samedi 31 mars 2012

La vague...

Hier soir nous étions à Saint-Herblain, c'était le concert d'ouverture de l'année 2012 qui fête les 10 ans du festival vendéen Vague de Jazz.
Bien dans la manière simple et festive de Vague de Jazz, la deuxième partie de soirée s'est conclue dans le hall de la salle de spectacle, avec Alexandra Grimal en solo qui nous a proposé un magnifique solo en deux parties : excellent, exigeant, émouvant.
Revenons à ce qui s'était passé juste avant. 
Le concert fut exceptionnel avec le trio E T E (Andy Emler piano, Claude Tchamitchian contrebasse, Eric Echampard batterie) qui invitait Dave Liebman (saxophones).
Nous avons pris une claque majestueuse.
Tout était là, l'incroyable talent de ces monstres, leur musique et toute la synergie basée sur un immense respect entre eux. Je retiendrai quelques moments en suspension, magnifiques rochers escaladés pour aller tutoyer les cimes dans cette océan musical : une superbe ballade composée par Liebman, qu'il a lui-même entamée au soprano, puis l'ouverture -un morceau plus tard- à la flûte, flûte qu'il a transformée en orchestre tellement il nous a envoyé des images avec ce qu'il en a tiré, quelques magnifique passages à l'archet avec Tchamitchian et enfin dans l'avant-dernier morceau un fantastique chorus de batterie d'Eric Echampard où il a montré l'étendue de sa palette, avec sa frappe sèche, sa justesse et son inventivité: Liebman ne s'y est pas trompé.

Trois extraits ici du trio (sans Liebman, donc ) pour apprécier sa vélocité comme sa versatilité et réjouissons-nous, la formation réunie hier soir devrait sortir un enregistrement d'ici quelque temps.


 

 

 


vendredi 30 mars 2012

Une chanson


J'apprécie la mélodie lancinante, symbole d'un problème installé et malheureusement permanent.
Aucun effet de manche, une sobriété bienvenue. Digne et humain.

jeudi 29 mars 2012

Shadows and Light

-Je t’écoute, Lucas.
-On a retrouvé le citron découpé au fond du petit verre. Pas de trace de l’instrument avec lequel il a été tranché. Le relevé d’empreintes est négatif. Les pépins ont disparu. Le grand verre était vide, pas d’empreintes non plus. Il est posé à exactement 6 cm de la coupelle qui contient les noyaux d’olives.
Les deux serviettes sont pliées différemment. Il y a sûrement une signification d’autant qu’on n’a pas retrouvé de traces de rouge à lèvres. Pour la coupelle, les deux piques pourraient indiquer l’heure, par exemple 10h05, et ce serait un moyen de nous provoquer en nous donnant un indice. Il se sent fort. Par ailleurs les deux petites piques en bois léger ont servi aussi à déguster les olives. On les a donné à expertiser au labo pour qu’il nous donne la couleur des olives.   Reste à déterminer pourquoi 4 olives ce qui me semble à la fois inquiétant et complexe, révélateur d’une pathologie à haut niveau de dangerosité. Comme s’il était capable de recommencer n’importe où n’importe quand.
-Un apéro nain qui a mal tourné ?
- ... Difficile à dire.
- On a reçu ça au courrier. Jette un oeil à la photo, ça correspond.

- Il obéirait à un rituel ?
- Le numéro derrière la photo : ce serait le 17e citron exécuté ainsi. Je me demande si on n’a pas affaire à un tueur en série. Une idée pour un profil ?
-C’est quelqu’un qui s’expose et prend des risques. Par goût. Il aime narguer. Soit il s’appuie sur une grande maturité et sophistication, soit il est indifférent – presque imprudent – par rapport aux conséquences de ses actes. Rien d’improvisé cependant, tout est calculé, au millimètre, il est donc très confiant. Et expérimenté. Et ça correspond si on en est bien au 17e citron.
- Et donc ?
- Donc, je pencherai pour un horloger-limonadier gaucher possédant un vélo et habitant Orange.

* * * 

note : billet rediffusé, initialement publié en juin 2010 dans le cadre du dyptique d'Akynou - sessions 5 sur le blog précédent. Le diptyque d'Akynou fonctionne en deux parties à chaque session : un texte de départ auquel il faut associer une photo ou un dessin et, en sens inverse, une photo pour laquelle il faut proposer un texte. Ce billet correspond au 2e cas, photo de Bladsurb.

mercredi 28 mars 2012

VH

Il faut que le poète

Il faut que le poète, épris d'ombre et d'azur,
Esprit doux et splendide, au rayonnement pur,
Qui marche devant tous, éclairant ceux qui doutent,
Chanteur mystérieux qu'en tressaillant écoutent
Les femmes, les songeurs, les sages, les amants,
Devienne formidable à de certains moments.
Parfois, lorsqu'on se met à rêver sur son livre,
Où tout berce, éblouit, calme, caresse, enivre,
Où l'âme à chaque pas trouve à faire son miel,
Où les coins les plus noirs ont des lueurs du ciel,
Au milieu de cette humble et haute poésie,
Dans cette paix sacrée où croit la fleur choisie,
Où l'on entend couler les sources et les pleurs,
Où les strophes, oiseaux peints de mille couleurs,
Volent chantant l'amour, l'espérance et la joie,
Il faut que par instants on frissonne, et qu'on voie
Tout à coup, sombre, grave et terrible au passant,
Un vers fauve sortir de l'ombre en rugissant !
Il faut que le poète aux semences fécondes
Soit comme ces forêts vertes, fraîches, profondes,
Pleines de chants, amour du vent et du rayon,
Charmantes, où soudain l'on rencontre un lion.

note : Petite plongée hugolienne ces temps-ci !

lundi 26 mars 2012

Antonio Tabucchi est mort

Ouverture / Pereira prétend avoir fait sa connaissance  par un jour d'été.


Fermeture / Il valait mieux se dépêcher, le lisboa allait sortir sous peu et il n'y avait pas de temps à perdre, prétend Pereira.

Intervalles /
"Comment, tu n'es pas au courant ? Ils ont massacré un homme de l'Alentejo sur sa charrette, il y a des grèves, ici en ville et ailleurs, mais dans quel monde vis-tu, toi qui travailles dans un journal ?" Lisbonne, 1938.
 C’est facile objecta le docteur Cardoso, de toute façon il y a la censure préventive, chaque jour avant de sortir les épreuves de votre journal passent à travers l’imprimatur de la censure préventive, et s’il y a quelque chose qui ne va pas, vous pouvez être tranquille que ce ne sera pas publié, peut-être qu’ils laisseront une espace blanc, ça m’est déjà arrivé de voir des journaux portugais avec de grands espaces blancs, cela inspire une grande rage et une grande mélancolie.

dimanche 25 mars 2012

Avis de recherche

Le petit "p" comme programme est demandé à l'accueil.
Je répète le petit "p" est demandé à l'accueil.

Sans aller jusqu'à déclencher l'alerte enlèvement avec numéro d'urgence, ce serait pas mal que "ce qui nous tient lieu de président" et qui "fait office" de candidat de la droite brutale mette ou remette la main dessus.

Parce que voir à quoi le temps est consacré actuellement est assez affligeant, pitoyable, indigne oui pour reprendre des termes de l'expert en raclures, le triste et pénible sieur C*pé.
En ce moment, et ça dure un peu trop là, un mauvais comédien joue les bateleurs. Un triste sire qu'on ne peut écouter que si l'on fait partie de la clique.
Soit dedans (le parti, les élus) ou dehors (les votants). La clique des cyniques, des individualistes, des haineux, des mafieux du fric et du système, des peureux de la colère du petit chef.  J'en passe.
Sinon je ne vois pas.

Alors, ça dure, oui, cette prise de risques inouïe dans des salles préparées et chauffées à blanc. Quel courage ! Des salles remplies de militants triés sur le volet.  Et là ça y va, flattant avec noblesse les instincts les plus bas, se vautrant sans complexe dans la fange.

Ce parti pris de la qualité va finir par m'intoxiquer, je frise l'overdose.
Ce candidat lancé dans un jeu de bonneteau, un poker menteur n'est qu'un contorsionniste, transformiste, caméléon... Mais en paroles uniquement. Feignant l’amnésie, il apparaît schizophrène.Attisant la violence, il se dit posé et digne. Décent.
Oh que c'est mal joué, quelquefois on a un peu l'impression qu'il ne sait pas son texte, faut dire aussi (voir au début) qu'il n'y a pas de programme... Et sans programme, c’est « l’autre » qui est nul : j'allais le dire.
Promettant encore et encore, parfois la même chose, ou pire, on se dit mais tiens pourquoi ne l’a-t-il pas fait, il avait un peu de temps, là, cinq ans, même si ça passe vite.

Vite, ça dépend pour qui.
Alors au bout de 5 ans,  où en est l’histoire ? Pas vraiment cohérente, plus ça va, plus on a du mal à suivre.

Alors on se contente des rushes.
Quand on les revoit, on n’a pas du tout envie d’embaucher ce piètre comédien, qui peine à émouvoir, n’entre pas dans le rôle, est incapable de laisser de côté un ego boursouflé, qui surjoue la compassion et la protection, et capte la lumière narcissiquement et irrépressiblement, sans pouvoir se contrôler.
Sa troupe, malgré les retouches dans la distribution, ne vaut pas mieux.
Et les attachés de presse chargés du service après vente sont consternants.

...
Pendant ce temps, fidèle à la ligne, à la stratégie définie, à la belle idée respectueuse du peuple qu'il se fait d'une campagne présidentielle avec des propositions sur le fond, une idée noble de la culture, une pédagogie indiscutable, Jean-Luc Mélenchon passe 2h30 en interview avec la rédaction de Médiapart : du haut niveau, des réponses, des contradictions /des évolutions /des changements assumés, bref de la responsabilité.
On ne dira jamais assez le bien fou, l'appel d'air impressionnant qu'apportent le candidat et son équipe du Front de Gauche.
Le bulletin de vote, oui, mais marqué MELENCHON dessus. On fait tourner.

vendredi 23 mars 2012

citons !

Comme une envie de finir la semaine avec un grand...

Il y a des gens qui observent les règles de l'honneur, comme on observe les étoiles, de très loin.
Servir la patrie est une moitié du devoir, servir l'humanité est l'autre moitié.  
Pour moi, l'idée de nation se dissout dans l'idée d'humanité.
Les maîtres d'école sont des jardiniers en intelligences humaines.  
La pensée est le labeur de l'intelligence, la rêverie en est la volupté.  
La jeunesse est le sourire de l'avenir devant un inconnu qui est lui-même. 
La liberté commence où l'ignorance finit. 
Un petit peuple libre est plus grand qu'un grand peuple esclave. 
Un peuple qui a la liberté, doit aussi avoir la volonté. 
Lorsqu'on peut tout savoir, il faut savoir aussi tout taire. 
Créer, c'est se souvenir.
Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire. 

Victor Hugo.
Un superbe vademecum, de quoi faire au quotidien !