lundi 5 novembre 2012

Débuts



L'occasion d'un point dans ma navigation des "366 réels à prise rapide" se présente avec le récent franchissement de la balise marquant les cent derniers messages à venir avec le 266/100, en date du 4 novembre.
Un point en deux parties, en voici la première où j'essaie de recenser ce qui a été mon cheminement...

Épreuve de longue haleine ! Sa fréquence quotidienne est très prégnante si l'on s'y tient à peu près correctement, et c'est ce que j'ai fait en ayant recours à la programmation des messages uniquement en cas d'absence certains week-ends ou bien pour cause de vacances (l’été dernier par exemple).
La technique raisonnée m'a permis pour l'heure de ne pas manquer un jour.
Je joue le jeu d'un exercice où l'on doit faire preuve d'une belle constance. Je suis passé par diverses phases sur le fond et sur la forme, avec chronologiquement, découverte, adaptation, jeu avec la consigne, jeu contre la consigne, fragments de vie au dedans ou au dehors en restant discret, quelques humeurs, des citations et extraits variés (tour à tour musique, poésie, prose...), de franches dérobades (!). Et ces derniers temps ce fut un peu bagarre générale !
J'ai publié le matin, parfois à la mi-journée ou plus tard selon les périodes, la disponibilité, la charge de travail, et ces derniers temps j’ai retrouvé la publication du matin. J'ai abandonné le vécu, le "vif" à un moment car c'était incompatible avec mes journées de travail.  
En résumé j'ai navigué (je présume) un peu partout dans la palette, je devrais dire « ma palette » (laquelle est forcément limitée, restreinte) et je complèterai en disant que j'ai de façon générale dans les billets quotidiens assez peu utilisé l'image ou l'illustration. 
Quant au retour sur les billets, cela peut être une source d’étonnement, car il apparaît que certains billets appellent le commentaire, d'autres pas ou moins, et il est très amusant de constater que les billets les plus commentés ne sont pas ceux auxquels on aurait pensé !
Belle leçon d'humilité et de surprise mêlées, ça vaut la peine rien que pour cela, encore que j'arrive à anticiper que certains billets (expédiés, bâclés, sans inspiration, inintéressants, le tout sans même s'en cacher) auront bien … ce qu'ils méritent !
(à suivre) 

vendredi 2 novembre 2012

Game

Je n'apprécie pas particulièrement le personnage, qui a tendance à jouer les divas 
paraît-il,  mais cela n'a pas d'importance finalement. Dans sa foisonnante et 
impressionnante discographie, le Jarrett solo avec Radiance (2002) est exceptionnel et 
je précise en passant ne pas disposer d'un exemplaire du fameux Köln concert !
En trio les albums Changeless (1987) et Bye bye Blackbird (1991) tiennent 
le haut du pavé chez moi, et j'aime bien l'album The Out-of-Towners (2001)
dont je mets en partage  It's All in the Game un standard dont je n'imaginais 
pas le nombre de reprises qu'il a suscitées !
 
 


Keith Jarrett piano 
Gary Peacock double bass
Jack de Johnette drums


mercredi 31 octobre 2012

Social

Je l'ai emprunté à la médiathèque et je viens juste de terminer en un gros week-end les 650 pages du roman de Gérard Mordillat "Les Vivants et les Morts".
C'est une fresque sociale, on pourrait dire saga populaire, racontée du côté des ouvrières et des ouvriers d'une usine qui disparaît par un de ces invraisemblables tours de passe-passe financiers dont on sait parfaitement de quoi il retourne.
Cela se lit vraiment comme un feuilleton, il n'y a pas de détours ni d'angélisme, très peu d'effets. L'écriture sèche trace l'ensemble à grands traits, ça cogne avec d'excellents dialogues, du rythme, quelques bouffées poétiques ancrées dans le quotidien. De la vie, de l'amour, de la mort.
Des personnages attachants, particulièrement Dallas, Varda, Gisèle, Mickie des femmes qui impressionnent, et puis Lorquin magnifique d'intégrité, une "figure" de l'usine, homme de parole et de conviction, qui essaie de comprendre et sera en quelque sorte carbonisé par le chômage.

Une efficacité narrative dans le présent, dans le monde d'aujourd'hui, que j'avais rarement lue ailleurs que dans certains romans anglo-saxons, je pense à Jonathan Coe avec Bienvenue au Club (The Rotters' Club) suivi de  Le Cercle fermé (The Closed Circle).

Je n'ai noté aucun simplisme dans cette approche, elle est seulement la traduction formelle d'une réalité sociale qui est non pas subtile et pleine de nuances mais d'une brutalité et d'une violence extrêmes.    

lundi 29 octobre 2012

Inconséquent

"Camille redouble" est le dernier film que nous avons vu, c'était ce samedi soir dans notre salle favorite.
Le voyage dans le temps, en l'occurrence un retour de 25 ans dans le passé, sans changement d'apparence physique. Pourquoi pas. Tentons le coup comme on dit !

Franchement je ne vous le conseille pas.
Si j'ai halluciné à certains moments, car il fallait bien tromper l'ennui profond qui m'a engourdi très vite, c'est bien parce que je suis resté foncièrement surpris que, sur ce thème déjà traité certes mais plutôt porteur de situations, rien ne se passe vraiment.
Comme si, une fois l'argument posé, pfuit.. plus rien. Du bric du broc, complètement en surface, allons-y nostalgie crasse... Du coup ça donne, un film sans scénario, mollasson, 1h55 ça m'a rarement paru aussi long. Etonnant un tel naufrage, où seul Denis Podalydès apporte quelque chose à un moment dans un océan d'inconséquences d'une complaisance - pour ma part- insupportable. 

jeudi 25 octobre 2012

Mars

 

Joni Mitchell, comme une pierre solide de l'édifice musical que j'ai pu 
constituer, un viatique mental que j'emmène toujours.  Ici, comme 
un clin d’œil, un morceau au piano, Man from Mars, alors que la guitare a toujours 
été son instrument de prédilection, celui qui l'a projetée dans la lumière. 
Curieusement écarté, dans cette version dépouillée, au profit d'une 
orchestration  qui "tue l'émotion" dans l'album "Taming The Tiger" de 1998, 
qui est loin d'être réussi à mon goût, mais ça n'a aucune importance. 
Depuis la fin des années 60, Joni Mitchell jusque récemment (2007) a 
parsemé  son chemin d'une série d'albums, constituant une œuvre d'une 
grande qualité, où la musique aura évolué (folk rock, acoustique/électrique, jazz dès 
après 75, pop rock synthétiseurs) dans  une  recherche incessante, allant et venant 
du plus grand dépouillement, de la mélopée  aux orchestrations les plus savantes. 
La voix a muté également, le temps faisant son oeuvre et apportant un grain, une gravité, 
des inflexions, une fatigue d'une humanité émouvante. L'illustration parfaite 
en est "Both sides now" que Joni Mitchell a chanté et enregistré en différentes 
versions sur une période de 40 ans : intrinsèquement inoxydable, un chef d’œuvre.

mardi 23 octobre 2012

Utopie


La "Communauté" est une bd parue chez Futuropolis il y a deux ans environ, et, sous cette forme compactée, la plus récente, elle correspond au regroupement des deux tomes originaux augmentés de témoignages des acteurs de l'aventure.
Bel exemple d'une curiosité qui tient ses promesses, car j'ai emprunté le week-end dernier cet ouvrage " comme ça" et ...je ne l'ai plus lâché, les gouttes de pluie tenaces de la fin de journée de samedi m'ayant clairement signifié qu'il n'y avait pas vraiment mieux à faire.
Je l'ai vérifié en ne dételant pas des 340 pages de cette "bd /entretien/ documentaire" d'Hervé Tanquerelle, une histoire vraie proche des modes de narration d'Etienne Davodeau (voir Les ignorants).
J'ai eu la surprise de découvrir que cette épopée s'est passée près de Nantes, du côté de Chateaubriant, Hervé Tanquerelle étant lui-même nantais.
Cela se passe après mai 68, aux environs de 1972 et cela témoigne d'une expérience communautaire qui va durer environ 10 ans. Un de ses principaux acteurs -près de 40 ans après ces débuts- y revient honnêtement, lucidement. 
Il y a deux parties (tomes initiaux) avec les débuts, un enthousiasme et une dynamique incroyables, tout doit se mettre en place, il faut bâtir, s'organiser, un sommet est atteint et puis viennent les problèmes, l'évolution, des aspirations qui imperceptiblement changent, un quotidien plus difficile à partager et...la chute. 
Le témoignage se révèle précieux et passionnant, et même émouvant. Ce qui rassemble ces familles (certaines déjà constituées) c'est le travail, le projet de devenir auto-suffisant et cela n'a rien à voir avec les communautés hippies avec drogue fumette sexe, contrairement à ce que pensent les voisins, agriculteurs, du coin.
Chacun retrousse les manches, également. Pas de dogmatisme politique, une volonté de partage, des prises de décisions démocratiques (cf. la réunion du vendredi) et des contradictions assumées : avec le retour lentement mais sûrement de la société de consommation qui était clairement rejetée au départ du projet.
La résurgence des désirs plus individuels qui avaient été "tenus en laisse" par le projet collectif va effriter l'édifice, il y aura des départs, jusqu'à la fin de l'expérience aux alentours de 1983.
A aucun moment on ne nous inflige LA vérité, on ne nous dit comment penser. Cela n'élude rien de la complexité, des impasses... Cette aventure collective donne à réfléchir.
La bd de Tanquerelle est une réussite formelle également et constitue un témoignage instructif à hauteur d'homme, très pragmatique sur ce qui a rassemblé des hommes et des femmes à un moment particulier, dans un contexte précis avec des envies, des énergies, du partage.
Un très beau moment de lecture qui ouvre réflexion et discussion.

samedi 20 octobre 2012

Empreinte

Ceci complète la chronique parue juste hier ...

Je n'arrive pas à me défaire de cette chanson, 
à fort pouvoir hypnotique
entendue en concert mercredi soir.  
(Et je n'en ai pas envie !)
Je joins les paroles délicatement évocatrices, 
le titre correspondant à de magnifiques arbres 
millénaires du Chili et d'Argentine que voici !

 

(c) album THE HALFWAY TREE Karl Jannuska - 
morceau composé par K J , paroles et voix de Sienna Dahlen