sûr que cette nouvelle va faire le tour de la planète des mes trois filles !
Faut dire que c'était sa première, heureux pour elle j'étais.
Je suis. 

dimanche 18 novembre 2012

Amour

Quand on connaît le cinéma de Haneke (nous avons par exemple vu et apprécié Caché, La Pianiste, Le Ruban Blanc), on sait parfaitement que lorsque l'on s'installe dans le fauteuil, l'embarquement ne correspond pas exactement à un ticket pour une destination paradisiaque source de divertissement.

Connaissant le sujet du film, je n'avais rien lu à son propos, fidèle en cela à une "méthode" qui privilégie l'ouverture et la découverte, en même temps qu'elle permet de se faire son opinion, sa propre idée.
Si la prise d'information est minimale, l'on s'aperçoit qu'elle est déjà suffisamment consistante d'emblée, car les noms entrent en jeu évidemment : Haneke, Trintignant et Huppert, forcément !
Ils font partie de ceux dont le travail m'intéresse depuis plus ou moins longtemps et je ne vais pas rester indifférent lorsqu'un de leurs projets émerge. Ceci posé, rien ne m'empêche le plus souvent aller lire ce qui se dit après et je le fais !
Ce film Amour reste ancré dans les principes du réalisateur :  pas de musique autre que celle ayant sa place dans l'histoire (un concert, une sonate au piano, un disque écouté), une grandeur rigueur dans le cadrage, des plans fixes qui s'étirent, une place importante laissée au silence et donc au spectateur, car le scénario non-linéaire n'expliquera pas certains détails intrigants et, bien sûr, le sujet.
Une fois encore, Haneke ne verse pas dans la facilité, s'appuyant sur une esthétique totalement maîtrisée.
Et cela peut ne pas plaire, paraître extrêmement didactique, lourd.
Ce n'est à mon sens absolument pas le cas. S'opposant fermement aux codes dominant le cinéma commercial, Haneke ne fait rien pour nous "flatter" et il nous renvoie à notre condition d'humains pris dans la nasse de la société, capables du meilleur et du pire.

Le film ? Je ne révèlerai rien qui puisse gêner un futur spectateur.
Pas une seconde d'ennui dans ce parcours qui durant 2h10 environ nous emmène inéluctablement vers la mort.
Un couple à la retraite, ils sont octogénaires. Anne (Emmanuelle Riva : très très grande, c'est impressionnant) est paralysée du côté droit suite à une attaque, puis une deuxième viendra encore entamer son intégrité.
Georges (Jean-Louis Trintignant : que dire... si ce n'est qu'on ne l'a jamais autant aimé)  va s'occuper d'elle, assumer les changements qu'on sait irréversibles, l'accompagner. Amour, un titre qui fait totalement sens.
Tout ce quotidien désormais bouleversé dans ses repères nous est montré, très à plat, il n'y pas d'ellipse vraiment sur les soins, sur les difficultés. Et il y aura le médecin, le fauteuil roulant, le couple de concierge de l'immeuble, l'ancien élève qui vient les voir et ne savait pas, une puis deux infirmières, un pigeon, les visites de la fille (Isabelle Huppert qui m'a ébloui dans sa dernière scène, celle de la révélation, de la prise de conscience et des larmes où elle se retrouve mentalement et physiquement en lambeaux). Le film est porté par les deux acteurs principaux, le scénario reste finalement secondaire, l'exposition, la manière sont sèches.
C'est magnifique. 
Et tout en nous se noue.
Silence impressionnant de la salle, tout le monde "prend".
Inexorablement, l'émotion lentement et patiemment tissée, nous fait ressortir de cette grande plaine aride les yeux pleins d'eau.

jeudi 15 novembre 2012

Tonique

Mercredi 14 novembre, aux alentours de 20h30, juste quelques minutes d’attente dans la fraîcheur qui fleure bel et bien l’hiver … puis les portes s’ouvrent. 
Il y a du monde, on sait donc que la salle sera bien garnie. Tant mieux !
L’affiche sûrement ? Vijay Iyer trio dans le cadre du projet Accelerando, album sorti en 2012 avec des critiques élogieuses. Les aficionados qui suivent l’actualité jazzistique comme les curieux sont là. Je ne connais pas encore l’album, je n’ai rien lu d’autre que la présentation faite dans le programme de la soirée, j’ai envie de découvrir et écouter pour me faire mon idée.
Le trio emmené par Vijay IYER (piano) est formé de Stephan GRUMP à la contrebasse et de Markus Gilmore à la batterie. Sur scène, disposition classique en triangle, à gauche piano, au centre contrebasse, à droite batterie.
Les copains (têtes connues) sont déjà là, on s’installe plutôt sur la droite face à la scène et c’est parti … pour une première tournée de bières, en attendant le premier set.
Peu à peu, on ne doit pas être loin du « complet » car ça continue à rentrer dans la salle. Noir.
Arrivée du trio sur scène, quelques mots… et le premier set commence, il sera tonique.
La musique est à la fois mélodieuse et percussive, les compositions assez longues, prennent leur temps et s’appuient sur des thèmes qui progressent selon les moments millimètre par millimètre, note à note imperceptiblement ou bien à grands coups de breaks et de syncopes, des changements de rythmes qui claquent. A d’autres moments, cela s’étire davantage, l’intensité varie, les digressions abondent, ça tourne, ça part dans les sentiers, les traverses et la circulation s’opère par rotation entre les instruments, le piano devient un simple accompagnateur -sur un rythme tenu martelé   - pendant que la contrebasse s’échappe dans un solo échevelé, alors que la batterie ne perd rien pour attendre.
Le second set sera de la même eau, une belle énergie, des moments calmes presque suspendus,  des rythmiques hypnotiques dans une belle luxuriance sonore.
Accelerando, le morceau, joué très tôt, en constituera le sommet, un quart d’heure extraordinaire de versatilité.
Tout le concert j’ai apprécié une belle variété de jeu dans le toucher de Vijay Iyer au piano, sensible et fin. J’ai vu beaucoup de batteurs mais j’ai été impressionné par la fluidité étonnante et véloce de Marcus Gilmore à la batterie, dans un registre étendu où il peut frapper sèchement ou jouer tout en toucher, en sensibilité alors que le troisième larron nous a réservé de superbes sonorités, particulièrement à l’archet.  
C'est un trio dynamique, clairement à l’américaine, très carré et très pro, mais pas stérile, qui sort des chemins trop classiques sans rien renier de l’histoire, restant accessible, faisant quelques pas de côté, sans jamais perdre de vue le plaisir du jeu et le plaisir du spectateur.
Une très bonne soirée. Et sans nul doute un très bon album qui va rejoindre sous peu ma cédéthèque !
Un extrait :