vendredi 17 mai 2013

Terre

Il y a quelques jours, nous avons passé un très bon moment en allant voir PROMISED LAND, un film de Gus van Sant avec Matt Damon, Frances McDormand notamment.
Steve Butler (Damon) rejoint sa collègue Sue (Mc Dormand) dans un bled du nord-est des Etats-Unis.
Ils sont tous deux employés de Global, une compagnie pétrolière qui rachète les terrains en vue d'une exploitation du gaz de schiste.
Leur stratégie d'immersion dans le village vise à s'intégrer pour faire passer le message en vue de faire signer le maximum de gens à qui ils font miroiter une manne financière, un argument d'autant plus décisif à priori que les gens sont fauchés.
Mais tout ne va pas aller de soi. Pourtant, Steve est sincèrement (naïvement) convaincu de faire le bien en faisant son job. Et il est d'ailleurs très bien noté par sa hiérarchie qui le considère comme l'un des meilleurs et lui offre d'ailleurs une promotion à un moment.
C'est sans compter sur des opposants qui se fédèrent peu à peu, menés par un professeur ancien ingénieur chez Boeing... Je ne révélerai pas la suite des événements.
Le film est attachant, plein d'humanité et le réalisateur prend son temps pour nous dérouler cette histoire avec fluidité. Le temps qui coule lentement permet la prise de conscience, la réflexion. Les personnages sont bien campés, leurs failles et leurs interrogations sont suggérées. Des hommes et des femmes beaux dans leur faiblesse mais dignes dans la difficulté.
Il est particulièrement intéressant que même si on sait à peu près où on va question dénouement, c'est le chemin que le film emprunte qui surprend, en étant jamais là où on l'attend. Il y a même une certaine élégance  ou délicatesse à ne pas nous la jouer pensum vertueux.
Et c'est bien par ce biais, grâce à ce choix narratif que la profondeur et la densité s'installent, sans aucune démonstration, sans coups de tam-tam.
Et ça fait du bien.

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