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lundi 17 octobre 2016

La panique du vent



... ça lui coupait le souffle 
L’horreur était  humaine
Et le film d’épouvante

Le port était dans l’angoisse
Le trouillomètre était à zéro
Les signaux étaient en détresse
L’alerte était rouge
Et la peur bleue  

Les nerfs étaient en crise
Les têtes se perdaient 
Les mots ne pouvaient plus se placer
Les nœuds remplissaient les gorges
Les hérissons gagnaient les cheveux
La chamade se débattait dans les cœurs 
La glace était dans le sang
Les chairs étaient dans les poules
Les jambes étaient en coton-tige
Les bouches étaient sans son
Et les claquements dedans

Les contenances avaient des pertes
Les syncopes tombaient comme des mouches
La douleur hurlait sur le seuil
La terreur était anonyme

Les connaissances étaient perdues
et les lits vides 
La bière était sous pression
Même les ciseaux étaient à cran

mercredi 28 septembre 2016

Presque dix


Partagé entre la boule et le moral
Zéro
En homme averti qui pourrait valoir plus
Un
(Là où s’imposent en nombre les précautions )
Deux
(Et certains ménages qui ne sont pas la règle)
Trois
Il descendit les escaliers d’un de ces matins
Quatre
Quand surgit soudain le mystère des doigts du mouton à la patte de trop
Cinq
Tel un coup de dé, même les pieds sous terre, Jojo
Six
Langue dans sa bouche pour céder aux péchés capitaux 
Sept
Là il s’embarqua, sortie d’usine dans le grand
Huit
Attiré preuve ultime par l’odeur du
Neuf

jeudi 11 décembre 2014

Cirer le portrait


Abédal Clépou était plein de bonnes inventions.
Normal : il mentait comme un arracheur de gants. Et sans se faire plier, tant ça semblait couler de bourse. Entre la poire et le gros mage.
Au point qu’on ne savait plus sur quel pied penser, où donner de la fête.

Il racontait qu’il connaissait le passé du coq Allan qui valait son faisan d’or.
Mais il y avait loin de la soupe aux lèvres, c’eut été mettre la charrue avant les œufs, même à la sueur de son tronc. 
Et même si ses propos mettaient souvent le bus à l’oreille, peu lui cherchaient toise.
On préférait éviter, se réfugier dans un trou de sourire.
On hésitait à jeter un pavé dans la jarre, comme si personne ne voulait prendre son courage à Denain et préférait tendre les armes pour ne pas rejoindre le septième fiel.
Il est vrai, comme cinq étoiles font huit, qu’Abédal était un molosse au pieds d’argile qui ne cassait pas trois pattes à un panard. Il avait souvent mal au ventre, souffrant de ce qu’on appelle « colique de répétition ».

Il craignait par-dessus tout d’être pris pour un couillon de onze heures, ce qui l’amenait à se retirer sous sa  pente, la nuit, à tâtons rompus.
Et il ne sortait plus que tous les trente-six du bois au risque qu’on le retrouve un jour à l’article de la morgue aussi figé que la spatule de la liberté.
On s’expliquait pourtant mal qu’il reste ainsi en hauteur de sainteté.
On mettait cela sur le compte de circonstances exténuantes.
Pas vraiment de quoi redorer son blouson.