mercredi 12 février 2014

En garder sous la pédale

Coureurs

En montagne ils pédalent haut
Tourmalet, Mont-Ventoux avalés sur boyaux
Tour de France comme un trip estival
En montée, c’est la danse, le festival 

Le soleil en connaît un rayon, à coup de canicule 
Les géants de la route jouent à bidon vole
Légers ils s’élancent à la conquête des cols
Le sceau de l’exploit balaiera les calculs

Sur les bords des ravins s’entassent les estivants
Lac humain foule fendue frôlée comme la mort
La caravane dépasse caravanes et pliants
Suant par procuration des poules y dorent

Dès le sommet passé, c’est la bascule
Descente gravillonnée, gare aux clavicules
Ville étape qui ne serait jamais ralliée
Vile étape - s’il fallait abandonner - 

Dérapage, freinage et s’écroule le monde
La stupeur se propage comme poudre à la ronde  
Le favori, pourquoi ce virage manque-t-il, 
En repérage pourtant tout paraissait facile

Le coup de pédale énorme emmène du braquet
Les forçats sur les dents triment à la chaîne
L’effort chassant toute lucidité humaine
Le coût de l’échappée est-il une santé consumée ?

Sans frémir, ça crépite, vitesse folle, pluie d’étincelles,
Equilibristes en voltige aérienne ou le cul sur la selle, 
Pour l’audimat un troupeau d’aveugles commente à l’aise
L’étrange ascension de mobylettes sur l’Alpe d’Huez

La chimie d’officines supplante la pharmacopée
Transmutant jambes de plomb d’esclaves dopés
Sang trafiqué seringué par les apprentis-sorciers
L’usage de leurs artères même plus à négocier

Qu’il soit rouleur grimpeur sprinter le champion
Cycliste professionnel, jambes-sandwich, marque, produit
Profilé jusqu’au bout du guidon, ne saurait-il au fond,
Kilomètre par kilomètre, plus choisir : la course ou la vie ?







Fiche "métier" Numéro 2 
N°1 de la sous-série esclaves et forçats
Dédicacé à G. mon grand-père et PF.

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