Le colibri – Robert Dodine – 1966- collection privée
Il s’agit du premier tableau d’une série de cinq que l’artiste a thématisée sous le label «épinard contemporain».
Cette œuvre se veut dans son épure une dénonciation implacable de la société de consommation.
Au premier plan au centre la mer penche symbole des fractures et des déchaînements d’un monde agité.
Une ligne invisible nous relie -coin droit en haut- au flibustier qui n’apparaît pas mais que l’on devine en une sorte de présence-absence, un lointain-proche angoissant.
Cette figure étrange est convoquée avec gourmandise par l’artiste qui fait ici référence très explicitement aux prédateurs qui préfigurent la globalisation et la mondialisation.
Inévitable dans la vision du peintre, l’horreur atteint son climax dans l’empilement en haut à gauche de petits rectangles (à moins que ce ne soient des briques –la question mérite d’être posée) qui n'en finissent pas de se fondre dans un néant ascendant.
Etrange inversion de la chute – ascensionnelle donc- qui vient en écho de… l’espoir.
Oui, où trouver et maintenir l’espoir dans le message, comment dépasser la seule dénonciation, pourrait-on se questionner ?
La pleine maîtrise de l’artiste lui permet de le mettre en scène allusivement avec l’ingénue qui se tient sur la plus basse des deux lignes courbes, prête à fendre le tableau en son centre et désignant le précipice qui attend l’humain dans sa condition avec la perte (la fin ?) de l’innocence, la chute faisant passer d’un rouge à un noir quasi-infernal. La frêle flamme de l’espoir n’aura guère duré.
Implacable, Dodine en est d’autant plus précieux.


Une interprétation implacable qui laisse bouche bée ;)
RépondreSupprimerBec bé dirait le colibri ?
SupprimerEncore une histoire de proust ?!
SupprimerOù toutes les guerres mentent ?
SupprimerJ'opine Dodine dont la maîtrise des arrière-plans constellés de foules rigolardes entièrement transparentes n'a d'égale que celle de ses vernissages poilants virtuels. Et l'implacable audace d'allier le colibri au flibustier : un K d'école.
RépondreSupprimerCas d'école peut-être mais ici ce commentaire est un coup de maître !
SupprimerJ'adorrre... Explication clair et concise pour bien comprendre se tableau méconnu ;-)
RépondreSupprimerT'as bien raison, c'est important que le fumeux soit clair, sinon on comprend rien.
Supprimerj'opine du (top)chef devant une telle sauce ,
RépondreSupprimerje me demande si tu n'aurais pas abusé de certains champignons?
Non, j'ai juste pointé à l'usine aux gènes.
SupprimerVoilà qui nous endodine !
RépondreSupprimerTania, j'en suis tout ... énruoter !
SupprimerPour autant, ne pas oublier que Dodine est avant tout le maître de l'oscillation, du balancement, le peintre au rocking-chair, et, dans ses périodes dites "foie gras", l'artiste de la gravure à l'aiguillette. Tous les canards en ont parlé un jour, et n'ont pas manqué de se récrier devant Dodine.
RépondreSupprimerhttp://www.meilleurduchef.com/cgi/mdc/l/fr/recette/dodine-foie-gras.html
Effectivement il convenait de rappeler cette controverse où les canards laqués lassés l'accablent et balancent.
SupprimerCes trois petits rectangles, ah ces petites formes qui contiennent tous les secrets et leur horreur...tu fais bien de le remarquer.
RépondreSupprimerPour se consoler, le rire du colibri!
Brillant cher K.
Rire, oui.
SupprimerMerci Colo.