vendredi 16 septembre 2016

Propos sur le discours (et pas l'inverse)


Dans les nombreuses occasions où l’exercice a lieu, que ce soit par le propos (discours d’hommage, de remerciement, d’adieu, d’intronisation, de bienvenue,…) ou par le ton (discours franc, rassurant, agressif, …)  il existe différents types de discours.
Mais rassurez-vous, on s’en épargnera une liste exhaustive aujourd’hui.
Il faut par contre bien convenir que le discours… 
Ah, comment dire justement …  le discours est un exercice difficile, délicat, et même …  redouté. 
Reste à savoir par qui…
I.
Ayons tout d’abord si vous le voulez bien une pensée pour celle ou celui qui le prépare et le prononcera…
Pour réussir, il lui faut rester ferme sur certaines règles.  
Tenez, en voilà une : « Non, je ne ferai pas de diaporama ! » 
Une autre ? on évitera de parler de soi. Merci de diffuser celle-ci !
Certains auteurs prétendent même qu’il faut de la méthode pour les discours.
C’est peut-être plus prudent…
Vous ne voyez pas ?  Pourtant je suis sûr que avez tous en tête les naufrages de certains acteurs aux Césars. Voilà la preuve qu’à moins d’avoir été le brillant lauréat  du prix Nobel d’improvisation, ce qui ne garantit rien, il vaut mieux se préparer un petit peu afin d’éviter le titre de champion du monde du « J’ai pas d’idée » avec l’accessit « oh, la gaffe ! »
N’allons pas plus loin, ensuite c’est juste affaire de bien tourner les idées dans sa tête, d’assembler et ajuster patiemment les phrases au plus près.
Une cuisine personnelle (transpiration, inspiration, tout cela est bien connu) pour laquelle on se gardera de tout conseil.   

II.
Notre esprit philanthrope et épris de justice nous oriente maintenant vers l’auditoire, parmi lequel peut se trouver la personne directement concernée, celle sans qui le discours n’aurait pas lieu.

Ne jouez pas les surpris, il est bon de se préparer là aussi.
Mais pas pour les mêmes raisons.
Alors, même si ce n’est pas un kit de survie, voici de quoi se prémunir en anticipant un peu, sans aller jusqu’aux protections auditives. 
S’il y a bien un point qui rassemble l’auditoire au moment du discours, et dès son début, c’est la question de sa durée.
Parions qu’un système qui prélèverait la pensée dominante de tout un chacun à cet instant, indiquerait un score de 100 % pour « J’espère que ça va pas être long », score qui pourrait crever les plafonds pour peu que la table du vin d’honneur soit bien en vue.
Préparez-vous donc aux remerciements protocolaires qui n’en finissent pas au point d’être plus longs que le discours proprement dit.
Restez philosophes lorsqu’un discours annoncé en trois parties n’en compte finalement que deux, à grand peine et –notamment- faute de temps… En cas de doute, vérifiez dans l’assistance auprès de votre voisin qui vous rassurera par sa réponse : « Ah, vous aussi vous avez remarqué ?». 
Et dites-vous que vous y avez peut-être gagné.   
Enfin il y a le syndrome « Trop beau pour être vrai » pour lequel on recommandera une stratégie du type «Saint-Thomas ».  
Restez prudents et n’accordez votre confiance qu’avec parcimonie lorsque vous entendez de vos deux oreilles le fameux « Je ne serai pas long ».

Vous l’avez compris, le discours est un combat de haute lutte. Les exemples pullulent et là encore, nous n’irons pas plus loin. 

III.
Que dire juste avant de conclure ? 
Dire par exemple « En tout cas le discours fait parler ».
Voici trois aperçus. 
Victor Hugo a dit : « la parenthèse est l’île du discours. » (Sans doute préparait-il Oceano Nox ?) Tiens, une île ! …

Un autre a prétendu que les discours les moins longs étaient aussi les plus courts.
Tiens, Pierre Dac, puisque c’est lui, nous rappelle fort justement à l’ordre ! 
Comprenons qu’à l’instar d’une grève, il savoir terminer un discours.
..
Alors, il est sans doute temps de se rapprocher d’Angélus Silesius1 qui a dit :
« Le silence est profond comme l’éternité et les discours superficiels comme le temps. » 



(1) poète et mystique allemand 1624-1677

8 commentaires:

  1. Une conclusion qui s'impose...
    Le discours court se doit d'être percutant, le long discours aussi, d'ailleurs, sinon, il court à sa perte !

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    1. De même que le discours n'attire pas forcément les foules,
      mon propos sur le discours pas davantage,
      et donc merci d'avoir commenté
      malgré tout !

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  2. Hum, hum ! Je ferai court, rassurez-vous, je ne suis pas habituée aux discours et vous me pardonnerez d'avance, hum, j'en suis sûre, chers collègues, mes hésitations. Mais commençons par évoquer en quelques mots celui qui nous quitte aujourd'hui dont nous avons pu tous apprécier les qualités tant professionnelles qu'humaines. Hum, hum, nous ne rentrerons pas dans le détail de ses états de service, mais essayons tout de même de retracer brièvement sa brillante carrière au sein de notre entreprise...
    - Grrr ... grrr ...
    - Hum hum, je vois que l'on s'gimpatiente, je ne suis définitivement pas douée pour les dis-courts, je vous envoie mon texte sur vos boîtes mail et ...hum ... d'ici-là, buvons un coup ....

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  3. un dix court vaut mieux qu'un six lance qui en dit long...bon la prochaine je vous le chanterai!

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  4. A l'orée de 2017, voilà une préparation-commando que tout-e un-e chacun-e devrait bien apprendre par coeur...

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    1. Je n'y pensais pas mais oui évidemment.

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