mercredi 9 novembre 2011

Révo(réso)lutions

En cette année 2011 qui avance péniblement vers son terme, j'ai réussi à me tenir à un rythme que je m'étais donné dès le mois de janvier. Pour quelque chose qui peut paraître étrange quand on me connaît un peu, mais pas si étrange que ça quand on me connaît vraiment !
L'idée qui se cachait un peu derrière cette affaire était l'aspect pratique, la grande commodité, au niveau de l'entretien en particulier, et puis, plus philosophiquement et conceptuellement parce que je ne me refais pas, une certaine idée de permanence.
L'intérêt paradoxal de la chose étant d'ailleurs que pratiquée régulièrement, elle ne se voit plus !

D'où ce titre qui selon l'interprétation qu'on fait de la chose, peut passer soit pour une résolution de type début d'année, soit pour une révolution dans mes pratiques, ou bien encore les deux !
J'ai réussi, je pense que je vais poursuivre en 2012. 
Oui, j'ai réussi depuis le début de l'année à aller chez le coiffeur une fois par mois !

Piles

Quelques éléments sur mes piles à lire et à écouter...
Musicalement, tournent régulièrement les deux albums de Sidony Box, combo nantais, albums titrés "Sidony Box" et "Pink Paradise".
Egalement le groupe Radiation, formé de 9 musiciens, avec leur album "10".
Joel Harrison et son projet "String Choir" avec un album magnifique sur les musiques de Paul Motian, superbement mis en lumière lors d'un tout récent concert il y a moins de huit jours. Et puis, le duo Bruno Chevillon Tim Berne, dont je découvre progressivement l'album "Old and unwise".
Enfin, Tim Berne toujours (sax) avec Hank Roberts (violoncelle) , Ethan Iverson (piano) et Dave King (batterie) - ces deux derniers étant 2/3 de The Bad Plus - pour l'abum Buffalo Collision, excellent.

Mon passage en médiathèque samedi dernier m'a permis d'emprunter trois ouvrages dont le point commun est le décalage : Martin Page / Comment je suis devenu stupide, Serge Joncour / L'idole (que je viens d'entamer) et Joel Egloff /L'étourdissement.
Une pause avant de repartir vers Roberto Bolano que j'ai un peu laissé laissé en plan avec Nocturne du Chili et les Détectives sauvages. Mais la pile à lire reste beaucoup plus fournie que cela... Et je continue à penser que c'est bon signe !

mardi 8 novembre 2011

Oubli

Après ma participation  sur le thème "couple", voici ce que j 'ai proposé pour "oubli", toujours dans le cadre du jeu sympa "Chic des clics !" :


J'y ai ajouté la légende suivante :
"Oublié dans son pays, inconnu ailleurs, le voyageur..."

Une précision, cette photo a  été prise le 10 août dernier lors d'une promenade sur le port de Honfleur, où j'ai rencontré ce personnage par le plus grand hasard. 











Tout sera publié à mesure ici , ça vaut le coup d'oeil !
Et vous pourrez retrouver toutes les sessions !


dimanche 6 novembre 2011

L'exercice de l'état

Un film de Pierre Schoeller, vu samedi après-midi, la météo s'y prêtait (!) mais ce n'était pas le seul critère retenu pour aller voir ce film. Un film fort intéressant, mais pas sans faiblesses non plus. 
Chronique, et même un peu plus, d'une séquence politique: celle d'un ministre des Transports, qui doit faire face à un très grave accident d'autocar, pour commencer et à tellement d'autres choses ensuite qu'on se dit que la catastrophe routière, finalement, c'est le plus facile...
Le film, à mon goût, commence mal avec cette séquence onirique où une femme nue se fait avaler par un crocodile dans un bureau qu'on imagine installé dans un des palais de la République où siègent les ministres.
C'est un cauchemar du ministre, celui-là même que nous allons suivre durant le film, interprété par Olivier Gourmet, excellent.
Allégorique ou symbolique, peu importe, de la charge fantasmatique et érotique du pouvoir, c'est d'une lourdeur contre-productive, il m'a fallu l'évacuer, j'ai pensé qu'on était mal embarqué et j'ai dû me dire que le film commençait réellement après.
C'est heureusement le cas, car tout s'emballe ensuite, à un rythme trépidant, où nous allons assister à "l'ordinaire" des journées de ministre, de son entourage, particulièrement  sa chargée de communication (interprétée par Zabou Breitman) dont on perçoit le pathétique de la fonction, le directeur de cabinet (joué par Michel Blanc) qui paraît incarner le serviteur de l'état dans toute sa noblesse, sans oublier le chauffeur, un chômeur nouvellement engagé pour 4 semaines, à qui pourrait s'identifier le spectateur profane et enfin le garde du corps.
Place alors aux intrigues, aux coups bas, aux chapeaux à avaler, aux voltes-faces...  on n'est pas à une contradiction près, non, puisqu'il faut s'adapter (courber l'échine) ou crever : sous-entendu, dégager.
Notre ministre saura le faire, pour sauver "sa peau" après avoir frôlé le pire physiquement lors d'un terrible accident de la route. Il saura le faire jusqu'au bout, la dernière scène, cruelle, le montre également : le directeur de cabinet joué par Blanc, qui vient d'être écarté, repart seul et disparaît au bout du couloir. Même la loyauté ne semble pas possible, ou alors pour un temps seulement.
La musique tout au long du film contribue à l'atmosphère, notamment lorsque très forte et presque insoutenable, elle nous fait l'effet d'être pris entre le marteau et l'enclume.
Place également aux nominations, à la course contre le temps sans aucune visibilité (l'entraînement du chauffeur en aveugle l'illustre parfaitement) et sans possibilité de se poser et de réfléchir, avec des marges de manoeuvre quasiment inexistantes, qu'on ne maîtrise pas car la ligne  politique est fixée en haut lieu, et qu'une certaine superficialité semble être la règle : une question ? une réponse ou bien,  un problème ? une solution ...dans la minute qui suit. Tout ce à quoi nous assistons semble inéluctablement dépourvu du moindre sens.
De tout cela on n'est guère surpris, ce qui peut constituer une limite du film. Car on retrouve bien les éléments nocifs du story-telling si bien en place hélas depuis des années.  
La force du film est ailleurs ; ne donner aucun élément de couleur politique, j'ai trouvé ce choix excellent et révélateur d'une manière de filmer sans complaisance ou sans facilité, on n'est pas pris en otage par un quelconque idéalisme de pacotille qui serait parfaitement à côté de la plaque. C'est, en fait, comme si on nous montrait sans  compromis les compromissions et sans masque les marionnettes.
La mise en scène , efficace, tisse de ce point de vue plutôt subtilement une toile serrée qui finit par nous enserrer, comme le système pour le ministre que nous suivons.
Ce ministre, dont l'humanité affleure à plusieurs reprises, me reste malgré tout étranger, je n'ai pas développé d'empathie à son égard, car - au bout du compte- ce "monde", "cette vie" me sont bien étranges et étrangers.

samedi 5 novembre 2011

V comme

L'ambiance "routière" de ces derniers jours m'a rappelé ceci, commis il y a quelque temps, dédié à la gloire de certains véhicules dont deux m'ont un peu "gonflé" avant-hier...

Il est des sujets que la charité chrétienne pousse à éviter, même en tant que laïque pratiquant. Eviter une voiture sans permis, notamment, ne conduit pas à l'hôpital. Doit-on pour autant en conclure que l'hôpital se moque de cette charité ?
Et bien, chers amis lecteurs, étudions cette question ensemble si vous le voulez bien.

Avez-vous déjà croisé une voiture sans permis (VSP) ? Oui ?
Quelle chance ! Vous étiez du bon côté de la route, à la seule condition que votre passage n'ait pas coïncidé avec le dépassement de ce kart du pauvre par un routier pourtant sympa.
Car vous l'aurez compris et peut-être même vécu l'alliage " conducteur/voiture sans permis " peut rapidement devenir une engeance surtout lorsqu'il se trouve juste devant vous. La pression monte peu à pneu, les nerfs lâchent mais pas les freins, alors qu'étonné si ce n'est incrédule, vous observez que le conducteur n'est pas équipé d'une casquette ni même d'un béret.

Parce que le problème de fond, c'est bel et bien que la voiture sans permis, c'est permis. Lorsque par malchance, vous vous retrouvez lamentablement derrière une VSP, vous avez d'abord l'impression qu'elle est loin devant. Funeste méprise. En fait vous êtes victime d'une illusion d'optique créée de toutes pièces par l'extrême petite taille dudit véhicule. De là à dire que la VSP est un moyen de transport pratique qui abolit les distances, il y a là 1,43 m que je franchirai pas.
A votre décharge, la confusion est entretenue savamment par les constructeurs qui imitent les modèles "avec permis". On peut s'y tromper mais vous retrouverez rapidement vos esprits en utilisant un truc infaillible : sur un circuit électrique de voitures pour gamins, seule la VSP passera inaperçue et ça c'est une preuve. Par contre, essayez donc de monter votre bagnole au grenier pour voir...
Mais, fort heureusement, il existe d'autres moyens de se repérer , concrets , accessibles , irréfutables et permettant d'identifier à coup sûr ce genre de carrosse. Car tout le monde n'a pas un grenier.
Juste après son achat, le présumé conducteur de l'engin se pose toujours les mêmes questions au début (après, soit il meurt, soit il s'habitue, soit il meurt encore).
- Le pare-brise c'est ça ?
- De quel côté on rentre ?
- Le devant, il est là ?
- Putain, ils ont mis la roue de secours dans le réservoir on dirait ?
- La clé j'en ai vraiment besoin ?
N'oublions pas non plus certains détails intrinsèques ou spécifiques si ce n'est fondateurs : pas de permis, disions-nous,  C'est mieux comme ça, car même plié en 4, ça rentre pas (un peu comme le conducteur). Et puis en plus il n'y pas de boîte à gants. Oui, mais le noir dans l'habitacle ? On peut pas faire autrement, on est obligé de coller la carte verte sur le pare-brise pour l'assurance.
En fait, si l'on constate que ce type d'engin est surtout "conduit" par des vieux, on est en droit de se demander si un complot n'a pas été commandité pour se débarrasser du 3e âge. Attendez vous à ce que la voiture sans permis soit bientôt rebaptisée V.V.V.V.V.E comme Véritable Véhicule Virtuel pour Vieux Véritables d'Epoque.
Mais, foin de moqueries faciles à base d'ironie acide.
Nous allons de ce pas étudier les avantages de la VSP après avoir traité de son seul véritable inconvénient, à savoir devenir un objet de torture mentale. Pas moins.
Quand le petit vénérable sort de son supermarché favori, qu'il emplit son engin avec ses petites emplettes (forcément), il est ensuite confronté à une difficulté logistique insoutenable qu'on peut résumer par "Je rentre à pied ou en caddy ?".
Si de surcroît le malheureux sénile hésitant dubitatif parle tout haut, il lui est souvent répondu : "Comme tu veux pépé , mais tu me vires ton tas de boue du milieu". Dur.
Et pourtant, incontestablement la VSP a des points forts. Bon, on n'en citera qu'un.
Je suis sûr que vous l'auriez trouvé tout seuls. On peut se garer facilement.
Encore faut-il arriver à destination, soit en partant la veille, soit en poussant (ce qui est plus sûr, parce que la veille ça change tout le temps).
Certains esprits perfides si ce n'est mal tournés auront beau jeu d'objecter d'un argument définitif : "si ça tient pas de place, comment ça se fait que c'est toujours en train de faire chier au milieu de la route ?"
Alors là, cas extrême, heureux propriétaires et usagers de ces merdes roulantes, il vous restera à prendre vos responsabilités et à vous draper la dignité dans votre peau de chamois offusquée avant de répondre qu'avec la voiture sans permis, au moins, l'expression ETRE SUR LA ROUTE n'a jamais été aussi vraie.

mercredi 2 novembre 2011

Gros mot


La relativité étant ce qu'elle est, il est  "amusant" -euphémisme- de constater que tout ce qui se trame en haut lieu, au plan européen j'entends, est forcément noble, valide, courageux, responsable et j'en passe...
Je nommerais plus volontiers tout cet habillage parfumé au story-telling  farces et attrapes,  prestidigitation, tour ou illusion, si ce n'est trucs et combines, ou encore passe-passe et escamotage... 
Bref toutes ces ficelles, tromperies et autres fourberies ne sont qu'une gigantesque partie de poker menteur ou de bonneteau. 
Ces pratiques, petits jeux entre amis, oublient soigneusement les peuples avant de leur présenter l'ardoise et foulent aux pieds les principes les plus élémentaires. 
Mais c'est - comment déjà ? - ah oui,  noble, légitime, vertueux si l'on en croit leurs valets chargés de relayer. 
Mais c'est aussi comme cela que "référendum" est entré dans la liste des gros mots.

mardi 1 novembre 2011

Morts

En cette période de l'année, la tradition, les habitudes peuvent nous rattraper au moins par les reportages radio ou télé, par les commentaires, ou même la simple observation d'une activité près du cimetière.
Visible pour nous puisque c'est sur la route : nos trajets les plus ordinaires, nos déplacements professionnels, nos pas nous font passer devant la plupart du temps.
Très peu pour nous.
Bien sûr, dans la famille au sens large, chacun fait comme il l'entend.


C'est essentiellement une question de conviction.

Nous assistons aux obsèques, certes, adieu, au revoir, hommage comme l'on voudra, c'est un geste pour celui ou celle qui n'est plus là.
Ensuite, c'est autre chose. Nous ne sommes pas impliqués et pas sensibles aux manifestations ultérieures.
Pour ce qui nous concerne, et là je parle de chez moi, avec my wife et nos filles, nous ne sommes pas dans cette démarche : nous n'allons pas rendre visite à nos morts. Pas de déplacement symbolique, pas de dépôt de fleurs ou autre.
Plus particulièrement, c'est le côté conventionnel, traditionnel dicté par le calendrier et sa dimension religieuse qui heurte mes convictions, n'étant pas croyant.
Mais... cela n'empêche pas les pensées, les images, les souvenirs... quel que soit le lieu, le moment.
Pas besoin de matérialiser l'impalpable.

Cela reste personnel, intime. Peut-être même pudique.
Je n'ai pas besoin de l'exposer, de le démontrer. 
Et chacun fait comme il peut.