lundi 28 décembre 2015

44 Ypérite et calembredaines

Les mots



Ce quadragénaire de quarante ans avait tout essayé, semble-t-il.
Il était maintenant accusé d’avoir tenté d’empoisonner une octogénaire de quatre-vingts ans qui occupait  l’appartement acheté en viager 9 ans plus tôt quand il était un trentenaire de trente-et-un ans.

En avril, sans se découvrir d’un fil, la rentière boit un verre d’eau minérale.
Lui trouvant un drôle de goût, elle en propose une lampée à un visiteur de passage, serviable, malchanceux et d’âge inconnu. Finalement tous deux font un malaise -et ce n'est pas de la solidarité - qui nécessite un transfert à l’hôpital.   

L’occupante de l’appartement restera hospitalisée pendant quinze jours
Intrigué par ce double malaise, l’hôpital avait signalé la situation.
On exclut rapidement la piste de l’ypérite dont elle ne présentait visiblement pas les séquelles puisque -malgré son grand âge- elle n’avait pas combattu en 1917. 
Par contre, l’analyse de la bouteille d’eau révèle la présence d’eau.
Et un ajout liquide qu’on pourrait rapprocher du zythum .
Et la présence d’un peu de sirop.
Et une forte dose de médicament.

L’octogénaire de quatre-vingts ans avait déjà fait des malaises similaires au cours des mois précédents, notamment lors d’un séjour familial sur la côte atlantique. 

Quelques jours après, le témoignage d’une voisine, une septuagénaire de soixante-et-onze ans,  fut décisif. 
Le suspect avait été vu s'introduisant chez la victime. Lors d’une perquisition menée ensuite chez lui il fut retrouvé le même médicament que celui présent dans la bouteille d’eau de cinquante centilitres de l’octogénaire de quatre-vingts ans.
Le quadragénaire de quarante ans a reconnu finalement qu’il était passé dans l’appartement.
Mais il l’a expliqué d’abord en prétextant avoir voulu lui faire des bisous, puis en disant qu’il voulait prendre des photos pour vendre le bien.
En revanche, il a nié avoir mis un sirop abricoté et le médicament dans la bouteille d’eau.
Cette « défense» désinvolte, s’appuyant par trop sur des bagatelles,  n’a pas vraiment convaincu les enquêteurs. 
Il a été logiquement suite à ses « calembredaines » -sic- mis en examen pour empoisonnement avec préméditation.


8 commentaires:

  1. On comprend son acharnement à la avoir disparaître. Le viager est un pousse au crime ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le viager et l'instinct de conservation = vie âgée
      ;-)

      Supprimer
  2. Dans mes derniers mots croisés, Ypérite répondait à "Gaz de campagne". Puis-je résumer ton billet par Mystification que j'avais en 1 horizontal ?

    RépondreSupprimer
  3. Bien fait pour lui ! Signé une future octo mais qui a encore le temps.

    RépondreSupprimer
  4. Dans les transports en commun :octobus.

    RépondreSupprimer