lundi 31 mars 2014

Cinq ou Six lignes sur...

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson. 

Nous avons passé un excellent moment dans l'univers joueur du cinéaste après le périple apprécié du Darjeeling Limited en Inde. L'histoire de ce concierge , Monsieur Gustave, parfaitement campé par l'excellent Ralph Fiennes nous entraîne de rebondissements en courses poursuites sur un ton décalé dans des décors hauts en couleurs ! Décalage aussi dans les discours châtiés et policés, dans l'étiquette,ce qui n'empêche nullement les pires exactions. Sur fond de guerre, jamais surligné, présent pour qu'on ne perde jamais l'idée que ces péripéties cocasses et absurdes ne tiennent qu'à un fil. Tous les acteurs sont excellents et déchaînés !

samedi 29 mars 2014

jeudi 27 mars 2014

Nuit décalée, nuit taquine !

La nuit... Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit. Quand il y a le feu, il n’y a plus que le feu qui compte. Le feu est un hypnotiseur. Ce soir, regardez, le ciel a chassé tous ses nuages pour nous ! Il a fixé au plafond ses punaises de cuivre, avec une lune élégante en arrondi d’ongle soigné. Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, c’est les vacances et le camp de vacances ! C’est vrai qu’il manque la mer, mais le ciel n’est pas mal non plus comme image de l’infinitude. On ne s’attendait pas à partir en vacances aussi vite, et peut-être aussi longtemps. Regardez cette étoile, je la vois, tu la vois, et pourtant elle n’existe plus, s’il faut en croire les affaires de vitesse de la lumière.
Source :  http://zazipo.net/

Proposons une ronde aux substantifs, le décalage nous donne :  

La lumière... Quand nous aurons allumé la nuit 
nous ne pourrons plus voir le feu. 
Quand il y a la  nuit  il n’y a plus que le feu qui compte. 
Le feu est un feu. 
Cet hypnotiseur, regardez, le soir a chassé tous ses ciels pour nous ! 
Il a fixé aux nuages ses plafonds de punaises,
avec un cuivre élégant en lune d’arrondi soigné. 
Il n’en fait que plus frisquet, bien sûr, mais on respire, mais on s’aère, 
c’est les ongles et les vacances de camp !
C’est vrai qu’il manque les vacances, 
mais la mer n’est pas mal non plus comme ciel de l’image. 
On ne s’attendait pas à partir en infinitude aussi vite, 
et peut-être aussi longtemps. 
Regardez cette vacance, je la vois, tu la vois, 
et pourtant elle n’existe plus, 
s’il faut en croire les étoiles d’affaire de la vitesse.

mardi 25 mars 2014

Un Oeil Neuf

La lecture régulière ici des "poèmes express" de Lucien Suel m'a donné l'envie et l'idée d'une série qui paraîtra ici-même très bientôt.
J'en donne,  "oulipotiquement" incorrigible,  les clés et contraintes fondatrices.
Le poème express est un mode de caviardage libre qui n'est pas sans rappeler l'AVION oulipien.
Je l'appellerai plutôt CERF-VOLANT car je l'ai soumis au vent du hasard :
J'ai choisi un recueil de nouvelles moyennement épais que j'ai ouvert au pif dans les pages de début.
J'ai choisi la page de droite, en l'occurrence la page 19.
J'ai ensuite compté de 10 en 10 jusqu'à la fin du recueil ce qui m'a conduit à la page 119.
Cela fera donc 11 poèmes express titrés UN ŒIL NEUF !

Dès qu'il y a un peu de vent, première publication !


lundi 24 mars 2014

Tout est toujours




Nous sommes les oiseaux d’une île nouvelle
Tout est toujours à recommencer
Nous allons créer d’autres cris d’oiseaux
Tout est toujours à recommencer
Nous allons créer des fontaines
Et une eau propre
Et un ciel clair
(...)
Aux chutes du fleuve avenir
Tout est toujours à recommencer
Nous allons escalader les désastres
Pour y planter la vie
(...)
A force de courir
A force de pâlir
A force de nous cogner aux murs de ce bas monde
Nous déboucherons dans les plaines de la sagesse
(...)
En pleine mer démontée
Tout est toujours à recommencer
... 

(c) Julos Beaucarne 1975

dimanche 23 mars 2014

J'ai vu le futur




J'avais en tête ce petit projet depuis un moment, 
notamment après une première tentative il y a quelques mois 
(l'an dernier) et j'ai donc rassemblé quelques photos, 
j'ai mixé sur 3 pistes deux extraits musicaux 
dûment référencés en fin de film et c'est parti !

Les textes au cas où...



samedi 22 mars 2014

vendredi 21 mars 2014

En perspective

Avril


Déjà les beaux jours, - la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; -
Et rien de vert : - à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !
Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
- Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.
Gérard de Nerval, Odelettes

jeudi 20 mars 2014

Crépusculaire

ADIEUX


Entre mon amour et moi se lèveront
trois cents nuits comme trois cents murs
et la mer entre nous sera une magie.

Il n’y aura que des souvenirs.
Ô soirs mérités par la tristesse,
nuits dans l’espérance de te voir,
champs de mon chemin, firmament
que je perçois et que je perds…
Définitive comme un marbre
ton absence attristera d’autres soirs.



Jorge Luis Borges, Poèmes d’amour, Éditions Gallimard, Collection Du monde entier, 2014, pp. 20-21. Édition bilingue. Avant-propos de María Kodama. Édité, préfacé et traduit de l’espagnol (Argentine) par Silvia Baron Supervielle. 

mercredi 19 mars 2014

Ne pas bouder son plaisir

Le lecteur perspicace n'aura pas manqué, s'il est arrivé jusqu'ici , de remarquer que les Interférences célèbrent à leur manière le printemps des poètes presque quotidiennement cette semaine.

Mais, que voulez-vous, parfois l'actualité s'impose, en quelque sorte.

Suite aux nouvelles révélations politico-médiatico-judiciaires impliquant Kivousavé qui faisait président avant et qui voudrait faire après, on ne manquera donc pas de savourer un mot - un seul et admirable-  prononcé par l'ineffable Jeff Copo du PMU.

Retenue. 

Un mot à savourer, à sa juste mesure, tel un îlot perdu dans l'océan de la terminologie qui me semble-t-il sied beaucoup plus au spécialiste des piscines louches : condescendance, dédain, effronterie, fatuité, impudence, insolence,  mépris,  morgue, outrecuidance, prétention, suffisance, duplicité, tartuferie, hypocrisie...

Et quitte à décevoir Jeff, je vais le savourer sans retenue.

Travail de fond

LE TERRIL



le 
terril
bruisse ça
court ça saute
ça rampe ça siffle

lapin crapaud calamite
pinson des arbres pouillot
véloce mouette rieuse martinet
noir le terril bruisse ça plane ça
vole ça tape pic vert merle à plastron
hirondelle de rivage guêpe bondée apivore
le  terril  bruisse ça crie ça chante  lézard  des
murailles mésange héron libellule mouche moustique
le terril  bruisse  ça court  ça saute ça  rampe ça  siffle
pic épeiche machaon criquet à ailes bleues traquet motteux
tourterelle  le  terril bruisse ça plane ça vole ça tape  ça  crie
ça vit ça chante ça vole ça roucoule ça vit ça plane ça vit sa vie





(c) Lucien Suel, « Les terrils », Je suis debout, 
Poésie, La Table Ronde, 2014

mardi 18 mars 2014

En un souffle

Les bulles de savon que cet enfant
S’amuse à tirer d’une paille
Sont en leur translucidité toute une philosophie.

Claire, inutiles et passagères comme la Nature,
Amies des yeux comme des choses,
Elles sont ce qu’elles sont
Selon une précision rondelette, aérienne,
Et nul, pas même l’enfant qui les abandonne,
Ne prétend qu’elles sont plus que ce qu’elles
Semblent être.

Quelques-unes se voient à peine dans l’air lumineux.
Elles sont comme la brise qui passe et touche à
peine les fleurs
Et dont nous savons qu’elle passe,
simplement parce que  quelque chose en nous se fait plus léger
Et accepte tout avec plus de netteté.

Alberto Caeiro, in Le Gardeur de troupeaux, Fernando Pessoa ; poésie/Gallimard
traduction remix de K d'après Armand Guibert Maria Antónia Câmara Manuel, Michel Chandeigne et Patrick Quillier.
Et clin d'oeil  bullesque à Fernand(o) et MH.

lundi 17 mars 2014

Limites

Où sont les limites du monde?

Trois marches conduisent 
jusqu'à la berge:
eaux courantes
pierres immobiles.

Une barque
flûte lointaine chantant
sur le vide des eaux.
Collines et monts se chevauchent
et se perdent où l’œil n’atteint pas
- sous la paume rêche des orages.
A mi-pente
dans le silence
trois bouleaux
- musique parfaite.
On peut fermer les yeux.
Des reflets de la lumière
sur toute chose
rien ne saurait se perdre.
***
Les rives posent
leurs mains de terre
sur le blanc des eaux.
La cabane est vide.
Face au ciel là-bas
un homme rêve ou dort
dans l’œil plissé d’une barque.
Où sont les limites du monde?

(Jean-Paul Hameury)


dimanche 16 mars 2014

Bringing the warmth of new life

Allez, on appellerait ça le printemps.


Profiter du temps, et même des temps...


Profiter du jardin 


 Admirer les couleurs

et...


 

Et c'est pas tombé dans l'oreille de sourds. 

samedi 15 mars 2014

Rebondir

Quel étonnant phénomène que la reconversion. 
Tout semble possible.

Vous avez par exemple Yannick N. qui est « chanteur »,  Eric C. qui est « comédien » ou « acteur », vous avez Carla B. qui est « chanteuse ». Vous avez Patrick PDA qui est « écrivain ». Vous avez Patrick B. qui « joue au poker » , tiens, lui en plus il s’amuse. 
J'arrête avec les Patricks. 
Vous avez même des anciens présidents qui sont « conférenciers ». Vous avez d’anciens footballeurs qui sont « consultants » ... sûrement parce qu’il sont malades (mais de quoi ?) , le niveau des commentaires s'en trouvant considérablement amélioré, c'est sûr.
  
On se calme. Je vais vous dire une révélation. Au début ils n’étaient pas « ça ». Même si cette reconversion est parfois une activité professionnelle parallèle entamée avant d'avoir "terminé" la première.
Parce que tout est là : avant, ils faisaient autre chose. 
Et c’est même ce «autre chose» qui les a rendus « célèbres ». Ils sont devenus des noms.   

Soulignons avec empressement leur talent en cette seconde carrière qui nous vaut des contributions qui marquent l’histoire des arts et de la culture. 
Et je m'interroge, et je me pince. 
Comment avons-nous pu vivre (survivre) jusqu'ici en étant privés de telles richesses, de tels talents ? Cela manquait cruellement, limite injuste. 
Et leur courage, leur prise de risques insensée, pour recommencer, redémarrer, alors là, rien que pour ça, ils méritent d’être justement vantés, piédestalisés. .

Car je vous le dis "tout semble – à peu près- possible". (psaume 2, verset XII)
Bon, ça dépend quoi et ça dépend qui, mais c’est possible. 
En attendant, je vous conseille de guetter d'un oeil gourmand mais avisé les prochaines reconversions.

Catherine Deneuve avant-centre du PSG ?
George Clooney acteur ?
Bernard-Henri Lévy philosophe ?
.

vendredi 14 mars 2014

Oblique


Steely Dan  


Un des groupes qui m'a inexorablement conduit au jazz.
Les deux têtes pensantes (Donald Fagen et Walter Becker) véritables fous de jazz 
travaillèrent pour Aja (1977) par exemple avec Wayne Shorter.

mercredi 12 mars 2014

Equilatéral

Pendant qu'une grosse clique infâme poursuit son cirque indécent et ses petites "affaires", bien tintamarré par les médias bien gras, on se dit finalement qu'on donnerait bien un petit euro (ou deux, allez !) pour affréter un ou deux appareils un peu défaillants certes que le monde entier finit par envier à Malaysia Airlines, une compagnie experte dans la disparition pure et simple dont les compétences seraient ma foi bien utiles.
Avec un peu de malchance, un zeste de loi des séries et tutti quanti, ils arriveraient bien à nous les perdre.
La seule différence, c'est qu'on se taperait complètement de ce qu'ils ont pu devenir même dans notre merveilleux monde hypercybertracé, fiché, vidéosurveillé etc.
Loin de moi  l'idée de partager des idées complotistes, mais il serait de temps d'héberger quelque temps le Triangle des Bermudes, non ?

lundi 10 mars 2014

Dans un fauteuil

Trois d'un coup. Les dernières séances ciné de cette quinzaine avec Madame K nous ont fait choisir dans l'ordre : 12 years a slave, puis Lulu femme nue et enfin Tel père tel fils.
A postériori comme dirait le facteur, au fil du hasard des séances, on a fait que progresser !

12 years a slave 
Le film américain sur l'esclavage n'a eu qu'une vertu pour ce qui me concerne, c'est le rappel des enlèvements pratiqués pour le commerce des esclaves. Je l'avais oublié, honte à moi. 
Le film est vraiment une grosse machine, j'en ai été un peu surpris - je n'avais rien lu avant dessus- et il a été sacré meilleur film aux Oscars juste après que nous l'avons vu. Le nom du réalisateur nous a attirés, celui de Hunger. On peut se tromper !

Le film vraiment peu subtil noie dans son traitement les quelques éléments de complexité qui apparaissent pourtant ça et là : Maître Ford humain dans le système ambiant / maître Epps pris par ses démons, l’un étant d’ailleurs son épouse autour du statut social / la reproduction de schémas par les noirs eux-mêmes…
Très bien-pensant : cela donne l'impression que McQueen a été phagocyté par Hollywood. 
Et déception. Du coup, "ça" récite sa leçon sans rien oublier. Même Brad Pitt à la fin joue un "sauveur" quasiment surréaliste ! Cela donne un film pour gamin de 8 ans avec une grosse (ou grasse) louche de mélo à la fin. Et ce manque de finesse, la musique peut en témoigner à elle seule.
Tout n'est pas pourtant à jeter, l'acteur Michael Fassbender est plutôt bien - même s'il frôle la limite du cabotinage à certains moments- dans un personnage éminemment contradictoire, perclus de démons, dont les relations avec sa femme tranchent sur le simplisme ambiant.
Le côté naturaliste (ou presque documentaire) de certaines scènes est intéressant, le côté « foire aux bestiaux », la toilette... mais cela intervient trop sporadiquement, comme s'il y avait un manque de direction au point qu'à d'autres moments ça esthétise sec, par exemple, le chant dans le champ de coton tombe terriblement à plat, on le voit venir trois siècles à l'avance, du coup c’est un anachronisme ! 
Un beau ratage.

Lulu femme nue
Il nous « fallait » y aller, presque un an après avoir rencontré en vrai Etienne Davodeau à la médiathèque. Pour Davodeau certes, mais aussi pour Karin Viard, et puis pour Lulu...


Nous avons apprécié que ce film ne prétende jamais être ce qu’il n’est pas, l’humilité de la réalisatrice étant à la hauteur de l’attention qu’elle porte à Lulu, à ses rencontres, au voyage suspendu dans le temps.
L’esprit de la bande dessinée est bien capté dans la dimension poétique de l’univers de Davodeau.
Le film se soucie peu de réalisme, ce n’est pas le sujet, par contre il renvoie en écho des questions qui peuvent parler à chacune, à chacun.
Lulu est perdue, Lulu s’est perdue. Elle ne rentre pas chez elle suite à un entretien d’embauche raté. Elle reste au bord de la mer, en Vendée, et des rencontres (amoureuse, amicales) pleines d’humanité et de solitudes qui se croisent et s’entraident (avec leurs faibles moyens) vont l’aider à « revenir ».  
L’attention, la bienveillance des personnages entre eux, le temps qu’ils veulent bien se consacrer – dans une parenthèse et un espace qu’ils savent à priori limités dans sa durée-  constituent le joli butin de cette histoire, où quelques moments loufoques ajoutent au plaisir.
Emouvant souvent, jamais mièvre, ce film est frais et nous fait ressortir sourire aux lèvres.

Tel père tel fils
L’inversion de deux nouveaux nés. Des certitudes qui s’écroulent 6 ans après.
Des familles de deux milieux sociaux très différents, le cadre est posé.
Que faire ? Comment faire ? Comment vivre ?
Superbe film, l’art des petites touches. Education, modèle, filiation.
Tout le monde est touché. Bouleversements.
Intérieurs, sans fureur. Des gouffres.


Ce pourrait être lourdingue, c’est subtil, fin et délicat.
Cela pourrait sembler long, c’est patient, méticuleusement agencé, minutieux.
Vivant.
Les cheminements, les pères, les mères, les enfants, les gestes et comportements prennent une nouvelle lumière, ils ne sont plus ce qu’ils étaient jusque là. De déplacements en décalages.
Cela parle intensément du lien, à chacun, et l’ensemble n’est jamais démonstratif, en gardant la ligne de l’humain et de la sensibilité.
Et qu’aurions-nous fait si...
Je répète, superbe film, l’art des petites touches. 

dimanche 9 mars 2014

Latences


I.

Les éclats de silex trouent la nuit
Six lances 
étincelles muettes fusent 
éclairent et dispersent
l’évidence

II. 

Elliptique,
la course du silence trace,
diffuse et pensive,
l’absence 
d’un chant sourd

III.
.......
Les empreintes du son
plissent le sel,
sable, pans, indices,
retournés 
 parsemés sur la grève

IV. 

Un chant s’y lance,
muet tapage dispersé
 pas qui crisse,
alphabet 
de pierres jonchées,

V. 

L'anse du silence
Se fait insistance
bruit blanc cryptique
qui fissure des murmures 
anagrammatiques

VI.

Et le silence courbe
se déploie grêlé de signes
qui s’épuisent,
...
invisibles
...
lancinants.

mercredi 5 mars 2014

Pédiluve

Jeff Copo, le taulier du PMU, amateur de trempette dans des piscines louches, m’a encore bien fait rire ces jours-ci.
Très jaune certes, mais rire.
Avec ses tambours crevés et ses trompettes bouchées, il s'était réuni pour jouer le grand hymne de la transparence, et – comment en douter une seconde - n'était prévue aucune réponse de fond bien sûr à la question posée, grâce à des pseudo-propositions au mieux nuageuses au pire fumigènes.  
Du VENT.
Pathétique. De la contorsion qui à priori devrait l’enfoncer irrémédiablement dans les sables mouvants. Non seulement, il triche et ment, enfin tout ce que vous voulez mais en plus il est mauvais acteur. Un De Funès laborieux empêtré dans le bourbier de ses gags nuls. Une tête à claques qui se drape dans une dignité effarouchée de pacotille. Blessé il est. J'en pleure pour lui, je suis tout ému. 

Alors, on pourrait en dire et en redire à propos de ce spécialiste de littérature de jeunesse, accessoirement testeur de piscine et expert mondial en viennoiserie.
Deux points ne manquent pas de me questionner : 
Pourquoi les journalistes ou supposés tels couvrent-ils ce type de mascarade, car on peut imaginer qu’on pourrait le laisser simplement se débrouiller avec sa pauvre allocution ? 
Ensuite, malgré cette impressionnante série de casseroles qui ferait passer n’importe quel colporteur consciencieux pour un charlatan inconséquent arracheur de dents- il va y avoir encore et encore des zélés-cteurs à Meaux dès la fin du mois pour glisser un bulletin à son nom dans les urnes.

Dépassé.

Je suis dépassé.

mardi 4 mars 2014

Tel un tapis, tapis volant

La vie quand elle rime à quelque chose, même les mémés aiment la castagne. 
Tu verras. Les tiens seront noirs ce s'ra rigolo ... d'échapper au mal avec des mots. 
Je vous guérirai :  quand le jazz est là... 
Dansez sur l'écran noir de mes nuits blanches, le feu raconte des histoires.
Ici tu vois tout est sauvage, de blancs éléphants m'aspergeaient de mémoire.
Je veux tomber en poussière, il se peut que je couve un Igor Stravinski.
O déesse de pierre, j'ai plongé dans la vie, on revoit nos amours dans le temps.
J'ai d'la flotte plein les yeux, le soir de mes funérailles.
A travers mes paupières entrouvertes
L'air bleu

(c) extraits empruntés bien sûr à Claude Nougaro



Nougaro.
Le temps passe. Vite.

Raison de plus pour s'arrêter.
Ici.
Belle version. 
Maurice Vander au piano, chapeau. 

Un bonus ? 
Tiré de Locomotive d'or, album de 1973, 
une perle assez peu connue : 




dimanche 2 mars 2014

Soyons taquin

...comme une fausse suite du billet précédent !

Permettez ici que j’use,
Sans que j’abuse
De coups d’arquebuse,
De toutes mes rimes recluses
Du fond de ma cambuse.
Encore faut-il que ça infuse,
Comme du temps qui s’use,
Sans articulation percluse
Qui d’écouler le flot refuse.

Que ça ne tourne pas à la confuse
Série compilée de clichés de buse,
Foire aux idées loufoques qui fusent
Sans raison avec rimes abstruses
Quand ton pied de nez diffuse
Et révèle une clarté obtuse
Ce pied de trop, c’est rater l’autobuse
Et le ver dans le nez t’accuse

(Tu t’es frotté tant que tu te cactuses
Toute honte incluse
Dans ces cas-là on t’olibriuse
Et que l’on t’omnibuse
Si ce n’est trolleybuse
Pas d’excuse :
la maréchaussée te stradivariuse
Enfui ton beau rêve que tout se Vénuse)

Allez, ouvrir vannes, passer écluses
Dénicher la rime intruse
Les préférer dans mes filets profuses
Rester prêt à toutes les ruses
Sans que mon cornemuse
Ni ne s’émousse l’âme ou ne s’use
Car toujours un rien ma muse
Que je pars taquiner l’amuse.



samedi 1 mars 2014

Une réponse tardive

Pré en bulle :
 « T'es-tu déjà essayé à la poésie toi qui sembles en être un lecteur assidu ? »
(Vous avez quatre heures !)

Bon, j’ai bien mis 4 mois, ou plus... Petite question indiscrète (sic) 
essayer d’aller plus loin
ou moins près
contourner la simple réponse
à un commentaire
et se mettre en chemin
comme une réflexion à voix haute
avec des notes ou des pensées
posées sur le papier,
comme elles viennent
comme si j'étais dans un petit carnet,
dans les petits papiers de moi-même.
Dédicace à Madleine
l’auteuse de l’indiscrétude
Premièrement, lire ? 
Lecteur assidu, c’est vrai. Comment vous en aperçûtes-vous ?
Je ne vais pas citer de noms. 
La liste est longue
à la fois stable (les repères, ceux vers qui l'on revient, toujours)
et changeante (... les petits nouveaux )... cheminer... 
Je ne saurais dire depuis quand,
tellement c’est 
Beaucoup de curiosité
et d’envie de me frotter à la diversité
des formes, des propos, tout me semble potentiellement ouvert à la poésie. 
Sensible aux sons, au sens, aux mots posés
et disposés sur la page, à des registres
variés, de la sécheresse abstraite, en passant
par le sérieux comme le loufoque,
jusqu'à la boursouflure baroque. 
Hermétique, sibylline ou pas, étanche ou perméable, peu importe,
il y a toujours un chemin
par lequel se faufiler. Et puis ces épithètes
ne sont qu'à priori le reflet de la réception que l'on a des textes...
Le voyage intérieur toujours possible m’attire,
quelques lignes et je peux m’en aller. 
Se détacher, s’abstraire.
Et se transformer en chercheur d’or ? 
Et puis revenir, la besace plus ou moins pleine,
et même vide,
ce qui voudra juste dire ... partie remise. 
Revenir en étant marqué, touché, réveillé,
avec de quoi réfléchir, de quoi se réjouir.
Un état d’esprit ou,
comme dirait Jean-Pierre Siméon, des lunettes. 
Mince j’ai cité un nom.
- Heu, Jean-Pierre ? 
- Oui ?
- pisquetéla, à toi :

"On m'a souvent demandé: la poésie, à quoi ça sert ? (...)
Et je ne savais pas que répondre parce que la poésie pour moi a toujours été une chose naturelle comme l'eau du ruisseau.
Mais j'ai beaucoup réfléchi, et aujourd'hui, je sais: la poésie, c'est comme les lunettes.
C'est pour mieux voir. (...) 
Croyez-moi, tous ces gens autour de vous, ils ont les yeux ouverts et pourtant petit à petit, sans s'en rendre compte, ils deviennent aveugles.
Il n'y a qu'une solution pour les sauver: la poésie. C'est le remède miracle: un poème et les yeux sont neufs. Comme ceux des enfants.

.../...

Ecrire ?  
S’essayer. Une autre paire de manches !
Il y a au moins un point qui me plaît, 
une attirance envers des formes brèves, même si 
je ne sais pas si je peux parvenir à saisir et rendre par les mots 
une sensation, une image, une fulgurance 
ou bien encore un souffle prolongé, plus continu dans le cas de formes plus longues.
Il y a toujours un point que 
je n’arrive pas à résoudre et qui à ce jour reste un frein.
Le grand danger du « faire joli, faire beau », 
le «se regarder écrire complaisamment», avec 
des afféteries et préciosités qui me dérangent.
Un aspect qui me semble toutefois « maîtrisable » 
-toutes proportions gardées- car, à priori, il y a des moments 
où (et là je me fais assez confiance !) l’auto-dérision l’emportera 
toujours et me gardera d'un excès de "sérieux". 
Sans oublier le côté farce (incompressible) 
où je peux le faire exprès !

Dernière chose, et je réfléchis tout haut, on peut se dire, allez c'est parti, crayon papier, je vais écrire un poème, mais je ne pense pas qu’on le décrète, peut-être tout simplement qu’on le trouve après.
-Y a de la betterave ?
- Y en a. 
On commence, on écrit et seulement après cela pourrait bien "s’y apparenter". 
Plus dans l'esprit que dans la lettre. Toutefois, j'ai des bouts de papier dans les poches, je note parfois ce qui me vient... J’y vois un côté expérimental, sachant que toutes les expériences ne réussissent pas, ce qui me plaît bien aussi. 
Je ne sais pas si j’ai répondu.
En attendant la suite.