dimanche 20 novembre 2011

Inchangé, renouvelé, toujours

Echanges
Dans la flaque du petit jour
Ont bu les longs oiseaux nocturnes
Jusqu'à tomber morts alentour
Au dernier soupir de la lune.

Voici les flamants de l'aurore
Qui font leur nid dans la lumière
Avec la soie de l'horizon
Et le vent doré de leurs ailes
 

Jules Supervielle in Suffit d'une bougie / Gravitations 1925

vendredi 18 novembre 2011

JH



Well, I stand up next to a mountain
And I chop it down with the edge of my hand

Yeah

Well, I stand up next to a mountain
And I chop it down with the edge of my hand
Well, I pick up all the pieces and make an island
Might even raise a little sand

Yeah
'cause I'm a voodoo child
Lord knows I'm a voodoo child baby
I want to say one more last thing
I didn't mean to take up all your sweet time
I'll give it right back to ya one of these days

Hahaha

I said I didn't mean to take up all your sweet time
I'll give it right back one of these days

Oh yeah

If I don't meet you no more in this world then uh
I'll meet ya on the next one
And don't be late
Don't be late

'cause I'm a voodoo child voodoo child
Lord knows I'm a voodoo child

Hey hey hey

I'm a voodoo child baby
I don't take no for an answer

Question no
Yeah

jeudi 17 novembre 2011

Calculez vous-même votre çondage comme un grand

Je vais vous esspliqué comment que ça marche les çondages. 

Alors voilà : 
57% des Français estiment que le candidat cela est plus solide que le candidat ceci selon un çondage. 
(J'espère-je que vous suivez parce que moi non.)
Sondage IFLOP réalisé par téléphone les 35 et 36 septembre, auprès d'un échantillon de lessive (sans cadeau) de 957 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, sélectionné selon la méthode des gros tas.
Egalement sondage CSB réalisé par nuage de fumée le 33 octobre, toujours auprès d'un échantillon national de lessive (avec cadeau) de 1.004 personnes âgées de 18 ans et plus, sélectionné selon la méthode des toquards. .
La marge d'erreur est d'environ  plus ou moins trois (3) points de pourcentage.

Précision :
Eblouissants, TOUS les  journals continuent parallèlement à commander des çondages et à bien préciser que ça ne vaut pas tripette au niveau résultats. 
Emouvante abnégation, remarquable acharnement...

Sur celui-ci, du candidat cela qui est plus ceci, pris au hasard puisqu'il n'y a qu'à se baisser pour ramasser, on notera avec profit l'utilisation extrêmement rationnelle et rigoureuse du mot "cela" qui laisse un peu songeur, car on ne sait pas bien ce que ça veut dire, et "solide" ( on sait pas non plus) à moins qu'il n'y ait un rapport avec l'état de la matière et l'on peut s'attendre logiquement dans quelque temps, c'est-à-dire quelques çondages plus tard,  à "liquide", puis "gazeux" en cas de transformation...ou d'évolution.
Plus subliminal que la sublimation serait de dire que si SOLIDE renvoie à ETAT, c'est donc une allusion aux moyens que lui permet sa position de ministre d'Etat.
C'est ainsi que le candidat ceci dispose d'un potentiel et d'une force de frappe loin d'être négligeables et, en ce sens, SOLIDE, c'est bien le moins qu'il puisse faire.

Pour terminer, revenons au mode de calcul utilisé dans ces çondages. Parce que, hein, comment ils font 57 ?
Alors, 36 septembre - 35 septembre = 1
33 octobre - 18 ans = 15  d'où 1+5 = 6
1004 personnes  - 957 personnes = 47
d'où :
1 + 6 + 47 = 54
Incorporons maintenant la marge de 3 :
54 + 3 = 57 %
CQFD


mercredi 16 novembre 2011

Pour que les claques ne se perdent pas...


Toujours aussi imposteur et manipulateur, le gugusse qui a dépecé le système social français
nous explique avec aplomb et hauteur de vue à talonnettes qu’il en est le seul défenseur protecteur et compétent. Depuis qu'il nous protège,n je n'ai jamais été aussi inquiet pour mon pays.

Un éclat de rire général silencieux m’étreint, qu’on peut entendre jusqu’aux fins fonds de mon département quand j'entends ce genre de conneries puisqu'il faut appeler les choses par leur nom...

Et les vendeurs de papier ou de spots publicitaires de nous expliquer "qu'il frémit dans les sondages"...

Mais…sans dire, alors que c'est évident... 
Que...
Ce seront les mêmes recettes, les mêmes ficelles.
Car les choses n’ont pas changé.
Les chiens chiens à son maître se sont ridiculisés dans la convention anti-PS tenant du juste prix, les chiens chiens qui ânonnent les éléments de langage,… d’une outrance proprement stupéfiante.
Et puis le récent G20 est un échec pour le soi-disant maître du monde, et l’interview avec le président US était un cirage de pompes éhonté, et... la chambre à 37000 euros passés sentait très fort le… comment déjà… bling bling !  Ah merde, encore ce morceau de sparadrap qui ne se décolle pas. 
Non pas ça ! IL a changé. Juré promis. Ce grand menteur.

Et si l’on voulait en rajouter, ça repart sur l’identité, les fraudeurs, l’assistanat, les tricheurs…C'est d'une tristesse. ..
Alors, reprenons calmement, et tiens, question "tricheurs", répétons certains mots importants : Affaires,  Emploi, Croissance, Impôts (etc.) que l’on peut regrouper en un seul, auquel il va essayer d’échapper avec toutes sortes de complicités et pressions :
BILAN.


Promenade nocturne

Nous sommes qui nous ne sommes pas, la vie est brève et triste.
Le bruit des vagues, la nuit, est celui de la nuit même; et combien l'ont entendu retentir au fond de leur âme, tel l'espoir qui se brise perpétuellement dans l'obscurité, avec un bruit sourd d'écume résonnant dans les profondeurs! 
(...) 
Et tout cela, durant ma promenade au bord de la mer, est devenu pour moi le secret de la nuit et la confidence de l'abîme. 
Que nous sommes nombreux à vivre, nombreux à nous leurrer ! 
Quelles mers résonnent au fond de nous, dans cette nuit d'exister, sur ces plages que nous nous sentons être, et où déferle l'émotion en marées hautes !
Ce que l'on a perdu,(...) ce qui était un souvenir, alors que nous croyions à une émotion; et l'océan tout entier, arrivant, frais et sonore, du vaste fond de la nuit tout entière, écumait délicatement sur la grève...
(...)
Qui d'entre nous sait seulement ce qu'il pense, ou ce qu'il désire? 
Qui sait ce qu'il est pour lui-même? 
Combien de choses nous sont suggérées par la musique, et nous séduisent par cela même qu'elles ne peuvent exister !  La nuit évoque en nous le souvenir de tant de choses que nous pleurons, sans qu'elles aient jamais été ! 
Telle une voix s'élevant de cette paix de tout son long étendue, l'enroulement des vagues explose et refroidit, et l'on perçoit une salivation audible, là-bas sur le rivage invisible.

(extraits choisis du Livre de l'intranquillité, Pessoa )

dimanche 13 novembre 2011

Patience

Samedi dernier en tout début de soirée (séance de 18h25) nous sommes allés voir "Il était une fois en Anatolie" de Nuri Bilge Ceylan, un film primé à Cannes (Grand Prix du Jury).
Ce n'est d'ailleurs pas la récompense obtenue qui a motivé notre démarche mais les quelques  lignes lues ça et là, donnant les contours d'un film au minimum intrigant.

Après un préambule où l'on observe trois hommes dans un garage automobile, de l'extérieur, eux sous une lampe blafarde et le spectateur derrière la vitre, on se retrouve en pleine campagne, la nuit.
Les phares de trois véhicules se rapprochent, suivant les virages d'une route de la campagne turque, paysage désert et désolé.
En plusieurs arrêts, près de fontaines et d'arbres (éventuels point de repères qui se ressemblent tous), nous découvrons un groupe d'enquêteurs, assez nombreux, qui essaie de faire retrouver et de se faire indiquer par deux hommes menottés où ils ont enterré le cadavre de leur victime.
On saisit rapidement que l'enquête n'aura absolument aucune importance, étant donné qu'il n'y a pas d'énigme à résoudre véritablement. A part un procureur, des policiers, un médecin qui ont bien du mal à parvenir à leurs fins, les deux suspects n'étant pas précisément coopératifs.
Le trajet nocturne, d'une étape à une autre, permet peu à peu de faire connaissance avec ces hommes dans les voitures où ils discutent et au fil des arrêts. Quels qu'ils soient, la nuit s'y prêtant, trompant l'ennui, meublant l'attente, les hommes livrent quelques confidences, profondes ou futiles, qui révèlent leurs failles, leurs doutes, leurs colères aussi et peut-être même leur résignation.
La nuit n'apportera pas de réponse sur le lieu recherché, elle s'étirera dans la fatigue de tous pour se conclure dans un village voisin. Là, se tiendra un repas nocturne un peu irréel, à l'image de la presque "vision" de la jeune fille du maire, surgie comme un rêve, venue servir les boissons et apporter les lampes à la suite d'une panne électrique. Les arrachant à la réalité, ce sera elle la seule lumière -lueur d'espoir- de cette nuit insatisfaisante et épuisante.
Toute la première partie de nuit (et de film) nous a montré des personnages avançant dans l'inconnu, et ce n'est pas parce que le jour s'est levé que tout va changer.
La découverte du cadavre, le rapport d'enquête dicté et tapé en plein air vont en renforcer le côté improbable, à la fois tragique et absurde des choses : tous peinent visiblement à trouver ou donner du sens aux vies qu'ils mènent.
Ces doutes se traduisent dans le film par un rythme lent, des plans contemplatifs sur les paysages comme sur les visages, comme si les hésitations et incertitudes nous étaient données à vivre dans leur durée, sans ellipse. Cette approche fait que le film "se mérite", il faut réellement être patient, dépasser les atermoiements, les répétitions dans les faits et gestes des personnages. Ce rythme à contretemps du zapping permanent de notre époque est un vrai défi, remarquable et précieux.
La deuxième partie du film, au grand jour, sera relativement moins feutrée que la nuit, avec la foule qui houspille les suspects, la rencontre de l'épouse et du fils de la victime, et enfin, l'autopsie du cadavre dans des conditions plutôt spartiates, moment glacial et noir d'ironie.
Nous découvrons alors plus précisément l'ordinaire routinier du médecin, dont on sait depuis un moment qu'il a divorcé. Souvent perdu dans ses pensées, il est très à l'écoute, et parviendra à recueillir le secret du procureur, secret qui montre un peu plus s'il le fallait la complexité des vies et des gens.
La fin (ouverte) s'achève par un regard par la fenêtre de l'hôpital.
Le médecin observe longuement des enfants en train de jouer au ballon.
Espoir ? Nostalgie ?

Un très beau film.



samedi 12 novembre 2011

Aventures dans les bois

Le 11 novembre fut l'occasion de retrouver des amis et, selon les goûts de chacun, la deuxième partie de matinée vit certains d'entre nous, marcheurs enthousiastes, se mobiliser pour une petite randonnée destinée essentiellement à profiter du beau temps, alors que d'autres, dont je faisais partie, et moins nombreux (trois), enfourchèrent leurs montures, appelées également VTT pour un petit périple dans les bois environnants.
Les précipitations de la veille avaient sérieusement mouillé le terrain, nous pûmes ainsi nous amuser à patiner sérieusement sur les tapis de feuilles mortes, obstacles réels à l'adhérence correcte de nos pneus ; nous traversâmes également quelques parties copieusement boueuses absorbant complètement nos pneus et un peu aussi notre énergie à nous dégager de la succion occasionnée.
Quelques pierres rondes et moussues tentèrent également de nous arrêter, l'arme utilisée étant la glissade, mais à tort, même si ce ne fut pas forcément une partie de plaisir.

Le plaisir, justement, où va-t-il se nicher, dans ces sorties où l'on revient crotté, au point qu'on aura du mal à faire croire ensuite qu'on est passé au sec tout le temps et qu'on n'est jamais tombé ?
Il est justement dans le passage systématique, et enfantin, dans ces flaques boueuses qu'on repère pour ne pas les éviter, d'où giclent les projections qui pourrissent le vélo et son pilote.
Il est aussi dans le dernier virage avant d'arriver où on se laisse emporter par la vitesse et où l'on verse dans l'herbe luisante, le bras gauche entortillé dans une ronce... Il est - et ça nous est arrivé aussi - dans l'incertitude de notre position, le recours à la carte n'étant pas forcément un avantage...surtout lorsque quelques kilomètres plus loin, confiants et vainqueurs déjà, on descend à toute berzingue un chemin - boueux bien évidemment - qui nous mène directement dans un champ ... clos et parfumé à la bouse.
Le seul recours étant de rebrousser chemin.

Voilà, tout cela serait somme toute anodin ou classique, si l'un d'entre nous -qui n'est pas moi- n'avait alors la bonne idée, par un goût peut-être exacerbé du panache, de crever à la roue avant, par la faute d'une minuscule agrafe métallique que tout le monde avait pourtant vue, bordel.
C'est là le seul moyen pour qu'on s'aperçoive qu'une chambre à air de rechange, c'est vraiment idéal, mais que ça ne sert à rien si on a oublié de vérifier la présence de sa pompe à vélo dans le sac à dos.

Bon, mais on est rentrés quand même.
Hein !