lundi 17 octobre 2016

La panique du vent



... ça lui coupait le souffle 
L’horreur était  humaine
Et le film d’épouvante

Le port était dans l’angoisse
Le trouillomètre était à zéro
Les signaux étaient en détresse
L’alerte était rouge
Et la peur bleue  

Les nerfs étaient en crise
Les têtes se perdaient 
Les mots ne pouvaient plus se placer
Les nœuds remplissaient les gorges
Les hérissons gagnaient les cheveux
La chamade se débattait dans les cœurs 
La glace était dans le sang
Les chairs étaient dans les poules
Les jambes étaient en coton-tige
Les bouches étaient sans son
Et les claquements dedans

Les contenances avaient des pertes
Les syncopes tombaient comme des mouches
La douleur hurlait sur le seuil
La terreur était anonyme

Les connaissances étaient perdues
et les lits vides 
La bière était sous pression
Même les ciseaux étaient à cran

10 commentaires:

  1. Ne vous appelle-t-on pas "l'as des mots" ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, c'est beaucoup dire !
      Une idée me vient, je la fais infuser, je l'arrose un peu avec une ou deux recherches, j'ajoute/complète/biffe, je mélange et mets un peu d'ordre, je veille à ce que cela ne soit pas trop bien peigné.
      Et c'est prêt.

      Supprimer
  2. Et le large ne menait nulle part.

    RépondreSupprimer
  3. je suis fauché, dit le brin d’herbe
    j’ai encore échappé à la noyade, dit le nénuphar

    sur ma tige, comme le tournesol, dit la cigogne
    le tournis est mon destin, dit la meule

    évitons la précipitation, dit le nuage
    alouette muette je gazouille, dit le cerf-volant

    ne serai jamais comestible, dit le parasol
    ne te promets aucun paradis, dit le parapluie

    c’est fini les poèmes d’amour, dit le troubadour

    ***


    Lambert Schlechter (né en 1941 à Luxembourg) – Nouveaux neuvains

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci.
      Une découverte de plus par tes soins !

      Supprimer
  4. Pour la bouche sans son, je recommande une tisane de véronique et pour les lits vides des draps écarlates histoire de leur redonner des couleurs.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Nous verrons s'il suffit d'un verre unique de véronique...

      Supprimer
  5. j'aime sans réserve ces travaux d'atelier, c'est un régal, tant dans vos propositions cher K, que dans les commentaires qui suivent ... C'est assez sportif, et je manque d'entraînement pour enchérir, mais -encore une fois (et ce n'est pas la dernière) - j'apprécie !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci de rendre l'hommage mérité qui se doit à mes chers commentateurs.

      Supprimer