samedi 8 octobre 2016

Truman


Truman
avec Ricardo Darin (Julian) Javier Camara (Tomas) Dolores Fonzi (Paula),



Belle soirée cinéma jeudi soir, dans « notre » salle associative.

Une histoire somme toute classique, deux vieux copains se revoient, l’un –Tomas- s’est envolé du Canada pour quatre jours pour venir voir l’autre – Julian- qui va mourir.
Préparez vos mouchoirs.

Et bien, non, pas du tout.

Pas d’effets de manche, la réalisation est sobre, à la limite de l’effacement pourrait-on dire mais en réalité très maîtrisée afin de servir au plus juste la chronique de ces quatre jours.

Et c’est bien ce qui caractérise le film, si la mort est « Le » sujet central, avec tout ce que cela suppose pour les amis qui savent qu’ils se voient pour la dernière fois, jamais le réalisateur ne tombe dans le trou béant du pathos ou de l’insignifiant.
Au contraire il tourne autour, comme s’il en faisait le tour très sûrement pour le cerner, le circonscrire. C’est un tour d’adresse à la fois sensible et subtil, sans appui, sans lourdeur au point que l’on pourrait penser qu’il n’y a que peu d’émotion.

Là encore, nullement.
Ces deux -là sont en plein dedans, ça brûle à l’intérieur, il sont parfaitement conscients de ce qui se « joue » et, même si c’est plus difficile à certains moments, ils vivent ces quatre jours sans rester prostrés.
Une manière de fidélité, de dignité. Et il semble bien qu’ils n’aient pas besoin de se dire beaucoup, qu’il leur suffit de savoir se taire ensemble.   
Au fil de diverses anecdotes ou rencontres amusantes ou surprenantes (notamment pour savoir à qui donner Truman – car Truman, c’est le chien de Julian) on va naviguer avec eux et apprécier pleinement leur amitié.
Une incursion à Amsterdam pour voir le fils de Julian offre une belle séquence d’un « carpe diem » étrangement flottant. On parle, on profite du moment présent, on rit mais on sait tous que…
Un film porté par un duo d’acteurs très complémentaires, tant dans leur rôle que dans leur jeu. Ricardo Darin incarne avec talent le désespoir bravache d’un personnage plein de panache et de courage, qui veut décider de son sort jusqu’à la fin. Javier Camara parvient à une merveille d’équilibre pour jouer l’ami impliqué –et atteint bien sûr- qui, juste avec le retrait nécessaire,  reste respectueux des ultimes choix de son ami.

Personne n’en rajoute, un film pudique et élégant.

8 commentaires:

  1. un film que devrait voir l'encensé Xavier Dolan, car son dernier film "juste la fin du monde" traite d'un sujet semblable, mais sa une mise en scène tellement écrasante ( gros plans à ne plus en finir sur les principaux personnages, scènes étirées plus que de besoin) que j'ai failli en mourir assommée d'ennui! même la dernière scène ( une allégorie sur le temps qui passe et qui ne se rattrape pas) n'a trouvé aucune grâce à mes yeux.

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    1. Pourquoi je ne suis pas surpris de ton commentaire ?
      Voir ce film ne faisait absolument pas partie de mes envies tellement ça sent la branchouille chic et toc.
      Tu as un avantage, tu as pu le vérifier par toi-même...
      J'en suis resté au préjugé.

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  2. Dolan fut excellent dans "Tom à la ferme", percutant dans "Mommy", mais on pouvait l'attendre au tournant pour son 3e film et se douter qu'il raterait la marche. Il n'a pas raté celles de Cannes, en tout cas. Le grand prix aurait dû aller au magnifique "Toni Erdmann" de Maren Ade, mais il doit y avoir des dessous qui nous échappent... Quant aux deux potes de Truman, pas vu passer par ici à sa sortie (mais j'ai mauvaise vue)... Peut-être un jour, le compte rendu et la bande annonce appâtent !

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    1. Ah tiens, Toni Erdmann, justement...
      voici ce que j'en ai pensé et écrit ailleurs en commentaire :
      xxxxx

      Nous avons passé un assez bon moment, mais pas inoubliable.
      Une salle qui moyennement garnie a plutôt bien réagi, sans verser dans l'hilarité inflammable. A ceci près que je ne suis pas toujours sûr d'avoir ri pour les mêmes choses !
      Contraste étonnant pour moi également entre ce film et les critiques dithyrambiques.
      On ne s'en étonnera pas plus que ça... !
      Ce film en tout cas ne pouvait pas être palme d'or, ça je suis d'accord avec le jury.
      Trop de défauts, de carences (longueurs, pachydermie qui guette,prévisibilité...) sur un sujet déjà maintes fois traité.
      La description de l'univers du "consulting" et le contraste avec l'univers du père permet des facilités à bon compte je trouve ...
      La scène graveleuse aussi crue que cruelle a tendance à surligner la solitude, l'absence de sentiments dans la vie d'Ines. Enfin, la scène chantée est vraiment bateau.
      Le filmage assez brut qui n'esthétise rien m'a convenu et semblé adapté.
      Le véritable point fort, c'est l'actrice Sandra Huller qui est particulièrement excellente.

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  3. Je partage ton point de vue...ce film dans l'intention pose beaucoup de questions au delà du rapport père/fille mais au final il m'a faut l'effet d'un pétard mouillé et non celui de la "bombe" avec laquelle la réalisatrice a voulu dynamiter les codes et certitudes.

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    1. Oui, effectivement..
      Tu pourrais bien tenir la rubrique cinéma ici, toi ;-)

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  4. Une bonne critique ici pour ce film, je l'ai malheureusement raté durant l'été.

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    1. Un bon moment d'humanité nous y est présenté.

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