Les fleuves
Nous sommes temps. Nous sommes la fameuse
parabole d’Héraclite l’Obscur,
nous sommes l’eau, non pas le diamant dur,
l’eau qui se perd et non pas l’eau dormeuse.
Nous sommes fleuve et nous sommes les yeux
du grec qui vient dans le fleuve se voir.
Son reflet change en ce changeant miroir,
dans le cristal changeant comme le feu.
Nous sommes le vain fleuve tout tracé,
droit vers sa mer. L’ombre l’a enlacé.
Tout nous a dit adieu et tout s’enfuit
La mémoire ne trace aucun sillon.
Et cependant quelque chose tient bon.
Et cependant quelque chose gémit
Jorge Luis BORGES
NB:
Echo(s)...
J'ai retrouvé ce texte auquel j'ai repensé après lecture du dernier billet de Colo !
Et puis... le lien n'est pas si distendu que cela....
Un beau texte, que je mets en correspondance aussi avec Pol Bury - temps, eau, miroir... et les deux derniers vers.
RépondreSupprimerAprès coup, en effet, correspondances !
RépondreSupprimerC'est beau de créer des liens...
RépondreSupprimerCe poème de Borges a retenu toute mon attention, ce "quelque chose qui gémit", particulièrement.
Quand on peut !
SupprimerOui, la chute est intense.
Excellent texte de Borges : "Tout nous a dit adieu et tout s’enfuit" et notre mer (nous) attend.
RépondreSupprimerBon dimanche K.
La mer, notre horizon.
SupprimerBon dimanche aussi cher Christw !
Superbe texte que je n'avais jamais lu, je retiens aussi
RépondreSupprimer"Et cependant quelque chose tient bon."
Les échos, les liens, maritimes ou pas...
Merci K, pour le renvoi vers mon blog aussi.
Texte que je connaissais, je ne sais plus d'où, mais enfoui et retrouvé !
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