Mon écot en écho à Sacrip'anne
(également dans les liens dans la colonne d'à côté).
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Avec l'âge qui avance (je parle du
mien), il était temps de s'occuper de la chose. Cela fut fait ce dernier mardi,
avec le rendez-vous à 17h15 : consultation chez l’ophtalmo, trois mois
après le coup de téléphone -sans doute pour que je m’habitue à être miro-, afin que par ses soins et surtout sa
prescription je cesse de voir le monde "à peu près" (comme titrait
Rouaud).
Le monde, peut-être, mais plus particulièrement la partie
écrite en illisible et tout petit.
Nota bene en plein milieu : parce que les trucs loin et
grands ça va, voyez-vous, sinon j'aurais même pas pu me déplacer avec mon
automobile... (Ou alors sur une courte distance, pas longtemps et...pas entier)
(Mais je vous propose que nous arrêtions avec ces parenthèses) (Qu’en
pensez-vous ?).
Indispensable est le mot pour qualifier ce rendez-vous, car
vous savez tous certainement qu'il n'existe pas d'échasses pour les bras quand
il faut absolument reculer le livre pour s'en sortir.
Mardi, j’arrive donc quelques minutes à l’avance, je trouve
facilement, je découvre au moment des formalités une ambiance de ruche avec
beaucoup de personnes affairées, personnel soignant, personnel de
l’accueil-secrétariat.
Après m’être fait connaître, je vais m’asseoir près d’un
monsieur qui lit un magazine dont je ne donnerai pas le nom puisque sa seule ambition éditoriale semble être de figurer dans les salles d'attente... Nous sommes cinq ou six, l’attente est commune
pour deux cabinets donc ça avance plutôt vite.
Je ne suis comme d’habitude pas pressé, je m’étire un peu
sur mon fauteuil qui, je le constate un peu confus, grince pas mal, et je me
dis qu’il aurait plus sa place du côté ORL… Bref le genre de bêtises que j’ai
du mal à réprimer.
Mais en réalité, je regarde.
J’observe avec, toujours présent, ce plaisir de porter
attention de façon discrète à ceux qui sont là, d’imaginer qui ils pourraient
bien être, de m’attacher à un détail de leur apparence.
Etant le dernier arrivé dans la vague de patients assis, mes
voisins changent et sont remplacés par d’autres voisins, des nouveaux, des
provisoires.
Un monsieur est là en urgence, il a un corps étranger dans
l’œil gauche. Rien que d’y penser, je grimace intérieurement.
Je regarde aussi la petite file qui se forme à l’accueil, et
je trouve que les personnes qui sont chargées de la réception sont efficaces et
sympathiques. C’est bien.
J’aperçois une petite dame, peut-être soixante ans, avec une
autre dame, plus âgée et il n’y aucun doute quant à leur lien de parenté. La
plus jeune guide sa maman qui a des difficultés à se mouvoir, et c’est bien
elle qui vient consulter. Je sens des fragilités. C’est sans doute assez sérieux au plan oculaire. Sa
fille la fait asseoir avant d’aller régler les démarches.
Je suis touché.
Elles sont à présent assises côté à côte, il se trouve
qu’elles me font face, je ne détourne pas le regard et j’esquisse même un
timide sourire que je pense bienveillant. Je ne suis pas vraiment sûr que la
vieille dame puisse voir aussi loin… Nous sommes séparés par trois ou quatre
mètres, pas plus.
Le jeu des rendez-vous se poursuit, nous n’avons pas le même
docteur, elles passent avant moi, je constate que je suis appelé peu après, je
ressors alors qu’elles n’ont pas fini car la maman a dû aller dans une autre
salle pour un examen supplémentaire, et puis je les « retrouve »
quand même en bout de chaîne à l’accueil pour le règlement.
Le même manège a lieu, la maman a été assise au préalable,
un petit mot pour rassurer et sa fille part payer, cela se fait
tranquillement, et elle revient la chercher.
Je m’en vais.
Je regagne la parking par les escaliers, je descends les
trois niveaux après passage à la caisse automatique (je ne dirai rien au passage sur le fait qu'on a un parking payant à disposition pour venir se faire
soigner… En fait si je m'arrête et je dis que c'est scandaleux. )
Et là, je suis à la recherche de ma voiture, comme souvent
dans les parkings, rassurez-vous toutefois : je suis au bon niveau. Et je
n’ai pas laissé mes lunettes sur la table du docteur. Le parking est un système
en colimaçon, je dois remonter un peu par rapport à la porte d’accès pour
récupérer l’automobile.
Et là au moment où je touche au but, j’aperçois une petite
voiture. Ah tiens, les deux dames de tout à l’heure y ont pris place.
Mais quelque chose cloche. Je n’en suis pas persuadé
immédiatement car je ne suis venu qu’une fois pour stationner ici, mais j’ai
une idée. La voiture est arrêtée et je sens vite l’interrogation, si ce n’est
le désarroi de la conductrice, peu à l’aise dans le parking.
En fait, elle est engagée à contre-sens.
Elle ne semble pas savoir comment gagner la sortie.
Je toque à la vitre, je lui indique d’un geste qu’elle doit
faire demi-tour. La dame au volant hésite encore un peu, je lui montre le sens
interdit, et vite je regarde s’il n’y a pas une voiture qui descendrait. La
voie est libre, j’ai vite repéré les choses, et je guide la voiture jusqu’à
deux places vides où elle peut faire son demi-tour tranquillement, sans
pression.
Sourire, hochement de tête.
Je sais qu’elles s’en vont désormais sans trop
d’inquiétudes.
Il est temps de s’éclipser.
Au bureau, j'ai régulièrement l'occasion d'aider des personnes en difficulté pour remplir des documents administratifs. Ils viennent demander mais comme certains n'osent pas, on a l'autorisation de leur proposer ! C'est l'avantage de travailler dans une petite structure où la solidarité n'est pas encore un vain mot.
RépondreSupprimerQui dit petite structure, dit aussi proximité, dit aussi moins d'anonymat, plus d'humain. En principe, c'est bien ;)
SupprimerJ'aime. Simple, efficace, gentil. Toi :)
RépondreSupprimerMerci, j'aurais jamais imaginé être résumé ou synthétisé comme ça :)
SupprimerEt moi qui croyais que de retour dans le parking, tu te allais te rendre compte que la grand-mère t'avait piqué ta voiture!
RépondreSupprimerUne tranche de vie tout en douceur.
Rien entendu dans l'actualité locale sur un gang des mamies !
SupprimerQuant à la tranche de douceur, j'étais dans ce bain, et j'ai essayé de le rendre au plus près.
Ces petites attentions ponctuelles qui facilitent la vie des autres m'enchantent. Si tous les gars du monde....
RépondreSupprimerLe sourire reconnaissant, par exemple, de nombreuses personnes de petite taille qui n'arrivent pas à attraper l'article convoité sur le rayon supérieur du supermarché.
Avec ou sans lunettes (moi avec, l'âge oui, oui), tu racontes si bien ce "ne pas ignorer les autres".
Beau dimanche K.
Merci de ta contribution Colo !
Supprimerjuste un petit moyen pour vous signaler que je sévis de nouveau sur la blogosphère, et plutôt deux fois qu'une, même si vous pourrez constater que la nouvelle formule est plus allégée. Les nouvelles adresse :
RépondreSupprimer- La semaine de Leunamme : un seul billet par semaine, une sorte de commentaire de l'actualité de la semaine.
- Polarock : selon mes envies, des petits billets sur les disques et les romans policiers que j'aime.
En espérant vous y retrouver nombreux.
Leunamme
Bon retour ! Bonne nouvelle !
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