jeudi 31 octobre 2013

Nocturne

La nuit de chaque jour intercalée

La nuit... 
comme l'air
dresse et dissout.
(Quand nous aurons allumé le feu,
nous ne pourrons plus voir la nuit sur les pages de la géologie,
sur les terrasses planétaires.)
Quand il y a le feu, il n’y a plus que le feu qui compte,
ses édifices invisibles :
Le feu est un hypnotiseur.
Ce soir l'homme, regardez,
le ciel a chassé,
son langage est à peine un grain,
tous ses nuages pour nous,
mais brûlant
contre la paume de l'espace.
Il a fixé au plafond
ses syllabes qui sont incandescences,
punaises de cuivre,
qui sont plantes, aussi
avec une lune élégante. 
Leurs racines fracturent le silence, leurs branches
en arrondi d’ongle soigné, bâtissent des abris de sons.
Il n’en fait que plus frisquet, syllabes jouant bien sûr,
mais on respire, elles se nouent et se dénouent,
mais on s’aère, jouant aux ressemblances et aux dissemblances,
c’est les vacances et le camp de vacances !  
C’est vrai, syllabes mûrissant aux fronts, 
qu’il manque la mer, fleurissant aux bouches, 
mais le ciel n’est pas mal. 
Leurs racines boivent la nuit, 
non plus comme image de l’infinitude, mangent l'éclat...
On ne s’attendait pas, langages, arbres incandescents
à partir en vacances aussi vite, aux feuillages de pluie,
et peut-être aussi longtemps.
Regardez cette étoile,
Végétations d'éclairs,
je la vois,
géométrie d'échos :
tu la vois,
et pourtant sur la feuille de papier
elle n’existe plus,
le poème se lève
s’il faut en croire les affaires de vitesse
comme le jour
de la lumière
sur la paume de l'espace.


Méthode : variation à partir de La nuit, texte de Jacques Jouet ( ici) 
(par intercalation du poème Le feu de chaque jour d’Octavio Paz,
dans une traduction de Claude Esteban, poésie Gallimard 1986).
Merci à MH pour la piste. 

mercredi 30 octobre 2013

Caramba

L’approche scientifique jamais démentie qui guide notre démarche 100 % bio reste d’un sérieux imperturbable dans la mise à jour de certaines biographies et nous conduit aujourd'hui en Amérique centrale. 
Après une recherche touffue digne de la jungle amazonienne, nous sommes à la fois moites et en mesure maintenant d’apporter certaines précisions utiles sur la vie de quelqu'un dont on parle peu, tellement trop peu, en réalité pas du tout.    
Pour des raisons obscures et échappatoires en effet, rien ne rappelle ces temps-ci la mémoire de Zapata, absolument rien. Celui qui, dans l’imaginaire collectif, reste un célèbre révolutionnaire mexicain affublé à tort d’un grand sombrero, ne souffrait absolument pas d’une maladie de peau et n’a pas connu les Rougon-Macquart.
Il est certes mort, comme beaucoup, et l’on peut penser - hypothèse cette fois-ci aisée - qu’il ne serait absolument pas de nos jours un possible « confrère » puisqu'il n’a pas laissé le moindre écrit. Par conséquent, à moins de dicter, il ne tiendrait pas du tout de blog, et cela même si son chapeau lui permettait d’éviter un fâcheux contre-jour sur l’écran de son ordi ou de sa tablette, par ailleurs étanches bien sûr, et parfaitement entretenues. 
Si Zapata, Emiliano de son prénom, n’a jamais eu l’intention de devenir pape avant 1978, ni après, il n'a pas plus songé à changer de prénom pour s'appeler Autrement.
Et encore moins Achille.
Interrogé sur ce point, François Ier déclara en interview « Mais cela ne l’a pas empêché de mettre le cirque ». Nous y viendrons.  Et puisque nous y sommes, précisons au passage qu’il n’a jamais porté le sombrero, ce qui n’étonnera personne quand on évoque un tel héros, plutôt rayonnant, et par ailleurs amateur de lentilles.
Mais revenons aux sources.    
L’école ne le passionne pas. Très dissipé en classe, Zapata pouffe.
Par contre, et il fallait s’en douter, son orientation  professionnelle a comme d’habitude posé rapidement de gros problèmes à ses parents.
Il se signale par des brutalités qui l’amènent à détruire violemment et bruyamment tout ce qui lui tombait sous la main. Devant tant de bruit, on ne compte plus les moments de surprise où ses  parents demandent à Zapata : « Qu’est-ce ? ».
Toute la propriété est sur le qui-vive ne pouvant jamais savoir quelle connerie le petit Zapata pond. Sujet à des crises épisodiques, il alterne des moments de repli sur soi et des périodes explosives. Dans ces moments en creux, on sent que Zapata bout.  
Il faut préciser -même si cela n’a rien à voir- qu' Emiliano avait neuf frères et sœurs (étrange mode de calcul qui ne permet guère de savoir la répartition si l’on ajoute qu’on ignore s’ils étaient tous hermaphrodites et que les escargots interrogés sont restés de marbre en racontant des conneries sur la bave de crapaud qui ceci cela...). 
Finaud, et ça n'a rien à voir non plus, Emiliano n’ira jamais à la mer pour éviter de s’entendre dire « Zapata, pas pied ! »
Et donc, vous me voyez venir, ses parents ne s’installent pas à la campagne, ils y sont déjà. Ils possèdent des terres. Ils pensent tenir LA solution en créant de magnifiques espaces verts, un peu comme des jardins voyez-vous, et ils inventent eux aussi le travail d'intérêt particulier.
Ils décident que le petit Emiliano s’occupera des haies et que, pour canaliser son énergie débordante et explosive, il aidera les jardiniers dans leurs tâches quotidiennes. Désormais, très régulièrement, il sera chargé de la taille et il ne sera pas de voir Zapata modeler les massifs. Mais rassurez-vous, de temps à autre, Zapata tond. Y a pas de raison, et très exactement 40,195 kilomètres de pelouse par semaine. 
Mais, contrairement à la valse, cela ne dure qu’un temps, comme aurait pu le prévoir n’importe quel visionnaire de la trempe d’Elisabeth Féchier, de la claque de Madame Sommeil ou de la bande à Asimov.
Zapata se carapate.
Il est en âge de filer sur Paris. Il ne le fera pas car il se souvient in extremis qu’il est mexicain et se rabat donc sur Mexico en grand pragmatique qu’il a toujours été. 
Commence l’ère du Zapata patachon qui ne connaîtra de fin qu’avec sa mort.
Il aura un très grand nombre de liaisons féminines, l’appétit de Zapata appâté par les appâts font ressortir les facettes du Zapata physique empêtré dans des situations ubuesques à côté desquelles un bon attentat est plus calme.
On lui prête beaucoup - comme aux riches dont il faisait partie- et des ragots peu ragoûtants iront bon train sur une liaison prétendument avec une italienne, la rumeur associant à Zapata la bolognaise. Et s'il n'y avait qu'elle...
Le reste ? Zapata ne zappa pas.
Cet homme au sang chaud pensa un moment créer les Mothers of Invention mais il y  renonça pas à pas.
Il sut s’occuper.
Dans les cafés et les tripots, avec le jeu de cartes pour lequel Zapata tapa ses potes épatés. 
Une distraction, les coqs de combat, happa Zapata. Ne se refusant aucun plaisir, ce sera aussi la cuisine française : Zapata bouffe ! Et, pourquoi s’en priver, en grand amateur de cognac, Zapata boit, et personne n'a jamais vu Zapata bourré.
On peut se demander quelle longévité il aurait eue s’il n’était pas mort juste avant quarante ans et penser qu’il brûlait la chandelle, parlait debout, à cause des cigares, car en plus,  à cette époque Zapata, c’est la cata, clope.
La suite n’est que révolution et le verra lutter pour les villageois spoliés par de puissants investisseurs mexicains et étrangers. Rétablissons les faits, il n’a jamais sauvé sa tante dans le célèbre épisode où, s’interposant, Zapata dit « pas tata !»
Il y a longtemps déjà qu’il a troqué le taille-haies et les jardiniers contre le revolver et surtout la machette : on ne verra plus Zapata mâcher ses mots.
Pour les déplacements, le train est peu sûr, arrive rarement entier, ou bien les wagons avant la loco, il y a beaucoup de retards et même plus, et c’est donc en grand connaisseur des chevaux que Zapata selle. Et galope juste après. C’est mieux.
La suite de la suite, sa mort, ne sont qu’histoire et je n’en dirai pas davantage car chacun sait comment, ultime embuscade, Zapata calancha.

lundi 28 octobre 2013

Tautogrammatiquement-17

avec D


Damier Désert, Dîner Diapo, Drôlesse Ducale
Datcha Dotée, Décor Duplex, Drapé Duchesse
Danger Diffus, Duel Dojo, Dublin Dupé
Dégel Dessert, Dilemme Dépris, Durite Durcie

Dandy Dopé, Durée Ducasse, Diseur Drogué,
Disert Dactyle, Diktat Dingo, Drelin Doublé
Danseur Direct, Dédain Douceur, Dresseur Drastique,
Dauphin Dolent, Docteur Dédé, Douleur Dorsale,

Dahlia Dédié, Dolmen Dodo, Duvet Druidique
Dédale Daté, Dicton Donjon, Dragon Droitier
Dada Divers, Déjà Défi, Draisienne Durable

Danois Débile, Doxa Dégât, Drakkar Drossé,
Dallage Discret, Dépôt Débris, Dumping Douteux,
Dahu Difforme, Dindon Doudou, Duo Doué


dimanche 27 octobre 2013

Rock'n roll

Pas toujours évident de...
Avec la mort de Lou Reed (dont je connais quelques grandes chansons, son parcours musical, sans en posséder un seul disque !) je me suis dit que, tiens, j'ai quelque chose !
C'était début juillet 2010 au festival "Soleils Bleus" à Saint-Herblain.
Rodolphe Burger (ex Kat Onoma) et Hélène Labarrière : on ne sera pas surpris pour lui, et pour elle non plus quand on connaît la diversité et l'ouverture de sa musique.
Dans l'esprit ça m'a semblé indiqué et, de plus, je pense que c'est assez rare pour éventuellement intéresser les fans absolus ! So...



Tautogrammatiquement-16

G

Gentil garçon généralement gauche, grandement gêné, Gérard, girouette guignol, grognait grossièrement, grondant gravement, gesticulant, gâchant gaiement galipettes gauloises, générant globalement grabuge, gamelles gênantes, gaffes grommelées geignardes, gigantesque galimatias giclant, geyser gargouillant guère généreux, gémissement gonflant glauque, gerbes glaciales givrées, glanant gratuitement -goujat gratiné, godelureau graveleux - gloriole grotesque, gugusse géant gavant grassement gens groupés grincheux.


vendredi 25 octobre 2013

Badinons !

Nous poursuivons notre entreprise de réhabilitation 100 % bio entamée il y a peu (rappelez-vous Charles-Emile Marat et Jean-Jacques Zola) avec quelques lignes bienvenues pour apporter enfin des précisions sur la vie de quelqu'un dont on parle fort feu, si trop peu, en réalité pas du tout ces temps-ci. 
Pour des raisons obscures si ce n’est échappatoires en effet, il n’y a rien sur Marot, rien de rien sur celui qui ne fut même pas un célèbre révolutionnaire affecté d’une maladie de peau.
Assez mort actuellement, on pourrait de plus penser selon une hypothèse non pas gratuite mais à trois euros quarante qu’il serait de nos jours un possible « confrère » puisqu'il tiendrait peut-être un blog en se foutant complètement que son ordi ou sa tablette soient étanches et que son poêle et sa cheminée soient correctement entretenus. 
Si Marot, Clément de son prénom, n’a jamais eu l’intention de devenir pape vers 1978, pourtant, comparé à Marat ou à Zola, il l’aurait pu si l’on considère son prénom, qui peut en revanche indiquer qu’il n’aurait pas davantage que les deux autres songé à en changer pour s'appeler François.
Par contre, et il fallait s’en douter, son orientation  professionnelle a comme d’habitude posé rapidement de gros problèmes à ses parents.
Il se signale par un comportement brutal qui l’amène à détruire violemment tout ce qui lui tombe sous la main : Marot casse. En revanche, il n'a aucun problème de vue et, de fait, éliminons la légende d’un Marot miro. Surtout qu’il se surpasse en certaines occasions et tire sur tout ce qui bouge : Marot canarde. 
Et bien évidemment, en vrai garnement, ça faisait marrer Marot. Comme il ne se dénonçait jamais, tous trouvaient le petit Marot diable et les altercations parentales furent nombreuses avec Marot qui niait.
Il alternera lui aussi de célèbres moments de repli sur soi et des périodes explosives. Dans ces moments en creux, on sent que Marot bout. Et comme chacun sait, Marot bouillu, Marot foutu.
Ses parents s’installent à la campagne, ce qui tombe bien, ils n'y étaient pas. Ils vivent maintenant dans une grande demeure au beau milieu d'un domaine doté de magnifiques espaces verts et pensent tenir LA solution. Ils inventent encore une fois le travail d'intérêt particulier et décident que le petit Clément -qui ne l’est pas beaucoup même s’il s’appelle toujours ainsi- aidera les jardiniers dans leurs tâches quotidiennes pour canaliser son énergie débordante. Désormais il n’est pas rare que Marot tonde.  
Très exactement 40,195 kilomètres de pelouse par semaine. Par contre,écartez les témoignages de ceux qui disent avoir vu Marot biner. 
Mais cela ne dure qu’un temps comme aurait pu le prévoir n’importe quel visionnaire de la trempe d’Elisabeth Féchier ou de la claque de Madame Sommeil. Marot s’arrache : il est en âge de filer sur Paris où il se trouve déjà lui aussi, au mépris de la cohérence de cette biographie, et, vous l'auriez parié, il a du mal à subsister. Sans ressources, tel un mendiant, croisant quelquefois Zola, Marot quête.
Et toute occasion était bonne pour quémander, que ce soit sur les places ou dans les rues, ce que Marot niait. Il prendra toutefois le temps de créer le concept de marosme qui n’est apparemment pas parvenu jusqu'à nous et en cette période troublée, il inventa aussi le mouvement perpétuel et le décalage horaire, qu'il expérimentait sur lui-même car on voyait se déplacer Marot d’heure en heure.
Plus tard, devenu proche de François Ier qui lui non plus n’a jamais voulu être pape et pourtant, personne d’autre que lui n’en a jamais été aussi près (sauf les papes eux-mêmes évidemment),  Marot sera blessé à Pavie où il aurait testé, pas vu, un antidouleur :  le pavot ou le pavé. 
Un exil en Italie ne l'amènera pas - après réflexion- à se faire prénommer Aldo. C’est là un des rares points sur lequel cala Marot.  
Cela s’arrangera fort heureusement et la suite de sa vie est littérature, faire l’épître étant normal pour un esprit vif, ce sera un des nombreux talents qu’allie Marot, loin du contrepet qu’allie ô Marie !
Il devient célèbre sans journal, et pourtant, on connaît Marot. On se souvient aussi de la célèbre apostrophe " ça marche, Marot !" et la suite de la suite, sa mort, ne sont qu’histoire et je n’en dirai pas davantage car chacun sait combien, ultime stade, il n’y eut de Marot qu’un, qui cana.  


jeudi 24 octobre 2013

Taugrammatiquement-15

édredon ébréché éolien endormi 
ébéniste effeuillé éjecté ébahi
excité électrique éclectique emmerdeur
énergique évadé exilé évasif  

éditeur engagé essayiste expédié
étourdi emmêlé excédent embrouillé 
effluve échappé eucalyptus exhalé    
étonnant écrivain elliptique éloquent

énergumène endiablé électrocuté 
épistolier énuméré ébouriffé
étrésillon équerrant ensemble ébranlé 

échantillon expérimental efficace
écarquillé évidemment émerveillé   
exercice élucubration exécuté  

mardi 22 octobre 2013

Pointage

L’index, un outil majeur, qui peut être de mise, non ?

Compatibilité de la bioéthique et de l’ethnocentrisme latéral.
Information/déformation/malformation : comment les reconnaître même la nuit.
Economie domestique (1) : le mythe de la naphtaline.
Economie domestique (2) : conservation des vêtements, armoire ou congélateur ? 
Spécial aquarium :  que faire si le vernis de votre poisson s’écaille.
Religion : les pompes de Jésus pour les lacs, ou vive la pointure à l’eau.
Exclusif : pourquoi l’oncle Bens a une doublure quand il ne chante pas.
Enquête : la meilleure pointure pour vivre sur un grand pied.
Société : hiver / analyse structurelle du chômage central
Médecine : quel tire-jus pour demain ? carreaux ou blanc à liséré rouge ?
La vie sexuelle des fruits : la cerise sur le gâteau.
Comptabilité et fausses factures : quelle compatibilité ? 
Recyclage : quels cartons pour les sdf ?
Economie domestique (3) tout sur l’esclavage.
De l’influence de la grève des clowns sur le moral des chaussettes du citoyen Gamma.


lundi 21 octobre 2013

Fiévreux

Ensemble IV 
 
 
Les ressorts 
                 sans vie 
                                          Atteignent 
        Dans la faiblesse 
                         D’une nuit 
                                  Sans appel 
                 La mobilité 
                         De la peur 
 
 
 
Le vide inoublié 
                 Poursuit 
                                  Jusqu’au sommeil 
                                                  L’ennui. 
        L’inquiétude 
        D’une tristesse 
                                          Emplit 
                                                   De froid 
                 Un rêve lourd 
 
 
 
        Le départ 
                         Encerclé 
                                          Contient 
                 Les visions 
                         Paisibles. 
 
Le vertige 
                 Prend 
                         Le soleil 
                                          À témoin 
 
 
Danielle Collobert, Œuvres II, P.O.L., 2005, pp. 127 à 129. 

dimanche 20 octobre 2013

Woodstock

J'ai trouvé, un peu par hasard il y a quelque temps, deux moments musicaux qui m'ont beaucoup ému.
Cela se passait lors d'un hommage à Joni Mitchell en 2001.

Tout d'abord la chanson Woodstock  par Richard Thompson, guitare et chant, où celui-ci propose une version sobre, totalement dans l'esprit, anguleuse mais dont les frémissement intérieurs sont magnifiquement rendus.

Et quel jeu de guitare éblouissant !




Enfin, Mary Chapin Carpenter en duo avec Shawn Colvin (je ne la connais pas) interprètent Amelia, le titre de cette chanson étant en rapport avec l'aviatrice Amelia Earhart disparue en mer, mais le texte jouant plutôt avec la métaphore aéronautique et questionnant -assez pessimiste- la vie, les choix, les relations. 

C'est une des plus belles chansons de Joni Mitchell dont la version orchestrée dans "Travelogue" vaut beaucoup plus qu'un détour ! 
Ici le duo l'interprète avec beaucoup de cœur et de douceur, ainsi qu'une émotion palpable d'avoir la chance ou le privilège de jouer un tel morceau... devant son auteur ! 
Le tout est très beau.


le texte d'Amelia :

I was driving across the burning desert
When I spotted six jet planes
Leaving six white vapor trails across the bleak terrain
It was the hexagram of the heavens
it was the strings of my guitar
Amelia, it was just a false alarm

The drone of flying engines
Is a song so wild and blue
It scrambles time and seasons if it gets through to you
Then your life becomes a travelogue
Of picture-post-card-charms
Amelia, it was just a false alarm

People will tell you where they've gone
They'll tell you where to go
But till you get there yourself you never really know
Where some have found their paradise
Others just come to harm
Oh Amelia, it was just a false alarm

I wish that he was here tonight
It's so hard to obey
His sad request of me to kindly stay away
So this is how I hide the hurt
As the road leads cursed and charmed
I tell Amelia, it was just a false alarm

A ghost of aviation
She was swallowed by the sky
Or by the sea, like me she had a dream to fly
Like Icarus ascending
On beautiful foolish arms
Amelia, it was just a false alarm

Maybe I've never really loved
I guess that is the truth
I've spent my whole life in clouds at icy altitude
And looking down on everything
I crashed into his arms
Amelia, it was just a false alarm

I pulled into the Cactus Tree Motel
To shower off the dust
And I slept on the strange pillows of my wanderlust
I dreamed of 747's
Over geometric farms
Dreams, Amelia, dreams and false alarms

jeudi 17 octobre 2013

Rappel



Définitif.
Sans appel.

mardi 15 octobre 2013

Divers-1

Peut-être parce que la file d’attente à l’arrêt du bus était trop longue, ou bien parce qu’il est un brin dérangé, un bordelais d'une quarantaine d’années a dérobé mardi un autobus du dépôt. 
Pendant une heure, il a joué le jeu en s’arrêtant quand une personne lui faisait signe et en la conduisant où elle désirait. L’homme a ensuite garé l’engin devant chez lui. 
Il a déclaré aux policiers venus le cueillir : « J’ai emprunté l’autobus pour rentrer chez moi ».

Pourquoi, oui, pourquoi Roger (que nous appellerons Roger) a-t-il, au mépris et au risque de la vindicte populaire, et de la revue de presse ci-dessous, basculé dans la marge alors qu’il aurait pu être doucettement installé dans une file d’attente réglementaire, avec des gens avant lui et, n’en doutons pas, des gens après lui, bien rangés ?
Pourquoi Roger a-t-il voulu accélérer la linéarité du temps qui passe plus souvent que les bus ?
Pourquoi a-t-il risqué de s’attirer les foudres des syndicats des bus déjà exaspérés par les agressions nocturnes des mecs qui paient pas et de se faire traiter de forban ?

Oui, Roger, qu’as-tu voulu montrer à jouer au chauffeur, quel rêve enfoui de ton enfance a ressurgi là dans cet acte où tu as franchi la ligne jaune ? 

Ah ! Roger qu’on soupçonne d’être dérangé, serait-ce un brin de chanvre qui t’a entraîné dans l’engrenage du fil de cette malédiction ?
Si, oui, bon sang de bon sang, pourquoi n’as-tu pas repeint le bus en rose ?

Resteront à jamais trois questions enfouies dans les profondeurs(*)  du labyrinthe des mystères insondables qu’on ne déterrera jamais :
Pourquoi une heure seulement ? Et pourquoi pour rentrer chez lui ?  Un mardi, en plus !
A moins que Roger, oui, Roger puisque etc. à moins que ce bon vieux Roger -puisque la police l'a finalement cueilli- ne se soit pris ... pour une fleur ?


(à moins que ce ne soit dans la boîte à gants)


Revue de presse :
Télé machin : 
Bus fou, 3 retraités privés de  "Shampoing pour des questions"
Minute : 
Encore un violeur de bus libéré par le jeu des remises de peine.
Libération : 
Happening géant à Bordeaux pour la gratuité des transports.
L’Expresque : 
Le scandale des bus qui ne roulent pas à droite.
Paris Scratch : 
Drame de la solitude à Bordeaux : le bus qu’il détourne pour voir du monde était vide.
L’équipe : 
Un car de supporteurs détourné. Une prise d’otages honteuse.
La Croix : 
Un pèlerinage tourne mal et oblige les pèlerins à finir à pied.
Tribune :
Bus à Bordeaux, un emprunt risqué.

lundi 14 octobre 2013

Réussite

Vendredi soir, la soirée musicale en deux parties a débuté avec le quartet de Macha Gharibian.
Je m'attendais à une musique plus ancrée dans le folklore de l'Arménie. 
Ce ne fut pas le cas. 
Deux morceaux tirés du répertoire populaire arménien ont brillé certes dans un ensemble où la musique passa par des chemins et des influences variées selon le parcours de la pianiste, compositrice et chanteuse.
Parfois pop, parfois rock, parfois jazz, parfois folk, et parfois tout ça en même temps ou presque, cela pourrait sonner comme un fourre-tout. Pas du tout. 
Les fils tirés et tissés ont assuré un équilibre musical au climat changeant, une ambiance originale, le jeu au piano étant toujours évocateur, suggestif et propice à la rêverie.
Ce fut un bon moment à la belle simplicité. 

Un peu de ... douceur ?



samedi 12 octobre 2013

Sensible



1977.  
Décidément, l'album "La Frime", quand on s'y remet...


Étincelant, flamboyant. 






Et ici, cet extrait  ? 
Lumineux. 







Tu penses à quoi?
A la langueur du soir dans les trains du tiers monde, 
A la maladie louche, aux parfums de secours, 
A cette femme informe et qui pourtant s´inonde, 
Aux chagrins de la mer planqués au fond des cours?
Tu penses à quoi?
A l´avion malheureux qui cherche un champ de blé, 
A ce monde accroupi les yeux dans les étoiles, 
A ce mètre inventé pour mesurer les plaies, 
A ta joie démarrée quand je mets à la voile?
Tu penses à quoi?
A cette rouge gorge accrochée à ton flanc, 
Aux pierres de la mer lisses comme des cygnes, 
Au coquillage heureux et sa perle dedans
Qui n´attend que tes yeux pour leur faire des signes?

Tu penses à quoi?
Aux seins exténués de la chienne maman, 
Aux hommes muselés qui tirent sur la laisse, 
Aux biches dans les bois, au lièvre dans le vent, 
A l´aigle bienheureux, à l´azur qu´il caresse?
Tu penses à quoi?
A l´imagination qui part demain matin, 
A la fille égrenant son rosaire à pilules, 
A ses mains mappemonde où tremble son destin, 
A l´horizon barré où ses rêves s´annulent?
Tu penses à quoi?
A ta voix sur le fil quand je cherche ta voix, 
A toi qui t´enfuyais quand j´allais te connaître, 
A tout ce que tu sais de moi et à ce que tu crois, 
A ce que je connais de toi sans te connaître?

Tu penses à quoi?
A ce temps relatif qui blanchit mes cheveux, 
A ces larmes perdues qui s´inventent des rides, 
A ces arbres datés où traînent des aveux, 
A ton ventre rempli et à l´horreur du vide?
Tu penses à quoi?
A la brume baissant son compteur sur ta vie, 
A la mort qui sommeille au bord de l´autoroute, 
A tes chagrins d´enfant dans les yeux des petits, 
A ton coeur mesuré qui bat, coûte que coûte?
Tu penses à quoi?
A ta tête de mort qui pousse sous ta peau, 
A tes dents déjà mortes et qui rient dans ta tombe, 
A cette absurdité de vivre pour la peau, 
A la peur qui te tient debout lorsque tout tombe?

Tu penses à quoi?
Dis
Tu penses à quoi?
A moi?
Des fois?...

Je t´aime.

vendredi 11 octobre 2013

Montparis

J'évoquais il y a peu l'album Locomotive d'Or de Nougaro. 
Un morceau baroque, exalté, tour à tour incandescent et obscur, en fait partie qui donne le titre à ce billet et qui chante la Ville-lumière.
C'est me semble-t-il très représentatif de la quête artistique de Nougaro à l'époque, un "chant" à la fois parlé et chanté, des textes et des morceaux longs... dans lesquels ils se lancera résolument au moins jusqu'en 1977... C'est gonflé et -aussi- il va "perdre du monde" en route !
(On en reparlera !)

Ici, le texte fourmille de trouvailles, dans ce fameux "son" qui fait "sens" tel qu'en parlait le toulousain .
J'en propose ici deux versions, à vous de choisir si vous écoutez
a) les deux en commençant par Nougaro
b) les deux en commençant par Angélique Ionatos
c) aucune des deux
d) une des deux, celle de Nougaro
e) une des deux, celle de Ionatos

et le texte est ci-dessous.

Angelique Ionatos                 Claude Nougaro

A Lutèce voguant aux aurores de nacre
Clocher, sonne là-haut la cloche des patries
A la cité des rois, des croix, des gueux, des sacres
Que retentisse encore le glas gras des tueries
A la ville lumière éteinte en simulacres
Fous-nous le gros bourdon, beffroi du capital
Carillons sonnez tous à cette capitale
Que la guerre épargna et que la paix massacre

Ton Pastis, je le bois dans tes pluies
Montparis
Ton azur, je m´y noie autour de mes nuits
Montparis
Jusque dans tes rats, tu sais que tu m´auras
Montparis
J´te promets, chiche que dans tes îles
J´vais te faire un Brésil
Parie!
L´aile de tes ponts inonde mon front
D´une encre d´esprit
Montparis
Même quand le Pont-Neuf, pauvre Ravaillac
Descend Henri IV
J´aime ta chanson sur tes cents mille scènes
Montparis
Je t´aimerai avant que j´exhale
Ma dernière halle
Parie

De mon sud suant son soleil noir,
Tu m´aspirais, Paname
Auberge étoilée où s´attablaient
Les affamés de flammes
Port étincelant, où débarquaient
Tous les marins de l´âme,
J´accourus vers toi, Paris!

Mes souliers sont en cuir de chaussette
Mes chaussette sont en laine de pieds nus
Mais c´était pour mieux déguster
Et tâter et têter
Ta peau Esie
Car, bien sûr, je cherchais les poètes
C´est-à-dire ceux qui baisent avec les nues
Et c´était ici que le grand vent de l´invention
Faisait valser les têtes
Paris

Jérusalem de l´intelligence
Doux murmure des jubilations
Je t´en prie
Oh je t´en prie, oui je t´en prie
Toi qui fus un grain de beauté du monde
Sois grain de bonté du monde
Parie
Au nom de tous ceux qui vivent
Dans le sandwich de tes rives
Ceux qui t´aiment et te salivent
Sans les mots pour qu´on l´écrive,
Les Quasimodos qui claquent
Dans tes flics et dans tes flaques
Sonneront des cloches de Tour Eiffel...

A Lutèce voguant aux aurores de nacre
Clocher, sonne là-haut la cloche des patries
A la cité des rois, des croix, des gueux, des sacres
Que retentisse encore le glas gras des tueries
A la ville lumière éteinte en simulacres
Fous-nous le gros bourdon, beffroi du capital
Carillons sonnez tous à cette capitale
Que la guerre épargna et que la paix massacre

Vieille dame
elle gravit
l´escalier
en hissant
son mouron
vers son île
canari...

mercredi 9 octobre 2013

Zéro

Triste constat hier en début de soirée, lorsque je me suis résolu à tourner le bouton pour éteindre la radio "d'informations" dans la voiture. J'ai d'abord (en une soudaine bouffée de conscience ou de lucidité car oui ça m'arrive de rechuter) pensé que je n'aurais jamais dû l'allumer et que j'aurais mieux fait de ne pas oublier la paire de cd que j'emmène la plupart du temps...
Parce que je savais hélas à quoi m'attendre. Finalement.
Je me suis dit également en passant puisque ce fut un "sujet" qui a tenu quelques minutes (ce devait donc être un dossier de fond) : il n'y a pas que la cigarette que marine le pen devrait arrêter.
Et juste après cette info (?) il y eut un "truc". Désolé de ne pouvoir le désigner clairement, les mots m'en tombent.
Il s'agissait d'un montage extrêmement rythmé, que j'ai perçu à ce moment-là aussi bien insoutenable qu'incompréhensible, de ce qui passe pour "les meilleurs moments de l'info" ou de l'actualité, une synthèse sous forme de courts extraits ou séquences, définitivement des bribes s'apparentant à des débris.
Je vous passe les détails. Tout simplement parce que je n'en ai rien retenu, tout simplement parce qu'il ...n'y avait rien à retenir.
Et c'est là qu'un deuxième éclair m'a percuté,comme une résurgence, une espèce de lame de fond dans un moment où il était tristement et cruellement absent.
 Dans ces médias dominants, la bouillie prémâchée qu'on nous sert, extrêmement fragmentée, réduite à une espèce de twitter permanent, en quelque sorte un hymne à madame Morano bref, comment parviennent-ils à la synthétiser à moins que l'objectif ne soit d'approcher le vide. Rien, deux fois rien, trois fois  rien comme disait Raymond.

Je sais.
Je ne devrais  pas me faire de mal comme ça.

Je sais.
Où sont mes disques ?


dimanche 6 octobre 2013

Yéyéyoyo


En 1973, Nougaro publie un album exceptionnel car en dehors de tous les formats. 
Il débarque en Afrique où les rythmes tribaux vont le posséder. Cet album contient les deux phares "Locomotive d'Or" et "Dansez sur moi". Je place la première en écoute avec les paroles qui jouent allègrement avec les mythes et les clichés qu'elles transcendent avec fécondité. 
Les autres titres comme Rue Saint-Denis portent l'empreinte d'Audiberti, alors que Montparis, hommage à la ville lumière ne se prive ni de grandiloquence ni d'obscurité dans les paroles. Pommier de paradis est une superbe ballade dont le texte est bâti sur une inversion  (il pousse à l'envers, ...etc.). Enfin Armé d'amour reprend une chanson plus ancienne, le texte étant légèrement remanié. On termine sur un instrumental Fale (jeu de la mémoire).
Cet album, je l'ai découvert si j'ai bonne mémoire vers 1977 ou 78, c'est peu dire qu'il m'a marqué. Que ce soit la musique ou la langue. Une balise indéfectible.
Si tout n'est pas exactement "réussi", l'album est une tentative impressionnante pour bousculer. La démarche, les thèmes, les formats sont de ceux qui difficilement -ou pas du tout- passent à la radio. 
Nougaro, comme il le disait lui-même, passe sa vie à faire ses débuts, une fois de plus.

Locomotive d´or,
Aussi riche en pistons,
Aussi chargée d´essieux
Que de siècles un sépulcre,
Locomotive d´or,
Croqueuse d´un charbon
Plus fruité, plus juteux
Que l´est la canne à sucre,
Locomotive d´or,
Tchi ki kou tchi ki kou
Sans un soupçon de suie,
Sans une ombre de lucre,
Tu me fis visiter
Tes Congo, tes Gabon
Tes Oubangui-Chari,
Et tes Côte-d´Ivoire,
Où de blancs éléphants
M´aspergeaient de mémoire,
Locomotive d´or
Tchi ki kou tchi ki kou
Locomotive d´or,
Ka kan ka kan ka kan

Je reluquais le rail,
Assis sur ma valoche
Et l´horloge vaquait
Dans l´espace vaquant
Le silence avouait
Quelque chose qui cloche
Quand soudain retentit
La clameur de Tarzan
Quand soudain j´entendis
Un autre son de cloche,
Tu arrivais enfin
Du fond du cœur du temps,
Tes plumes de vapeur
Sur ta face de tigre,
Tes faisceaux de sagaies,
Tes boucliers de cuivre
Locomotive d´or
Ka kan ka kan ka kan

Locomotive d´or,
De bondir à ton bord
Me donna même joie
Qu´au sexe de la femme
Mon corps ne m´aidait plus
Qu´à survoler mon corps,
Ma chair devint esprit
Et mon âme tam-tam
Oui, oui, tam-tam d´âme,
Partout dedans! Dehors!
Et de toutes ses dents,
Succulente banane,
Kenny Clarke riait
Comme un enfant s´endort
Comme un enfant s´endort
Ayant vu un miracle,
Comme un enfant s´endort
Dans l´œuf ailé de Pâques
Dans l´amour tournoyant,
Locomotive d´or...

Tout le monde va descendre
Dans la gare divine,
Dans la gare divine
Le chef de gare est aimé,
Dans la gare divine
La locomotive d´or
Va souffler
Comme un enfant s´endort
La locomotive d´or
Comme un enfant s´endort
La locomotive d´or...

samedi 5 octobre 2013

Xylochauffé

Quelques lignes me semblent nécessaires pour apporter certaines précisions sur la vie de quelqu'un dont on parle fort feu, trop peu, en réalité pas du tout, ces temps-ci. 
Pour des raisons obscures si ce n’est échappatoires en effet, rien ne se dit sur Zola, rien de rien sur celui, certes mort, dont on peut penser en une hypothèse et interprétation à peine forcée j’en conviens qu’il serait de nos jours un possible « confrère »  puisque, sans même parler de ses romans, le célèbre rédacteur du «J’accuse » tiendrait peut-être un blog pour peu que son poêle et sa cheminée soient correctement entretenus. 
Si Zola, Emile de son prénom, n’a jamais eu l’intention de devenir pape vers 1978, il n'a pas plus songé à changer de prénom pour s'appeler "François, Vincent, Paul et les autres". C'est peut-être mieux non ? 
Par contre, et il fallait s'en douter,  son orientation  professionnelle a posé rapidement de gros problèmes à ses parents. Il se signale tôt par un comportement agressif qui l’amène à détruire violemment tout ce qui lui tombe sous la main. Zola casse. 
Il alterne des moments de repli sur soi et des périodes explosives. Dans ces moments en creux, on sent que Zola bout. Et comme chacun sait, Zola bouillu, Zola foutu. 
Et quand on dit que l'histoire est un éternel recommencement... Ses parents s’installent à la campagne, ce qui tombe bien, ils y étaient déjà. Ils vivent maintenant dans une grande demeure au beau milieu de magnifiques espaces verts et pensent tenir LA solution. 
Ils réinventent le travail d'intérêt particulier, signant même un contrat qui lie Zola, et décident que le petit Emile (car il s'appelle toujours ainsi) aidera les jardiniers dans leurs tâches quotidiennes pour canaliser son énergie débordante. C’est ainsi que Zola tond. 
Très exactement 40,195 kilomètres de pelouse par semaine.
Mais cela ne dure qu’un temps comme aurait pu le prévoir n’importe quel visionnaire de la trempe d’Elisabeth Féchier. Préférant noyer le poisson, Zola se casse. Pas de quoi en faire un fromage, mais il montre qu'il sait couper le cordon, Zola. Il est en âge de filer sur Paris mais il a du mal à subsister. Sans ressources, tel un mendiant, Zola quête.
Toute occasion est bonne pour quémander, partout, sur les places ou dans les rues que Zola longe.
Il prend toutefois le temps de créer un concept. Lequel, on ne sait pas car quelqu’un pilla Zola.
Cela s’arrangera fort heureusement et la suite de sa vie est littérature, très abondante, au point que sa grande fresque romanesque rend les Macquart bougons.
Le journal « L’Aurore » assoit sa renommée, si bien que tout le monde connaît Zola.
"J’accuse". Grâce à cette retentissante publication, Zola dit haut ce que certains ne pensent pas tout bas. Le  public suit, il lit Zola. Mais un exil à Londres s’ensuivra, et pour des raisons de tranquillité, il adoptera un temps un pseudonyme : ’on trouvera sur sa boîte aux lettres « Gordon Zola ».
La suite de la suite, c’est-à-dire sa mort accidentelle ou pas, ne sont qu’histoire et chauffage au bois, je n’en dirai donc pas davantage car chacun sait comment cana Zola.

vendredi 4 octobre 2013

Waterfalls


Album
J'ai été éclaboussé -sans rapport avec Neruda même si l'eau fait le lien- avec beaucoup de plaisir par "les chutes d'eau" de Pierre Perchaud, un album récent dans lequel il est accompagné de Nicolas Moreaux à la contrebasse, de Chris Cheek au saxophone, de Sergio Krakowski  au pandero et d'André Charlier aux percussions.
Les ambiances délicates, les compositions subtiles pleines de douceur m'ont pris par la main tranquillement. 
Pas de bruit, pas de fureur. Beaucoup de sensibilité que l'on décèle dès le premier titre "Kora" qui ouvre idéalement l'album en lui donnant un ton qui ne se démentira pas au fil des trois quarts d'heure d'écoute. Sérénité...

Ici  vous pourriez avoir accès à une écoute de l'album si j'ai bien calculé mon coup ! 
Sinon tapez la référence et ça doit marcher. 

mercredi 2 octobre 2013

Vague

Ode à la vague.


Encore une fois
mon vers se tourne
vers la vague.
Je ne puis m’empêcher
de te chanter,
mille fois mille,
mille fois, ô vague,
fiancée fugitive de l’océan :
vénus verte,
élancée
tu hisses ta cloche,
et de là-haut,
tu laisses tomber
des lys.
Ô lame
Incessante
secouée
par
la
solitude
du vent,
érigée comme une
statue
transparente
mille fois mille
cristallisée, cristalline,
et puis
tout le sel à terre :
le mouvement
se fait écume
puis de l’écume la mer
se reconstruit
et de nouveau ressurgit la turgescence.
Et de nouveau,
cheval,
pure jument
cyclonique
et ailée
la crinière ardente de blancheur
dans l’ire de l’air
en mouvement,
tu glisses, tu bondis, tu cours,
conduisant le traineau
de la neige marine.
Vague, vague, vague,
mille fois mille
vaincue, mille
fois mille dressée
et déversée :
vive
la vague
mille fois immortelle
la vague.

in Tercer libro de las odas, 1957
Pablo Neruda

Des images qui éclaboussent de justesse, une éblouissante évocation...