vendredi 25 octobre 2013

Badinons !

Nous poursuivons notre entreprise de réhabilitation 100 % bio entamée il y a peu (rappelez-vous Charles-Emile Marat et Jean-Jacques Zola) avec quelques lignes bienvenues pour apporter enfin des précisions sur la vie de quelqu'un dont on parle fort feu, si trop peu, en réalité pas du tout ces temps-ci. 
Pour des raisons obscures si ce n’est échappatoires en effet, il n’y a rien sur Marot, rien de rien sur celui qui ne fut même pas un célèbre révolutionnaire affecté d’une maladie de peau.
Assez mort actuellement, on pourrait de plus penser selon une hypothèse non pas gratuite mais à trois euros quarante qu’il serait de nos jours un possible « confrère » puisqu'il tiendrait peut-être un blog en se foutant complètement que son ordi ou sa tablette soient étanches et que son poêle et sa cheminée soient correctement entretenus. 
Si Marot, Clément de son prénom, n’a jamais eu l’intention de devenir pape vers 1978, pourtant, comparé à Marat ou à Zola, il l’aurait pu si l’on considère son prénom, qui peut en revanche indiquer qu’il n’aurait pas davantage que les deux autres songé à en changer pour s'appeler François.
Par contre, et il fallait s’en douter, son orientation  professionnelle a comme d’habitude posé rapidement de gros problèmes à ses parents.
Il se signale par un comportement brutal qui l’amène à détruire violemment tout ce qui lui tombe sous la main : Marot casse. En revanche, il n'a aucun problème de vue et, de fait, éliminons la légende d’un Marot miro. Surtout qu’il se surpasse en certaines occasions et tire sur tout ce qui bouge : Marot canarde. 
Et bien évidemment, en vrai garnement, ça faisait marrer Marot. Comme il ne se dénonçait jamais, tous trouvaient le petit Marot diable et les altercations parentales furent nombreuses avec Marot qui niait.
Il alternera lui aussi de célèbres moments de repli sur soi et des périodes explosives. Dans ces moments en creux, on sent que Marot bout. Et comme chacun sait, Marot bouillu, Marot foutu.
Ses parents s’installent à la campagne, ce qui tombe bien, ils n'y étaient pas. Ils vivent maintenant dans une grande demeure au beau milieu d'un domaine doté de magnifiques espaces verts et pensent tenir LA solution. Ils inventent encore une fois le travail d'intérêt particulier et décident que le petit Clément -qui ne l’est pas beaucoup même s’il s’appelle toujours ainsi- aidera les jardiniers dans leurs tâches quotidiennes pour canaliser son énergie débordante. Désormais il n’est pas rare que Marot tonde.  
Très exactement 40,195 kilomètres de pelouse par semaine. Par contre,écartez les témoignages de ceux qui disent avoir vu Marot biner. 
Mais cela ne dure qu’un temps comme aurait pu le prévoir n’importe quel visionnaire de la trempe d’Elisabeth Féchier ou de la claque de Madame Sommeil. Marot s’arrache : il est en âge de filer sur Paris où il se trouve déjà lui aussi, au mépris de la cohérence de cette biographie, et, vous l'auriez parié, il a du mal à subsister. Sans ressources, tel un mendiant, croisant quelquefois Zola, Marot quête.
Et toute occasion était bonne pour quémander, que ce soit sur les places ou dans les rues, ce que Marot niait. Il prendra toutefois le temps de créer le concept de marosme qui n’est apparemment pas parvenu jusqu'à nous et en cette période troublée, il inventa aussi le mouvement perpétuel et le décalage horaire, qu'il expérimentait sur lui-même car on voyait se déplacer Marot d’heure en heure.
Plus tard, devenu proche de François Ier qui lui non plus n’a jamais voulu être pape et pourtant, personne d’autre que lui n’en a jamais été aussi près (sauf les papes eux-mêmes évidemment),  Marot sera blessé à Pavie où il aurait testé, pas vu, un antidouleur :  le pavot ou le pavé. 
Un exil en Italie ne l'amènera pas - après réflexion- à se faire prénommer Aldo. C’est là un des rares points sur lequel cala Marot.  
Cela s’arrangera fort heureusement et la suite de sa vie est littérature, faire l’épître étant normal pour un esprit vif, ce sera un des nombreux talents qu’allie Marot, loin du contrepet qu’allie ô Marie !
Il devient célèbre sans journal, et pourtant, on connaît Marot. On se souvient aussi de la célèbre apostrophe " ça marche, Marot !" et la suite de la suite, sa mort, ne sont qu’histoire et je n’en dirai pas davantage car chacun sait combien, ultime stade, il n’y eut de Marot qu’un, qui cana.  


12 commentaires:

  1. Marot mais si tu veux revenir faire tes études en France, tu peux.

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    1. Prochaine bio : jankelevitch.
      Peut-être.

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  2. C'était aussi un brutal avec les végétaux : combien de fois a-t-on entendu "Marot bat fleurs"... Qui à l'occasion ne détestait pas d'aller frayer avec les coquines de la ville basse : "Marot bas traîne"...

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    1. Je n'ai non plus alimenté les rumeurs politiques à propos de Marot coco.

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  3. Marot binait les allées du Roy ,
    c'est en écoutant la musique des cailloux qui roulent que se révéla Marot, cœur de
    rockeur,
    c'est pourquoi il ne faut pas crier Marot sur le baudet.

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    1. On aurait tort de ne voir en Marot qu'un drôle. Tout comme ne considérer Marot que fort.De De ne garder que l'image d'un Marot gorille. Cela le desservirait et ce serait pour Marot hâtif.

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  4. Ah, oui, une vie bien particulière!
    J'ai toujours bien aimé / ri de ce poème...pour le veau.

    "À un poète ignorant"

    Qu'on mène aux champs ce coquardeau,
    Lequel gâte (quand il compose)
    Raison, mesure, texte et glose,
    Soit en ballade ou en rondeau.

    Il n'a cervelle ni cerveau.
    C'est pourquoi si haut crier j'ose :
    " Qu'on mène aux champs ce coquardeau. "

    S'il veut rien faire de nouveau,
    Qu'il oeuvre hardiment en prose
    (J'entends s'il en sait quelque chose) :
    Car en rime ce n'est qu'un veau,
    Qu'on mène aux champs.

    Clément Marot

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    1. Merci de ce petit rappel si bienvenu !

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  5. Comme disait Ronsard (celui qui dîne à l'huile) : "un mou de veau et je suis sauvé !"

    Mais foin de blagues à deux balles, et super ce gentil et rigolo poème de ce pauvre Marot qu'on a tant malmené avec nos calembours capillo-tractés (pas au point tout de même de rebaptiser Marot Toto !

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    1. Question bio, Ronsard ferait bien de se tenir à ...Marot ;-)
      Je confirme MH excellent petit poème, Marot n'était pas manchot.

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  6. dans le même style, et plutôt bien vu, (en général je ne suis pas fan de SG) dans Libé du we lire page 37"la maladie du président"

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    1. Lu, j'ai trouvé un lien, c'est pas mal effectivement et je vois que nous sommes d'accord sur SG que je ne goûte guère...non plus !

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