samedi 28 février 2015

Escadrille 3/4

Suite de l'avion "Staalesen"
Escadrille 3 /4

Décollage long courrier

Pour se rendre à Morvik à cette heure de la journée en retour libre il n’y avait
qu’une seule chose à faire.
A une époque reculée 
il m’aurait fallu
une bonne journée
pour aller de Morvik à Hjellestad. Trans World Ocean était installée dans
un bâtiment gris
qui aurait pu être dessiné par Mitsubishi lui aussi. En profane que j’étais je savourais à l’avance
un passage
au wagon-restaurant qui me ramènerait à Bergen. J’appelai Breheim Lygre Pedersen & Waagenes et demandai à parler à Berit Breheim. Je quittai Starefossveien et suivis l’itinéraire le plus court pour rejoindre Roald Admundsens vei. Au début des années 60 juste après sa construction la maison de retraite de la cathédrale avait fait office d’annexe temporaire pour l’hôtel Norge après la destruction de l’ancien bâtiment vénéré et pendant la construction de son remplaçant
sur un terrain
près d’Ole Bulls plass. Stavkirkeveien se trouvait
un peu
à l’écart sous la forme
d’une impasse bordée
d’une sélection
de maisons individuelles sur la butte entre Fantoft et Paradis. La statens vegvesen entretenait toujours le rêve
d’un trajet
Stavanger-Trondheilm sans
une seule traversée en bac.
Sur le bac entre Sandvikvag et Halhjem, je m’offris
un plat chaud,
des boulettes de porc haché en sauce brune. Harry Hopsland et moi tombions sans discontinuer comme deux jumeaux de la douleur à travers les ténèbres. Ils me contemplèrent avec
une certaine tristesse,
comme si c’étaient eux qui avaient projeté ma condamnation à mort. Quand je revins au chalet, je me rendis compte que je n’étais pas le seul à souhaiter le retour au bercail de Bodil Breheim  et Fernando Garrido. Avant de rencontrer Randolf Breheim le lendemain, je fis
un saut au bureau
pour contrôler le répondeur et passer en revue le courrier éventuel.
Un magasin de confection
masculine distingué, en début de matinée
à une période de l’année
où il n’y pas de soldes, c’est comme
une lacune dans la vie.

Où étais-je en 1957 ?

me demandais-je de nouveau tandis que j’allais voir Solveig Sletta. Elle s’était assise à la table de ma salle d’attente et l’avait débarrassée des magazines des années 70, malgré la valeur certaine qu’ils auraient eu chez un antiquaire,
et avait branché son pc portable.
Un quai de bac
dans le Vestland, quand la pluie ruisselle sur le pare-brise ce n’est pas
un endroit où il fait bon rester.

A Hjellestad il y avait étonnamment peu de circulation sur la mer et encore moins sur les routes.
Une autre personne
que j’avais rencontrée récemment fut placée
dans un sac spécial
ce jour-là et emportée au Gades institut pour autopsie. 

En tout début d’après-midi, 
je passai à la hauteur du panneau indiquant 
ROUTE PRIVEE 
puis 
descendis la côte 
pour venir me garer derrière la maison 
peinte en blanc.



4 commentaires:

  1. Où étions-nous en '57?

    Je suis passionnée par tes récits, oui, mais qu'y ajouter?
    Peut-être aurais-je aimé que la dernière maison fût peinte en couleur...

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    1. En 57 je n'étais nulle part... !

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  2. Je prends le polar en vol, difficile de résister aux chemins privés de passants.

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