Mercredi 14 novembre, aux
alentours de 20h30, juste quelques minutes d’attente dans la fraîcheur qui
fleure bel et bien l’hiver … puis les portes s’ouvrent.
Il y a du monde, on sait donc
que la salle sera bien garnie. Tant mieux !
L’affiche sûrement ? Vijay Iyer
trio dans le cadre du projet Accelerando, album sorti en 2012 avec des critiques
élogieuses. Les aficionados qui suivent l’actualité jazzistique comme les
curieux sont là. Je ne connais pas encore l’album, je
n’ai rien lu d’autre que la présentation faite dans le programme de la soirée,
j’ai envie de découvrir et écouter pour me faire mon idée.
Le trio emmené par Vijay IYER (piano) est formé de Stephan GRUMP à la contrebasse et de Markus Gilmore à la
batterie. Sur scène, disposition classique en triangle, à gauche piano, au
centre contrebasse, à droite batterie.
Les copains (têtes connues) sont
déjà là, on s’installe plutôt sur la droite face à la scène et c’est parti …
pour une première tournée de bières, en attendant le premier set.
Peu à peu, on ne doit pas être
loin du « complet » car ça continue à rentrer dans la salle. Noir.
Arrivée du trio sur scène,
quelques mots… et le premier set commence, il sera tonique.
La musique est à la fois
mélodieuse et percussive, les compositions assez longues, prennent leur temps et
s’appuient sur des thèmes qui progressent selon les moments millimètre par
millimètre, note à note imperceptiblement ou bien à grands coups de breaks et de
syncopes, des changements de rythmes qui claquent. A d’autres moments, cela
s’étire davantage, l’intensité varie, les digressions abondent, ça tourne, ça
part dans les sentiers, les traverses et la circulation s’opère par rotation
entre les instruments, le piano devient un simple accompagnateur -sur un rythme
tenu martelé - pendant que la
contrebasse s’échappe dans un solo échevelé, alors que la batterie ne perd rien
pour attendre.
Le second set sera de la même
eau, une belle énergie, des moments calmes presque suspendus, des rythmiques hypnotiques dans une belle
luxuriance sonore.
Accelerando, le morceau, joué
très tôt, en constituera le sommet, un quart d’heure extraordinaire de
versatilité.
Tout le concert j’ai apprécié une
belle variété de jeu dans le toucher de Vijay Iyer au piano, sensible et fin.
J’ai vu beaucoup de batteurs mais j’ai été impressionné par la fluidité
étonnante et véloce de Marcus Gilmore à la batterie, dans un registre étendu où
il peut frapper sèchement ou jouer tout en toucher, en sensibilité alors que le
troisième larron nous a réservé de superbes sonorités, particulièrement à
l’archet.
C'est un trio dynamique,
clairement à l’américaine, très carré et très pro, mais pas stérile, qui sort
des chemins trop classiques sans rien renier de l’histoire, restant accessible,
faisant quelques pas de côté, sans jamais perdre de vue le plaisir du jeu et le
plaisir du spectateur.
Une très bonne soirée. Et sans
nul doute un très bon album qui va rejoindre sous peu ma cédéthèque !
Un extrait :
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