dimanche 3 novembre 2013

Sources

Revenons vers Neruda. Que j'illustre de photos de son ami Sergio Larrain.

Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :
dans ma patrie
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.

Ile de Chiloé, Chili. 1957. (© Sergio Larrain/Magnum Photos)

Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.



Qu'aucun de vous ne pense à moi.
Pensons plutôt à toute la terre,
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma,
que nous sortions
boire le plus rouge des vins.

Je ne suis rien venu résoudre.

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi.

(Pablo Neruda / extrait de  "El Canto General")





6 commentaires:

  1. Merci de remettre Neruda à l'honneur. Les 40 ans de sa mort sont un peu trop passés inaperçus;

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    1. Sans doute parce que malheureusement il ne fut pas le seul, en 1973, même si ce fut pour d'autres causes ou "raisons".

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  2. Un poème à son image où la vie prend toute la place.
    J'aime beaucoup ces photos et note le nom de leur auteur, merci.

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    1. On trouve aisément Colo des infos sur ce photographe dont le travail me plaît beaucoup.

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  3. Pablo Neruda immense poète ! Celui que tu présente ici, remarquablement illustré, me fait bien commencer la journée ! Merci

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    1. Merci Obni.
      Quand j'ai lu que Larrain et Neruda étaient amis, l'idée m'est venu de croiser ainsi leur mode d'expression.

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