lundi 30 septembre 2013

Urticant

Quelques lignes me semblent nécessaires pour apporter certaines précisions sur la vie de quelqu'un dont on parle fort feu, trop peu, en réalité pas du tout, ces temps-ci. 
Pour des raisons obscures si ce n’est échappatoires en effet, il n’y a rien sur Marat, rien de rien sur le célèbre révolutionnaire affecté d’une maladie de peau, certes mort, mais dont on peut penser - hypothèse et interprétation un peu osée ou forcée j’en conviens – qu’il serait de nos jours un possible « confrère », puisque le directeur de la brochure l’Ami du Peuple tiendrait peut-être un blog pour peu que son ordi ou sa tablette soient étanches. 
Si Marat, Jean-Paul de son prénom, n’a jamais eu l’intention de devenir pape vers 1978, il n'a par conséquent pas davantage songé à changer de prénom pour s'appeler François, par contre son orientation  professionnelle a posé rapidement de gros problèmes à ses parents.
Il se signale par un comportement brutal qui l’amène à détruire violemment tout ce qui lui tombe sous la main. Marat casse. Il alterne des moments de repli sur soi et des périodes explosives. Dans ces moments en creux, on sent que Marat bout. Et comme chacun sait, Marat bouillu, Marat foutu.
Ses parents s’installent à la campagne, ce qui tombe bien, ils y étaient déjà. Ils vivent maintenant dans une grande demeure au beau milieu de magnifiques espaces verts et pensent tenir LA solution. Ils inventent le travail d'intérêt particulier et décident que le petit Jean-Paul (car il s'appelle toujours ainsi) aidera les jardiniers dans leurs tâches quotidiennes pour canaliser son énergie débordante. 
C’est ainsi que Marat tond.
Très exactement 40,195 kilomètres de pelouse par semaine.
Mais cela ne dure qu’un temps comme aurait pu le prévoir n’importe quel visionnaire de la trempe d’Elisabeth Féchier. Préférant noyer le poisson, Marat se casse.
Il est en âge de filer sur Paris mais il a du mal à subsister. Sans ressources, tel un mendiant, Marat quête. Toute occasion est bonne pour quémander, partout, sur les places, dans les rues que Marat longe. Il prend toutefois le temps de créer le concept de marasme.
Cela s’arrange fort heureusement et la suite de sa vie n’est que littérature, avec son journal  qui lui apporte la renommée, si bien que tout le monde connaît Marat. En effet, grâce à cette publication, Marat dit haut ce que certains pensent tout bas.
La suite de la suite, c’est-à-dire sa maladie, sa mort, ne sont qu’histoire et je n’en dirai pas davantage car chacun sait comment, ultime stade, Marat cana.

8 commentaires:

  1. A la lecture de ce billet assassin , Charlotte se marra(t)
    ( oui, bon, c'est lundi , petite forme )

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    1. Fut-elle sériale killeuse ? Et donc, Jean-Paul fut-il le premier de Corday ?

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  2. Grandiozszsse Mr K ! On en redemande de vos bio !! Bien sûr, Marat était tout indiqué avec un nom pareil, et au vu du résultat, on peut dire que sans compter Marat donna.

    Vous insistez sur le prénom, Jean-Paul. On est fondé en effet à se demander si son destin n'aurait pas été infléchi dans l'hypothèse où ses parents auraient appelé Marat Pierre.

    Quant à votre récit, il est si bien calibré que vous avez évité l'écueil d'un élagage trop drastique au terme duquel on n'aurait plus vu Marat mûr, ou au contraire le délayage abusif qui nous aurait fait dire que Mr K, dans Marat, tatouille.

    Encore bravo !

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    1. Merci MH.
      Question patronyme, j'ai en effet trouvé Marat ok.

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  3. Quand l'ami K démarra son billet, tel un marin il amarra son esquif verbal, chamarra les mots et ce faisant il se marra bien. A la fin, il désamarra et le lendemain il redémarra un nouveau billet.
    Joli texte, qui a le double avantage d'être drôle et de nous remettre en mémoire le personnage injustement oublié de Marat. Bravo à toi

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    1. Tu as vu juste quant à la "K"marrade en écrivant;-)
      Et merci.

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  4. Rêve de lire de nombreuses biographies aussi amusantes.
    Que te dire d'autre que... "maravilloso"?

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