dimanche 30 septembre 2012

Pionniers

Je poursuis mon excursion intérieure... avec Soft Machine en 1970 qui atteint un sommet avec Mike Ratledge, orgue et piano / Elton Dean, saxophone alto /Hugh Hopper, basse / Robert Wyatt , batterie et chant. C'est leur troisième album et c'est marqué dessus !
Robert Wyatt enregistrera encore "Fourth" et quittera Soft Machine pour former...  Matching Mole !
Cet album est lui aussi très réussi. 



Et les taupes sont bien myopes !

mercredi 26 septembre 2012

Hypnotique


Premier "retour" en 1981 de King Crimson, toujours emmené par Rober Fripp. 
Un extrait du premier des trois albums (un rouge, un bleu, un jaune) de cette nouvelle période. 
Discipline, le morceau comme l'album,  montre que Fripp et ses acolytes ne vont pas se répéter éternellement tout en visant un haut niveau d'exigence musicale sans concession. 
On ne sera pas surpris quand on a déjà suivi les années 1969/1974 du groupe qui ont culminé avec "Red".

samedi 22 septembre 2012

Mer

Robert Wyatt 
SEA SONG

Je poursuis quelque temps mes déambulations -labyrinthiques- en arpentant des territoires musicaux qui ne le sont pas moins. Ce qui pourrait passer pour une série thématique n'en est pas une.
Il s'agit beaucoup plus sûrement de ce qui me vient à l'idée, affleure ou émerge, le sous-marin de la mémoire...
Ici, dans ce morceau tiré de "Rock Bottom" paru en 1974 par un artiste qui tient une place de choix dans les rayons de ma "cédéthèque", on bascule dans une autre dimension aux alentours de 3:50...
Un morceau seulement ...cela sonne terriblement restrictif si l'on songe à  l'album,  somptueux...

jeudi 20 septembre 2012

Eparpillé


Alone beneath a foreign sky I wonder
Could I be any further flung than this?
Against the winds which cast me to this distant shoreline
I can still blow a kiss
To fly off in migration, heading homeward
With all my thoughts upon the wing to you.
Though all our dreams and wishes seem so distant
This much we can always do...
If we just raise our eyes
We'll share the sky.
The evening sun upon my cheeks already
The glimmer of a dawn approaching you;
Across the curvature of earth
Invisible connections bind us true.
If we just close our eyes
We'll be together in a little time...
If we just raise our eyes
We'll share the sky.
(c) P.Hammill - album "What Now ?" 2001

J'ai toujours ressenti une ambiance à la fois zen et cosmique dans cette chanson. 
Et j'en aime les guitares aussi.

mardi 18 septembre 2012

Cordes


Un peu de guitare ne saurait faire de mal.

samedi 15 septembre 2012

Instantanés

Une fille, notre fille.  Ce samedi matin, à la gare. Départ TGV. Sa grande sœur désormais banlieusarde dans la capitale l'a invitée ce week-end. J'aime ça, comme elles sont entre elles.
Je lui ai servi de chauffeur dans le calme ralenti de notre grande agglomération, maintenant baignée d'un soleil engageant qui a bouté hors de vue l'incroyable brume qui nous enveloppait tôt ce matin. Étonnement, comme si déjà une nouvelle journée commençait.
Nous sommes dans les quelques minutes qui précèdent son départ. Ce laps de temps improbable où les vitres nous séparent, l'un debout sur le quai, l'autre assise à sa place, les deux qui se devinent à travers les reflets.
En un moment intense, la force du lien me noue et me transperce.

Et j'aime ça aussi.

mercredi 12 septembre 2012

Impressions sur 1Q84

Lue (avalée ?) en un laps de temps resserré, copieuse avec 3 tomes et 1600 pages environ, cette trilogie -qui n‘en est peut-être pas une- a constitué une expérience au long cours en quantité, un « exercice » que je n'avais plus pratiqué depuis un certain temps.
Mais, que voulez-vous, il faut bien lire ses cadeaux d'anniversaire, non ?
Alors attendre d'avril à août, toute plaisanterie mise à part, m'a semblé un peu obligé pour s'attaquer à pareil engin aussi volumineux qui prend son temps, qui prend du temps, mais un temps que l’on ne perd pas !
Voici, quelques semaines plus tard, mes impressions, loin d'être exhaustives, livrées je l’espère en évitant d’intempestives révélations qui en gâcheraient la lecture.

 
(Dans laquelle il apparaît que je maltraite les jaquettes !)

Déployé en 3 tomes ou livres, chacun couvrant trois mois, cela commence avec avril-juin. C’est d’emblée très, très prenant.
Et, donc, premier livre avalé en une grosse journée autour du 11/12 août à cheval sur deux jours, puis il m'a fallu attendre les alentours du 19 août pour poursuivre puisque j'avais pris seulement le livre 1 sur notre lieu de vacances. Un peu bête le gars ? 
Heureusement j'avais des "réserves" (Vila-Matas, Cortazar, Bolaňo) pour patienter, oui patienter, même si le terme, je m'en rends compte en l'écrivant, est quelque peu désobligeant pour ces auteurs. Juste une question de moment. 
Mais revenons en  1Q84.
A la fin du livre 1, j'étais vraiment "pris" par l'histoire et en forte attente de la suite. Cela ne s’est pas démenti, alors que je redoute parfois l’essoufflement, le patinage… Ici, non. De retour, j'ai lu quasiment sur le même  rythme le livre 2, et j'ai plongé dans la foulée dans le 3 qu'il m'a fallu "distiller" (ou étaler) davantage en raison de certains engagements. Mais ça n’a pas traîné pour autant !

Aomamé (elle) et Tengo (lui), 30 ans l'un et l'autre, sont les deux héros de cette histoire, nous allons suivre leur aventure, leur convergence, découvrir leurs points communs et aussi rencontrer quelques personnages hauts en couleurs, parmi lesquels un certain Tamaru (garde du corps) qui veille et organise de façon extraordinairement précise les projets d'une vieille dame, ou encore Komatsu, éditeur plutôt surprenant dans ses méthodes, sans oublier l'énigmatique Fukaéri, jeune femme de 17 ans... Mais ce ne sont pas les seuls.
Chaque personnage du roman est suffisamment bien dessiné pour se révéler attachant, présent. 

La structure est efficacement charpentée, avec chapitre par chapitre une succession de voix Tengo/ Aomamé en alternance. Cela ne tourne jamais à vide, ne devient jamais un procédé creux. La construction et le découpage du récit ménagent très habilement le suspense, l'envie d'en « savoir plus » est constante, ce qui fait qu'on entame le chapitre suivant -en changeant de personnage donc- en abandonnant l'autre à grands regrets. Ou comment utiliser la frustration (provisoire)  comme moteur ! 
Dans le livre 3, une troisième voix, celle d'un enquêteur au physique ingrat, aussi patient, fin et talentueux qu'il semble lourdaud amène un souffle d'air nouveau dans le rythme du récit. De plus les hypothèses du lecteur pour savoir "où" il est ne sont pas levées : le livre dans le livre ? une voix dans l'autre voix ? ...
Il y a des répétitions certes, mais ce ne sont que des superpositions qui apportent  sans aucune gêne des variations dans les points de vue, des angles nouveaux ou décalés.

Dès le livre 1 ça picote les neurones du lecteur avec des indices au fil des pages qui "disent ou rappellent quelque chose" (... et que je vérifie quarante pages avant si oui …ou non !) . 
Quelques moments pince-sans-rire, traits d'humour à froid, sont à savourer aussi dans les dialogues et j’ai trouvé  - impression personnelle ? - que Murakami s’amusait un peu, comme s’il jouait avec la structure du feuilleton. Alors il en « rajoute » peut-être, parce qu'il a aussi du savoir-faire, de la maîtrise, mais c'est pour le plaisir renouvelé du lecteur à se laisser entraîner par ce flot. 
Enfin, l'histoire peut paraître « nébuleuse » mais elle est très ancrée dans des éléments concrets, très réalistes (tout ce qui touche à l'actualité) et brassant de grands thèmes (religion, violence, choix, rêve, sexe, solitude, et bien sûr, écriture) qu’ils soient approchés sur le plan collectif ou sur un mode plus personnel, plus intime. Tous points qui renforcent notre proximité avec les héros et les événements vécus.
La narration opère par glissements très fluides. Typique des ressorts fantastiques, avec une réalité qui se vrille imperceptiblement, se décale, et l'on finit (lecteur comme personnages) par ne plus savoir dans quel monde on se trouve, on glisse dans un fantastique étrangement familier, à hauteur d’humain.  Et c’est toute la valeur et le plaisir de cette lecture, une ambiguïté savamment ménagée.
On laisse volontiers l’auteur nous emmener sur un chemin où certains repères, certaines balises deviennent floues, flottantes. Comment dire le bien que cela procure ? 
Car rien n'est tranché, c'est très bien ainsi, tout n'est pas expliqué, ni explicable, et reste l'atmosphère, une ambiance fantastique et romantique, et même aérienne quand les personnages lèvent la tête et scrutent le ciel…
Belle plongée dans un monde sans concessions certes mais d’une grande richesse et d’une belle humanité. 
A lire !