dimanche 16 juin 2013

Lumière

Démarrer un week-end parisien (du vendredi soir un peu tard au dimanche un peu tard aussi) ne peut pas mieux commencer qu'avec le plaisir d'être accueilli à Montparnasse par nos deux grandes filles.
Une intermittence dans l'espace et dans le temps me fait songer que ce sont les années qui passent qui nous attendent lorsque nous les apercevons à notre sortie de l'escalator.
Il est tard nous filons chez l'aînée qui nous héberge. Les réjouissances sont annoncées, une expo le samedi après-midi du côté de la Villette, un repas  de retrouvailles familiales en soirée et, le lendemain en fin de matinée, une autre exposition au palais du Luxembourg. Un bon équilibre avec des moments choisis, organisés et d'autres plus flottants et ambulatoires..
L'après-midi ce furent deux équipes avec jonction prévue vers 18 h 30 : Madame K avec notre cadette du côté du 18e, alors que notre fille aînée et moi direction Cité de la Musique. Me croirez-vous si je vous dis que je n'y avais encore jamais mis les pieds (ni les oreilles) ?
En arrivant sur place, j'appréciai les lieux sous le soleil. Les pelouses prises d'assaut, certains jeunes rollers n'ayant pas encore le permis, mais personne dans le canal.... On sentait le monde content de pouvoir profiter un peu.
Et une image, en plus de la géode publiée lundi dernier :


La tour de Babel ?

On entre et on commence par le musée, dans une visite de découverte. J'ai vraiment aimé les 5 salles et cette histoire des instruments, parmi lesquels j'ai retenu le luth symbole du brassage culturel. Les casques pour écouter sonner les instruments, pour déguster quelques extraits d'oeuvres sont utiles, encore faut-il ne pas s'emmêler dans les fils... 
Cela méritera une visite plus longue c'est promis pour bien apprécier cet ensemble, s'appesantir à certains endroits.
L'expo ensuite, Musique et Cinéma. 


Futée dans son installation, faisant référence à des films qui sont entrés dans l'imaginaire populaire du cinéma depuis un siècle, donnant une foule d'informations qu'elles soient anecdotiques ou plus pointues, cette expo ne se la pète pas, elle parle à tous et à chacun. 
Evoquant la relation film/musique selon que la musique existe avant, ou est composée après, ou encore pendant, l'expo permet de découvrir quelle place lui était réservée par les plus grands cinéastes. 
Des génériques de films à la pelle, une projection au niveau inférieur de grandes scènes où la musique et les images ne font qu'un ( la scène du barbier dans le Dictateur de Chaplin, sur du Brahms ; Gilda retirant langoureusement son gant ; Fred Astaire époustouflant ; les hélicos sur Wagner dans Apocalypse Now ; le célèbre coup de cymbales chez Hitchcock et tant d'autres, moins connus , moins exposés ... mais dont on se prend à penser qu'on a bien envie de voir le film !). On passe aussi devant un juke-box géant où l'on peut réécouter des morceaux, des chansons, gravés dans les mémoires.  
Et des interviews, autour des collaborations durables de duos célèbres compositeurs /cinéastes avec un fauteuil pour s'installer et, parmi d'autres exemples, l'excellent moment où Angelo Badalamenti explique comment il travaille avec Lynch sur les bandes originales de leurs films. 
Je n'en dis pas plus. C'est l'occasion de passer un très bon moment et d'apprendre une foule de choses. Allez voir ici !
Le soir, retrouvailles familiales, un excellent moment dont je dirai seulement qu'il en appelle d'autres, d'ici la fin 2013 ! 
Le lendemain, l'expo consacrée à Chagall au palais du Luxembourg m'a permis de faire plus ample connaissance avec un peintre que je connaissais fort mal, en dehors des grandes œuvres ultra-célèbres connues mondialement. 
Un imaginaire étonnant tutoyant volontiers le surréalisme mais en le "maîtrisant", des couleurs qui m'ont sidéré (le vert ci-dessous est particulièrement magique), les bleus et les rouges. 
La partie centrale de l'expo m'a un peu moins accroché, retraçant sa quête personnelle du sacré, une thématique qui est loin de m'interpeller. Elle n'en est pas moins intéressante dans la démarche de l'artiste où l'inspiration entremêle les traditions bibliques orientales et occidentales très librement au plan pictural. Esthétiquement cela donne - notamment sur des rouges- des tableaux presque explosifs. 
Cela valait le détour !          


Les Amoureux en vert 

Le Champ de Mars 

Au sortir de l'expo au palais du Luxembourg nous renonçâmes à l'incursion envisagée du côté de la Butte aux Cailles, ce sera pour une autre fois (puisque Paris ne finit jamais !) et avec espérons-le une météo plus favorable et des arpenteurs voyageurs moins chargés ! 
Traversant le jardin du Luxembourg, après avoir photographié le buste de Stefan Zweig, je sentis de fantomatiques présences ... 
  
Était-ce là une conversation ?

Ici un débat ?

Et là une confrontation ?

Un petit coup de métro plus tard nous étions plus proches de la gare de Lyon, endroit stratégique pour le  retour de la non-parisienne de nos filles. 
Et l'après-midi fut davantage empreint de bucolicosité, avec la pluie un moment calmée mais qui hélas nous rattrapa, et le temps passé ensemble passa par-dessus toute cette humidité. 
Du côté de Bercy, nous n'avions pas jusqu'ici traversé les jardins dans la zone des anciennes halles aux vins. 

Apaisant ...

Cet arbre m'a fait signe ! 



Quelques aménagements bien agréables, porteurs d'une ambiance qu'on ne s'attend 
guère à retrouver là, mais tout cela transporte ailleurs durablement... 

Dire que c'est passé vite est une évidence, mais les moments partagés ont été pleins, l'épaisseur du temps dans sa durée fut palpable. 
Marquant. Consistant. Plein. Léger aussi.  
On était bien.

7 commentaires:

  1. Bonjour K, grâce à toi, je découvre qu'il y a des jardins du côté des anciennes halles aux vins. Il faudrait que j'y aille faire un tour. Dans le quartier, je conseille le musée sur les arts du cirque: superbe. Bonne journée.

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    1. Merci du conseil Dasola et de ta visite. Bonne journée itou.

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  2. Belle balade, variée, chaleureuse à souhait! Merci K.
    Je ne connais rien de tout ça, mais puisque tu dis que Paris ne finit jamais... cela m'attendra.
    NB:
    La raideur de l'amoureuse en rouge-vert m'intrigue beaucoup...pas toi?

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    1. En effet cette raideur peut surprendre ou intriguer, mais
      d'après ce que j'ai vu la rondeur du trait n'est pas ce qui caractérise Chagall. Et sur ce tableau cela me fait dire que Chagall a peut-être voulu représenter cet amour si grand, éternel (?)en souhaitant le figer comme le ferait un sculpteur.
      Ce qu'il en disait "C'est comme si elle me connaissait depuis longtemps, comme si elle savait tout de mon enfance, de mon présent, de mon avenir, comme si elle veillait sur moi ; je sentis que c'était elle ma femme (...) Je suis entré dans une maison nouvelle et j'en suis inséparable."

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    2. Il en disait de belles choses, merci.

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