vendredi 6 septembre 2013

Histoire(s)

Si l'on s'y prend bien, même sans suivre, d'année en année, on tombe toujours sur un anniversaire, une commémoration ou une célébration, un bicentenaire voire un jubilé. De là à penser que c'est jubilatoire, il y a un pas ou une marche, un canyon, enfin bref...
Cela se pratique aussi bien pour les naissances que pour les morts dans le cas de personnages célèbres, et cela s'étend aussi à la date de création des œuvres. Une manière de ne s'arrêter jamais. 
Cette réflexion m'est venue il y a peu alors que je regardais un peu distraitement à la radio un reportage à ce propos, mais je dois avouer humblement ne pas me souvenir de quel événement il s'agissait.
Et cela n'empêchera d'ailleurs en rien que la poussière, ultime, retombe et se dépose. Avant qu'elle ne recouvre tout, je vais lever un coin de voile, soulever un peu le tapis et proposer quelques révélations, quelques petites choses que vous aimeriez peut-être (?) savoir à mon sujet. 
Histoire de rétablir les choses.
En 1899, je n'étais toujours pas né. En 1900 je pense me souvenir que non plus, c'est-à-dire toujours pas. C'est en 1910 que j'ai fêté - je ne sais plus exactement où ni dans quelles circonstances, mes moins 50 ans. Peu après, enfin 9 ans plus tard, je félicitais personnellement Georges Clémenceau pour le Traité de Versailles et j'en profite d'ailleurs pour lui rappeler qu'il ne m'a toujours pas rendu le stylo que je lui avais passé juste avant la signature (Georges, s'il te plaît...).
C'est en 1929, oui, que j'ai réussi à juguler la crise économique à l'aide d'un tournevis cruciforme n°8. J'étais désâgé à ce moment-là de -31 ans, ce qui prouve une nouvelle fois que la valeur n'attend point le nombre des années. A force d'expérience, je finis par rajeunir, il faut dire que je me rapprochais de ma naissance et c'est ainsi qu'en 1939, je repoussais vigoureusement les Allemands à Poitiers. 
N'épiloguons pas sur le fait qu'en 1949, le train Paris-Bordeaux a battu le record d’Europe de vitesse moyenne avec 131 km/h... car ça n’a rien à voir. D'autant que je n'avais pas encore mon permis de locomotive. En 1959, moi qui suis toujours à l'heure, j'étais en retard au mariage de mes parents, je ne me le suis jamais expliqué. Toujours est-il que pour me rattraper, je vins officiellement au monde en 1960.
Passablement lent, je ne fis mon premier pas qu'en 1969, sur la Lune. En 1968, vers mai-juin, je replaçais, éternel recommencement entre deux bagarres, tous les pavés dans les rues où ça chauffait, du coup il n'en a pas manqué. A ce rythme, j'étais hyper entraîné pour le marathon des Jeux Olympiques de Mexico que j'empochais haut la main, c'est un hold up. Vers 1972, j'ai réussi à permuter pendant un quart d'heure la Tour Eiffel et la Tour Montparnasse sans que quiconque s'en aperçoive. En remettant la Tour Eiffel à sa place, je l'ai remplacée par une réplique parfaite en allumettes. En 1975, je poursuivis ma jeunesse sportive sans la rattraper mais en gagnant le Tour de France devant Bernard Thévenet avec deux jours d'avance au classement général. En 1979 et même 1980, je fis une pause, histoire de m'économiser un peu. Marié en 1986, je me consacrai à ma famille, puis en 1989, parfaitement dispos, je démontai entièrement le mur de Berlin et écoulai les briques la nuit en remorque furtive. Auparavant, lors des cérémonies du Bicentenaire de la Révolution Française, j'avais planté moi-même tous les arbres de la liberté. Puis ce furent les années 1990.
J'assistai au procès de Landru affublé d'une barbe postiche. En 1995 je récupère et mets en compote toutes les pommes gaspillées par Chirac pour la présidentielle (...il en reste, d'ailleurs). Je gagne -seul, contrairement à la légende - la Coupe du Monde de foot en 98, vous voyez bien que c'était pas truqué.
Je termine les yeux fermés en 99 et incognito l'ultime film de Kubrick. Je surveille et empêche le bogue de l'an 2000 à Troyes. En 2002, je m'occupe personnellement d'échanger les francs en euros.
Voilà. Il fallait rétablir. Même si ce n'est pas tout.
Et vous comprendrez que certaines choses plus futiles mais plus confidentielles n'aient pas leur place ici. 

NB: toute ressemblance avec des personnes ou des faits existant ou ayant existé est purement volontaire que je l'ai fait un peu exprès.

12 commentaires:

  1. Si tu regardes la radio, j'ai une copine qui elle, écoute la télé :)

    Dis-moi près du mur de Berlin as-tu croisé Nicolas S. ? Si oui je croirai à toutes tes autres aventures ;))

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    1. Bon, alors oui, mais je ne suis pas sûr de l'avoir reconnu...
      Sinon ma brouette aurait servi.

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  2. c'est ce qui arrive lorsque tu coupes la poire en deux?
    NB: ta mémoire est infidéle ( la garce!) dans les années 1990 Landru avait montré depuis longtemps de quel bois il se chauffait

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    1. Je vois que tu suis !
      Mais pour autant rien d'illicite dans la poire, hola ! Avec Landru, apparemment, je me suis pris la chronologie en pleine...figure !
      ...
      Et là encore sur les questions de poires tu ne crois pas si bien dire ;-)

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  3. Beau billet !
    Mais rassure-moi. Cela va bien faire bient^tot 3 ans que tu tiens ce blog ? Non ? Une petit commémoration ?

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    1. Tu me l'apprends !
      Je n'y avais pas prêté attention.

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  4. Des bio comme celle-ci, on en redemande !

    Hé hé, Mr K, on revient plein d'idées, à ce qu'on observe ?
    Mais je demande bien pardon : le coup de la Tour Eiffel en allumettes, c'est François Pignon. Quant à Landru, comme aime à le dire Robert Rapilly, c'est un partisan de la femme au foyer.

    Bon, les interférences sont de retour, on s'en réjouit et on trouve bien beau le bandeau d'en haut...

    MH / de l'Appentis Saucier, qui a du retard à l'allumage et encore bien de la lecture à faire...

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    1. En redemander, cela pourrait supposer plusieurs vies. Je ne suis plus à ça près !!!

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