Allez savoir pourquoi, je suis toujours sensible et attentif
aux mots qui flottent puis se posent ici et là, à l’oral et à l’écrit.
Dans les articles, discussions ou entretiens, vécus, lus ou encore entendus dans les médias, vous aurez remarqué comme moi certaines habitudes, des insistances qui persistent en prise directe avec l’air du temps ...
Dans les articles, discussions ou entretiens, vécus, lus ou encore entendus dans les médias, vous aurez remarqué comme moi certaines habitudes, des insistances qui persistent en prise directe avec l’air du temps ...
Des mots fleurissent, vont et viennent, finissent par
s’incruster, rester au point qu’en dehors d’eux il semble n’y avoir point de salut pour être... compris ?? Reconnu ?
Ah ...l'air du temps, cette espèce de moutonnisme
grégairement panurgique, auquel personne n’échappe vraiment. Car soyons
honnête, malgré une vigilance certaine, je m’y laisse prendre et cela ne manque
pas de me laisser interdit lorsque je m’autoflagrandélise.
Dans une langue qu’on souhaite toujours en mouvement, quelle
est cette curieuse manière irrépressible (?) d’employer un mot qui -au fond- n’est pas satisfaisant, n’est
vraisemblablement pas celui qu’on aurait choisi d’emblée... S’y cacherait-il
une insidieuse aspiration à la reconnaissance et au conformisme ?
Evidemment ils existent ces mots, mais ils me sont
irritants.
Ces mots en pâture, en une surenchère boursouflée, sonnent
le creux, ressemblent à une impasse, constituent une pâle pitance, un vague
brouet.
Et j’attends impatiemment que mes oreilles ouvrent grand
leurs yeux de surprise et de contentement parce qu’enfin un formidable, un
incroyable ou un remarquable parmi tant d’autres aura remis quelque temps énorme
à sa place... et renvoyé dans les cordes tout ce qui est tout le temps hallucinant.
Je verrais d’un bon œil aussi que le trop fameux « j’dis
ça j’dis rien » cède la place à un silence pertinent et de belle tenue
(et je suis poli !). Il serait bien qu’on arrive au moins à cela, et non
pas à minima.
Je veux me réjouir de ne plus entendre jubilatoire ou
de constater que la consommation de psychotropes est en baisse car il y a
nettement moins de « que du bonheur !»
Que l’on s’en occupe, qu’on s’en
charge, qu’on le fasse mais surtout qu’on arrête de « gérer » !
Qu’on y parvienne, et je sens que je vais apprécier fortement plutôt qu’adorer.
Et si en passant, tiens, au diable
l’avarice, nous pouvions contourner très largement incontournable pour
revenir à l’essentiel, au recommandé, à l’indispensable, voire l’inévitable,
cela (me) ferait un bien fou.
On pourrait prendre ses distances
aussi sans trop de regrets avec l’utilisation improbable
invraisemblable, inadaptée et incertaine, d’en même temps pour laquelle
un effort impose. En même temps, (pardon, une rechute !) :
Même si, alors que, cependant, mais
–au choix- ce n’est pas facile.
On
pourrait s’y coller... un petit peu complètement et se délivrer de ce grand n'importe quoi fatras.
Et
je rêve d’entendre gronder un océan de variations en lieu et place de la pauvre flaque
sèche et poussièreuse servie trop souvent. « Exactement !
Evidemment ! oui ! » c’est clair :
Et je prendrai soin de ne pas conclure avec un
« voilà ! »
;-)
- Alain Rey reviens, ils ne savent plus ce qu'ils disent! (ndlr: Le grand Alain a été viré de FI victime de la politique de jeunisme allergique au mot culture*, et toc! )
RépondreSupprimer- Avec plaisir même si , au jour d'aujourd'hui , cela va être compliqué
*(et sans compter la dysorthographie galopante des médias)
Comme le disait le grand penseur P.D "« Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires. »
Et cela me rappelle l'excellent dossier "Pierre Dac" (le fondateur du MOU bien sûr) cet été dans le Magazine Littéraire.
SupprimerJe traque le "voilà" et n'entends plus que lui à longueur de radio !
RépondreSupprimerEprouvant, en effet.
SupprimerOui, oui, le voilà mille fois, et puis cette expression "être sur" ...des phrases aussi étranges, en parlant d'un plat, que : "ici, on est sur du salé." Oh!!!
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SupprimerJe vais finir par accumuler la matière pour un autre billet ;-)
Pourquoi n'en ai-je jamais douté ?
On entend (et on lit) beaucoup moins souvent "moutonnisme grégairement panurgique" dans les médias...!
RépondreSupprimerAccordé, et donc
SupprimerThink by yourself / be yourself
;-)
Ah ! que voici un billet qui le fait bien !
RépondreSupprimerCe qui s'appelle une perche saisie admirablement. Bravo !
SupprimerQuand la langue se fige en quelques formules...
RépondreSupprimerou... quand les formules sont le formol.
RépondreSupprimer;-)
Salutaire !! Et si l'on parvenait à épuiser ce sujet, hélas tel un phénix vulgaire toujours renaissant de ses cendres, on pourrait trouver matière à d'autres billets hilarants dans la prose des urbanistes - ou plutôt, la prose des communicants à propos d'urbanisme - voir n'importe quelle gazette communale ou site de ville ayant un grand projet d'ANRU en cours ou dans ses tiroirs : que de voies requalifiées (= bitume refait, trottoirs réparés et création en cas de miracle d'une voie cyclable), d'espaces publics apaisés (= places bétonnées et remplacement des bons vieux bancs par des sièges monofesse), d'axes structurants (= rues percées ici ou là), et que je te désenclave le coeur de ville, et que je te réinstalle le patrimoine dans une relation spatiale avec etc.
RépondreSupprimerUn petit dernier pour la route : "le cadrage des vues et des porosités est mis en scène et structuré en fonction du grand paysage et du voisinage."
Ca vous en bouche un coin j'espère. La tenancière de l'A.S. a récemment tonitrué à ce sujet sur une radio pirate locale et éphémère. "Auchan en emporte le vent" pour citer Mr K.
L'ingénierie sociale aussi c'est pas mal, force est de constater qu'il n'y pas que des génies là-dedans...
Supprimer(...) Des géniaux ingénieurs
RépondreSupprimerDes jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Des chercheurs recherchés ?
SupprimerRho j'en ai quelques uns et je n'aime pas ça. Ici on a mis un buzzer (virtuel) en place pour dénoncer le tic, mais comme on est des rigolos et qu'on aime en fabriquer pour rire, ça n'est jamais fini :(
RépondreSupprimerTrouver une parade du type 3e degré, voilà qui est bien !
SupprimerBien joué.
Sans oublier la langue de bois des politiques
RépondreSupprimerhttps://www.youtube.com/watch?v=LmLvwP53FgY
Ah oui, j'ai vu Lepage en conférence, en février il y a bientôt deux ans...
SupprimerUn régal.
Merci d'être passée.
Le tic de langage qui m’énerve en ce moment c’est « j’ai envie de dire”
RépondreSupprimerOh oui !
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