mercredi 30 novembre 2011

Pêche en nos troubles

Vécu il y a peu. Transports en commun. Une maman avec ses deux petits. Parlant plutôt fort, braillant pas mal. La maman, hein. J'avais sorti mon bouquin. Inquiétude fugace, mais bon. Restons tranquille et positif.
D'un côté, la petite famille fait son train comme on dit  (même dans le tram), et pour ma part, j'ai décroché de mon texte.
Un monsieur est assis face à la maman et ses deux enfants. Laquelle continue de s'adresser plutôt rudement à sa progéniture, on connaît ça, les milieux populaires et tout et tout...
A un moment, le portable de la dame sonne, elle fourre illico sa main dans la poche de son parka, et patatras le portable se retrouve par terre.
Le monsieur se penche, ramasse et rend l'objet à la maman.
"Je vous remercie, c'est gentil ! " dit-elle.
...
Cette formulation, parfaite, adaptée, pleine de courtoisie,et même de douceur, m'a surpris.
Impressionné. Favorablement. Elle peut le faire ! Elle sait le faire !
Je me suis pris à regretter que la maman ne soit pas davantage sur ce registre avec ses loupiots.
Mais j'ai aussi pensé qu'en certaines situations, à certains moments, elle devait sûrement le faire.
Sur cette pensée optimiste, je descendis : j'étais à destination.

lundi 28 novembre 2011

Take it or leave it



Ne pas laisser entendre,
Mais laisser à penser,
Sans laisser faire
Sans laisser échapper,
Ne pas laisser tomber.

Ne pas laisser pour mort,
Non, laisser rêver
Laisser à désirer,
Sans laisser abattre,
Ni laisser aller.

Laisser arriver,
Ne pas laisser choir,
Ou laisser courir, 
mais laisser venir.

Laisser espérer 
Oui, laisser dire 
Laisser faire,

Ne rien laisser paraître 
laisser voir 
Et parfois laisser passer,
Laisser pisser  
oui, laisser refroidir
Laisser reposer
laisser retomber 

Laisser ou prendre
prendre ou laisser 
Se laisser prendre

A prendre, à laisser 

Apprendre à laisser

dimanche 27 novembre 2011

Eh bien, non.

Vous pouvez lire soit d'un ton irrité, soit d'un ton très doux (je crois que c'est même encore mieux !).


Depuis nombre d'années (car la droite est quand même au pouvoir depuis pas mal de temps quoi qu'elle en dise et quoi qu'elle veuille ESCAMOTER) et de plus en plus nettement dans les mois à venir avec radicalisation de campagne électorale, c'est du garanti et ça a déjà commencé, - suivez mon regard - un phénomène étrange s'est mis en place pour nous anesthésier.
On nous dit qu'il y a en France certains privilégiés et même des fraudeurs qui vont devoir en rabattre sur les aides, qu'on va contrôler ambiance FBI. 
Ah oui, trop bien. 
Stigmatisés, ils sont la honte du pays, ils l'empêchent de se "moderniser", ce sont des boulets (parfois même des putains de salauds de pauvres assistés et feignants, et des fois même pas français, dis donc) qui ne jouent pas collectif. 
Victimes d'un rêve éveillé, les rougeurs sur leur peau montrent qu'ils se pincent, car ils ne comprennent pas - eux, si modestes, si petits - pourquoi ils sont privilégiés... Et comment cela a pu se produire, alors que rien, tellement rien, n'a changé (en mieux, bien sûr) dans leurs situations...

Manipulation éhontée et indécente des esprits, orchestrée avec la complicité des médias en guise de carpettes, ce système défait des vies, brise du lien, casse les gens et les familles, broie de l'humain en semant la division... 
Et celui et ceux qui le mettent en place appellent, en temps de crise, à la "responsabilité" (mais uniquement celle du cochon de payant qui se serre la ceinture), en n'assumant pas la leur depuis toutes ces années, se défaussant sur une situation globale qu'ils n'ont en rien contrariée. Et, éthique gravissime, en dévitalisant dans cette confusion et ce mensonge cette belle et noble idée de responsabilité.
Détournant donc l'attention de ceux qui sont les véritables responsables, les vrais privilégiés, les vrais nantis, les vrais assistés...Suivez mon regard -bis. 
Ceux-là n'ont qu'une idée : leur appétit de pouvoir, de domination, d'appropriation, de fric doit démanteler la solidarité, la priver de moyens publics (au nom des efforts collectifs, dont ils s'excluent bien sûr), et à terme briser l'Etat. 
Etant tenu et entendu comme acquis qu'agir ainsi doit devenir la "norme citoyenne", évidemment, avec la flatterie basse et odieuse, au nom du miroir aux alouettes de 2007, de la noble "prise de risques" (LAQUELLE en vérité ?) et ceci au nom de l'exemplarité, d'une philosophie à un euro cinquante, au nom de l'individualisme le plus abject qui vise à marcher sur les autres pour "avancer".
Et donc ce serait comme ça, on devrait se plier, on devrait se fixer à ce modèle terriblement attrayant  ?

...
Non.

Cette manipulation n'a d'autre but que de faire passer des vices privés pour des vertus publiques.
Aujourd'hui, s'il y a de l'espoir, c'est que tout cela a fini par se voir, se savoir. 
Faut y aller. Flanquer ces imposteurs dehors. Sortir les ordures.

samedi 26 novembre 2011

Pépite


Une perle cachée dans le premier album solo de Fish, l'ex-chanteur de Marillion, un progressive group qui dans les années 80 marchait sur les brisées seventies du Genesis de Peter Gabriel.
Si j'ai perdu le fil de Marillion assez vite à l'époque, suite au départ de Fish justement, la carrière solo de celui-ci ,erratique, a fini par me décourager, mais sur l'ensemble, sa voix est particulièrement fruitée, incarnée, et les textes très souvent inspirés.
Ce morceau est superbe.
Pourquoi cette mélancolie m'apaise-t-elle autant ?

vendredi 25 novembre 2011

ET si...


Portait chinois repris chez Dasola, ici.

Un monument: Les fantômes de Landowski
Une héroïne ou un héros romantique: Ruy Blas
Un animal: la tortue
Un état d'esprit: l’indépendance
Un paysage: côte rocheuse bretonne battue par le vent
Un défaut: l’indépendance
Un alcool: un vin rouge
Un rêve: apprendre comme si je devais vivre toujours
Une maison: la mienne
Une série télé: Le Prisonnier

Attente

L'attente semble suspendre le temps qui passe pourtant.
Je m'aperçois que je vis bien ces moments-là, qu'on les appelle temps morts, ou creux.
Une manière de les accepter. De les recevoir.
Le temps passe même si rien ne se passe, simplement mes pensées vagabondent et défilent.
J'observe les visages, les dégaines. Contemplatif, perméable.

Toutes les attentes n'ont pas le même objet, ce qui peut changer la manière d'attendre.
Une file dans un magasin pourra me voir engager la conversation, mais pas toujours.
Un rendez-vous médical, même de pure formalité, bénin, me verra immobile, assis comme debout.


Mais, que je sois immobile, le temps m'emporte quand même, dans le futur, dans l'après.
Je peux attendre aussi en cheminant, en arpentant, passant et repassant au même endroit.


Quel que soit le cas, j'arrive aisément à m'extraire ou m'abstraire quelques minutes, je pars, je suis ailleurs, là et pas là. 
Est-ce de la patience ? Peut-être, une capacité à méditer, à trouver, à créer spontanément un espace intime et indépendant, tel un refuge ne donnant pas prise à l'extérieur.

Paradoxalement (?) je n'aime pas qu'on m'attende, je n'aime pas faire attendre. J'aime être à l'heure.

jeudi 24 novembre 2011

Eux, ils, nous



SI ça vous tente...
Vous avez une heure et quelques poussières devant vous ?
Allez, rendez-vous ici : Magnifique