Je l'ai emprunté à la médiathèque et je viens juste de terminer en un gros week-end les 650 pages du roman de Gérard Mordillat "Les Vivants et les Morts".
C'est une fresque sociale, on pourrait dire saga populaire, racontée du côté des ouvrières et des ouvriers d'une usine qui disparaît par un de ces invraisemblables tours de passe-passe financiers dont on sait parfaitement de quoi il retourne.
Cela se lit vraiment comme un feuilleton, il n'y a pas de détours ni d'angélisme, très peu d'effets. L'écriture sèche trace l'ensemble à grands traits, ça cogne avec d'excellents dialogues, du rythme, quelques bouffées poétiques ancrées dans le quotidien. De la vie, de l'amour, de la mort.
Des personnages attachants, particulièrement Dallas, Varda, Gisèle, Mickie des femmes qui impressionnent, et puis Lorquin magnifique d'intégrité, une "figure" de l'usine, homme de parole et de conviction, qui essaie de comprendre et sera en quelque sorte carbonisé par le chômage.
Une efficacité narrative dans le présent, dans le monde d'aujourd'hui, que j'avais rarement lue ailleurs que dans certains romans anglo-saxons, je pense à Jonathan Coe avec Bienvenue au Club (The Rotters' Club) suivi de Le Cercle fermé (The Closed Circle).
Je n'ai noté aucun simplisme dans cette approche, elle est
seulement la traduction formelle d'une réalité sociale qui est non pas
subtile et pleine de nuances mais d'une brutalité et d'une violence
extrêmes.
Je partage entièrement ton enthousiasme. Un livre qu'il faudrait faire lire à tous ceux dont on ferme les boites en ce moment.
RépondreSupprimerQue ça bouge !
SupprimerJe suis assez confiant, ça va bouger ! quand ? je ne sais pas, mais prenons le pari que ça ne saurait tarder. Mince, on est la France, on a une réputation à tenir !
SupprimerLes jours sont venus où je pense qu'on peut commencer à penser sérieusement à bouger, ne croyez-vous pas ?!
RépondreSupprimerCe livre je l'ai lu en quelques jours durant l'été 2006 et il m'avait enthousiasmée de la même manière :)
(je lis avec retard les billets publiés pendant mes vacances)