samedi 26 avril 2014

Un peu de technique

Le côté exhibitionniste qui traverse ce blog plein d’impudeur au risque de provoquer l’embarras des lecteurs se matérialise quelquefois par des tranchettes de vie qui peuvent compromettre gravement par leur caractère privé la vie tranquille et douillette de ma petite famille.
C’est ainsi qu’aujourd’hui je vais bombarder à la Gravelotte avec des révélations à couper le souffle.
Respirez.

« Comment j’ai appris à taper des sms * »
*Qui ne m’avaient rien fait


Même si je suis correctement familiarisé avec la technique, je veux dire les nouvelles technologies, et tout et tout (attention, tout est dans le second tout), je n’en demeure pas moins limité sur certains points.
Même si je fais des progrès.
Lents, d’accord.
Mais progrès. 
Des petits progrès dans le  style « bon an mal an ».

Je passerai sur l’anecdote de l’achat de mon premier téléphone portable où le monsieur m’a très vite fatigué avec les Zoptions qui contrairement à ce que l’on veut nous faire croire ou penser ne sont pas des choix.
Je lui ai juste dit, je veux un truc pour pas téléphoner, limite en pierre et pas cher. Et je me soupçonne de ne pas avoir été le seul dans ce cas de figure. 
En tout cas c’est avec ça que je suis reparti.
Ce fut mon premier mobile et il finit tristement lorsque je le perdis dans les sentiers lors d’une sortie vtt dans les bois. Un retour sur les lieux du crime ne me permit pas de le retrouver et pourtant j’avais des gants, des sacs en plastique pour l’Adn.
Il avait glissé du sac à dos et cela me fit penser aux limaces qui ont fini de traverser le chemin : quand on repasse en rentrant, elles n’y sont plus.
Bon, j’en suis à mon troisième.
Le deuxième -qui fut longtemps le second- a fini perdu dans le train en glissant lui aussi de ma poche.  Se dessine -si vous suivez- une certaine  désinvolture de ma part quant à cet appareil, à son rangement et, par suite, sa conservation.
Il convient de préciser que jusqu’ici les changements d’appareil se font au plus simple : seulement quand je les perds. Cela n’a jamais à voir avec une quelconque offre ultra alléchante avec les super points de fidélité qu’on trouve dans les boutiques ou les sites et dont mes filles ont renoncé à me parler depuis longtemps et même plus.
Tant qu’il n’y aura pas de points gagnés pour les mobiles perdus, je n’ai aucune chance.

Le troisième donc, que j’ai en main (enfin je m’entends), j’en suis toujours l’heureux propriétaire depuis quelques années maintenant, ce qui signifie que je ne l’ai pas perdu.
Cela pourrait faire croire que j’en prends soin. Mais alors à peine.
En réalité, je ne l’ai TOUJOURS pas perdu.
Car, pour ne rien arranger, il semble doué de sa vie propre et il arrive que je ne sache absolument pas où il s’est caché. S’il croit qu’en plus j’ai le temps de jouer... 
Non, ce qui me sauve pour le moment est qu’il n’est pas très bon en bonnes cachettes.

Venons-en maintenant à notre sujet.
Replaçons nous dans le passé, à une époque où, novice sur la question, on suppose que je veux envoyer un message sms. (A quelqu’un, en plus.)
Il me faut d’abord y penser. Trouver un destinataire. Déjà une semaine de passée.
Ensuite, c’est la découverte de mon téléphone portable au fond de la poche de mon manteau parce que j’ai de la chance. Puis, moins chanceux, je constate que l’appareil dont la batterie est vide doit être rechargé. Cela relativise singulièrement le caractère urgent du message qui peut se voir retardé facilement de quelques jours. Et le temps passé à recharger la batterie n’a rien à y voir.
Recherche du code pin. Deuxième essai.
Vient alors la découverte –tel un pionnier sur les routes poussiéreuses et hostiles de l’ouest- des potentialités de l’appareil, sur le plan téléphonique dans un premier temps, et je m’aperçois que mes doigts sont globalement plus gros que les touches. Ça n’aide pas.
A supposer que je veuille répondre à un appel, je choisis une sonnerie. Et une sonnerie ... de téléphone. On a les moyens mnémotechniques qu’on peut, hein ?

Et puis un jour, tiens, quelqu’un m’écrit !

Quelle drôle d’idée en vérité. Tiens c’est une des filles, y a pas, faut que j’réponde.
Obligé. Mais ça va pas être facile.
Dans cette période paléolithique j’ai développé un sens aigu de la réponse brève, concise, bien carrée. Ce fut donc surtout ok ou alors quand j’avais un quart d’heure devant moi, oui.
Conscient de certaines limites lexicales, je songeai à un moment -après un examen minutieux des touches- à la constitution d’un répertoire de mots-réponses possibles commençant par 1 a d g j m p t w. J’y renonçai presque aussitôt, et ce n’est pas pour wapiti dont je persiste à dire que dans certains cas c’est une réponse, un peu comme wurtzite, mais plutôt pour « 1 » qui m’avait immédiatement paru louche comme lettre. Faut pas me la faire non plus.
C’est ainsi que je m’accrochai donc énergiquement et durablement au OK ou OUI.
ET cela ne m’empêcha pas des découvrir des choses incroyables, le « ! »  fruit d’une erreur de manipulation, ce qui explique que je ne l’ai pas maîtrisé immédiatement, ni répété. Du coup je m'exclamai peu.
Je sentis qu’il était temps d’avancer.  Le temps bien sûr de trouver mon journal des messages, ce que je fis très rapidement. Je  dois avouer que j’avais en l’occurrence sollicité l’aide d’une autre de mes filles, laquelle ne se fit pas prier, croyant à tort que j’allais me lancer à doigts perdus dans une mise à jour sérieuse de mes compétences techniques en la matière, ce dont je ne la détrompai pas.
En réalité j’avais en tête la surveillance étroite du nombre de sms reçus et répondus dans l’année... histoire d’avoir un peu de maîtrise sur la chose voyez-vous.
Une année à 37, la suivante 54, cette progression me fit froid dans le dos.
Devenais-je addict ? Parce que 37, figurez-vous ça  nous met à 0,71 message par semaine et 54, alors là, catastrophe : 1,03.
J’appris à me méfier du jour de l’an également, susceptible de faire monter dangereusement ma moyenne autour de 6 ou 7 en première semaine. Et je pris des mesures urgentes en coupant l’appareil.  
Quelque temps après, remis de cette émotion, je découvris le smiley mais volontairement, après l’avoir cherché.
J’étais entré dans une nouvelle phase que l’on pourrait baptiser « moins mais mieux », tant il est vrai que je suis toujours plus à l’aise s’il y a un concept derrière (ou devant).
Cette phase toujours d’actualité (je n’ai pas peur de le révéler) consiste à rédiger des messages avec des phrases, écrites correctement, bien ponctuées, et parfois agrémentées d’une incroyable touche de frivolité – certes mesurée, faut pas exagérer non plus- comme un smiley. Un sacré pas en avant quand même.
Tout en sachant que « oui » est une phrase. Et que le « moins » du concept consiste à envoyer moins de messages donc, mais un peu plus longs. Le tour est joué.

J’en suis là aujourd’hui faisant -ma modestie dut-elle en souffrir – l’admiration de mes centaines de destinataires conquis. Et même si je me mélange encore un peu dans les smileys...
Tout cela, vaut l’aurez compris se base sur une mauvaise foi, rafraîchissante mais assumée, car je persiste à penser que ces trucs-là ne valent que par ce qu’on en fait.
Vu que j’en fais pas grand chose...
Je ne vais pas vous faire un dessin, pas le temps, je dois réviser mes smileys et puis  je suis occupé pour les dix ans qui viennent, je dois aller apprendre à touiter.

12 commentaires:

  1. Bonjour K, merci infiniment pour ce moment de lecture réjouissante car moi aussi, les sms et moi, ce n'est pas le grand amour. J'arrive à en écrire (avec beaucoup de mal), un par mois à tout casser (pour répondre si on m'écrit). Cela ne m'est pas naturel du tout. Mon téléphone est basique au possible. Il me sert de téléphone car j'aime parler et écouter (point). Je ne suis même pas sûre que je puisse faire des "smiley", c'est dire. Bonne journée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Dasola, pareil, le mien est basique, et c'est encore trop sophistiqué !!!

      Supprimer
  2. Hihihi, bienvenue dans le monde moderne :-) moi j'ai exigé de certain jeunot de mon entourage d'avoir des phrase creusement rédigé en bon français si il voulait que je réponde ! non pas pour jouer au vieux con (ce que je sais faire très bien d'ailleurs) mais ma non maitrise du langage SMS m'obligeais souvent à relire à haute voix pour comprendre phonétiquement de quoi il s'agissait ; et en public on à vite l'air d'un con ! ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bien vu,et l'air con, il y a des fois, ça m'arrange ;-)

      Supprimer
  3. Tout à fait réjouissant ton texte, magnifique progression dans le monde" IN"!!!!!
    Ta mauvaise foi ressemble si fort à celle de conjoint, tout comme égarer l'objet...qui me vaut de nombreux: " por favor (il est espagnol!) tu m’appelles et raccroches quand je saurai où se cache "este maldito"?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Colo.
      Il y a toutefois un effort :appeler pour le localiser, ce que je ne prends pas même la peine de faire !!!,

      Supprimer
  4. AH ça fait du bien !!! Celle qui cause ici a oublié voici une semaine son "mobile" chez les enfants (à Lyon donc) et se refuse à prendre le train rien que pour aller chercher ce truc ridicule en plastoc noir. Elle est par conséquent "privée" (ha ha elle est bien bonne) de "mobile" jusqu'au 3 mai prochain. Elle fut une abonnée précoce (1998), devenue ringarde (elle n'a pas changé de numéro ni d'opérateur depuis cette année proto-historique). A la même époque, un collègue se trouvait ridiculisé par ses élèves qui lui indiquaient charitablement que son propre mobile était une vraie "cabine téléphonique" (épais, lourd, encombrant - comme le mien).
    Mé moi depui g appri a met' des txto tro cool jen é o moin 137 par moi :-) ma ptitfille ma montré les signes com <3 pour dire kon pens a la personn avec affektion ok bon jivé alor a 2min tcho

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. g ... pas tout compris vers la fin ;-)

      Supprimer
  5. Et pour progresser un peu :
    http://www.galanet.eu/dossier/fichiers/texto.htm
    Very funny indeed

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah, quelques progrès à mon rythme en perspective, merci !

      Supprimer
  6. Bon je fais peut-être faire autrement pour t'annoncer qu'on passe en coup de vent à N. bientôt ?! ;)
    Par mail tiens :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Content de voir que tu suis.
      Un mail, PARFAIT !!!!
      bises

      Supprimer