mardi 15 octobre 2013

Divers-1

Peut-être parce que la file d’attente à l’arrêt du bus était trop longue, ou bien parce qu’il est un brin dérangé, un bordelais d'une quarantaine d’années a dérobé mardi un autobus du dépôt. 
Pendant une heure, il a joué le jeu en s’arrêtant quand une personne lui faisait signe et en la conduisant où elle désirait. L’homme a ensuite garé l’engin devant chez lui. 
Il a déclaré aux policiers venus le cueillir : « J’ai emprunté l’autobus pour rentrer chez moi ».

Pourquoi, oui, pourquoi Roger (que nous appellerons Roger) a-t-il, au mépris et au risque de la vindicte populaire, et de la revue de presse ci-dessous, basculé dans la marge alors qu’il aurait pu être doucettement installé dans une file d’attente réglementaire, avec des gens avant lui et, n’en doutons pas, des gens après lui, bien rangés ?
Pourquoi Roger a-t-il voulu accélérer la linéarité du temps qui passe plus souvent que les bus ?
Pourquoi a-t-il risqué de s’attirer les foudres des syndicats des bus déjà exaspérés par les agressions nocturnes des mecs qui paient pas et de se faire traiter de forban ?

Oui, Roger, qu’as-tu voulu montrer à jouer au chauffeur, quel rêve enfoui de ton enfance a ressurgi là dans cet acte où tu as franchi la ligne jaune ? 

Ah ! Roger qu’on soupçonne d’être dérangé, serait-ce un brin de chanvre qui t’a entraîné dans l’engrenage du fil de cette malédiction ?
Si, oui, bon sang de bon sang, pourquoi n’as-tu pas repeint le bus en rose ?

Resteront à jamais trois questions enfouies dans les profondeurs(*)  du labyrinthe des mystères insondables qu’on ne déterrera jamais :
Pourquoi une heure seulement ? Et pourquoi pour rentrer chez lui ?  Un mardi, en plus !
A moins que Roger, oui, Roger puisque etc. à moins que ce bon vieux Roger -puisque la police l'a finalement cueilli- ne se soit pris ... pour une fleur ?


(à moins que ce ne soit dans la boîte à gants)


Revue de presse :
Télé machin : 
Bus fou, 3 retraités privés de  "Shampoing pour des questions"
Minute : 
Encore un violeur de bus libéré par le jeu des remises de peine.
Libération : 
Happening géant à Bordeaux pour la gratuité des transports.
L’Expresque : 
Le scandale des bus qui ne roulent pas à droite.
Paris Scratch : 
Drame de la solitude à Bordeaux : le bus qu’il détourne pour voir du monde était vide.
L’équipe : 
Un car de supporteurs détourné. Une prise d’otages honteuse.
La Croix : 
Un pèlerinage tourne mal et oblige les pèlerins à finir à pied.
Tribune :
Bus à Bordeaux, un emprunt risqué.

10 commentaires:

  1. On vient de me révéler l'identité du voleur, il s'agit de Robin des Bus...
    mais hélas qui vole un bus vole finit au stradivarius

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    1. Ah tiens, de quoi compléter la revue !

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  2. Hahahahh ! Ca fait du bien de rire un mercredi gris !
    Complément à revue de presse :
    Un petit titre de l'Humain Niqué : "Réappropriation de l'outil de travail".
    Un autre du Canard en Cheney : "Alors, toujours en balade ?" ou "(Lemmy) Caution Air Brakes"

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    1. Merci MH, et sur l'outil de travail, je te suis !

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  3. Moi je trouve cette petite histoire très touchante ... be diferent !

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    1. Pareil, c'est touchant.
      C'est dans sa déclinaison un peu bellemaro-fredomitterrandique que j'ai voulu m'amuser.

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  4. Oui, à part le rire moi aussi j'ai été prise de sympathie pour ce "chauffeur" de bus ! Un rôle en or pour Dupontel, j'y pense parce qu'on voit pas mal sa trombine en ce moment, mais c'est une vraie histoire pour le genre de personnages qu'il campe dans ses films.

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    1. Dupontel,peut-être. Sauf que le monsieur me laisse de marbre.

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  5. L'histoire est vraiment merveilleuse jusqu'à...se garer devant chez lui. Là, crac, le quotidien submerge le conte.
    Mais un moment de folie si satisfaisant!

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