vendredi 10 mai 2013

Coucou


CoUde blanc
polar oléocranien
Chapitre 1

Bertha  referma la porte et  avança vers moi, les yeux brillants de rage. 

-          Donald je suis à bout.
-          Pourquoi ?
-          Il a aligné cinq billets sur mon bureau.
-          Je vais le voir, dis-je

Fisher prit une profonde inspiration.

-          C’est tout-à-fait involontaire.
-          Bien sûr que si, mais beaucoup plus tard.
-          Qui est ce George Cadot ?
-          Je l’ignore.
-          Vous a-t-il dit quelque chose ?
-          Qu’est-ce qui vous le fait penser ?
-          Mon plan ne vous séduit pas ?
-          Quel âge a-t-il ?
-          Dix-huit mois.
-          Impôts déduits ?
-          Non, non, surtout pas.
-          Je m’y attendais.

Bertha m’adressa son plus gracieux sourire.

Chapitre 2
Je m'y rendis.
-          Cela vous dit quelque chose ?
-          Non.
-          Et votre prénom ?
-          Du moins il essaye.
-          Qui est B. Cool ?
-          Il pense.
-          Je le crois capable de tout.
-          Ça dépendra de beaucoup de choses.

Elle sourit.

Chapitre 3

On aurait juré un œuf sur le plat écrasé.

-          Ça vous plaît ?
-          ...
-          Nous en avons essayé d’autres et c’est celui-ci qui allait le mieux.
-          Circulaire !
-          Vous croyez ?
-          Certainement.
-          Il a le téléphone.
-          Billings, dis-je, Donald Billings.
-          Bon sang, Billings !
-          Rien du tout, dis-je noblement.
-          Il y a George, Horace, dit Caroline.
-          Dommage, fis-je.

Nous reprîmes des gins avec de moins en moins de tonic.

-          J’y suis, reprit Horace. Chalmers, George Chalmers... Le cochon !

Je dus me lever précipitamment pour aller vomir, mais ensuite, je me sentis mieux.

Chapitre 4

Fisher se tenait sur le seuil.

-          Avez-vous pu lui couper l’herbe sous le pied ?
-          Mais je ne l’ai pas encore vu.
-          Je ne comprends rien à votre histoire.
-          Exactement.
-          Vous allez vous détraquer les nerfs avec ce petit jeu-là.
-          Que faisons-nous maintenant ?
-          Repartir sans nous faire remarquer.
-          Vous pensez qu’elle a averti Cadot ?
-          J’ai l’impression que c’est déjà fait, dis-je.
-          Je veux rester avec vous.
-          Vous rentrez à la maison, ici vous êtes dans mes jambes. 

Fisher m'examina d'un air méfiant.

Chapitre 5 

Je pliai les deux copies de lettres et les mis dans ma poche. Lois arborait une robe de chambre, des mules et un sourire engageant. 
-          Ce n’est pas vrai !
-          Comme vous êtes psychologue !
-          Pour quelle raison ?
-          Je vous déteste !

Je vidai ma tasse de thé d’un air dégagé.

-          Ne vous fâchez pas.
-          Alors montrez-moi l’exemple.

La sonnerie de l’entrée retentit trois fois.

-          Je suis désolée mais nous n’avons pas un morceau de sucre à la maison.
-          Billings ?
-          Après. Chaque chose en son temps.
-          Je préfère ça. Je rentre à mon hôtel.

Je m'éloignai à grands pas, le laissant pantois sur le pas de sa porte.

Chapitre 6

J'entendis nettement la voix de Bertha au bout du fil.

-          Allô Bertha, ici Donald.
-          Je vous avais interdit d’appeler en PCV.
-          Je comprends très bien.
-          Prenez vos précautions, dit Bertha.

Je raccrochai et rentrai à l’hôtel. Hormis l’étiquette de valise, je ne trouvai rien d’autre. Je quittai la chambre, descendis aux cabines téléphoniques et cherchai dans l’annuaire le numéro de la «Jensen Thrustmore Company ».  
-          Ici les moteurs Jensen.
-          Je suis un détective privé de Los Angeles.
-          Dîtes donc, qui vous permet de me parler sur ce ton ?
-          Merci, je fais de mon mieux.
-          Qu’est-ce qui vous le fait supposer...
-          Je crois que je vais acheter un bateau.

Sur ces paroles, je fis demi-tour.

Chapitre 7 

Dans l’avion, je jetai un coup d’œil au journal de Cadot.  Rien d’intéressant. Mais, à la date du quinze avril, je relevai les lignes suivantes : Grand-père décline rapidement. Le jour suivant : Mais on le dit d’ailleurs dans la famille. Deux jours après : Le téléphone ne cesse de sonner.
J’arrivai à l’hôtel.
Fisher procéda aux présentations.
-          Impossible, dis-je.
-          J’ai reçu une lettre de lui, dit-elle.
-          George Cadot n’était pas présent, rétorquai-je.
-          Vous autres, hommes, dit-elle, savez vous tenir les coudes.

Je jugeai préférable de ne pas téléphoner à Lois Marlow. 
Evans bondit de son fauteuil.
-          DONNEZ-MOI CETTE LETTRE.

Il la lut lentement en sifflant entre ses dents.
-          Comment cette lettre vous est-elle parvenue Mrs Fisher ?
-          Par la poste

Sans se donner la peine de répondre, Bertha raccrocha.

Chapitre 8

Je faisais vraiment de l’équilibre sur le fil du rasoir ! 
Le téléphone se mit à sonner.
-          Hello Donald, dit Lois, aimeriez-vous recouvrer votre couvre-chef ?
-          Evidemment.
-          Je suis libre comme l’air.
-          Je sais où c’est.
-          Vous arrivez ?
-          Et comment !

Elle me décocha un sourire des plus cordiaux.
-          Pas de danger ! m’écriai-je. Où est mon chapeau ?
-          J’en avais besoin, dit-elle.
-          Ce n’est pas votre genre.
-          J’en aimerais un autre, Donald, dit-elle.
-          Pourquoi ?
-          Je... je suis stupéfaite des renseignements que vous avez.
-          Vous voulez dire que vous avez enlevé tout le dossier de copies de lettres compromettantes ?
-          Et alors ?
-          Je ne vous dois absolument rien.  

Chapitre 9

A la fin du repas, Lois repoussa sa coupe de glace vide et croisa ses mains sur la nappe.
-          Donald, dit-elle, vous m’intriguez.
-          Pourquoi ?
-          Je n’en sais rien
-          Dans quel sens ?
-          L’idée de m’installer devant un grand évier  plein de vaisselle sale m’ennuie à mourir.  
-          En tout cas c’est ce qu’on dit.
-          Voilà une remarque sibylline qui donne matière à réflexion.

Mais, du dehors, quelqu’un tambourinait à la porte. 
Evans entra dans la pièce.
-          Arrivez, je ne vous lâche pas et vous emmène avec moi.

Chapitre 10

Nous nous rendîmes au bureau des détectives, au quartier général de la police. Il alluma une cigarette et se mit à fumer en silence.

-          Je saute dans un avion, dit-il. S’ils appellent, dites-leur que je ne suis pas rentré au bureau.
-          Où allons-nous ?
-          A l’aérodrome, dit-il.
-          Ne soyez pas idiot, dis-je.
-          Non, mille fois non, chaque chose en son temps ! En route !

Dave Griffin se tourna vers moi.
-          Vous prenez l’avion pour enquêter sur l’affaire Crosby ?
-          N’hésitez pas à publier ce qu’Evans vous a dit, dis-je.

En entendant ces paroles, le journaliste bondit en direction de la cabine téléphonique. 

Chapitre 11

Une certaine portion des habitants dort tandis que l’autre veille et vice-versa. Il convient de mentionner également les couples venus en vacances d’amoureux et que les jeux de hasard n’intéressent pas.
Au bout de peu de temps, Evans s’endormit et se mit à ronfler.
Un groom s’approcha de Lawson.
Il revint au bout de quelques minutes et, empoignant Evans, le secoua comme un prunier.
-          Quoi ! Qu’est-ce que c’est ? fit Evans.
-          Sans doute encore un de vos tours, fit-il.

Horace Dutton venait de pénétrer dans le hall de l‘hôtel.
En moins d’une demi-heure, Dutton s’effondra et fournit tous les renseignements voulus.
C’était vraiment une histoire  ébouriffante. Pendant longtemps, Dutton n’avait rien remarqué, se contentant de parler peinture avec Cadot. Pas très enthousiasmé, car il avait beaucoup bu. Il avait trouvé Cadot au comble de l’excitation. Dans la bagarre le revolver était parti tout seul. La journée était magnifique.
Il ajouta qu’il était heureux que tout soit terminé, car sa conscience se trouvait enfin libérée.
Lorsque nous sortîmes de l’avion, ce fut une bousculade générale.
-          J’avais besoin de gagner du temps.
Bertha attrapa le téléphone.
-          Dans ce cas, dis-je, ne prenez qu’un seul billet. J’ai rendez-vous avec une blonde.

Chapitre 12 

Elle ne nous aimait pas, réprouvant les femme grossières. 
Pour moi, la véritable fin survint quelques mois plus tard. 
Je ne parlai même pas de ça à Bertha.

D’abord, elle n’apprécie par l’art moderne, non plus que l’art ancien.

F I N 


9 commentaires:

  1. Ah oui ... :-) En effet, on n'y comprend pas grand-chose, mais c'est amusant à lire.

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    1. Je vois que tu as tout... compris ;-)

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  2. Bertha est une femme qui a de l'appoint.

    Texte loufoque à souhaits.

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  3. L'appoint nommé, Bertha tira les vers du pied.

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  4. Bertha était-elle grosse, D.C.A. (Dans Cet Avion) ?

    MH / L'A.S.

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    1. Zeppelin de munitions, dit Bertha.

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    2. Mr K, profession : dernier-moteur !!

      MH/L'A.S.

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