vendredi 20 janvier 2012

Reçu ça


L'album de Jon Hassell où figure ce morceau est titré :
LAST NIGHT THE MOON CAME DROPPING ITS CLOTHES IN THE STREET.
Je viens de me le procurer.
Tout y est de la même eau.
Magnifique.
Somptueux.

jeudi 19 janvier 2012

Culturel

Toujours pas vu LE HAVRE mais ça va venir.

On va se laisser tenter par Millenium...
Et par d'autres films moins grosses machines que celui-ci dont je parlerai plus tard.

Quelques concerts en perspective avec ce soir ONJ (Orchestre National de Jazz) joue Piazzola,  puis jeudi le quintet d'Anne Pacéo et début février Portico Quartet.
Les trois soirées s'annoncent aussi différentes qu'excitantes.  

Quelques lectures en cours, La forêt des Renards Pendus  de Arto Paasilinna, auteur également du Lièvre de Vatanen. 
Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, que je déguste lentement, à sa mesure et pour finir/continuer une biographie de Jean Ferrat juste empruntée presque par hasard à la médiathèque...

lundi 16 janvier 2012

J Edgar, un film de Clint Eastwood

Un biopic. Un de plus, pourrait-on dire.
Mais avec Eastwood, on ne sait pas toujours ce qu'il va se passer, même si son cinéma est dit "classique".
Son sujet, le chef redouté du FBI, J Edgar Hoover qui a régné près de 50 ans.
Cela  cela ne se réduit pas seulement à lui, car il y a, forcément, une plongée dans une bonne partie de l'histoire du XXe siècle aux Etats-Unis, période qu'il conviendrait éventuellement de "réviser" un peu avant, pour se familiariser ou se remettre dans le coup.
Car le traitement historique est allusif. Ce qui renvoie à plusieurs points.
D'abord à la narration en voix off, souvent monocorde, qui semble posée comme pour dire et servir l'objectivité, alors qu'en réalité (on le comprend progressivement) c'est sa version que nous sert Hoover, lequel au passage n'hésite pas à enjoliver son rôle, pour nourrir le mythe ou la légende. Le pur délire sur les communistes est bien éclairant du propos. Cette voix off donc, il faut s'y faire, c'est celle d'Hoover qui dicte ses mémoires à divers jeunes assistants qui se succèdent le long du film, ce qui donne un dispositif filmique au montage alterné, plutôt habile et réussi, faisant sens constamment, avec des flashbacks qui viennent éclairer ce que raconte Hoover. Cette voix donne au film une atonalité étrange mais intrigante.
Ensuite, le point de focalisation d'Eastwood n'est pas la trame événementielle mais, le titre le suggère, Hoover lui-même, homme à la personnalité troublée et contradictoire, au rapport étroit avec sa mère, en difficulté avec les femmes et à la relation homosexuelle (consommée ou pas ?) complexe et très triste avec son n°2, Clyde Tolson.


Il y a très peu d'effets dans le film, au risque de passer pour morne et sans relief. Intéressant aussi : il n'y a aucune nostalgie.
Question réserves, on jugera bien sûr peu heureux les postiches marquant le vieillissement des protagonistes, surtout Clyde Tolson, le petit ami de Hoover. La scène de la mort de la mère m'a semblée lourde, j'ai pensé à plusieurs reprises qu'Eastwood avait eu la main trop nettement mélo alors qu'une touche plus allusive aurait suffi.
Par contre, Leonardo Di Caprio, qui "délaisse" Scorsese, est bien, il incarne au mieux l'exaltation obsessionnelle à construire le mythe tout comme l'incroyable fragilité dans le privé. Il y a assez peu de place en définitive pour les autres personnages (même Tolson), si ce n'est la mère de Edgar, avec la forte présence de Judi Dench, et Naomi Watts très bien en secrétaire discrète, fidèle dans l'ombre et même après la mort de Hoover. Et certains gros plans qui serrent de près les personnages, dans l'ombre, sont remarquablement étouffants.
Film finalement trouble sur un personnage qui ne l'est pas moins, sans jugement ni condamnation, ne forçant quasiment pas le trait,  mais mettant en évidence les zones d'ombres, les méthodes illégales et brutales, les mensonges derrière l'histoire officielle telle que la proposent les medias. Un film sans envolées, sans angélisme, sans putasserie.
Un film plus profond qu'il ne paraît, qui diffuse chez le spectateur, même après la séance.

dimanche 15 janvier 2012

Journey through the past 3

Suite de ce voyage dans le passé, comme le dit si bien ce cher Neil Young. Je poursuis et termine (si je puis dire) pour Nougaro. 

Et d'autres "épisodes" sont prévus, vers d'autres contrées musicales, en essayant de garder le fil chronologique...

Les albums ici illustrés par leur pochette sont ceux qui m'ont fait avancer dans la découverte nougarienne, en étant à peu près synchrone.
Sans oublier qu'évidemment quand l'intérêt grandit, la possibilité d'aller voir un spectacle devient une préoccupation...tenace.
Ce fut chose faite au théâtre antique d'Arles, été 1980. Eblouissant.


Ce qui était (est) fortement intéressant chez Nougaro, et le rendait difficilement "traçable" dirait-on aujourd'hui, c'est la démarche, cette manière qu'il a eue, peut-être par nécessité car il était ainsi et ne pouvait "fonctionner" autrement, de ne pas rentrer dans les formules, les cases, les formats, d'aller chercher ailleurs, de ne pas se répéter.
En 1973, l'album (et le morceau) Locomotive d'or format 9 minutes en sont peut-être l'emblème.
Difficile à suivre car ne suivant que son chemin, c'est "comme s'il avait passé sa carrière à faire ses débuts", ainsi qu'il le disait lui-même. Démarche aventureuse qui fit que son parcours fut semé -en apparence et en terme d'exposition - de creux et de bosses, donnant un sentiment d'éclipses, au moins dans la visibilité publique, alors qu'il était tout simplement ... ailleurs.

Evidemment lorsque l'on regarde l'ensemble discographique, tout n'est pas homogène et réussi. Mais l'ensemble tient debout, c'est extraordinaire. La prise de risques en vaut la chandelle : quand ça passe, c'est éblouissant, lumineux.
Quand c'est manqué, et ça peut l'être même si c'est question de goût aussi, c'est avec panache.
Mais ça reste toujours impressionnant.
Le site officiel offre une vision par décennies qui remet cela en tête.

Les limites, cela peut-être tout d'abord une profusion d'enregistrements publics (particulièrement dans les années 90) franchement dispensables, car très/trop rapprochés dans le temps et ceci même si les formations musicales qui l'accompagnent sont différentes.
Gardez donc "question live" celui de 1969 "Une soirée avec Claude Nougaro" qui est excellent et reprend la décennie quasiment, prenez aussi "Nougaro sur scène" à l'Olympia de 1985 donnant une idée du Nougaro Trio, finissez avec "Hombre et Lumières" pour le côté tonique et festif  (capté à Toulouse en 1998) et vous avez les pierres de touche indispensables.
Que vous pouvez compléter par le duo "Une voix dix doigts" (piano/voix) avec Maurcie Vander même s'il est un peu longuet au bout du compte et enfin le tout dernier au Théâtre des Champs Elysées en 2001. Un dernier mot sur "Nougaro au New Morning" un album excellent, début des années 80, toujours inédit en cd, où l'on entend un Nougaro revitalisé par son orchestre de jeunes, ambiance funk jazz.

En studio, il n'y pas d'albums sans pépite, quelques creux (album Soeur Ame de 71) et tout au plus l'album de 1983 comme Ami Chemin me semble le plus faible. Pour le "reste" avec le recul, il n'y a pas vraiment, à mon sens, d'album où moins de la moitié des morceaux ne soit réussie. 
Il y a des périodes d'inspiration moindre, et des périodes d'emphase, où il s'est sans doute perdu en route, devenant verbeux et abscons, oubliant peut-être trop l'humilité ou la simplicité du poète.
Peut-être qu'à certains moments, il s'est piégé dans cette pompe, cette éloquence...

Et pour cette conclusion provisoire, car je réécoute régulièrement, évidemment... un petit mot souvenir sur chaque album qui suit, étant précisé qu'il s'agit d'une sélection des albums "fondateurs" pour moi, et que j'aurais pu parler de (tous les) bien d'autres !


Enregistré en public, tonique, ce Nougaro 77 à la pochette double magnifique, privilégie les formats longs et l'on y trouve en plus des inédits "Victor" (d'après Victor Hugo) et "Jésus" qu'il reprendra je pense lors du spectacle Fables de ma Fontaine au début des années 2000.
Je me souviens de cette chanson d'amour racontant un coup de fourdre "Ma femme" avec je cite "...et ma cendre à l'envers reconstitue la flamme"





Année 1980, un album majoritairement réussi avec en ouverture la chanson écologique "Assez" qui était portée par un clip tiré de 'L'Opéra Sauvage" de Frédéric Rossif. Magnifique.
Et des paroles marquantes, imprimées à jamais : "Il serait temps que l'homme s'aime, depuis qu'il sème son malheur" ..."Arrêtez votre humanerie" ..."Que l'homme s'aime c'est peu dire / Mais c'est là mon pauvre labeur / Je le dis à vos poêles à frire/ Moi le petit soldat de beurre" quelle image ! Sans oublier "la petite fille en flammes dans son dimanche de napalm" ...
Et aussi... Des voiliers.

"

Femmes et famines, 1976, un album que j'ai eu du mal à trouver à l'époque, mais qui contenait un poème parlé exceptionnel  "Dans le désert du papier" qui traite de la création artistique, de l'inspiration et de la fonction sociale de l'artiste. Un poème d'Audiberti aussi, mis en musique, Perle brune, superbe.
Et puis, un album d'une grande unité, rien à jeter, en 1978. Il contient "Tu verras" qui n'est pas ma préférée pour autant.
Les perles sont ailleurs "La danse" (la danse est une cage où l'on apprend l'oiseau)"Autour de minuit" sur un thème célébrissime de Monk, et puis "Quand Freddy est parti" à l'accordéon un hommage pantelant d'émotion à un de ses musiciens disparus...

Voilà, merci Monsieur.  


à  suivre

samedi 14 janvier 2012

C'est pas moi, c'est moi

Hé lui hé...
Voilà, on le savait, fini le triple A.
Et notre petit zorro, avec sa petite cape élimée de grand sauveur qui nous protège à tous même ceux qui n’ont rien demandé, lui qui réagit plus vite que son ombre habituellement  (lire: quand ça l'arrange) est DESESPEREMENT muet.

Qu'on ne s'y trompe pas, il fait sonner la charge par sa garde, pour l'éternel message : c'est pas de ma faute, de ma responsabilité. Tout occupé vraisemblablement à l’organisation de sa stratégie de la terre brûlée qu'en tant que pompier pyromane il connaît sur le bout du lance-flammes ?
Donc si on résume, il s'occupe de tout, tout le temps, mais c'est jamais lui.
Quand il pisse, c'est lui ou pas ?

Nous sommes...

Nous sommes là tous deux
comme devant la mer
sous l'avance saline des souvenirs
De ton chapeau aérien à tes talons presque pointus
tu es légère et parcourue
comme si les oiseaux striés par la lumière de ta patrie
remontaient le courant de tes rêves.
Tu voudrais jeter des ponts de soleil entre des pays
que séparent les océans et les climats,
et qui s'ignoreront toujours.
Les soirs de Montevideo ne seront pas couronnés
de célestes roses pyrénéennes,
les monts de Janeiro toujours brûlants et jamais consumés
ne pâliront point sous les doigts délicats de la neige française,
et tu ne pourras entendre, si ce n'est en ton coeur,
la marée des avoines argentines,
ni former un seul amour
avec tous ces amours qui échelonnent ton âme,
et dont les mille fumées ne s'uniront jamais
dans la torsade d'une seule fumée.
Que tes paupières rapides se résignent,
ô désespérée de l'espace !
Ne t'afflige point, toi dont le tourment ne remonte pas comme le mien,
jusqu'aux âges qui tremblent derrière les horizons,
tu ne sais pas ce qu'est une vague morte depuis trois mille ans,
et qui renaît en moi, pour périr encore,
ni l'alouette immobile depuis plusieurs décades
qui devient en moi une alouette toute neuve,
avec un coeur rapide, rapide,
pressé d'en finir.
Ne t'afflige point, toi qui vois en la nuit
une amie qu'émerveille ton sourire aiguisé
par la chute du jour,
la nuit armée d'étoiles innombrables et grouillante de siècles,
qui me force pour en mesurer la violence,
à renverser la tête en arrière
comme font les morts, mon amie,
comme font les morts.

Jules Supervielle (In Gravitations)

vendredi 13 janvier 2012

Loads

Quelle semaine chargée ce fut !
Mais au plan culturel et divertissant, librement consenti , les affaires vont reprendre, demain soir nous irons voir le nouveau film de Clint Eastwood, en attendant Le Havre de Kaurismaki, la semaine d'après. 
Musicalement jeudi soir qui vient ce sera l'Orchestre National de Jazz autour d'Astor Piazzola. Ah ça va être bon, ça !
Des bouquins se profilent avec Queneau "Courir les rues /battre la campagne/  fendre les flots"  sans oublier Jean-Paul Dubois avec "Le cas Sneijder".


Et puis, et puis, lundi 16, notre fille cadette a 23 ans. On lui passera un petit coup de fil jusque dans son sud...

I love her so much.