jeudi 12 mars 2015

Escadrille 4/4

Fin du mini-projet déjà présenté début février.

atterrissage long courrier


Il fallait que

je retire cet argent avant qu’
il disparaisse, victime d’une créance en attente. Avant que
j’aie eu le temps de dire ouf,
il y aurait quelqu’un pour se pencher sur mon cas, et
je n’étais pas sûr d’être présumé innocent, même si
je trouvais un avocat très compétent pour me défendre.
Elle ne m’abandonna pas avant que
je sois sur le trottoir, et au moment où
je m’installai au volant,
je constatai qu’
elle me surveillait depuis la grande fenêtre, comme pour s’assurer que
je ne restais pas là, trente-six ans trop tard, à attendre le retour d’un éventuel cavalier éconduit en 1957.
J’avais l’intention d’aller la trouver en personne, sur son terrain cette fois. Mardi matin, de bonne heure,
je pris la voiture en direction de Halhjem, avec NRK Hordaland sur l’autoradio et pas grand-chose
d’ébouriffant non plus dans la cervelle. Quand le bac finit par se traîner dans le petit détroit,
j’étais pratiquement endormi. Au moment de quitter le commissariat, une seule chose m’intriguait : pourquoi
chaque fois que quelqu’un était persuadé qu’
il y avait une explication naturelle à toute cette histoire,
j’avançais un peu plus dans la conviction que ce n’était pas le cas ?
J’en fus profondément blessé,
j’en eus les larmes aux yeux pendant tout le trajet retour.
Il ressemblait à un grand point d’interrogation quand
je partis, et
je ne fis aucune tentative pour le redresser.
Je la raccompagnai dehors, et
nous nous fîmes des adieux rapides sur les marches,
elle pour prendre l’ascenseur vers la réception du quatrième, moi dans l’espoir d’arriver au Palais de justice
pour entendre le verdict dans l’affaire que Berit Breheim avait plaidée pour Terje Nielsen.
Je devais être en petite forme, ou bien
il y avait beaucoup trop de choses qui tournicotaient dans mon crâne. Maintenant
il ne manquerait plus que ce soit Garrido qui arrive dans le canot. Mais avant d’aller au lit,
j’avais consulté l’annuaire et trouvé l’adresse personnelle  de Kare Brodahl. Quoi qu’
il en soit même le chapelier Georges n’aurait pas été fier du résultat que
j’avais à proposer. Pour une raison inconnue,
j’avais l’impression de ne pas avoir terminé mon travail là-bas. Mais tandis que
je roulais vers Morvik,
je ne pus me défaire de l’idée que c’était un curieux moment pour refaire surface, quel que soit l’endroit où
ils étaient allés entre temps.


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