samedi 22 juin 2013

Quoi ?

Il arrive parfois que quelque chose nous tracasse.
Cela peut correspondre à un laps de temps plus ou moins long, sur une échelle de durée plus ou moins étendue...
On ne dira rien des possibilités de répétition ou de récurrence du phénomène, ni même de possibles transformations, selon que l’on parvient peu ou prou à le mettre de côté, à l’étouffer en étant pris par exemple par une activité qui mobilise l’esprit et contraint (aide ?) à différer.  
Je ne sais quelle unité légale de mesure du temps pourrait paraître la plus adaptée. Qui pourrait trancher ? Et en est-il besoin en réalité ? Je pense que chacun de nous ayant pu déjà éprouver cette différence de durée dans les situations, nous n’avons pas besoin de plus de détails pour faire saisir cette évocation. 
Ce « quelque chose » semble une expression appropriée dans sa magnifique splendeur imprécise, surtout si l’on n’a pas réussi à remettre la main par la pensée et par les mots sur ce que cela pourrait bien -bon sang de bon sang- être.
Car « il » s’apparente à une présence obscure, presque fantomatique, qui peut le cas échéant nous hanter, à tort ou à raison, tant qu’on ne l’a pas cerné... Présence semblable  peut-être à la lumière faible, incertaine, intermittente, renvoyée par une bougie à la flamme vacillante et tremblante du fond d’une caverne.
Il arrive bien sûr que le « quelque chose » n’en soit pas un, c’est-à-dire qu’il soit parfaitement identifié, plutôt clair et qu’il soit « là » de façon contrariante mais absolument pas anonyme. Un souci, un problème, une idée noire à l’origine bien définie.
Mais si nous revenons au cas de figure précédent qui traite du phénomène non identifié ou non reconnu pour des raisons sur lesquelles nous ne nous étendrons pas, ce sentiment lancinant, cette sensation latente, cette idée diffuse – appelez-le comme vous voulez puisqu’on ne sait toujours pas ce que c’est- nous privent d’avoir l’esprit  totalement libre et nous chargent d’un poids qui empêche de nous sentir léger. Cela étant, dans notre condition d’humains, petits roseaux pensants, on pourra se demander s’il est possible de façon générale de se sentir léger durablement... En montgolfière peut-être ? N’insistons pas.

Tenez, l’autre matin, j’ai vécu une expérience similaire. Quelque chose n’allait pas, malgré un réveil facile et un esprit à priori clair. Immédiatement, une ambiance "cheveu dans la soupe" ou "mouche dans le lait" s’est installée. Bon sang de bon sang. 

Et cela m’a pris quelques secondes, j’ai vite compris.
Le temps de faire deux ou trois pas.
Je m’étais trompé de pied pour mes chaussons.

On  est peu de choses.

6 commentaires:

  1. Excellent!
    Pas de repos spirituel tant qu'on n'a pas mis...le pied dessus, c'est tellement vrai.


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  2. Ah ben oui se tromper de chausson ! moi je les préfère au pommes, mais bon, c'est personnel :-)

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  3. Tous > attention où vous mettez les pieds ;-)

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  4. Le Quelque chose vous saisit au moment où vous vous y attendez le moins ! Chacun-e de nous peut en être victime. Hier matin, tenant à la main droite le tube de dentifrice débouché, prêt à l'emploi, j'ai été saisie par le Qqch de manière heureusement fugace. A la main gauche, au lieu de ma brosse à dents, je tenais... Mes lunettes.

    MH / L'Appentis Saucier (bientôt de retour, les lunettes fraîchement brossées, le regard frais et l'haleine claire).

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    1. Attention où tu mets les dents ;-)

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