dimanche 1 septembre 2013

Erdre

Des silences s'accumulent porteurs d'espoir.
Une attente muette comme un grondement intérieur sourd.
On distingue l'invisibilité dans son épaisseur affairée sur la scène circulaire plongée dans le noir obscur.

Ces moments se répètent, se renouvellent, inestimables dans leur part d'inconnu.
Passages. Passerelles.

On devine des mouvements.
ILS arrivent.
Prennent place. Pas un mot encore et, déjà, des notes s'élèvent. Premiers accords.
Les premières minutes nous emmènent vers les sommets.
Eux, et nous, n'en descendront pas pendant une heure trente.
Exceptionnel , et tellement simple, comme marcher, ou respirer...


Michel Portal Unit avec Daniel Humair, Bruno Chevillon, Vincent Peirani.
Un reportage sur les RV de l'Erdre ici avec quelques mots de MP (2 premières minutes)


vendredi 30 août 2013

Distendre

Déambuler
Dix traits tracés d’été 
Derniers pas dans l’été
Déambuler
Dix pierres posées
Déposées légères
Déambuler
Des moments détachés
Doucement dériver  
Déambuler
Derniers détours dispersés
Des aires désertées
Déambuler
Dévider les pensées
Déplacer les feuillets

Déambuler 

Des instants décantés
Décrocher

Déchausser l’été  




La Sainte Victoire n'était pas loin.


Par contre, François Ier absent ce jour-là.
 

Du haut de la Tour de Bretagne (32 étages) 




Reposé dans la haie après photo.


Champêtrement jardinesque


Klimstien, non ?



 Cheminer...

mardi 27 août 2013

Clés

L'heure par ici étant encore -un peu- aux recalages et aux réglages, je vous propose dans ces lignes quelques mots sur cette nouvelle bannière, annoncée (et déjà commentée) dans Archive...
La photo a été prise cet été, fin juillet, le 20 exactement, nous étions à Chaumont sur Loire.
Je l'ai retravaillée avec mon outil de traitement d'image (= PhotoFiltre) en modifiant sa taille pour pouvoir la placer correctement dans l'espace dédié à la bannière. J'aurais pu couper et me contenter d'un fragment de la photo d'origine.
Mais la bannière étant très longue et peu haute, j'ai fait le choix de passer plutôt par la déformation de la photo d'origine. C'est une technique ou un traitement que je garde précieusement à l 'esprit dans ces situations car je trouve les effets obtenus potentiellement stimulants au plan de la transformation du point de vue ou du regard.
L'image obtenue a été très légèrement retaillée puis complétée par le titre du blog que j'ai écrit sur mon petit carnet avant de le numériser et de le passer en négatif. J'avais en tête dès le début le côté double collage que l'on observe.
Nous y voilà !
Je n'irai pas plus loin que ces éléments sur les matériaux de départ, les considérations techniques et les quelques idées de réalisation que j'avais.
Je laisse donc appréciation (quelle qu'elle soit), ressenti et interprétation aux lecteurs.

Et au vent, bien sûr.

vendredi 23 août 2013

Bourdonnant

Quelques disques, soigneusement choisis pour être écoutés et réécoutés dans cette période de vacances, m'ont accompagné lors des moments de travaux qui m'ont permis de terminer notre nouvel aménagement ex-véranda désormais cuisine- salle à manger. Mais ils n'eurent point à cohabiter avec le grondement des outils électriques, j'étais sur une phase d'assemblage !
L'idée nichée là est aussi de replonger dans des univers hautement appréciés et de voir (écouter) s'ils n'ont pas bougé. Rien de neuf donc si ce n'est le plaisir de la répétition ou de la redécouverte, certains pans s'étant obscurcis dans ma mémoire. On notera avec malice quelques répétitions et croisements dans les choix sur le nom des musiciens...
Dans ces moments, mon attention est mobilisée principalement par la tâche manuelle à laquelle je me consacre. Il est comme une évidence que je ne choisis pas de disques inconnus auxquels je ne pourrais m'atteler exclusivement. Je préfère donc les "déjà balisés", connus, appréciés, même si au fil du temps, le sentier s'est un peu effacé, mis en pointillé sur la carte.
Bruissants ou frémissants, apaisés ou stridents, les morceaux investissent l'espace et font leur place, presque librement, pour se retrouver installés tel le bourdonnement des insectes dans un champ l'été. Il semble alors que, tour à tour, les notes viennent tournoyer autour de moi, alors qu'à certains moments je tire sur la corde pour ramener l'esquif musical à mes oreilles.
Je persiste, ils n'ont pas perdu leur fort pouvoir évocateur et j'y repique tête la première sans hésiter.
Plaisirs.  



Foltz Turner Carrothers,
clarinette violoncelle piano 
To the moon 
chez Ayler records
envoûtant, lunaire, apaisé, poétique


Chevillon Roy Poulsen,
contrebasse violon alto guitare 
Une certaine forme de politesse 
chez Quark records
abstrait, exploratoire, inclassable, minéral 

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Claude Tchamitchian quartet 
Tchamitchian contrebasse, Huby violon, Charmasson guitare, Marguet  batterie 
Ways out 
chez Abalone
atmosphérique, mobile, échevelé, plein    

Roy Tchamitchian Courtois,
violon alto contrebasse violoncelle 
Amarco 
chez Emouvance
turbulent, direct, changeant, inventif 

Seguron Garcin Soletti,
contrebasse saxophone guitare 
Solo pour trois 
chez Ajmiseries
dense, exigeant, sensible, aventureux

samedi 17 août 2013

Archive

Blog en chantier.
Publiée fin juillet, la nouvelle présentation légèrement toilettée de cet espace.
En quelque sorte, l'art (?) et la bannière...

Pour mémoire la précédente :


à bientôt...

mercredi 24 juillet 2013

Redif

Je termine à propos du chien (et reprends mon "interruption" estivale, retour fin août) en republiant d'un bloc une série de 4 billets qui m'ont semblé suffisamment représentatifs de ce que nous avons pu partager comme joyeux moments avec lui.
* * *
I.
Chez nous, le chien (appelé aussi le chien) est arrivé à la maison en juin 1999. Il avait deux mois, il était le plus gros de la portée (11, ça rigole pas) et aussi... le préféré de sa maman. Hé oui, c'est comme ça.
Nous affirmons parfois sans broncher que "le chien" est un poisson.
Cela ne manque pas de laisser songeur, d'installer un doute sur notre bonne connaissance du règne animal, de questionner sur le sérieux et la régularité de nos consultations chez l'ophtalmo, avant que ne sourde une grande et profonde incrédulité sur notre état mental (confusion ? stress ? surmenage ?) sans qu'elle soit pour autant exprimée... 
Pourtant, rassurez-vous, ce n'est là encore que pure taquinerie : en effet, la bête est née exactement le 1er avril. 
Et, preuve encore que tout va très bien, qu'on garde l'esprit clair si vous voulez, jamais nous n'avons tenté de lui accrocher un poisson à la queue en guise de farce irrésistible et de bon aloi.
Ca s'appelle le principe de précaution.
Si j'en crois les multiples "anecdotes" glanées çà et là sur les labradors, je crois que nous avons eu de la chance avec notre "le chien". Ce sont les deux premières années les plus délicates dit-on.
C'est vrai...
Sauf que toutes les suivantes aussi ça peut être très très chaud. Nous avons même dans nos connaissances certaines familles qui n'ont pas passé le cap, au point de "rendre" le chien. Comme quoi, accueillir ce type de chien dans le cercle familial n'est pas une décision légère. Il faut le savoir, ça peut rendre service !
Avec le recul, il est vrai qu'il a fallu l'habituer à certaines choses, ne serait-ce que pour le bien de la communauté. Mais peut-on pour autant parler de dressage ? d'apprentissage ?
Parce que j'ai noté chez "le chien" certaines résistances. Tiens, malgré mes efforts, un certain sens de la persuasion aussi, il ne m'apporte toujours pas mes pantoufles et mon journal en me faisant la conversation en anglais. Pour tout dire, je dois reconnaître que je ne suis pas sûr du tout qu'il sache vraiment lire.
Nous n'avons eu je crois qu'un moment de découragement, où l'on a vraiment douté de notre capacité à posséder un chien dans des conditions correctes pour tous, lui y compris évidemment.
Nous avons alors corrigé certaines choses, et ça a plutôt marché. Cela nous fait penser aussi que nous avons eu finalement de la chance de tomber sur "le chien", appelé aussi le gentil chien. 

Je pense (à ma prochaine connerie que je vais inventer) donc je suis.
On lui a donc fait faire un petit stage pendant quelques semaines.
Un peu l'école des chiens si vous voulez. Nous y avons appris quelques principes simples qui nous ont beaucoup apporté et simplifié la vie avec "le chien". Comme c'est un garçon sérieux, il a révisé très régulièrement ses leçons pendant cette période, au point qu'au moment du bilan, on s'est dit finalement que le plus dur ça avait été de lui faire choisir son cartable. 
à suivre...
II.
Chez nous, le chien (appelé aussi le chien) dort dans une corbeille. 
Enfin, pas toujours, mais principalement.
Pour un labrador de près de 40 kg c'est pas spécialement courant, mais c'est notre côté taquin, moqueur qui a voulu que nous lui offrions une superbe corbeille en osier ...(ambiance "d'habitude c'est des petits chienchiens dans ces trucs-là !)
Bref, imparablement armé et équipé, il (appelé aussi le chien) loge dans la cuisine.
Il s'installe là systématiquement (dressage pavlovien draconien oblige, faisez-nous confiance !) au moment des repas. Nous à table, lui dans la corbeille, avec interdiction de se lever, de venir réclamer. C'est la règle. Immuable. Respectée. 
Ce qui nous distrait pendant les repas, je veux dire entre deux de nos longues discussions à visée philosophique sur la vie des fraises par grand vent ou l'évolution du nombre de dents des timbres à travers les âges, c'est d'observer en catimini le chien (appelé aussi le gentil chien).
Et de voir s'il est bien rangé dans sa corbeille, s'il n'aurait pas un sérieux problème de mélange dans les pattes de devant et de derrière, de savoir où peut bien être sa tête, tiens elle est où son oreille gauche, en vérité presque un boulot d'observateur à plein temps. L'ANPE, si vous me lisez...
Mais ça, encore, c'est rien. Non, le mieux c'est d'essayer de savoir s'il dort vraiment.
Et de prononcer négligemment des mots-clés qu'il connaît parfaitement comme  manger, le chien, psychopathe, épistémologie, chalumeau mono-oxyacétylénique, anticonstitutionnellement, tsss tsss... en résumé toute la panoplie.
Et, pour savoir, on n'a guère qu'un seul moyen. La queue du chien.
Bon, c'est vrai, notre chien, j'ai pas encore eu le temps ni de le démonter ni de le remonter mais je suis sûr qu'il a un moteur d'essuie-glaces dans l'arrière-train.
Quand il entend "tss,tss", un mouvement (un) de queue, mode intermittent, ambiance je bats de la queue quand je veux. Quand il entend "le chien" mouvement lent et régulier, pluie fine, ça l'intéresse, monsieur est content qu'on pense à lui et qu'on parle de lui. Pour "manger" alors là, pluie battante, et ça fait un moment qu'il est plus du tout couché dans la corbeille. Limite Tex Avery dans la cuisine. C'est d'ailleurs pour cela que nous évitons soigneusement ce mot pendant nos repas à nous.
Pour les autres mots que je vous ai donnés en exemple, pas de pot, chaque fois qu'on les prononce, pas de réaction, c'est sûr : il dort déjà.



A la soupe ! Ah, quelle vie ! J'ai comme l'impression qu'ils vont encore essayer de vérifier si je dors vraiment !

à suivre... 

 III. 
A DOG WITH NO NAME ?

En tant qu’heureux propriétaires d’un gentil chien, nous ne faisons pas partie de cette catégorie d’humains qui n’hésitent pas à utiliser des prénoms pour nommer leurs animaux domestiques.
Mais en sommes-nous passés si loin ? Jugez plutôt.
Chez nous, lorsqu’il fut question du nom du chien, nous avons lancé un « concours de noms de chien » qui s’est matérialisé par une feuille de papier placardée sur la porte du frigo. C'est ça la démocratie participative. Concours ouvert à tous (nous sommes 5) sans limite sur le nombre de propositions avec un paramètre important, le pedigree (évidemment) avec la lettre P.
N’écrivez pas, le concours est clos au moment où j’écris.
Vous savez comment c’est avec les règles : au début ça plaît.
On se fait mousser et on y ajoute une dose de concept, comme « tiens mais c’est de l’écriture sous contrainte, comme l’OULIPO, chouette, ça va être ludique ! ». Quinze jours près, force fut de constater que c’était plutôt merdique...
Déjà, j’avais glissé un « P comme Peugeot » dans la liste, ce qui fut refusé : déjà pris ! Déception. Et merde, ma seule idée en plus...
Ce fut la porte ouverte (mais pas celle du frigo) pour que ça dégénère, lentement mais sûrement, et dans ces cas-là, chez nous, figurez-vous que c’est souvent (c’est-à-dire toujours) moi le coupable.
Vous savez comment c’est avec les règles, à un moment il faut savoir s’en affranchir. Je fus donc contraint, la mort dans l’âme, de prendre faussement la mouche, suite à cette injustice, et de me lancer aussi sec dans une opération de représailles anonyme que certaines ne se privèrent pas de qualifier de sabotage. C’est ainsi qu’à ma grande surprise une fiche pirate apparut sur le frigo ainsi libellée :
Vous avez un chien ? Oui ? Non ? Pas encore ? Tant pis.
Je ne vais pas me gêner pour vous donner quelques conseils mal avisés pour intituler votre bête au cas où l’idée bizarre d’en posséder, d’en voler ou d’en louer une vous atteignait un beau jour ou par mauvais temps.
Ayant pris le soin de consulter un almanach du facteur (très recommandé quand on connaît les relations chien/facteur) je fus heureux de constater qu’il regorgeait de prénoms adaptés qui indiscutablement feraient la joie des propriétaires comme celle de l’animal. J’écrivis donc : 
Voici quelques propositions, imaginez que vous appeliez votre chien …
IGOR , GAUTIER, DONALD, SAMSON, CREPIN, ROMARIC, ABRAHAM, VENCESLAS, THECLE, HERMANN. 
Les idées, c’est bien beau, mais c’est mieux avec des conseils d’utilisation.
Le futur propriétaire sera fort avisé de tester certains prénoms en visualisant certaines scènes de la vie quotidienne, comme si l’animal était déjà là, en prononçant quelques phrases bien choisies comme :
  • Igor, pas sur la table !
  • Couché Venceslas !
  • Lâche la dame, Hermann !
  • Abraham, pas sur le tapis !
  • On ne bave pas Samson !
  • Abraham, va te laver les dents !
  • Finis ta gamelle, Thècle !
  • Mon portefeuille, Donald !
  • Allez pisser dehors, cher Gautier !
  • Pose ton arme Hermann !
  • Rapporte la petite fille Crepin !
  • Et la monnaie, Donald ?
Bon choix ! Et surtout bon courage avec le chien !
Cela reste encore aujourd'hui un mystère pour moi : aucune de ces remarquables et pertinentes propositions ne fut adoptée, alors que le chien, oui. (Ce qui n'est pas si mal).
D’autres idées furent étudiées bien sûr dans une liste dont je me demande bien ce qu’elle a pu devenir. 
Enfin, l’essentiel est que le nom du chien soit apprécié de tous, non ?
C’est le cas. On a finalement notre « le chien » qui porte un nom d’origine indienne.
Et, oui, au fait, on a fait sans le pedigree … Vous savez comment c’est, les règles…   
On a juste gardé le P comme titre honorifique : Professeur. C'est plus sûr, si on lui demandait ses papiers... un choix qu'on regrette pas vu l'ambiance en ce moment . 
à suivre... 

IV.
Chez nous, « le chien » est un labrador qui connaît parfaitement sa place et son rôle. Il a donc sa partition et il la joue selon deux registres.
D’abord, « le chien » est définitivement un animal de compagnie, ce qui l’apparente à une espèce de glu sur pattes dont je pourrais difficilement vous donner la composition chimique. Par contre je peux en confirmer la très grande qualité adhésive.
Je m’explique. Il faut dire qu’il a une grande peur, c’est qu’on le laisse, qu’on ne l’emmène pas. Du coup il se laisse aller : véritable bourrin pour passer les portes au mépris des piétons déjà engagés sur le seuil, il fut « guéri » un jour où je fus contraint – la mort dans l’âme - de la lui fermer sur la tronche. La pédagogie ne s’improvise pas, voyez-vous. 
Et pourtant s'il arrive qu’on le laisse, c’est pour une sortie ne dépassant pas la journée, jamais dans les autres occasions.
Ainsi, lors des départs en vacances, « le chien » a tendance à monter dans la malle de la voiture le premier, avant que j’ai placé tous les bagages (au début il voulait même conduire).
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression à ces moments-là de participer à un mauvais remake de Fort Boyard. Toutefois, au fil des années, ayant passé haut la main mon stage pratique de maître chien avec option « Ruses de Sioux » niveau 4 , j’y arrive, jugez plutôt : 
 avant (alors qu'avant c'était après)
 après (alors qu'avant c'était avant)
Mais, poursuivons...
« Le chien » apprécie modérément les orages, et Monsieur se la joue péteux, il est convaincu ces jours-là que la proximité est un vrai enjeu pour demain (en tout cas au moins pour après la pluie). Etonnez-vous après ça que nous le surnommions aussi « le mendiant de l’amour ». Pourtant on n’exagère pas !
Tenez, il est sympa et il vient souvent m’aider quand je bricole. Je le revois allongé dans la poussière, imperturbable, alors que je découpais des poteaux en béton à la disqueuse dans un fracas assourdissant, créant un énorme nuage de poussière dans toute la rue. C’est bien de se sentir soutenu.
Mais il n’y a pas que le boulot dans la vie. Il aime écouter quelques cd avec moi, ceux que je mets généralement quand je suis seul, des musiques un peu éprouvantes et fortes, disons « expérimentales » ou « différentes » (mettons John Zorn pour situer un peu) lorsque toute population féminine a méticuleusement disparu de la maison. Ce chien, en plus d'être mélomane, me comprend. C'est beau, pas vrai ?
Je mentionnais dans un billet précédent certaines précautions (voir le chien – épisode 1).
Celle-ci (vécue) peut vous servir  : on évite de jouer au tarot quand il est dans le secteur (incluant sa corbeille). Ou alors on ne fait que des "gardes sans". Sinon il veut jouer avec vous, et je vous dis pas le mal qu'on a à ranger ses cartes. Autres conseils utiles, sachez que son côté "attachant" ne laisse pas toujours intact : évitez de porter des vêtements noirs, c’est plus sûr si votre chien est couleur sable. Ceci explique d'ailleurs dans le salon notre tapis acheté directement couleur chien.
Enfin, apprenez l’esquive, ne serait-ce que pour éviter que l’escalope qui lui sert de langue vous badigeonne copieusement le visage ou bien que d’appétissantes traînées baveuses ne renouvellent avantageusement le style de vos vêtements tout en testant leur imperméabilité.
N’allez pas conclure hâtivement qu’il n’est aucunement capable de finesse. Ce serait une grave erreur. Ce bestiau (appelé aussi le chien) est capable de voler une tranche de jambon en un éclair, tout en souplesse et sans faire le moindre bruit. Le salopard ! Je le sais je l'ai vu. 
Ce qui nous amène à la seconde facette de cet attachant énergumène : « le chien » est – intrinsèquement - un filou irrémédiable. Ce qui l’entraîne, par pur laisser-aller, à quelques comportements et exactions regrettables. 
Bon, soyons honnêtes, je ne peux citer ses différents exploits (même si on aura plus vite fait de dresser la liste de ses conneries que le chien lui-même). C’est comme s’il développait un sens, une intelligence de LA connerie qui peut se matérialiser, par exemple, par un séjour dévastateur dans la poubelle à faire passer Katrina pour un petit crachin intermittent.
Bien sûr, c’est un chien, il aime bouger, c’est un vrai sportif. De là à manger nos baskets, il y a un pas. Il a fallu expliquer. Sa filouterie se traduit aussi par un côté farceur qui - ai-je cru remarquer – ne fait rire que lui. Notre ancienne clôture (déjà pas en bon état au départ) s’en souvient encore. Il y avait pratiqué deux trous qui lui permettaient de passer juste la tête et de surgir pour aboyer au nez des passants , grands ou petits, avec ou sans chien. Résolu depuis que j’ai installé une clôture rigide.
Son plaisir favori le matin était aussi une propension à agacer la factrice (dont il avait parfaitement senti l’appréhension) en surgissant juste au moment où elle glissait les enveloppes. On lui avait pourtant dit non, seulement pour les factures.
Il sait très bien quand nous ne sommes pas contents. Le ton. Glacial. Mais pas seulement. Il m’est arrivé de l’attraper et – littéralement – de le jeter sur son banc (cf. épisode la factrice). Je n'insisterai pas non plus sur son côté mélomane, avec une prédilection pour la fugue qui s'est calmée avec l'âge.
Alors pour clore cette mini-série, chez nous, « le chien » est un labrador et il le justifie pleinement. Bien sûr, ce ne fut pas facile tous les jours, il y a eu un cap à passer (dernière anecdote, nous pensions souvent au début qu’il vaut mieux un bras d’haltérophile pour le promener en laisse), mais finalement on a tenu et lui aussi.
C’est beau, non, de tenir ses promesses ?

mardi 23 juillet 2013

Quatorze

Entorse.

Il n'est pas d'interruption qui ne puisse se briser.
D'autant plus que je maîtrise celle-ci.


Longuement ces jours-ci j'ai hésité.
Finalement, oui, pour lui.




1er avril 1999- 13 juillet 2013.
Labrador
chien d'or
chien mort

Chien, dors...
Il y aura des promenades tristes.